Devant le Christ outragé, les larmes d’un seul enfant sont plus désarmantes que les armes de mille
manifestants. Lettre ouverte aux auteurs, acteurs et promoteurs de Golgota Picnic par le Père
Daniel-Ange.
lundi 21 novembre 2011
« Nous devons subir en silence les absurdités de ceux qui dénigrent, déforment,
ridiculisent nos convictions… Faudrait-il se laisser égorger en silence ? Est-ce faire de la politique que de crier son désarroi devant la terreur ? » (Pierre
Claverie, évêque d’Oran, assassiné le 1.09.96)
J’ose être franc avec vous. Permettez-moi quelques questions. Je le fais au nom d’un grand nombre.
Pourquoi ? Mais pourquoi donc ce déchaînement de christianophobie ? Ce besoin irrationnel de détruire le christianisme par le biais de la dérision, du cynisme, de
l’ironie.
Peut-être n’est-ce pas du tout votre intention explicite. Peut-être n’en n’avez-vous pas conscience. Mais
que vous le vouliez ou non, vos œuvres sont tellement provocantes qu’une multitude en est heurtée, blessée, bouleversée. Des chrétiens biens sûr, toutes églises confondues, mais aussi des
croyants d’autres religions et simplement des hommes et des femmes, souvent non croyants, mais qui gardent encore un certain sens du respect, de l’honnêteté, de la dignité humaine. Et même
des artistes, qui savent encore ce que signifie l’art.
Non et non ! On ne peut faire tout passer sous ce label. Cessons de prostituer la
beauté.
La plupart sont des gens simples, des pauvres, des petits, qui en tant que tels méritent encore un plus
grand respect.
Pourquoi, mais pourquoi ainsi les blesser dans ce qu’ils portent de plus intime, de plus profond, de
plus vrai en eux-mêmes ?
Le saviez-vous ? Pour nous, pour une multitude, la personne de Jésus est ce que nous avons de plus
précieux au monde. Il est tout pour nous. Il a transformé notre vie, illuminé notre existence, transfiguré nos souffrances. Il est Celui qui a livré sa vie pour nous ouvrir à tout jamais la
Vie après la mort, nous donner ce Ciel dont vous vous moquez, mais qui demeure notre unique avenir. Un jour, vous le saurez… lorsque vous frapperez à la porte…
En attendant, ne prenez pas trop de risque d’en louper l’entrée faute de visa.
Qu’avez-vous contre cette personne qui ainsi vous questionne ?
Je vous le demande : qu’avez-vous contre Lui ? Quel mal vous a-t-il fait ? Pourquoi cette
haine viscérale contre Quelqu’un qui n’a été que bonté, douceur, tendresse, totalement donné aux autres, ne faisant que du bien, qui n’a jamais eu des tas de concubines, n’a jamais violé ni
massacré. Au contraire, préférant être lui-même tué, tout innocent, plutôt que de tuer ! Ou plutôt qui a tué en son propre cœur la haine, la jalousie, l’orgueil, bref – tous ces péchés
qui provoquent 90 % de la souffrance dans le monde. Qui a partagé tout de mon existence, toutes mes souffrances, qui a connu l’exil, le rejet, la calomnie, la prison par pur amour de …
toi et moi, pour te, me permettre après la mort – qui vient si rapidement – une éternité de bonheur.
Si vous le tournez en dérision, soyez logiques : moquez-vous aussi des malades, réfugiés, détenus.
Jetez de la merde sur un agonisant, sur un enfant (que Lui-même a été).
Vous voyez, si ce qu’il y a de plus sacré au monde pour des milliards de croyants de par le monde ( leur
fondateur de religion) n’est plus respecté, alors c’est bien simple : plus rien ne sera sacré, intangible, inviolable. Ni l’enfant en son état de zygote, ni la personne âgée en état de
parkinson, ni un gosse qui sanglote, ni une maman qui voit – impuissante- mourir son petit, ni l’homme qui n’a que la rue pour maison. Allez-y, moquez-vous d’eux tous ! Peut-être n’y
aura-t-il aucune réaction dans le peuple, tellement nous sommes blasés, amorphes, anesthésiés.
Ou bien, s’il vous faut absolument salir, dénigrer, conspuer, de grâce, jetez votre dévolu sur d’autres
personnes de l’histoire (Je vous suggère Danton, Robespierre ou Lénine plutôt que Hugo ou de Gaulle).
Mais demeure cette question : Pourquoi de fait est-ce si souvent Jésus votre cible préférée ?
Pourquoi vous questionne t-il à ce point, vous dérange t-il tellement ? Serait-ce qu’inconsciemment il vous interroge, vous pose des questions secrètes, vous rejoint au plus intime. Vous
en semblez obsédés, pourquoi ? Oui, pourquoi ?
D’ailleurs, vos caricatures du Christ nous posent une autre question : S’il est si méconnu, si
travesti, si peu connu sous son vrai jour, serait-ce en partie notre faute, à nous qui nous disons ses propres frères. Nos existences seraient-elles trop peu transparentes à son
visage, béni entre tous ?
L’aurions-nous nous-mêmes défiguré, trahi, renié par nos comportements, nos attitudes, nos actes, si
souvent peu conforme à son Evangile ? Si Jésus est pour nous, non pas le symbole, mais la Personne même de l’Amour encore si peu aimé, c’est sans doute que nous, ses pauvres disciples ne
l’aimons pas encore.
En ce cas, nous vous demandons pardon, comme nous le demandons d’abord à notre Jésus. Et, provoqué par vos
scènes immondes, nous nous décidons à faire resplendir sa beauté sur le tissu de nos vies quotidiennes. De votre côté, soyez honnêtes : la splendeur de son visage resplendit partout où
son Eglise se dévoue, se donne sans compter, avec une héroïque générosité, partout où l’homme souffre, quelles que soient ses souffrances, dans les pires situations, cela depuis 2000 ans,
sous toutes les latitudes et longitudes. Se faisant l’humble servante de tous ceux qui sont en situations de détresse, de désarroi, de désespoir. Notre souffrance interroge t-elle votre
violence ? ..
… Et nos silences douloureux posent-ils question à votre arrogance ?
Certains clament leur très légitime indignation en manifestant publiquement devant théâtres ou salles
d’expo. Sans doute certains sont-ils excessifs car excédés par ce déferlement christianophobe. Au moins, admirez leur courage juvénile. Dans leurs condamnables débordements,
écoutez le cri de leur cœur. Ils ont le mérite d’au moins réveiller une certaine apathie chez trop de baptisés qui, par fausse pudeur, sont lâches et n’osent pas réagir, terrorisés qu’ils
sont par l’opinion médiatique.
Si vous écoutiez vraiment ceux qui veulent dialoguer paisiblement avec vous, comme je le fais ici, si vous
teniez compte de leurs plaintes, ils ne devraient pas en arriver là.
Autant n’avons-nous aucun droit aux armes, autant avons-nous tous les droits aux larmes.
Bref, nous récusons la violence, mais exprimons notre souffrance.
Et franchement, dites-le moi : leur possible violence, n’est-elle pas réplique à la violence de vos
scènes, de vos propos contre cet Innocent incapable de se défendre Lui-même ? Violences extrêmes oui, car elles violent la conscience, la foi de tant de vos frères en
humanité. Et très spécialement les enfants. Avez-vous mesuré le traumatisme qu’éprouve un enfant catholique, protestant, évangélique, orthodoxe à la vue de tels
spectacles, de telles affiches ? Un enfant dont le seul crime est d’aimer ce même Jésus que vous blasphémez.
Si nos Eglises, en leurs différentes instances hiérarchiques, réagissaient comme un seul homme, calmement
mais fermement, de telles manifestations n’auraient pas de raison d’être. Mais devant le silence, ou simplement l’extrême prudence il ne reste à certains que ce langage : descendre dans
la rue. Se faire voir. Espérer se faire enfin entendre. Puisque toutes les autres plaintes sont méprisées.
Encore ceci : ne vous suffit-il pas que les chrétiens soient actuellement les croyants les
plus persécutés dans le monde entier (dans quelques 54 différents pays, brimés, rejetés, tués)
Qu’en ce moment, il ne se passe pas un seul jour sans que des baptisés soient emprisonnés, torturés,
lapidés ou égorgés, leurs églises saccagées, incendiées ? Leur seul crime ? Etre tombés amoureux d’un certain Jésus.
Et voilà qu’en nos pays dont la foi chrétienne a été le liquide amniotique, nous voilà aussi la cible de
votre méprisante arrogance.
Cela me fait penser aux affiches-caricatures sur les Juifs… L’avant-persécution commence par la dérision.
La dérision n’est pas anodine. Elle cristallise le mépris et la haine et ouvre dans l’inconscient des foules la porte à une possible persécution. Le passage de la représentation symbolique
(une pièce de théâtre, une affiche..) à l’acte réel ( un pogrom, un lynchage) est si vite franchi !
Et vous les artistes qui y jouez, y figurez, j’ose espérer qu’au moins l’un d’entre vous soit touché par
les paroles même du Christ que vous prononcez ou entendez. Je pense à ces dernières paroles : ses ultimes, donc son testament, sachant que toute parole de mourant est considérée comme
absolument sacrées. Par tout homme ayant simplement le sens de l’humanité.
Je pense à cette pièce blasphématoire à Moscou (en 1950), sous la dictature stalinienne. L’acteur
principal très connu, bouleversé par les paroles des Béatitudes (correspondant aux 7 paroles du Christ en croix) éclate en sanglots et s’écrie : « Jésus, souviens-toi
de moi quand tu viendras dans ton royaume ! » faisant sienne précisément celle du gangster à qui Jésus ouvre illico son paradis.
Et puis, comme artistes, vous avez sûrement le sens de la beauté. Au plus intime, vous devez bien sentir
que tout ne peut pas s’appeler art, sans prostituer les mots.
On ne peut tout faire passer sous prétexte d’art, comme on ne pouvait faire passer les massacres de
la Révolution sous prétexte de liberté. La vie est plus précieuse que la liberté. Et l’âme plus grande que l’art qui tente de l’exprimer. La beauté pour être belle n’exige t-elle pas
le respect ? Au nom de ce qu’il y a de plus grand en vous : cessez de prostituer la beauté !
Pour vous : censurer revient à régresser au Moyen Age. Mais le fleuron de la civilisation ne réside
t-il pas dans le fait d’accéder à un infini respect de l’autre ? N’est-on pas au contraire en pleine régression de civilisation ?
Je vous en supplie : laissez-nous au moins prier et pleurer !
A vous qui subventionnez, promouvez, protégez ces spectacles :
Et maintenant, je me risque à m’adresser à vous, les autorités françaises et européennes qui
participez au financement de telles œuvres, avec notre argent, nous vos fidèles contribuables.. Comment avez-vous pu faire cela, sachant – au moins devinant- combien vos propres
concitoyens en seraient choqués.
Auriez-vous oublié par hasard qu’aujourd’hui encore, des millions de Français sont chrétiens. C’est de la
religion largement majoritaire dans ce pays dont vous avez la responsabilité. (Auriez-vous oublié les propos si nets du Président de la République voici quelques mois au Puy ?)
Combien de manifestations antichrétiennes avez-vous ainsi subventionnées ?
Auriez-vous pris le risque de financer des scènes blasphématoires de l’Islam ou du
Judaïsme ?
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