Saint Michel, gloire de la France

Publié le par WalkTsin

 

 La dévotion à Saint-Michel

 

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Dom Guéranger, l'illustre abbé de Solesme, au glorieux Archange :

« Que vous êtes beau, Archange Michel, sous votre armure céleste, rendant gloire au Seigneur dont vous avez terrassé l'ennemi ! 


Votre regard humble et ardent se dirige vers le trône de Jéhovah dont vous avez soutenu les droits et qui vous a donné la victoire. Votre cri sublime « Qui est semblable à Dieu ? » a électrisé les légions fidèles et il est devenu votre nom et votre couronne.


Dans 1'éternité, il nous rappellera sans fin votre fidélité et votre triomphe sur le dragon. En attendant, nous reposons sous votre garde ; nous sommes vos heureux clients.


Ange gardien de la sainte Eglise, le moment est venu de déployer toute la vigueur de votre bras. Satan menace, en sa fureur. la noble Epouse de votre Maître ; faites briller les éclairs de votre glaive, et fondez sur cet implacable ennemi et sur ses affreuses cohortes. Le royaume du Christ est ébranlé jusque dans ses fondements. Le règne de l'homme de péché est-il donc à la veille de se déclarer, et approchons nous de ce dernier jour où vous devez remplir aux pieds du juge souverain, sur les débris enflammés de ce monde coupable, le redoutable ministère de séparer pour jamais les boucs des brebis ?


Mais si la terre doit vivre encore, si les destinées de l'Eglise ne sont pas accomplies, n'est-il pas temps, ô puissant Archange ! de faire sentir au dragon infernal qu'on n'outrage pas impunément sur la terre Celui qui l'a créée, Celui qui l'a rachetée et qui s'appelle le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs ?


Le torrent de l'erreur et du mal ne cesse d'entraîner vers l'abîme la génération séduite ; sauvez-la, glorieux Archange, en dissipant les noirs complots dont elle est victime.


Vous êtes, ô Michel ! le protecteur de nos âmes au moment de leur passage du temps à l'éternité. Durant notre vie, votre œil nous suit, votre oreille nous écoute. Tout éblouis que nous sommes de vos splendeurs, nous vous aimons, ô Prince immortel ! et nous vivons heureux et confiants à l'ombre de vos ailes. Le jour viendra bientôt où, en présence de nos restes inanimés, la sainte Eglise, notre mère, demandera pour nous au Seigneur que nous soyons arrachés à la gueule du lion infernal, et que vos mains puissantes nous reçoivent et nous présentent à la lumière éternelle.
En attendant ce moment solennel, veillez sur vos clients, ô Archange ! Le dragon nous menace, nous entendons les sifflements de sa rage, il voudrait nous dévorer. O Michel ! Apprenez-nous à répéter avec vous : « Qui est semblable à Dieu ? »


L'honneur de Dieu, le sentiment de ses droits, l'obligation de lui rester fidèles, de le servir, de le confesser en tout temps et en tout lieu, c'est le bouclier de notre faiblesse, c'est l'armure par laquelle nous vaincrons comme vous avez vaincu.

 

Mais il nous faut quelque chose de ce mâle courage que vous empruntiez à l'amour dont vous étiez rempli. Faites-nous donc aimer notre commun Seigneur, ô Archange ! car c'est alors que nous serons invincibles comme vous. Le dragon ne sait pas résister à la créature qui est éprise de l'amour du grand Dieu ; il fuit honteusement devant elle.


Le Seigneur vous avait créé, ô Michel ! et vous avez aimé en lui votre Créateur ; nous, il ne nous a pas seulement créés, il nous a rachetés et rachetés dans son sang. Quel doit être pour lui notre amour !


Fortifiez notre amour dans nos cœurs ; et puisque nous combattons dans votre milice, dirigez-nous, échauffez-nous, soutenez-nous de votre regard et parez les coups de notre ennemi. Vous serez présent, nous 1'espérons, à notre heure dernière, ô porte-étendard de notre salut !


En retour de notre tendre dévotion envers vous, daignez faire la garde auprès de notre couche, la couvrir de votre bouclier. Si le dragon voit étinceler votre glaive, il n'osera pas approcher de nous. Au sortir de notre corps, puisse notre âme éperdue s'élancer dans vos bras ! Ne l'abandonnez pas, saint Archange, quand elle se pressera contre vous ; portez-la au pied du tribunal de Dieu, couvrez-la de vos ailes, rassurez ses terreurs ; et daigne le Seigneur, votre Maître, vous donner ordre de la transporter promptement dans la région des joies éternelles. Ainsi soit-il. »

Oui, chers associés, Ainsi soit-il ! Qu'il en soit ainsi pour vous tous, pour nos familles, pour l'Eglise et notre patrie. Daigne saint Michel, prince des hiérarchies célestes, accroître dans nos âmes la confiance et la vénération qui lui sont dues, afin de mieux nous accorder sa puissante protection dans les vicissitudes de la vie et surtout à 1'heure de la mort.


Souvenons-nous toujours des paroles si consolantes de saint Liguori, paroles qui nous font comprendre combien grande, combien constante doit être notre dévotion à saint Michel : La dévotion à saint Michel, dit-il, est un signe de prédestination.

 

 

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Le nom de Saint Michel : Quis ut Deus !

Après l'adorable nom de Jésus, "qui fait fléchir tout genou au ciel, sur la terre et dans les enfers" ; après le nom suave et béni de Marie, parfum de salut qui exhale la grâce divine, dit saint Ambroise, est-il nom plus digne de respect que celui du glorieux prince des célestes phalanges ? Michael ou Michel signifie : qui est semblable à Dieu ? quis ut Deus ?

Michael est un nom de puissance et de victoire. Comme un roi anoblit sur le champ de bataille le général qui a vaillamment combattu pour sa cause, ainsi Dieu a voulu que le cri de guerre, le cri d'humilité et d'amour du valeureux archange contre Satan, devint son titre de noblesse. A ce nom de Michael, à cette parole foudroyante : Quis ut Deus ? l'orgueilleux Lucifer et sa troupe rebelle tombèrent, rapides comme l'éclair, dans l'abîme creusé par la vengeance divine.

Michael ! qui est comme Dieu ? nom sublime, dit le cardinal Desprez, qui renferme tout le culte que la créature doit à son Créateur, nom qui contient en substance les actes de Foi, d'Espérance, de Charité et de Contrition. "O nom mille et mille fois béni, s'écrie un pieux auteur, nom tout puissant sur le ciel, la terre et l'enfer, nom acclamé et loué par la très sainte Trinité dans les cieux, où il sera toujours le nom et le cri du triomphe, nom grand et salutaire pour la terre et surtout pour l'Eglise militante dont il est le rempart et le bouclier, nom formidable pour les démons qu'il met incontinent en déroute ; que j'aime à vous redire sans cesse et à vous célébrer toujours, car, selon l'expression des saints Pères, chaque fois que vous êtes prononcé, le ciel répète son cri de victoire, de reconnaissance et de sainte allégresse ; la terre tremble comme au jour où l'Archange y descend et le chrétien retrouve sa force et son espérance, malgré ses défaillances ; l'enfer de nouveau frémit de rage et d'impuissance et courbe son front découronné, pour cacher la honte de ses constantes défaites."

A l'exemple de saint Michel, combattons vaillamment les ennemis de Dieu. L'heure actuelle est une heure de crise et de formidable tempête. L'Eglise de Jésus-Christ est attaquée de toutes parts, et ses ennemis ne sentent même plus le besoin de dissimuler leurs coups. Mais ayons confiance ; saint Michel combat avec nous, et bientôt luira le jour où, le règne de Dieu s'affermissant, nous pourrons pousser, nous aussi, notre cri de fidélité et de victoire : Quis ut Deus ? Qui est comme Dieu ?

A ceux qui foulent aux pieds l'autorité divine, qui ne veulent plus relever que de leur sot orgueil, qui répètent chaque jour, avec une effrayante énergie, leur cri de négation : Il n'y a point de Dieu ! disons hardiment : Il y a un Dieu, c'est le Dieu qui a créé les mondes, le Dieu qui commande à la vie et à la mort. Malheur à celui qui ne l'écoute pas ! Il s'ensevelit dans la nuit la plus obscure, il se traîne dans la honte, il se condamne à une mort irrémédiable, à la mort éternelle.

N'ayons pas peur des clameurs impies ; manifestons fièrement notre foi ; aux échos de l'enfer, répondons par les échos du ciel : Quis ut Deus ? Notre vois finira par couvrir celle de l'impiété, par l'étouffer et l'anéantir ; elle retentira victorieuse sur la terre, comme jadis celle des bons anges dans le ciel.
Michael ! Qui est semblable à Dieu ? Ce nom doit être la devise du chrétien. En traversant les ombres du temps et de l'espace, il n'a rien perdu de sa force et de sa vertu première. Toujours il renversera les projets des impies et confondra leurs complots diaboliques, comme il précipita Satan dans l'enfer ; il sera toujours un glaive de feu contre le blasphème, l'orgueil et la cupidité.

Michael ! Qui est semblable à Dieu ? N'est-ce pas la suprême et victorieuse réponse à tous les sophismes, à toutes les calomnies et à toutes les haines de l'enfer ? Opposons donc cette puissante affirmation, comme une digue aux débordements de l'impiété et de l'apostasie. Mais n'oublions pas non plus de nous en faire à nous-mêmes une salutaire protestation dans les épreuves de notre for intérieur, un bouclier contre les traits du monde ou du démon. Il est impossible que, passant souvent dans l'âme, le nom de saint Michel n'y laisse pas quelques-unes de ces fortes empreintes qui fixent dans le bien, ou du moins quelques-uns de ces rayons vivifiants qui éclairent, réchauffent, encouragent et consolent toujours.

O glorieux Archange, valeureux chef de l'armée céleste, soutenez-nous, fortifiez-nous dans les combats qu'il nous faut soutenir pour sauver notre honneur chrétien, notre âme et notre foi ; couvrez-nous de votre égide, prenez de nouveau le glaive en main, afin que Satan et ses satellites comprennent que par vous Dieu défend son Eglise, et qu'au milieu des épreuves, au plus fort de la lutte, nous répétions sans cesse avec foi et confiance votre cri vainqueur : Quis ut Deus ? Qui est semblable à Dieu ?

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  Saint Michel et la France

A chaque nation, comme à chaque individu, Dieu a donné un Ange tutélaire, un Ange pour la guider, l'éclairer dans sa marche à travers les siècles ; la soutenir, la protéger dans ses luttes avec les autres peuples, tant qu'elle reste fidèle à sa mission providentielle. Tel est l'enseignement des Pères de l'Eglise et de la sainte Ecriture.

Quel est donc l'Ange gardien de la France ? C'est saint Michel, prince des phalanges célestes et glorieux vainqueur de Lucifer.

Comme Dieu avait autrefois choisi les Hébreux parmi les nations païennes, pour conserver et défendre, sous l'égide de saint Michel, la gloire de son nom ; ainsi a-t-il élu le peuple Franc pour être, parmi les nations chrétiennes et sous les auspices du grand Archange, le bouclier et l'épée de son Eglise.

Cet honneur, ce privilège divin semble tout d'abord réservé à Constantin, qui tire l'épouse du Christ des catacombes ; mais ses successeurs ne comprennent pas leur mission ; ils ne répondent pas à l'appel divin, et ils disparaissent devant les invasions barbares. Alors saint Michel, apparaissant au mont Gargan, cherche un nouveau peuple pour défendre l'Eglise de Dieu que l'arianisme essayait d'étouffer de toutes parts.
Ce nouveau peuple de Dieu est trouvé ; c'est le peuple Franc violemment implanté sur le sol gaulois, peuple ignorant de la foi chrétienne, mais de pur de toute hérésie. Son chef, tout païen qu'il est, a même pleuré au récit de la passion du Sauveur.

Pour mieux signaler et cimenter son alliance avec le peuple Franc, Dieu lui envoi son Archange, l'Ange des combats et des triomphes. Après la bataille de Tolbiac, où Clovis entrevit saint Michel, disent certains auteurs, combattant avec lui et lui procurant merveilleusement la victoire, le roi Franc se fait baptiser à Reims, et son baptême devient celui de son peuple.

A dater de ce jour, la France marche à la tête des nations. Toujours sûre de son angélique allié, elle porte partout la lumière avec les libertés sacrées de la foi chrétienne. Partout où elle passe, les chaînes tombent, la tyrannie disparaît, la barbarie recule épouvantée. Ainsi se réalisent, avec une étonnante célérité, les paroles du pape Anastase à Clovis et à sainte Clotilde qui avaient mis la France sous la protection spéciale du glorieux Prince de la milice céleste. "Daigne le Seigneur, leur écrivait le pontife, accorder à vous et à votre royaume sa divine protection ; qu'il ordonne à saint Michel, qui est votre prince et est établi pour les enfants de votre peuple, de vous garder dans toutes vos voies, et de vous donner la victoire sur tous vos ennemis."

Avec le secours de l'Archange saint Michel, la France grandit et prospère ; elle mérite le nom glorieux de Fille aînée de l'Eglise.

Une des marques éclatantes de la suzeraineté de saint Michel sur la France, c'est sa prise de possession du sol de notre pays. Qui ne connaît, au moins de nom, le mont Saint-Michel ? Qui n'a maintes fois entendu parler de ce rocher de granit qui se dresse entre la Normandie et la Bretagne, sur le littoral de la Manche ? C'est sur ce rocher que saint Michel veut un sanctuaire. En 708, il apparaît trois fois à saint Aubert, évêque d'Avranches, et lui demande une chapelle sur la cime de ce mont, auquel de fréquents naufrages avaient valu le nom sinistre de Tombe au péril de la mer. Aujourd'hui, ce sanctuaire de saint Michel, transformé par le génie des siècles, par la foi et la renaissance de nos pères, est ce qu'on nomme la merveille de l'Occident et l'un des plus célèbres pèlerinages.

Ainsi le mont Tombe, jadis abri du démon et collège de druidesses, est devenu le siège d'honneur et le trône de saint Michel qui, une fois de plus, triomphait de Satan à la place même où celui-ci avait dominé avant le règne de la croix.
C'est du rocher du mont Saint-Michel qu'a jailli, comme un torrent, cette foi chevaleresque qui a converti et civilisé l'Europe entière. C'est là que Charlemagne et saint Louis vinrent tour à tour s'agenouiller ; que les Normands, avec Rollon, leur chef, furent adoucis et christianisés, et que Charles VII, remonté sur le trône, se rendit en action de grâces. Plus tard, les sectes hérétiques ont beau inonder la France d'erreurs et de sang, le mont Saint-Michel demeure toujours une forteresse inaccessible à leurs atteintes. Emblème et rempart de la foi, il reste debout au milieu des tempêtes de l'océan, sans en être ébranlé, parce que l'Archange n'a jamais cessé de le couvrir de ses ailes et avec lui toute la France.

Voilà pourquoi le peuple Franc, malgré tant d'égarements, reste dans le monde ce qu'il a toujours été, l'ouvrier des grandes choses de Dieu. Même dans notre siècle, où l'on dirait parfois qu'elle a échangé l'étendard de l'Archange contre celui de Satan, n'est-ce pas la France qui, de son sein généreux, a fait sortir et épanouir sur le globe les œuvres de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance, œuvres magnifiques qui ont donné tant d'accroissement à l'Eglise, tant d'âmes à Dieu, surtout dans les pays où Satan règne encore par les ténèbres du paganisme ?

O saint Michel, pitié pour notre chère France ! Daignez l'abriter encore sous vos ailes, malgré son ingratitude et ses fautes ; daignez la couvrir de votre bouclier, surtout en ce moment où l'Enfer la dispute au Ciel avec un acharnement effroyable ! Par votre puissant concours, ô divin Protecteur, puisse notre patrie échapper aux étreintes de l'impiété et de la démoralisation qui l'avilissent ; puisse-t-elle redevenir le foyer de la vraie civilisation, la digne fille aînée de l'Eglise, le héraut et le champion de Dieu parmi les nations modernes !

 

 

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  Saint Michel, gloire de la France

Saint Michel n'est pas seulement le protecteur, le gardien de la foi de la France, il est encore le promoteur de sa gloire, ainsi que l'attestent les grandes pages de notre histoire nationale.

Que l'orgueil apostat de notre temps rejette cette vérité, qu'il refuse effrontément de voir le doigt de Dieu, le surnaturel, dans la marche du peuple franc à travers les siècles, il n'effacera point de notre histoire le souvenir du rôle glorieux de saint Michel. Il faudrait effacer aussi les fastes de la grandeur de la France, fastes qui prouvent que l'illustre Prince du ciel, accomplissant sa mission divine, est venu, d'une manière souvent visible, au secours de notre chère patrie.

Dès la formation du peuple franc, à la fin du V° siècle, Clovis prie le Dieu de Clotilde sur le champ de bataille de Tolbiac, et aussitôt les Allemands, éblouis par une vision semblable à celle dont saint Michel avait déjà épouvanté les ennemis de Constantin, prennent la fuite en désordre.

Charles-Martel, Charlemagne, ont senti si merveilleusement l'assistance de l'invincible Archange, que le premier envoie son épée au mont Saint-Michel, et le second, au retour de son expédition contre les Saxons, fait peindre l'image de saint Michel sur les drapeaux, avec cette devise : Voici Michel qui m'a secouru.

Deux fois, au moins, les croisés voient ce glorieux Archange marcher à l'avant-garde comme leur guide en de lointains pays, et guerroyer à leur tête pour décider la victoire.
Plus tard, quand la France agonisait sous l'invasion des armées anglaises et sous les coups des défaillances suprêmes, n'est-ce pas encore saint Michel qui suscite et dirige Jeanne d'Arc, gloire de la France et libératrice de notre patrie ? dans des visions merveilleuses, l'Archange conte à l'humble bergère des montagnes des Vosges la grande pitié qui était au royaume de France ; il lui donne à profusion lumière te force pour remplir se glorieuse mission ; il fait d'une enfant de seize ans une sainte héroïne qu'il mène constamment triomphante à travers les dangers et la mort. A la bataille d'Orléans, que Jeanne d'Arc gagna le 8 mai, une des fêtes de l'Archange, saint Michel apparut lui-même visiblement sur le pont, racontent les chroniqueurs de l'époque, au moment de l'assaut, et en repoussa les Anglais.

La protection de saint Michel fut si manifeste dans la noble mission de la vierge de Domremy que, pour perpétuer le souvenir des victoires qui rendirent à notre beau pays sa gloire, son indépendance et sa nationalité, on fit frapper la monnaie à l'effigie de l'Archange, et louis XI institua l'ordre si célèbre des chevaliers de saint Michel. Sur les étendards, au-dessous de l'image de saint Michel, on lisait les deux devises tirées du prophète Daniel : Voilà que Michel, un des premiers princes, vient à mon secours. – Personne ne vient à mon aide en tout ceci, si ce n'est Michel, votre prince. Le royaume de France s'appela plus que jamais le royaume de saint Michel : Regnum Michaelis, et on s'empressa de rétablir partout les inscriptions que les Anglais avaient fait disparaître : Saint Michel, prince et patron de la France, priez pour nous !

Si l'on parcourait ainsi, siècle par siècle, les annales de nos délivrances et de nos plus glorieux combats, nous verrions toujours saint Michel au poste qu'il a bien voulu prendre avec nous et pour nous. Nous constaterions avec Louis XIV lui-même, qui ne manquait pas de placer ses glorieuses entreprises sous la sauvegarde de celui qui est à la fois l'Ange des combats et l'Ange de la paix, que toute gloire acquise en dehors de son inspiration et de son aide n'est qu'une gloire éphémère et fatale à la patrie. La France, hélas ! en a fait la triste expérience au commencement de ce siècle.

Plus récemment encore, il y a vingt-cinq ans à peine, notre patrie n'a-t-elle pas éprouvé combien il est téméraire de ne compter que sur le nombre des soldats et le courage humain pour arrêter les invasions et éviter les malheurs ? Aujourd'hui même, veut-elle comprendre qu'il y a des invasions plus redoutables que celles des armées ennemies ? que le joug de l'erreur et de l'irréligion est plus pesant que celui de l'étranger ? Ce joug est cependant plus dangereux, car on ne tue pas facilement une nation, mais elle se suicide, lorsque l'impiété y devient à l'ordre du jour. N'est-ce pas l'état de la France ?

Puisse-t-elle, après toutes ses infortunes, remonter aux véritables sources de sa grandeur, et revenant s'agenouiller aux pieds de l'Archange tutélaire dont elle a top oublié le culte et les bienfaits, retrouver dans les plis du même drapeau et les élans de sa foi, et le secret de son antique gloire ! Puisse l'Archange, de son côté, oublier nos ingratitudes et montrer bientôt que ce n'est pas en vain que les peuples l'honorent !

 

  Saint Michel, protecteur de l'Eglise

Au livre des Cantiques, l'Esprit-Saint dépeint l'Eglise militante comme l'épouse de Jésus-Christ, escortée de vaillants soldats qui la défendent contre ses ennemis.
Les soldats, ce sont les Anges sous la conduite de saint Michel, leur chef ; les ennemis, ce sont les démons qui, vaincus au ciel dans leur lutte contre Dieu, foudroyés dans les abîmes infernaux, s'acharnent dans une odieuse guerre contre l'homme et, dans leurs noirs complots, contre l'Eglise de Jésus-Christ. Dans leur effroyable châtiment et leur éternelle honte, ils ne goûtent d'autre joie que de pervertir les cœurs et les intelligences, afin d'avoir des complices contre Dieu. Ah ! saint Jean avait bien raison, quand il s'écriait dans l'Apocalypse : Malheur à la terre, car le démon s'y rend dans la colère et la rage !

Aussi, quelles horribles traces de Satan ou Dragon infernal dans l'histoire du peuple de Dieu et de l'Eglise de Jésus-Christ ! « Qui, dit un savant prélat, séduit l'homme au paradis terrestre ? Le Dragon. Qui précipite le peuple de Dieu dans ces iniquités, cause lamentable du déluge ? Qui réduit en servitude ce peuple fait pour être libre ? Qui éteint sa lumière pour le plonger dans les ténèbres de l'esprit et du cœur ? Le Dragon. Qui suscite contre lui les nations étrangères ? Le Dragon, toujours le Dragon. – Et dans la loi nouvelle, dès l'origine, qui charge de chaîne l'Eglise dans la personne de son chef ? Le Dragon sous les traits d'Hérode. Qui allume les bûchers et anime le bras des persécuteurs ? Qui provoque les hérésies, les schismes, toutes les négations, toutes les haines, toutes les ruses et toutes les violences ? Le Dragon, toujours le Dragon. »
Mais Dieu, qui veut le salut de l'homme, a limité la puissance de Satan, et il a chargé saint Michel de veiller sur son peuple et de protéger son Eglise.

Avec quel zèle, quel dévouement, quel amour, le glorieux Archange s'est toujours acquitté de cet emploi divin ! Il a reporté en quelque sorte sur l'épouse immaculée du Christ, l'amour et le dévouement qu'il a pour son divin Epoux ; il l'assiste, il la sert, comme un serviteur fidèle sert et assiste l'épouse du prince auquel il a voué sa vie et prêté serment de fidélité.

A toutes les époques où son secours est nécessaire, il prend le glaive en main pour défendre l'Eglise de Dieu et frapper ses persécuteurs. « A l'origine du monde, dit Mgr Germain, qui sert de guide au malheureux exilé de l'Eden ? Saint Michel. Quel est l'ange qui apparaît à Moïse pour donner le signal de la délivrance ? Saint Michel, le gardien de la Synagogue et plus tard le patron de l'Eglise. Quelle est, pendant le jour, cette nuée obscure et, pendant la nuit, cette colonne lumineuse qui dirige les Hébreux vers la terre promise ? Saint Michel. Qui leur rend, sur le Sinaï, cette lumière de la Loi que les passions humaines ont, sinon éteinte, du moins obscurcie ? Encore et toujours saint Michel. Qui combat avec Gédéon et lui obtient la victoire ? Quand les Juifs, durant de longues années, ont pleuré sur les bords des fleuves de Babylone, qui sollicite pour eux et obtient la fin de leurs épreuves ? Le prophète Zacharie s'est chargé de nous répondre : « Alors l'Ange du Seigneur parla et dit : Seigneur des armées, jusqu'à quand différerez-vous de faire miséricorde à Jérusalem et aux villes de Juda contre lesquelles s'est élevée votre colère ? Voilà déjà la soixante-dixième année de leur désolation et de leur ruine. » Et quand enfin les Machabées entreprennent leur lutte à jamais mémorable pour l'indépendance de la patrie, qu'arrive-t-il ? Cent mille hommes sont aux portes de Jérusalem. L'héroïque Juda court aux armes ; tandis qu'il marche sur l'ennemi, on aperçoit dans les airs un cavalier resplendissant de lumière, brandissant une épée. Ce cavalier, dit toujours le même interprète, c'est saint Michel : Hic fuit Michael. A son aspect, les Israélites s'élancent comme des lions ; ils taillent leurs ennemis en pièces. La victoire est à eux.

Mais le temps des figures est passé. Le Fils de Dieu vient de substituer l'Eglise à la Synagogue. Sans doute, Jésus-Christ sera toujours le chef qui dirige cette Eglise ; le Saint-Esprit sera l'âme qui la vivifie ; mais saint Michel sera son bras, l'ouvrier des divins triomphes. Regardez en effet. L'Eglise est enchaînée dans la personne de Pierre. Des geôliers veillent à la porte de sa prison. Tout à coup, la lumière brille dans le sombre cachot. Voici l'ange du Seigneur. « Vite, lève-toi, dit-il à Pierre. » Et les chaînes tombent des mains du captif ; et Pierre est délivré. Quel est cet Ange ? Corneille la Pierre répond : « Cet Ange fut probablement saint Michel. »

C'est encore saint Michel qui défend l'Eglise à peine née, et que l'enfer s'efforce d'étouffer dans son berceau en inspirant sa rage aux persécuteurs qui veulent effacer jusqu'à son nom dans le sang de ses enfants. Armé de la puissance de Dieu, le prince des armées célestes combat pour elle et avec elle contre l'enfer et les tyrans. Il soutient les martyrs, les remplit d'une force toute divine, et, par l'ardeur de ses prières auprès de Dieu, il obtient que le sang des martyrs immolés pour la foi devienne comme une semence divine, rendant à l'Eglise plus d'enfants qu'elle n'en avait perdu ; et comme un céleste grain de sénevé qui, arrosé du sang de tant de héros chrétiens, commence à dresser sa tige et à étendre ses rameaux vers l'Occident.

Aussitôt, dans ces régions nouvelles où s'implante l'arbre de la croix, les idoles croulent, les dragons des enseignes païennes disparaissent pour faire place à l'effigie de saint Michel et à celle du Christ. Suivant la tradition, le glorieux Archange, immortel protecteur de l'Eglise, apparut à Constantin, et, tenant en main le labarum orné d'une croix lumineuse avec ces mots : « In hoc signo vinces », il dit à ce premier empereur chrétien : « C'est moi qui, lorsque tu combattais contre l'impiété des tyrans, rendais tes armes victorieuses. »

Aujourd'hui, comme aux premiers siècles, saint Michel assiste l'Eglise dans sa lutte contre Satan et les impies. Son bras n'est pas moins fort, son cœur n'a pas moins d'amour pour Jésus-Christ. S'il n'intervient pas toujours directement, il est toujours là, chaque fois qu'un péril menace l'Eglise, comme le fait remarquer saint Grégoire le Grand, pour empêcher que les portes de l'Enfer ne prévalent contre elle.
Nous pouvons donc nous unir avec confiance au prêtre qui, après la messe, dit au pied de l'autel cette prière : Saint Michel Archange… Prince de la milice céleste, repoussez aux enfers, par la vertu divine, Satan et les autres esprits mauvais qui sont répandus dans le monde en vue de perdre les âmes. Ainsi soit-il !

L'Archange saint Michel s'est toujours montré le puissant protecteur de l'Eglise, s'il l'a merveilleusement assistée à travers les siècles contre les persécuteurs, il ne l'abandonnera pas non plus dans la situation présente où l'esprit du mal s'efforce d'éteindre le flambeau divin de la foi, par tous les moyens que peut inventer la rage satanique.

Non, saint Michel n'abandonnera pas l'Eglise ; il la soutiendra dans ses nouveaux combats jusqu'à la consommation des siècles, jusqu'au jour où, se levant lui-même une dernière fois contre l'Antéchrist, il le terrassera avec les mêmes armes qui terrassèrent Lucifer dans le ciel. Son cri tout puissant : Quis ut Deus ? Qui est semblable à Dieu ? sera encore le coup de foudre qui précipitera dans l'abîme infernal l'ennemi du Christ et les persécuteurs de son Eglise.
Aujourd'hui, comme il y a treize cents ans, on peut répéter cette parole de reconnaissance et d'admiration de saint Grégoire-le-Grand pour le glorieux Archange : « Chaque fois que dans l'Eglise un acte de vaillance s'accomplit, c'est à saint Michel qu'on l'attribue. »

Bossuet disait plus tard : « Il ne faut point hésiter à reconnaître saint Michel comme le défenseur de l'Eglise… Si le dragon et son infernale armée combattent contre elle, il n'y a point à s'étonner que saint Michel et ses anges la défendent. » Pie IX proclamait à son tour, en 1868, que « si, d'un côté, les impies de notre temps ont osé mettre en honneur le prince des ténèbres, dont ils se sont faits les fils et les imitateurs, les fidèles se sont, de leur côté, attachés à relever la vénération et la confiance que l'Eglise catholique a toujours placées en l'Archange saint Michel, le premier vainqueur de l'esprit maudit ».

Lucifer, le premier des francs-maçons, peut donc avec tous ses stellites redoubler ses coups contre l'Eglise du Christ, hurler contre elle au grand jour le blasphème et l'insulte, s'efforcer de déchirer sa robe sans couture, d'arracher ses enfants de son sein, par des persécutions non moins haineuses que redoutables, il sera vaincu, comme il l'a toujours été depuis dix-huit siècles ; car, suivant la parole de l'Archange Gabriel au prophète Daniel, « Michel se tient constamment debout pour la défense du peuple de Dieu ».

Quand le féroce Attila, après avoir semé la terreur parmi les nations, s'arrêta devant un faible vieillard, le pape saint Léon, aux portes de Rome, il dit à ses hordes barbares : « J'ai vu, à côté du vieillard, un personnage revêtu d'habits sacerdotaux, avec une épée nue et un air si terrible que j'en ai été effrayé. » Cette mystérieuse apparition, c'était saint Michel, Ange gardien du souverain Pontife et de l'Eglise.
Ainsi en sera-t-il des satellites de Satan qui, en ce moment, sèment l'effroi dans le bercail de l'Eglise ; ils seront forcés de s'arrêter dans leur marche triomphante et de répéter, en leurs vaines fureurs, le cri de rage et de désespoir de Julien l'Apostat : Nazaréen, tu as vaincu !

Oui, le Christ sera vainqueur dans cette lutte terrible que l'enfer soutient contre l'Eglise. Aussi notre cœur chrétien gardera toujours, même dans les alarmes et les angoisses, ses inébranlables et suprêmes espérances, car nous savons qu'à l'heure de Dieu, saint Michel fera entendre encore son foudroyant cri de guerre : Quis ut Deus ?
Alors les hordes sataniques retomberont pêle-mêle au fond de l'abîme, l'erreur et le mensonge seront démasqués, l'impie sera confondu, les phalanges angéliques chanteront de belles hymnes d'allégresse, d'actions de grâces, et l'Eglise comptera de nouveaux triomphes.

En attendant ce jour de salut fixé par Dieu, saint Michel reste dans l'Eglise militante, comme un général sur le champ de bataille, se portant plus vite que la pensée partout où son secours est nécessaire.

C'est lui qui maintient la pureté de la foi, malgré les efforts de l'impiété pour l'obscurcir ; c'est lui qui dirige le chef visible de l'Eglise, lui inspirant ses décisions, lui suggérant les moyens de déjouer, de combattre les noirs complots de l'enfer, avec les seules armes de la lumière, de la vérité et de la prière ; c'est lui qui, surtout dans les tristesses de l'heure présente, remplit d'une inébranlable fermeté, d'une divine énergie, tant de religieux et religieuses qui préfèreront subir, s'il le faut, une odieuse persécution plutôt que de livrer à César ce qui appartient à Dieu.

O saint Michel, glorieux chef de la milice céleste, vous dont le bras a conservé toute sa vaillance, vous, plein de bonté pour les enfants de Dieu et de sollicitude pour l'Eglise de Jésus-Christ, daignez nous secourir dans nos épreuves et nos douleurs, déjouez les complots de l'enfer, couvrez de votre protection l'Eglise notre mère, comme d'un bouclier contre lequel viendront s'émousser tous les traits de ses ennemis ; consolez, fortifiez, inspirez nos pontifes, nos religieux et religieuses ; conduisez leurs plumes, dictez leurs paroles, donnez-leur cet esprit de fermeté, de force et de sagesse que vous puisez en Dieu, afin que l'Eglise trouve en chacun d'eux un ardent défenseur de sa foi. O saint Archange, soutenez-nous dans les combats du Seigneur, et hâtez, par votre puissante intercession, l'heureux jour du triomphe du bien sur le mal, de l'Eglise du Christ sur l'infernale persécution de Satan.

 

 


 


  Puissants auxiliaires de Saint Michel

C'est à nos petits lecteurs, aux pieux enfants des Saints-Anges, que nous dédions particulièrement ces lignes. Nous voulons leur dire qu'ils peuvent être, par leurs prières, de puissants auxiliaires de saint Michel et des Anges, dans la terrible lutte de Satan contre l'Eglise.

Vous entendez parler, chers enfants, de la grande pitié qui est au royaume de France, comme disait autrefois Jeanne d'Arc, ou mieux, de la guerre satanique des impies contre la religion, et vous dites peut-être dans le sentiment de votre faiblesse : "Qu'y pouvons-nous ? Les méchants sont si nombreux, si forts, et nous sommes si petits !"
Précisément, c'est parce que vous êtes petits, et que les méchants semblent ne pas vous redouter, que je veux vous dire combien vous êtes forts, combien saint Michel, chef de l'armée céleste, et les Anges comptent sur vous. Oui, chers enfants, vous êtes forts, très puissants contre le démon et ses satellites, car vous avez en main une arme invincible : cette arme, c'est la prière.

La prière est toute puissante sur le cœur de Dieu ; savoir prier, c'est savoir vaincre. "Les Machabées, dit Bossuet, étaient vaillants, et néanmoins il est écrit qu'ils combattaient par leurs prières plus que par leurs armes, assurés, par l'exemple de Moïse, que les mains élevées vers Dieu enfoncent plus de bataillons que celles qui frappent."
"L'univers obéit à Dieu, ajoute saint Augustin, et Dieu obéit à la prière."
Ne l'oubliez pas, chers petits enfants. Priez, priez beaucoup, et le Roi Jésus, qui vous aime tant, avancera l'heure du triomphe de saint Michel et des Anges sur tous ceux qui veulent dérober vos âmes au bon Dieu, à votre céleste Gardien, pour les livrer à Satan.
Imitez les enfants de la Judée ; aimez Jésus de tout votre cœur. N'avez-vous pas lu, dans l'Evangile, quel grand attrait ils éprouvaient pour le Sauveur, l'entourant à son arrivée dans les bourgades, prenant plaisir à le voir, à toucher ses mains et ses vêtements ? Aussi, comme l'aimable Jésus était heureux de cette affection naïve, comme il aimait à bénir tous ces enfants, et à déposer un baiser divin sur leur front !
Un jour, il dit à ses disciples s'efforçant d'éloigner les enfants qui l'entouraient : "Laissez venir à moi ces petits enfants, et ne les empêchez point ; car c'est à leurs semblables que le royaume de Dieu appartient."

Vous le voyez, enfants, vous êtes les amis privilégiés de Jésus ; vous n'êtes, par conséquent, ni faibles ni petits pour combattre le mal ; vous êtes, au contraire, grands et puissants pour vaincre le démon, puisque vous êtes si chers au cœur du divin Maître. Priez, priez donc le bon Jésus de ne pas permettre aujourd'hui qu'on vous éloigne de lui, qu'on souille dans la boue du vice et de l'impiété, vos âmes si blanches, et si pures. Qui sait si Dieu ne veut pas écraser l'orgueil révolté des impies par une croisade de prières, surtout les prières des enfants ! Il n'a certainement pas abrogé son terrible anathème : "Malheur à celui qui scandalise un de ces petits ! Mieux lui vaudrait être précipité au fond de la mer avec une meule de moulin au cou !"

Oui, chers enfants, Dieu a promis malheur à qui vous scandalise, à qui veut vous changer d'ange en démon, c'est-à-dire, à ceux qui s'efforcent de vous empêcher de rester auprès de lui, par votre innocence et votre piété. Voyez s'il vous aime, et si vous êtes grands devant lui !

Vous êtes les anges de la terre, et vous ressemblez si bien aux anges du ciel, que ces esprits bienheureux empruntent souvent votre extérieur dans leurs manifestations.
Le séraphin qui apparut à sainte Thérèse et lui plongea dans le cœur un dard enflammé, symbole de l'amour divin, ressemblait, dit la sainte, à un enfant de neuf ou dix ans. Benoîte du Laus, ne comprenant pas le mystère de la petite taille des anges qui se montraient familièrement à elle, leur disait naïvement : "Mais que vous êtes petits !"
Lorsqu'on aplanissait le mont Tombe pour y bâtir un sanctuaire à saint Michel, on fut arrêté devant un énorme rocher en saillie qu'aucune force humaine ne pouvait ébranler. Un pieux chef de famille, Bain, reçut en songe l'ordre de venir à l'aide avec ses fils ; mais on ne réussit que lorsqu'on eut l'inspiration d'apporter au mont le dernier de ses enfants resté, comme David, à la maison, dans son berceau. Le rocher fut emporté dès que l'enfant l'eut touché de son pied.
Quel honneur pour vous d'être si puissants auprès de Dieu, et comme vous devez vous montrer dignes de vos frères du ciel !

Que font les anges, vos frères du ciel ? Dieu vous les envoie pour vous garder des démons et des méchants ; pour recueillir vos prières et les offrir à Jésus ; pour que vous puissiez envoyer, à votre tour, ces célestes messagers à tous ceux qui travaillent, qui luttent, qui souffrent, contre tous ceux qui pèchent ou qui persécutent.
Quand vous aimez Jésus, quand vous le priez pour vous, pour vos parents, pour l'Eglise, vos pieux désirs pénètrent dans son divin Cœur et se changent en célestes bienfaits, en grâces, pour ceux que vous chérissez sur la terre. Voilà pourquoi, petits enfants, vous êtes si grands et si forts par la prière ; voilà pourquoi saint Michel et les Anges veulent vous voir combattre avec eux contre Satan. Priez donc beaucoup, soit à la maison, soit à l'école, et Jésus, qui fut enfant, exaucera vos souhaits de bonne année, ceux de vos parents, et de l'Eglise.

 

 

 


  Saint Michel, protecteur des fidèles

Saint Michel, défenseur de l'Eglise et de la France, est aussi le protecteur général de tous les chrétiens. Il se tient devant le trône de Dieu, dit l'Ecriture ; il combat, il intercède pour les âmes et leur obtient les secours nécessaires.

C'est particulièrement dans les tentations que saint Michel assiste les âmes qui l'invoquent, leur découvrant les pièges du démon et leur donnant le courage de résister. S'il le faut, il ordonne même à Satan d'interrompre ses infernales attaques. "Va, disait-il autrefois à Gédéon en l'envoyant contre les Madianites, je combattrai pour toi." Ainsi fait-il pour nous, non seulement en éclairant ou en dirigeant notre Ange gardien, mais en combattant lui-même, s'il voit le démon prendre avec lui, selon l'Evangile, sept autres esprits plus forts et revenir à la charge.

Quand nous avons le malheur de tomber dans le péché, saint Michel nous aide à obtenir le pardon de nos fautes et à recouvrer la grâce de Dieu. Aussi, l'Eglise veut-elle que le pécheur repentant s'avoue coupable à Dieu d'abord, ensuite à la bienheureuse Vierge Marie et à saint Michel Archange. Confiteor Deo omnipotenti, beatae Mariae semper virgini, beato Michaeli archangelo.

N'est-il pas raisonnable, dit saint Bernard, que le proclamateur et le défenseur de l'Incarnation porte, le premier après Marie, aux pieds du Très-haut, les soupirs et les gémissements de l'âme qui veut se soustraire au joug de Belzébuth pour embrasser celui de Marie ? C'est pourquoi, conclut saint Bonaventure, saint Michel circonvient le pécheur, parle à son cœur en suscitant le remords, conduit son âme au saint tribunal de la pénitence, pour qu'elle soit lavée dans le sang de l'Agneau qui s'est immolé pour effacer les péchés du monde. C'est alors qu'il fait de nouveau retentir les cieux de cette efficace supplique que l'apôtre saint Jean entendit un jour : pardonnez, Seigneur, pardonnez, vous qui ouvrez le livre et rompez les sceaux.

Saint Michel, dit à son tour saint Liguori, aime si ardemment les âmes qu'il tâche, par divers moyens, de les conduire à la pénitence, unique voie pour retourner à la grâce, s'il les voit exposées à être précipitées dans l'enfer. Il ajoute que le généreux Archange se porte même en quelque sorte caution pour le pécheur, suppliant le Seigneur de ne pas frapper l'âme coupable, et promettant de l'amener au repentir et ensuite à la pratique de la vertu.

Le même saint docteur dit encore, après saint Brunon de Segni, qu'il appartient à ce glorieux Prince de la milice céleste de donner à chaque âme sur la terre son Ange gardien, et il nous engage à considérer combien nous lui sommes redevables à ce titre. "Comme saint Michel, continue-t-il, est la lumière et le guide de tous les Anges, qui sont ses inférieurs, c'est lui qui dirige nos Anges gardiens, en leur apprenant la meilleure manière de nous conduire et de nous défendre de nos ennemis. Quand donc nous voyons une personne que ses vices entraînent à sa perte, ou qui nous persécute, nous ferons très bien de prier saint Michel d'indiquer à l'Ange gardien de cette personne la meilleure manière de l'éclairer, afin qu'elle se corrige ou qu'elle cesse de nous persécuter."

Une vérité séculaire et incontestable que je trouve affirmée dans les écrits de tous les saints Pères, et dont j'ai pu constater les heureux effets, dit saint François de Sales, c'est que saint Michel a reçu de Dieu le don particulier et bien mérité de toucher le cœur des pécheurs les plus endurcis, de leur inspirer un repentir sincère et de les amener à une salutaire pénitence.

Une pieuse cérémonie, en usage dans l'Eglise au moyen âge, nous montre aussi quelle foi, quelle confiance, les chrétiens ont toujours eues dans la protection de saint Michel. "Le pécheur, rapporte un auteur, après avoir été réconcilié avec Dieu, est conduit au pied de l'image de saint Michel par le représentant du Seigneur. Là, après avoir récité une prière en l'honneur du Prince des célestes phalanges, le ministre de Dieu prend l'épée flamboyante de l'Archange, et la fait reposer sur la tête du transgresseur de la loi sainte, pour signifier que le démon est détrôné, terrassé, qu'il est réellement chassé de cette âme contrite et humiliée, et que, par le fait même, saint Michel en devient le possesseur, le maître légitime."

Il est surtout un moment, l'heure dernière de notre existence ici-bas, où saint Michel prend sous sa toute puissante sauvegarde les âmes pieuses et fidèles. A ce moment terrible, Satan, redoublant de rage contre l'âme dont le sort est prêt de se décider, déploie toutes ses ruses, toutes les ressources de sa malice et de sa haine, pour arracher à Jésus le prix de son sang, pour ravir à Dieu l'âme qui va monter au ciel.
Mais saint Michel n'abandonne pas le chrétien sur son lit de mort. Il met en fuite les démons, ramène la confiance dans les âmes craintives et abattues, réveille leur foi, leur amour pour Jésus, leur espérance dans sa bonté et en ses mérites, met sur leurs lèvres mourantes les noms sacrés de Jésus, de Marie, de Joseph, et, par ses célestes inspirations, par ses ardentes prières, leur obtient la grâce d'une sainte mort.

Conjurons saint Michel, patron de la bonne mort, de nous secourir dans les angoisses de l'agonie et les terreurs du dernier passage, d'éloigner les démons de notre lit de mort, de recevoir notre âme sur le seuil de l'éternité, de la présenter au souverain Juge, mais toute couverte de la pourpre de son sang adorable. A l'exemple de saint Anselme, récitons chaque jour cette belle prière : Saint Michel, Archange de Dieu, gardien du ciel, venez à mon secours au moment de ma mort ; soyez ma défense contre l'esprit malin et conduisez mon âme dans le paradis de la jubilation éternelle.

 

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Publié dans Histoire de l'Eglise

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