Un mot ne signifie quelque chose que parce qu’une idée y a été attachée. Sans idée, un mot n’a ni valeur, ni raison d’être. En ce qui concerne le mot français mariage, l’idée lui correspondant y a été attachée irrévocablement il y a très longtemps.
C’est au XIIe siècle après Jésus-Christ que ce mot apparaît dans notre langue. Il s’agit d’une francisation du latin vulgaire du XIe siècle maritaticum. En plus d’être l’origine du mot français mariage, ce mot latin est la base étymologique de l’italien maritaggio et de l’espagnol maridaje.
L’idée attachée au mot mariage au XIIe siècle était indéniablement le sacrement de l’Église catholique, que les Français ont tant chéri qu’ils l’ont perpétué par des moyens légaux et coutumiers. Le Catéchisme du Concile de Trente nous rappelle que « le Mariage est l’union conjugale de l’homme et de la femme, contractée selon les Lois de l’Église, et constituant une communauté de vie inséparable. »
C’est cette définition, auparavant appliquée exclusivement au latin ecclésiastique matrimonium, qui fut attachée au mot français mariage dès sa création au XIIe siècle.
L’attachement de cette idée au mot mariage sera attesté en 1694 dans le premier Dictionnaire de l’Académie française qui définit ce terme comme suit : « Union d’un homme & d’une femme par le lien conjugal ». Le baptême de Clovis permit à l’Église catholique d’introduire dans la culture française naissante le respect de la dignité de la vie humaine qui était absent de la famille gauloise. En effet, comme l’avait écrit Jules César à propos des Gaulois :
Viri in uxores, sicuti in liberos, vitae necisque habent potestatem.
« Les hommes ont le pouvoir de vie et de mort sur leurs épouses, comme ils l’ont sur leurs enfants. »
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