Les chrétiens sont nés pour le combat

Publié le par WalkTsin

Une apologie du catholicisme sous une forme un peu belliqueuse ne déplaira pas au public. Les temps la réclament. Religion de prière, de pardon, de paix, de fraternité,le catholicisme est aussi la religion de combat.
Ce nom n’est pas une nouveauté. L’Église sur terre n’est-elle pas appelée militante? Elle est le camp militaire du Dieu des armées. Elle combat les erreurs, les vices, l’orgueil, la barbarie. Elle ordonne à tous ses enfants de faire comme elle ; de transporter dans leur for intérieur, d’abord, la lutte contre leurs passions ; puis de l’aider, en tous lieux, dans sa douloureuse mais superbe lutte. Léon XIII le rappelait hier, en généralissime du Roi du Ciel :
L’Eglisesociété parfaite, très supérieure à toute autre société, a reçu de son Auteur le mandat de combattre pour le salut du genre humain, comme une armée rangée en bataille… A sa garde ont été confiés l’honneur de Dieu et le salut des hommes… Les chrétiens sont nés pour le combat.
La Religion de combat n’est donc pas une chose nouvelle ; mais la mettre en relief sous cet aspect serait une manière nouvelle de présenter l’apologie de la Religion. Non nova, sed nove. Nous l’avons essayé. Ce relief à donner à la grande combattante nous a semblé trouver son encouragement dans une leçon venue du ciel en des temps qui rappellent les nôtres.
La persécution allait s’ouvrir contre les chrétiens, pour durer trois siècles. Le diacre Etienne avait été cité devant le Sanhédrin. Les membres de ce Grand Conseil avaient écouté avec rage, et en grinçant des dents, le plus beau résumé qui ait jamais été fait du peuple d’Israël comme préparateur du Christ. A la péroraison, Étienne, rempli du Saint-Esprit, s’écria : Je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme qui est debout à la droite de Dieu !
Ses auditeurs endurcis le lapidèrent. Mais le saint diacre avait eu le temps de contempler et d’annoncer à l’Eglise de Dieu ce spectacle, à jamais fortifiant pour elle :le Fils de l’homme, naguère méprisé et condamné, désormais environné de la puissance divine, dans la majesté de Dieu, et debout ! « Il était debout, dit saint Grégoire le Grand, parce que se tenir debout est l’attitude qui convient à un combattant et à celui qui porte secours. »
Voilà quelle fut (et elle demeure !) l’attitude du Christ, dans le péril de son Eglise. Voilà quelle est présentement, en union avec son Chef invisible, l’attitude de l’Église, dans le péril de la civilisation et de la société. La civilisation et la société sont menacées, et l’Église est debout !
Debout doivent être également tous les enfants de l’Eglise ! En célébrant cette attitude sous la belle dénomination des enfants de lumière, l’apologie rendra donc service.
La Religion des enfants de lumière est, avec eux, à genoux pour prier, assise pour enseigner, et debout pour combattre !
Joseph LEMANN – La religion de combat (1891)

Publié dans Histoire de l'Eglise

Commenter cet article