LE SACRÉ CŒUR, SALUT DU MONDE ET DE LA FRANCE

Publié le par WalkTsin

LE SACRÉ CŒUR, SALUT DU MONDE ET DE LA FRANCE

DISCOURS PRONONCÉ LE 18 JUIN 1899, EN LA BASILIQUE DE MONTMARTRE par LE R. P. COUBE, S. J.



 

Je suis heureux de pouvoir publier une poésie que le R. P. Delaporte a eu la gracieuseté de m'envoyer au lendemain  des fêtes de Montmartre, et où il chante splendidement l'idée-mère de ce discours. S. Coubé. 

DILEXIT NOS

« Vive le Christ qui aime les Francs ! » Nos aïeux nous l'ont dit, notre foi le répète ; En tête de nos lois nos sages l'ont écrit ; Aux jours de gloire, aux jours de deuil ou de tempête,  Vous nous avez aimés, ô Cœur de Jésus-Christ ! Le Christ aima les Francs : c'est toute notre histoire ; 

A Tolbiac, à Reims, à toute heure, en tout lieu, Au tocsin de l'épreuve, aux charges de victoire,  Sur nos Gesta Dei battit le Cœur d'un Dieu.

Tout peuple, en parcourant ses haltes séculaires, Fait jaillir, du chemin que labourent ses pas, L'étincelle de haine, ou le flot des colères ; S'il n'a point d'ennemis, ce peuple ne vit pas. Les haines, qu'en passant un grand peuple soulève  Ont éclaté sur nous ; le monde en a frémi : Contre nous, que le monde entier tire le glaive ; 

CONTRE LE MONDE ENTIER NOUS AVONS UN AMI.

Le Christ aime les Francs : c'est notre destinée ; C'est notre cri d'espoir, sous les pieds d'un vainqueur ;  La France, ô Dieu vivant, fut votre fille aînée ; Ses rois, les fils aînés de Votre Sacré Cœur. La France, agenouillée au bord du Baptistère,  Où Clovis se courba sous la main de Remy,  Dit à l'avenir sombre où gronde le mystère :  Passe ! qui que tu sois ; nous avons un ami.

Nous avons un ami ; n'en eussions-nous point d'autre,  Son amour nous suffit : le Christ aime les Francs ;  Son Cœur divin, son Cœur blessé cherche le notre ;  Malheur aux cœurs fermés, ingrats, indifférents ! Qui n'aime pas est mort, homme ou peuple... Espérance !  De son ciel, notre ami, le Christ, nous tend les bras ; Le Christ t'ouvre son Cœur ; il est la vie ; ô France, 

Le Christ aime les Francs ; aime-Le... Tu vivras.

V. DELAPORTE, S. J.

LE SACRÉ CŒUR, SALUT DU MONDE ET DE LA France

Quæ est ista religio ?

Quelle est cette fête qui nous rassemble? 

(Exod., ch. XII) 

 

EMINENCE, MESSIEURS,

Cette question que, dans le peuple d'Israël, les fils adressaient à leurs pères au sujet de la Pâque, vous l'avez surprise tout à l'heure sur les lèvres ou dans les regards de la foule indifférente et mondaine qui vous voyait prendre le chemin de Montmartre. Vous l'entendrez de nouveau ce soir en redescendant cette colline. Et, un jour peut-être, vos enfants  ou vos petits-enfants vous diront encore : « Parlez-nous de cette cérémonie. Qu'avez-vous donc fait là-haut de si grand  et de si beau que le Cœur de Dieu s'est laissé toucher et que cette journée est devenue pour la France une journée historique, le commencement du salut ? »

Pour savoir ce que vous devrez répondre, messieurs, transportez-vous par la pensée sur le parvis de cette basilique et regardez au loin devant vous. Là-bas, dans la vallée immense qui s'étend à vos pieds, vous apercevez, endormie sous la brume indolente ou scintillant sous les frissons de la lumière, la grande ville dont chaque tressaillement, chaque geste,  inquiète le monde, et au-dessus du pêle-mêle de ses toits, vous voyez émerger les flèches de ses églises qui attirent le  fluide des bénédictions divines, comme d'autres monuments attirent la foudre. Or, vous étiez là, il y a huit jours, au pied  des autels, en communion avec l'humanité tout entière et vous consacrant avec elle au Cœur de Jésus. Mais, au sortir de  ces églises, lorsque vous avez levé les yeux vers les blanches coupoles qui couronnent ce temple et prêté l'oreille aux  appels majestueux que vous jetait la Savoyarde, vous vous êtes dit que, si le monde se consacre au Sacré-Cœur, la  France a, pour s'associer à ce grand acte, des titres tout particuliers, et que c'est à Montmartre qu'elle doit l'accomplir  avec le plus de solennité. Vous vous êtes dit qu'une seconde consécration faite ici, dans ce sanctuaire national, non plus  seulement avec le concours des bonnes volontés individuelles, mais au nom de la France entière, aurait, outre son caractère catholique, un caractère patriotique très doux pour nos cœurs, très salutaire pour notre pays. Voilà, messieurs, le sens que vous avez attaché vous-mêmes, et avec raison, à cette cérémonie : Quæ est ista religio ?

C'est ce double caractère que je me propose de préciser dans ce discours, en vous montrant dans le Cœur de NotreSeigneur le salut du monde et le salut de la France.

 

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