Histoire de France

Dimanche 30 décembre 7 30 /12 /Déc 15:03


NOËL EN TAULE, ROBERT BRASILLACH

 


NOËL EN TAULE

Qu'importe aux enfants du hasard
Le verrou qu'on tire sur eux :
Noël n'est pas pour les veinards,
Noël est pour les malchanceux.
Voici la nuit : il n'est pas tard.
Mais la cloche tinte pour eux.

Bon Noël des garçons en taule,
Noël des durs et des filous,
Ceux dont la vie ne fut pas drôle,
La fille que bat le marlou,
Le gars qui suivait mal l'école,
Ils te connaissent comme nous.

Noël derrière les barreaux,
Noël sans arbre et sans bonhomme,
Noël sans feu et sans cadeaux,
C'est celui des lieux où nous sommes,
Où d'autres ont joué leur peau,
Sur la paille dormi leur somme.

Les chefs qui lâchent leurs garçons,
Ceux qui s'enfuient, ceux qui sont riches,
Boivent sec dans leurs réveillons
De la Bavière ou de l'Autriche,
Mais nous autres dans nos prisons,
Nous sommes contre ceux qui trichent.

Je t'adopte, Noël d'ici,
Bon Noël des mauvaises passes :
Tu es le Noël des proscrits,
De ceux qui rient dans les disgrâces,
Des pauvres bougres qu'on trahit,
Et des enfants de bonne race.

Nous savons qu'au dehors, ce soir,
Les amis et les coeurs fidèles,
Les enfants ouvrant dans le noir,
Malgré le sommeil, leurs prunelles,
Évoquent l'heure du revoir
Et tendent leurs mains fraternelles.

Et pour revoir, gens du dehors,
Le vrai Noël de nos enfances,
Il suffit de fermer encor
Nos yeux sur l'ombre de l'absence,
Pour dissiper le mauvais sort
Et faire flamber l'espérance.

Noël 1944.

Par WalkTsin - Publié dans : Histoire de France
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Samedi 1 décembre 6 01 /12 /Déc 17:12

Cles_Alger.jpg

Vu sur Le blog d'Yves Daoudal

 

Les clés d’honneur d’Alger, remises par le dey Hussein à l’armée française après la capitulation de la ville le 5 juillet 1830, sont restées dans les musées d’Alger jusqu’à l’indépendance, puis rapatriées en métropole et inscrites sur l’inventaire du Musée de l’Armée. « Il s’agit donc de trésors nationaux, inaliénables, souligne Didier Rykner dansLa Tribune de l’Art. Or, le ministère des Affaires Étrangères, qui semble considérer nos musées comme un réservoir de cadeaux diplomatiques, a décidé unilatéralement, sans d’ailleurs que l’Algérie ne fasse à ce propos aucune demande, que le Président de la République française, François Hollande, devait offrir ces clés à l’Algérie lors du voyage officiel qu’il y fera les 19 et 20 décembre prochains. »

 

La Tribune de l’Art souligne premièrement que le ministère des Affaires étrangères et le président de la République ne sont pas au-dessus des lois, deuxièmement que le mode d’acquisition des clefs d’Alger n’a « rien de contestable puisqu’il ne s’agit pas d’un pillage (même si par la suite la ville fut mise à sac) mais bien de la conséquence d’une reddition, un fait historique dont il est possible de regretter les conséquences mais dont on ne peut contester qu’il a eu lieu ».

En conclusion : « Les œuvres des musées français appartiennent à tous les Français. Ils ne peuvent servir de cadeaux diplomatiques. »

 


Par WalkTsin - Publié dans : Histoire de France
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Vendredi 6 juillet 5 06 /07 /Juil 11:47

A la lecture de ce texte, nous voyons que rien n'a changé ...


 

6 juillet 1962, 3 heures 56 du matin. Une salve désordonnée secoue la brume. Au même instant, sur l'autoroute du Sud, la France, insouciante, part en vacances.

Pourtant, à quelques centaines de mètres à peine, un second coup de grâce claque et fait tressaillir l'homme qui tient dans sa main un petit drapeau tricolore. Le sang coule sur sa tenue léopard. Il souffre, il souffre dignement. 
Devant ce militaire que la mort hésite à% prendre, à l'écoute des plaintes émises par le blessé, un colonel déclare froidement que ce sont là les spasmes de l'agonie. Maître Tixier-Vignancour et Maître Denise Macaigne, soutenus par l'aumônier de la prison de Fresnes, s'opposent à cette honteuse constatation et forcent les autorités à appeler un médecin. Ce dernier confirme bien les affirmations des avocats : l'homme vit toujours. Alors, alors il faut l'achever.

A 4 heures 04, l'adjudant-bourreau tire par trois fois sur l'officier blessé, mais ses mains tremblent et les trois coups de grâce ratent leur but. Armé d'un autre revolver qu'il est allé chercher, le sous-officier revient et, comme il le fit précédemment, et comme I'exige la loi, en plaçant le canon de son arme à 5 centimètres de l'oreille du parachutiste. Il est 4 heures 08, la boucherie a pris fin.

Le corps est placé dans un cercueil en bois blanc. Le pouvoir vient d'obliger son armée à accomplir un nouveau meurtre. Après 11 minutes de calvaire, frappé d'une seule balle sur les 11 tirées par le peloton d'exécution d'une armée française, le lieutenant Roger Degueldre, officier au Premier Régiment Etranger de Parachutistes, est mort au 6ème coup de grâce, en criant: "Vive la France". Mais ce cri qu'il a poussé ne peut être entendu par la France dont il souhaite la vie au moment-même où elle lui donne la mort.

La France, allongée sur les plages de l'Atlantique et de la Méditerranée conserve ses oeillères, ne se souciant nullement de regarder ceux qui l'entourent, ceux que l'on juge, que l'on condamne, que l'on assassine, ceux qui pleurent, qui ragent et qui désespèrent.

La France, égoïste, dort... au soleil. Ce soleil qui apporte aux estivants la chaleur qui manque à ceux que l'exode vient de jeter brutalement en Métropole : les Pieds-Noirs. 
Car, en ce mois de juillet 1962, ils sont là, les Pieds-Noirs, meurtris, surpris, écœurés. 
Sur les quais de Marseille, de Port-Vendres et de Sète, ils découvrent la France, cette terre dont ils refusèrent la mutilation, ce pays qu'ils avaient visité en uniforme pour lutter contre l'envahisseur. La France, la France qui par lâcheté et par ignorance, par désintéressement ou par cynisme leur tourne le dos, les laissant seuls. Seuls avec l'allégresse du 13 mai, la douleur du 24 janvier, l'espoir du 22 avril, la stupeur du 26 mars, l'effroi du 5 juillet, dates mémorables de leur histoire dont les générations à venir se souviendront et dont les responsables conscients et inconscients rougiront.

Ils sont seuls, les Pieds-Noirs. Pourtant dans leurs maigres bagages - un glorieux passé baigné de sang - ils observent la récompense de leur patriotisme : l'apaisement de leurs vicissitudes, le cadeau de bienvenue du pouvoir, il est là : c'est le cadavre d'un officier français, c'est un corps criblé de balles, c'est Delta. Delta ! L'homme qui avait quitté l'armée parce que trop militaire, il refusait de s'y écarter du chemin de l'honneur, l'homme qui les avait défendus, réconfortés, aidés à reprendre espoir, le lieutenant Roger Degueldre qui, quelques minutes avant sa mort leur avait transmis son ultime message en déclarant : " Si je ne suis pas de leur race, ni né sur leur soi, je les ai beaucoup aimés et je les aime toujours ".

L'officier parachutiste mort en chantant la Marseillaise rejoignait ses compagnons de combat, victimes eux-aussi des balles françaises. D'abord Claude Piegts, un des plus nobles exemples des Français d'Algérie, mort à 27 ans, victime de la ferveur patriotique au cri de : "Visez au cœur, Vive l'Algérie française" 
Et Albert Dovecar, sergent-chef au 1er REP, mort à 25 ans, Dovecar qui, à l'audience, déclarait encore : " J'ai trouvé à la Légion tout ce qui me manquait dans le civil : une maison, des camarades ". Mais la maison était détruite et les camarades étaient morts.

Le colonel Jean Bastien-Thiry n'allait pas tarder, lui aussi, a rejoindre les martyrs de l'Algérie française. 
Le lieutenant Roger Degueldre le précédait de peu. 


Lieutenant Roger Degueldre, tu es mort pour nous. 
Lieutenant Roger Degueldre, nous vivons par toi.
 

Jean-Pax Méfret
 

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Samedi 5 mai 6 05 /05 /Mai 12:48

JEANNE D'ARC SUR LES AUTELS ET LA RÉGÉNÉRATION DE LA FRANCE PAR LE PÈRE J.-B.-J. AYROLES, DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 

PARIS GAUME ET CI E ÉDITEURS, 1885 

 

IMPRIMATUR Anicii. Pa die Augusti 1885  de PÉLACOT, vic. génér.  

 


 

 «Je suis venue au roi de France de par Dieu, la Vierge Marie,  et tous les benoîts saints et saintes du Paradis,   et de par l'Eglise victorieuse de là-haut, et de leur commandement».  

(Procès, t. I, p. 176.)  

«...et me racontait l'Ange la pitié qui était ès royaume de France». 

(Ibid., p. 171.)  

«La victoire de l'étendard ou de moi, tout à Notre-Seigneur».  

(Ibid., p. 182.)  

 

 


A JÉSUS-CHRIST ROI DE FRANCE 

A NOTRE-DAME DE FRANCE 

A SAINT MICHEL PROTECTEUR DE LA FRANCE 

AUX SAINTS PATRONS DE LA FRANCE 

AUX PAPES VRAIS PÈRES DE LA FRANCE 

A JEANNE LA PUCELLE LIBÉRATRICE DE LA FRANCE 

A LA FRANCE TRÈS CHRETIENNE 

 


 

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Jeanne apportait un programme politique, et c'est en l'arborant qu'elle a vaincu. Ce programme n'était que le rajeunissement de la vieille constitution politique de la France : JÉSUS-CHRIST ROI. 

Du haut des autels, elle nous demanderait ce que nous avons gagné à la renverser, et à mettre Jésus-Christ HORS  LA LOI. Elle nous presserait de l'y rappeler, et de reprendre le cri antique : 

Vive Jésus-Christ qui aime les Francs ! 

Aucun cri n'est national et français à l'égal de celui-là. 

 

JEAN-BAPTISTE-JOSEPH AYROLES DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS EN LA FÊTE DE SAINT IGNACE DE LOYOLA, LE 31 JUILLET 1883. 

 

IDÉE GÉNÉRALE DE L'OUVRAGE 

 

Sa Sainteté Léon XIII a confié à une commission romaine le soin d'étudier et, s'il y a lieu, de promouvoir la canonisation de Jeanne d'Arc.  Acte de bienveillance envers la France ! Léon XIII en est prodigue, alors même que de notre côté lui viennent tant de  sujets de poignantes angoisses. 

 

Acte surtout d'une admirable opportunité !

 

Une canonisation est toujours un grand honneur pour notre nature, plus spécialement pour les contrées et les classes de fidèles, auxquelles appartient le nouveau Bienheureux. C'est un surcroît de lumières. Le Vicaire de Jésus -Christ montre à l'Église militante un nouvel astre à admirer dans le  ciel de l'Église triomphante. Pas de prédication plus éloquente. C'est un frère, c'est une sœur : nous ne sommes invités à les admirer que pour les imiter, dans la mesure où le permettent les conditions particulières de notre existence individuelle. C'est une force offerte comme appui à notre faiblesse. Le héros du sein de ses splendeurs nous tend la main, pour nous soutenir dans la voie, où par ses exemples il nous sert d'introducteur et de guide. Ces aspects communs à toute canonisation revêtiraient, dans celle de la Pucelle, des caractères entièrement singuliers, tant ils présentent d'à-propos, d'éclat, de puissance, et, il est permis de l'espérer, d'efficacité. 

 

Jeanne d'Arc sur les autels, c'est un honneur sans pareil pour la vraie France, pour la France très chrétienne. Non seulement Jeanne est nôtre par sa naissance, sa vie, par son être tout entier  ;  mais sa merveilleuse histoire est un témoignage unique, dans les annales des peuples, des prédilections de Jésus-Christ pour notre pays. 

 

Dans cette seule figure, le divin roi des nations semble avoir voulu résumer et rappeler lesmarques d'amour que son cœur s'est complu à donner à notre patrie. La vierge libératrice en est la personnification. 

 

Le diadème attaché à son front par la main du Vicaire de Jésus-Christ deviendrait un diadème attaché au front de la France très chrétienne. La vraie France apparaîtrait à tous les regards telle que Jésus-Christ veut la faire. Quoi de plus propre à nous inspirer  la honte de nos laideurs présentes, à nous presser, par un sentiment aussi vif que délicat, de rechercher dans la lumière du divin visage du Christ un éclat perdu ! 

 

La lumière du Christ, c'est le surnaturel chrétien. Les saints ne sont tels que pour s'y être plongés, comme dans l'élément même de leur vie. Mais dans la Vierge de Domremy, ce n'est pas seulement l'éclat du surnaturel dans la vie privée, c'est le surnaturel faisant de la plus simple des villageoises, d'une enfant, une prophétesse, une guerrière, un général d'armée, un profond politique, un théologien quand c'est nécessaire, une martyre, tout en lui laissant la simplicité du hameau.

 

 Qu'est-ce à dire ? C'est le surnaturel dans d'immenses proportions, avec un ineffable éclat. 

 

Quelle manifestation plus appropriée aux nécessités de l'heure actuelle  ?  Le naturalisme, qui nous tue, demande qu'on lui fasse voir le surnaturel dans les faits. L'histoire de la Pucelle est un fait tellement important que le passer sous silence, c'est rompre le cours de nos annales. Peu ou point de faits historiques sont entourés de preuves aussi convaincantes et aussi nombreuses. Le nier c'est renoncer à rien savoir du passé. 

 

Jeanne d'Arc est un défi jeté au naturalisme des âges postérieurs. Le naturalisme le sent, et voilà  pourquoi il s'acharne autour de la céleste figure  :  efforts inutiles  ; ils se tournent contre ceux qui les tentent  ; le surnaturel ressort plus éclatant par les patentes contradictions dans lesquelles tombent ceux qui essaient de le nier. 

 

Jeanne d'Arc est le surnaturel catholique manifesté par les faits, presque dans sa plénitude. 

 

Les catholiques romains sont les seuls qui n'aient rien à dissimuler dans la divine héroïne. 

 

La libératrice du quinzième siècle est le soleil de notre histoire. Venue à la fin du premier millénaire de notre existence nationale, elle nous montre comme dans un beau couchant le soleil de Justice, illuminant les plus beaux versants des dix siècles qui avaient précédé  ; elle nous explique les ombres et la nuit qui se sont épaissies sur la France politique des siècles postérieurs ; elle nous dit d'où vient le chaos au milieu duquel nous nous débattons en attendant la mort. 

 

Nous ne voulons pas des lumières et des ardeurs du surnaturel. 

 

Le surnaturel est cependant l'unique remède à nos maux ; nous ne guérirons, nous ne nous relèverons qu'en lui demandant la solution de tous les problèmes de l'ordre social, moral et politique. 

 

Jeanne d'Arc sur les autels nous le prêcherait avec l'éloquence la plus persuasive. 

 

Qui peut douter un instant que son culte ne fut d'une popularité sans pareille ? 

 

Si nos divisions et nos haines sociales ne sont pas implacables, elles doivent expirer aux pieds des autels de la libératrice. Il n'est pas de nom plus propre à rapprocher et à unir toutes les classes de la grande famille française. 

 

Jeanne nous dicterait les conditions de la paix ; elle nous dirait comment elle peut être solide et ferme. Cette paix n'est pas possible sans une grande réforme morale. Jeanne du haut des autels nous prêcherait celle  qu’elle demanda à la France du quinzième siècle, comme une condition du relèvement national : elle nous dirait comment  elle s'opère. 

 

Jeanne apportait un programme politique, et c'est en l'arborant qu'elle a vaincu. Ce programme n'était que le rajeunissement de la vieille constitution politique de la France : JÉSUS-CHRIST ROI. 

 

Du haut des autels, elle nous demanderait ce que nous avons gagné à la renverser, et à mettre Jésus-Christ HORS  LA LOI. Elle nous presserait de l'y rappeler, et de reprendre le cri antique : 

 

Vive Jésus-Christ qui aime les Francs ! 

 

Aucun cri n'est national et français à l'égal de celui-là. 

 

Il a donné treize siècles de stabilité à la France ;  c'est en le poussant de nouveau que la France reviendra à la vie, et  recouvrera la sécurité du lendemain qu'elle n'a plus. 

 

La libératrice affirmait venir relever la France au nom de tous les benoîts saints et saintes de Paradis.

 

Élevée sur les autels, elle ne plaiderait pas seule notre cause auprès du trône de Dieu ;  tous les saints, spécialement les saints natio- naux, la plaideraient avec elle à un titre nouveau.  Personne mieux que Jeanne n'est en état de savoir et de dire d'où lui venaient sa mission et sa force. Elle n'a cessé de répéter qu'elle était suscitée, formée, conduite par saint Michel.  C'était la confirmation de la foi des aïeux.

 

 Ils regardèrent toujours saint Michel comme l'Archange de la patrie, et ils at- tendirent au quinzième siècle du prince des célestes milices la résurrection de notre nationalité. 

L'invasion du satanisme fait courir aujourd'hui à notre existence nationale de plus grands périls qu'aux jours de l'Anglais  :  la Pucelle du haut des autels nous presserait d'aller demander au vainqueur de Lucifer les secours que la terre nous refuse. 

 

La France du quinzième siècle attendait un secours surnaturel du prince des chevaliers du Ciel ; elle pensait que saint  Michel serait envoyé par Notre-Dame de France, dont le sanctuaire, national entre tous, est la basilique angélique du Puy-en-Velay. 

Verser son cœur aux lieux où les aïeux versèrent le leur, c'est fortifier sa prière de leurs prières. Notre-Dame du Puy  reçut le cri des angoisses patriotiques de nos pères, au quinzième siècle et aux âges précédents. Jeanne d'Arc nous inviterait à rattacher le présent au passé  ; et à venir prier là où elle a prié, par sa mère, et par les chevaliers qui l'avaient  amenée des frontières de Lorraine. 

 

Personnification des prédilections de Jésus-Christ pour la France, la Pucelle nous explique pourquoi Jésus-Christ  nous a révélé la dévotion à son cœur : elle nous montre encore le Dieu qui aime la France, invitant la pauvre égarée à venir se réfugier dans ses bras et dans ses tendresses. 

 

Le festin destiné à fêter le retour du prodigue est dressé pour les nations comme pour les individus. 

 

Le lecteur a sous les yeux la suite et l’ordre des idées, et dont le développement fait le fond de cet ouvrage. 

 

C'en est assez pour entrevoir ce que serait pour la France la canonisation de Jeanne d'Arc, quels bienfaits seraient  renfermés dans un seul.  Il est permis de penser que le Ciel rés erve à la Pucelle l'honneur de délivrer une seconde fois la France. La céleste bergère contemplée dans la gloire serait toute bonne lumière pour l'esprit, toute bonne excitation pour le cœur, toute force pour l'âme. 

 

C'est au Vicaire de Jésus-Christ qu'il appartient de canoniser ; mais c'est au Saint-Esprit qu'il appartient le lui inspirer.  Pouvons-nous y contribuer ? comment ? ce sera la conclusion de ce volume.  Les termes de sainte,  de miracle, et d’autres semblables se trouveront souvent sous notre plume.  Ils  doivent  se  prendre avec les restrictions prescrites par les décrets du Siège Apostolique et notamment d'Urbain VIII. 

 

Obéir en tout au siège de Pierre est le vœu le plus ardent de notre cœur, comme c'est notre premier devoir ; trop heureux s'il nous est donné de pouvoir le défendre et le glorifier. 

 

LA SUITE 

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Vendredi 6 janvier 5 06 /01 /Jan 12:20

 

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Qu’elle est belle, la génération chaste ! Quelle auréole autour de son front !Sa mémoire est immortelle devant Dieu et devant les hommes. Elle triomphe, couronnée d’un éternel diadème ; sans tache au milieu des combats, elle a remporté le prix de la victoire.


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Quam pulchra casta generatio cum claritate ! Immortalis est enim memoria illius apud Deum et apud homines...

In perpetuum coronata triumphat, incoinquinatorum certaminum præmium vincens.

 

Qu’elle est belle, la génération chaste ! Quelle auréole autour de son front !Sa mémoire est immortelle devant Dieu et devant les hommes. Elle triomphe, couronnée d’un éternel diadème ; sans tache au milieu des combats, elle a remporté le prix de la victoire.

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MESSIEURS,

 

Dieu, qui tient les fléaux à Ses ordres, et qui fait de la foudre Son ministre, laisse le plus souvent aux passions déchaînées le soin d’exécuter Ses volontés et d’accomplir Ses éternels desseins. Telle est, si je ne me trompe, la part ordinaire de la Providence dans l’histoire des siècles : l’homme se meut, s’agite dans la libre sphère de ses pensées, de ses désirs souvent coupables ; et Dieu, habile à tirer le bien du mal, convertit en moyens les obstacles, et du crime lui-même se forge une arme puissante. Alors le résultat est de Dieu, et il est toujours admirable ; mais l’action est de l’homme, et presque toujours elle est digne de blâme.

 

Et voilà ce qui rend l’étude de l’histoire si profondément affligeante : pas une page qui ne soit ensanglantée ; les plus hideuses passions y sont perpétuellement en jeu ; la gloire n’obtient guère ce nom que par indulgence ; et la main, fatiguée, rejetterait mille fois ce livre souillé, si l’action divine n’apparaissait au-dessus de ces conflits et de ces agitations, gouvernant les choses par une volonté d’autant plus ferme et plus sage que l’instrument est plus rebelle et plus aveugle.

 

Pourtant, il n’en est pas toujours ainsi. Dieu n’emprunte pas toujours Ses moyens à l’ambition ou à la malice des hommes ; quelquefois Il les crée Lui-même. Quand Ses doigts sacrés sont las de ne toucher que des armes impures, Lui-même Se lève, descend dans l’arène, et prend en main Sa propre cause. Et comme alors Il avoue Son instrument, toujours Son instrument est saint ; et comme c’est Sa propre puissance qu’Il veut faire éclater, ordinairement Son instrument est faible.

 

Alors apparaît dans l’histoire un de ces rares héros, qu’on dirait descendus des cieux, en qui la gloire ne trouve pas de faiblesses à effacer ; et le regard, attristé de n’avoir rencontré partout, dans le champ des annales humaines, que le vice sous le masque de l’honneur, que le crime sur le pavois de la fortune, se repose délicieusement, par exemple, sur le front chaste et pur d’une femme intrépide, d’une vierge guerrière, en qui la bravoure est rehaussée par l’innocence, et dont les traits, plus angéliques qu’humains, révèlent une vertu divine et une inspiration mystérieuse. Et le coeur s’écrie avec transport : Qu’elle est belle la chaste héroïne ! Quelle auréole de gloire autour de sa tête ! Sa mémoire est immortelle devant Dieu et devant les hommes ; sans tache au milieu des combats, elle a remporté le prix de la victoire : Quam pulchra, etc.

 

Ces paroles de l’Esprit-Saint, Messieurs, déjà vous les avez appliquées à votre brave et pudique libératrice.

Être surnaturel en qui la beauté prend sa source dans l’innocence, la gloire dans la vertu : Quam pulchra casta generatio cum claritate ! Immortelle héroïne que le ciel et la terre ont couronnée d’un éternel diadème, et dont la mémoire, toujours bénie, est encore aujourd’hui, après quatre cents ans, l’objet d’un triomphe : in perpetuum coronata triumphat. Guerrière d’un nouveau genre, et qui, elle aussi, sans peur comme sans reproche, dans les camps, au champ de bataille et sur l’échafaud, a remporté, sans la souiller jamais, la triple palme de la virginité, de la victoire et du martyre : incoinquinatorum certaminum proemium vincens.

 

Messieurs, le sujet qui s’offre à moi est immense ; je devrai restreindre une matière que trop d’abondance pourrait appauvrir. Les nobles exploits de Jeanne d’Arc vous appartiennent : cette vie illustre est comme l’héritage propre de votre cité ; chacun de vous en connaît jusqu’au moindre détail.

 

Souffrez donc que, du haut de cette chaire, je sois moins historien que prêtre, et qu’en face des autels je proclame ces grands principes qui seront toujours compris en France : que C’EST LA JUSTICE QUI ÉLÈVE LES NATIONS, et que C’EST LE PÉCHÉ QUI LES FAIT DESCENDRE DANS L’ABÎME (Prov., XIV, 34) ; qu’il est une providence sur les peuples, et qu’en particulier il est UNE PROVIDENCE POUR LA FRANCE : providence qui ne lui a jamais manqué, et qui n’est jamais plus près de se manifester avec éclat que QUAND TOUT SEMBLE PERDU ET DÉSESPÉRÉ ; que le plus riche patrimoine de notre nation, la première de nos gloires et la première de nos nécessités sociales, c’est notre sainte religion catholique, et qu’un Français ne peut abdiquer sa foi sans répudier tout le passé, sans sacrifier tout l’avenir de son pays.

 

Telles sont, je l’espère, Messieurs, quelques-unes des convictions que je réveillerai dans vos âmes, et qui ressortiront du fond de mon sujet. Mais des vérités plus pratiques encore nous seront montrées : nous verrons que la vertu la plus délicate est loin d’être inconciliable avec la plus intrépide bravoure ; qu’entre les mains de Dieu la faiblesse devient plus forte que toutes les puissances humaines ; enfin, et ce qui est plus chrétien encore, nous verrons que tout ce qui sert aux desseins de Dieu porte l’empreinte de la croix, et que le cachet de l’inspiration céleste est inséparable du sceau de la douleur. Hâtons-nous d’entrer en matière. Jeanne d’Arc, suscitée de Dieu pour opérer le salut de la France, commençant cette oeuvre réparatrice par ses exploits, la consommant par ses malheurs. En d’autres termes, Jeanne d’Arc, bras de Dieu qui renverse les ennemis de la France ; Jeanne d’Arc, victime qui désarme le bras de Dieu, tel est le sujet et le partage de ce discours.

PREMIÈRE PARTIE.

 

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Il faut le dire, Messieurs, l’histoire, quand elle est écrite par les hommes, ne justifie guère son nom et se rapproche trop souvent de la fable. Outre que les passions et les préjugés tiennent presque toujours la plume, l’homme ne peut dire que ce qu’il sait. Or, deux éléments essentiels lui manquent, faute desquels la certitude historique lui échappe dans la plupart de ses appréciations concernant les hommes ou les choses : il ne connaît ni les ressorts secrets qui font mouvoir les coeurs, ni les conseils plus secrets encore de Dieu dans le gouvernement des peuples. Le grand jour des révélations divines, nous dit l’Ecclésiaste, sera celui des réalités de l’histoire : Et tempus omnis rei tunc erit ( Eccles., III, 17). Jusque-là, tout n’est qu’incertitude, prévention, système : Omnia in futurum servantur incerta (Eccles., IX, 2) ; à moins, pourtant, que Dieu ne s’explique Lui-même : c’est ce qu’Il a fait dans les livres saints et par les hommes inspirés. Là, on voit à découvert la cause humaine et la raison divine de ces grands événements qui bouleversent ou qui sauvent les empires. Instruisons-nous à cette école, Messieurs ; prenons l’Esprit-Saint pour guide ; et, dans l’histoire d’Israël apprenons à connaître la nôtre. La merveilleuse vie de Jeanne vous paraîtra un épisode biblique, un chapitre emprunté du Livre des Rois ou des Juges. L’Esprit-Saint semble avoir dicté, il y a quatre mille ans, les annales de la France.

 

Il est écrit au Livre des Juges que « Dieu laissa subsister au milieu de Son peuple chéri des peuples rivaux et ennemis. Voilà le fait ; le motif, apprenez-le : “ Afin d’instruire et d’éprouver ainsi Israël, et de tenir au milieu de lui son châtiment tout prêt à l’instant où il abandonnerait le Seigneur son Dieu : ut in ipsis experiretur Israelem, utrum custodiret proecepta Domini (Judith, II et III) ” ». « Les Israélites firent le mal aux yeux du Seigneur, et ils oublièrent leur Dieu ; et le Seigneur, irrité, les livra aux mains de leurs ennemis, auxquels ils restèrent assujettis huit ans. Et ayant crié vers le Seigneur, Il leur suscita un sauveur qui les délivra (ibid.). Et de nouveau les enfants d’Israël commirent le mal aux yeux du Seigneur, qui les abandonna aux mains des Philistins, pendant quarante ans... (Ib. XIII). Je m’arrête ; l’histoire entière de ce peuple n’est qu’une suite d’alternatives semblables. Frappé le jour où il s’est rendu prévaricateur, le terme de son châtiment est déjà fixé par le Seigneur. Et quand les oppresseurs se flattent d’anéantir à tout jamais leur victime, le Très-haut, qui veut l’amendement de Son peuple et non pas sa ruine, brise la verge orgueilleuse dont Il s’était servi ; le Dieu vengeur redevient un père ; et Israël, soutenu par Son bras, poursuit sa destinée divine à travers les siècles.

 

L’application est facile, Messieurs ; mais si elle est glorieuse pour nous, à Dieu ne plaise que je veuille la rendre injurieuse pour un grand peuple, notre voisin, et aujourd’hui notre allié ! Quand je n’aurais pas appris, avec Bossuet, que les habitants de cette île, la plus célèbre du monde, tirent leur origine des Gaules, et que quelques restes du sang de nos pères coulent encore dans leurs veines (Bossuet, Oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre), le prêtre français pourrait-il oublier l’hospitalité si empressée que lui offrit, aux jours de ses malheurs, cette terre d’où les saines croyances avaient pu s’enfuir, mais où les sentiments généreux ne s’étaient pas éteints ? Or, l’Esprit-Saint a dit : « Vous n’aurez point en aversion l’Iduméen, parce qu’il vient de même sang ; ni l’Égyptien, parce que vous avez été étrangers dans sa terre » (Deut., XXIII, 7).

 

Cependant, Messieurs, si NOTRE FRANCE EST UNE NATION PRÉDESTINÉE, UN AUTRE PEUPLE DE DIEU SOUS LA LOI NOUVELLE, LE ROYAUME DE JÉSUS-CHRIST, comme le dira notre héroïne, l’Angleterre, dans le plan divin, fut pour nous, pendant plusieurs siècles, ce rival nécessaire, ce providentiel ennemi, instrument permanent des justices de Dieu. Un pied dans son île et l’autre sur notre continent, son regard envieux épiait nos fautes, et sa politique habile, je ne veux pas dire astucieuse, ne manquait jamais d’en profiter.

 

Et quand nos propres iniquités, se mettant d’intelligence avec ses vues ambitieuses, appelaient sur nous de justes rigueurs, auxiliaire ardent et ministre intéressé de la vengeance divine, l’Angleterre aussitôt se jetait sur sa proie ; ses légions asservissaient nos plus riches cités et nos plus belles provinces ; ses rois prenaient le titre orgueilleux de monarques de France. Puis quand la couronne allait s’affermir sur leur tête ; quand le plus beau royaume après celui du Paradis allait passer tout entier et à jamais sous un joug étranger, – joug odieux et pesant, après quatre siècles il est permis de le dire : il y avait si loin du gouvernement facile et paternel de nos rois à l’administration rigide et supputatrice des insulaires, si loin de l’étendard des lis à celui des léopards ! – alors le Dieu de la France, se souvenant de Son peuple et de LA MISSION QU’IL LUI A DONNÉE POUR LA GLOIRE DE SON NOM ET LE TRIOMPHE DE SON ÉGLISE, venait à son aide et dissipait tout à coup ses fiers oppresseurs, comme la tempête disperse la paille légère.

Plus d’une fois déjà l’intervention divine avait été manifeste en faveur de la France. Naguère, sous les murs de Chartres, le bras de la Vierge Marie, plus encore que les éléments, avait désarmé le vainqueur de Crécy et de Poitiers (« L'intention d’Édouard était qu'il entreroit dans ce bon pays de Beauce, et se trairoit tout bellement sur cette bonne rivière de Loire. Tout-à-coup, devant Chartres , il avint un grand miracle , qui moult humilia et brisa son courage. Car : un temps et une effondre et un orage si grand et si horrible descendit du ciel en l'ost du roi d'Angleterre que il sembla bien proprement que le siècle dût finir ; car il chéoit de l'air des pierres si grosses qu'elles tuoient hommes et chevaux ; et en furent les plus hardis ébahis.

 

Et adonc regarda le roi d'Angleterre devers l'Eglise Nostre-Dame de Chartres, et se rendit et voua à Nostre-Dame dévotement, et promit, si comme il dit et confessa depuis, qu'il s'accorderoit à la paix ». FROISSARD , éd. de Buchon, pp. 51 et suiv.) ; et quand le terrible Édouard était mort, il lui restait à peine un coin de terre où poser le pied sur le sol français. Rursumque filii Israel fecerunt malum in conspectu Domini, qui tradidit eos in manus Philistinorum quadraginta annis. (Judic., XIII) Et de nouveau la France oublia le Seigneur son Dieu, qui l’avait miraculeusement protégée. Pour punir la France, Dieu fit tomber son roi dans la démence, et défendit à la victoire de seconder l’ardeur de ses héros. Azincourt, Crevant, Verneuil, journées à jamais déplorables, et qui justifient le mot de Jeanne : « que Dieu, pour punir les péchés des hommes, permet la perte des batailles » ! Une reine, dont le coeur ne sut pas devenir français, oublie qu’elle est mère ; Troyes voit briller les flambeaux d’un coupable hymen, sanction sacrilège d’un infâme traité ; et bientôt, sur le cercueil de Charles VI, la voix du héraut fait retentir ces mots inaccoutumés, qui vont troubler, dans le silence de leurs tombes, les cendres des vieux rois : Vive Henri de Lancastre, roi de France et d’Angleterre !

 

C’en était fait de la monarchie, si Dieu n’accourait à son secours. Orléans, le dernier rempart et la dernière ressource de Charles VII ; Orléans, la cité fidèle par excellence, et qui pouvait dire alors : Etiamsi omnes, ego non ; Orléans, malgré l’intrépidité de ses guerriers et l’héroïsme de ses citoyens, allait tomber au pouvoir de l’Anglais, dont rien n’arrêtera plus désormais la marche triomphante et dévastatrice. Seigneur, avez-vous oublié vos anciennes miséricordes ? Et toi, que n’es-tu là, bon connétable, que nous appelions l’Épée de la France ? – Silence ! voici briller l’ÉPÉE DE DIEU !...

 

« Fille de Dieu, va ! va ! va ! Je serai à ton aide ! va ! » Et la fille de Dieu s’est levée. Naïve enfant, des voix célestes lui ont parlé de la grand’pitié qui est au royaulme de France. Craintive et timide bergère de Dom-Rémy, le saint patron de son hameau, le Samuel français (BOSSUET, Sermon sur l’unité de l’Église), l’attend au pied de l’autel de Reims, où elle doit lui conduire l’héritier de Clovis. Malgré mille obstacles, elle a franchi les distances ; elle est aux genoux de son roi. « Gentil Dauphin, dit-elle au monarque, j’ai nom Jehanne la Pucelle, et vous mande le Roy des cieulx, par moi, que vous serez sacré et couronné à la ville de Rheims, et serez LIEUTENANT DU ROY DES CIEULX QUI EST ROY DE FRANCE ». Jamais la cour n’a vu tant de douceur et de courage, tant de simplicité et de noblesse, tant d’ardeur et de modestie, tant d’aisance et de piété. Longtemps la prudence humaine hésite, la politique délibère, la théologie discute, la science examine. Jeanne souffre avec peine ces délais, car le temps presse ; et pourtant elle se résigne à ces épreuves nécessaires, qui doivent garantir sa mission divine contre tout soupçon d’entreprise téméraire et aventureuse.

 

Enfin son généreux élan n’est plus arrêté. Elle part, et Orléans, réconforté déjà et comme désassiégé, dit le chroniqueur naïf, par la vertu céleste qui brille en cet ange mortel, salue et porte en triomphe celle qui vient au nom du Seigneur. Ici, Messieurs, je n’aurai garde de suivre Jeanne sur vos remparts, vos forteresses, vos ponts et vos redoutes, ni de redire ces hauts faits connus des plus jeunes enfants de la cité.

 

Ce que les plus expérimentés et les plus intrépides guerriers, les La Hire, les d’Illiers, les Dunois, les Xaintrailles, n’avaient pu faire en sept mois, sept jours, que dis-je ? trois jours de combat ont suffi à Jeanne pour l’accomplir. « Tout est nouveau dans cette guerre : Nova bella elegit Dominus ; c’est le Seigneur Lui-même qui a renversé les forces de l’ennemi : et portas hostium ipse subvertit. Les vaillants hommes avaient perdu le courage, et leurs mains restaient impuissantes, jusqu’à ce qu’une femme, jusqu’à ce qu’une vierge se levât en Israël : Cessaverunt fortes et quieverunt, donec surgeret Debbora, surgeret mater in Israël. Mon coeur aime les princes d’Israël. Dans le lieu où les chars ont été brisés, où l’armée ennemie a été écrasée, que l’on raconte là les justices du Seigneur et Sa clémence sur Israël. Les débris du peuple ont été sauvés ; le Seigneur a combattu par les braves. Du haut des cieux, les anges et les saints ont pris part à la bataille ; ils ont lutté contre nos ennemis : De coelo dimicatum est contra eos ; steloe adversus Sisaram pugnaverunt.

 

Le torrent de Cison a entraîné leurs cadavres. Leurs chevaux ont rompu la corne de leurs pieds dans l’impétuosité de la fuite ; les plus vaillants de leurs guerriers ont tourné le dos et se sont précipités les uns sur les autres. Levez-vous, levez-vous, Jeanne, et chantez un cantique de louange au Seigneur : Surge, surge, Debbora, et loquere canticum ! »

 

Les voûtes de ce beau temple retentissaient encore des hymnes de l’action de grâces ; Orléans avait à peine eu le temps de contempler et de bénir sa libératrice, et déjà elle affrontait de nouveaux périls. Héroïne inspirée, elle prophétise la victoire, et la victoire ne sait pas lui donner le démenti. « En nom Dieu, s’écrie-telle, il les faut combattre ; seraient-ils pendus aux nues, nous les aurons ».

 

Jargeau n’est plus aux Anglais ; les champs de Patay sont jonchés de cadavres. Un colosse effroyable écrasait hier ma patrie ; il élevait son front dominateur au-dessus des cèdres du Liban, je n’ai fait que passer, et voilà qu’il n’est plus. L’armée anglaise a disparu ; ses chefs les plus renommés, Salisbury, Glacidas, Suffolck, Talbot sont ou morts ou captifs ; les autres ont pris la fuite. Esprit-Saint, cette fois encore prêtez-moi une lyre inspirée pour célébrer les triomphes de Jeanne : « C’est le Seigneur qui met les armées en poudre ; le Seigneur est son nom : Dominus conterens bella, Dominus nomen est illi. Il a placé Son camp au milieu de Son peuple pour nous délivrer de nos ennemis. Assur est venu du côté de l’aquilon, avec une multitude et une force extraordinaires ; ses légions ont rempli les torrents, et sa cavalerie a couvert les vallées. Il avait juré de brûler mes terres, de passer mes jeunes gens au fil de l’épée, de rendre mes vierges captives. Mais le Seigneur Tout-Puissant l’a frappé, et Il l’a livré aux mains d’une femme qui l’a immolé : et tradidit eum in manus feminæ.

 

Car le puissant ennemi n’a point été renversé par la main des jeunes hommes, ni des vieux guerriers : ce ne sont point les Titans d’Israël, ni les Géants de la nation qui l’ont anéanti ; mais c’est Judith, fille de Mérari, avec les grâces de son visage ».

 

Mais pendant que je chante, d’autres merveilles se sont succédé. Jeanne ne combat plus ; elle vole de triomphes en triomphes. Place, place au dauphin que conduit l’ange de la victoire ! Reims, ouvre tes portes au successeur de Clovis, au petit-fils de saint Louis ; pontife du Seigneur, montez à l’autel, faites couler l’huile sainte et posez la couronne sur le front du LIEUTENANT DE JÉSUS-CHRIST. Et toi, ma jeune héroïne, jouis de ce spectacle qui est ton ouvrage. Ah ! que j’aime à te voir, debout, près de ton roi, à côté de l’autel, ton saint étendard à la main ! Plus tard, quand on voudra te faire un crime de ce privilège, tu répondras noblement : Il avoit esté à la peine ; c’etoit raison qu’il füst à l’honneur.

 

Messieurs, que de prodiges ! quelle révolution éclatante ! Et qui a fait toutes ces choses ? Une jeune fille de dix-huit ans. Je me trompe. À la suite, d’un noble fait d’armes, un de nos rois écrivait à sa mère :

 

« Madame, veuillez mander partout pour faire remercier DIEU ; car, sans point de faute, Il A MONTRÉ CE COUP QU’IL EST BON FRANÇOIS ». Messieurs, quand Dieu se montra-t-Il plus français qu’aux jours de Charles VII ? Le voile qui cache ici l’action divine est transparent. Sous cette armure de jeune fille, c’est le Dieu des batailles qui combat ; Sa vertu est en elle ; et quel instrument plus digne de Lui ? Arrêtons-nous quelques instants à contempler l’ineffable physionomie de cet ange terrestre.

 

Jamais, peut-être, le dogme divin du salut des hommes par une vierge n’a été aussi parfaitement reproduit dans la sphère des choses humaines. Jeanne d’Arc est, dans la loi nouvelle, une des plus suaves et des plus fidèles copies de Marie, comme Judith, Esther, Ruth, Débora étaient ses ébauches figuratives dans l’alliance ancienne. Tous les traits de ces saintes femmes s’appliquent à notre jeune inspirée. Composé harmonieux des perfections les plus contraires, des attributs qui semblent s’exclure, Jeanne n’appartient point à cet ordre de héros vulgaires que leurs brillantes qualités ne rendent pas meilleurs, et ses vertus ne sont pas de celles dont l’enfer est plein. Jeanne est l’héroïne chrétienne par excellence. Ce que les hommes admirent en elle est ce que Dieu couronne. Voyez-la dès le berceau.

 

Dans la solitude de ce riant vallon qu’arrose la Meuse, sur l’herbe émaillée des prairies, à l’ombre des saules et des hêtres, alors que ses mains portaient la houlette ou tournaient les fuseaux, sous les ailes d’une mère chaste et pieuse qui, en mêlant les caresses à la leçon, lui avait appris pour toute science à invoquer ce Père des hommes qui est au cieux, à saluer avec l’ange la Vierge pleine de grâce, les commencements de Jeanne la bergère étaient heureux. Dès ses plus jeunes années, elle fut immaculée dans sa voie ; l’exquise sensibilité de ce coeur si tendre ne s’épancha jamais que sur des objets innocents ou sacrés, comme ces fontaines qui n’égarent jamais hors de leur lit leurs ondes limpides. Si ses doigts tressaient en guirlandes les fleurs des champs, c’était pour en couronner l’image chérie de Notre-Dame-de l’Ermitage.

 

Elle priait tendrement sous les ombrages du vieux chêne ; mais l’accent religieux des cloches, dont elle aussi, comme le plus célèbre guerrier de notre siècle, ne voulait pas perdre une seule vibration (BONAPARTE, Mémoires de Bourrienne, t. IV, ch. 13, p. 122), venait-il frapper son oreille pieuse, ses délices étaient de courir à l’église du village pour y prier encore, y pleurer, et se cacher à l’ombre des autels.

 

Jamais jeunesse ne fut plus pure et plus fervente : innocence de la vie pastorale, paix, silence des vallons, douceur du toit maternel, air embaumé de la maison de Dieu, parfums des campagnes, saintes joies de son matin, vous ne sembliez guère annoncer les pleurs du soir douloureux de sa vie ! (Ps., XXIX, 6) La bonté divine aime à ménager le jeune âge ; elle ne jette pas d’ordinaire sur le front de l’aurore, sur ses teintes gracieuses, les noirs nuages de la tempête (II Rois, XXIII, 4). Prévoyant un soir si orageux, Dieu prit en pitié Jeanne, sa douce petite créature, et répandit la paix sur son enfance, sur les premières heures du jour de sa vie, par une touchante compensation que le coeur rencontre presque toujours comme une loi providentielle qui le console.

 

Mais le brillant midi de Jeanne révéla dans cette âme si pure des richesses auxquelles rien ne se compare.

Brave comme l’épée, elle est pudique comme les anges. Y a-t-il une tache, une poussière même sur cette chaste envoyée du ciel ? Dieu est, sous ce rapport, si délicat dans le choix de Ses instruments !

 

Sa vertu est le seul point où je la trouve susceptible. Elle brave sous les remparts l’atteinte des flèches ; mais une parole d’outrage lancée à sa pudicité fait couler ses larmes, et il faut que ses frères du ciel viennent la consoler. O saintes larmes de la pudeur, pleurs sacrés de la modestie, que je vous vénère ! C’est de la force encore ; c’est la noble énergie du plus magnanime comme du plus délicat amour. Non pas que Jeanne fût tremblante et pusillanime ; jamais la vertu ne fut plus naturelle et moins farouche. Vincent de Paul a dit ce mot, qui est d’un grand homme, et qui définit toute la règle de son virginal institut : « Mes filles, je mets votre chasteté à la garde de votre charité ». – « En voyant Jehanne, disait un jeune et loyal chevalier, nul ne songeait à forfaire ; et ce à cause de la grande bonté qui estoit en elle. ». Heureuse enfant, dont la douceur imprimait le respect, dont la bonté commandait la vertu !

 

Ardente comme un lion, elle est tendre et sensible comme un agneau. Quoi de plus intrépide que Jeanne ? Sa main saisissait, appliquait l’échelle aux murailles, sous une grêle de traits presque tous dirigés contre elle. Comme elle guidait avec grâce son cheval écumant ! Quelle science infuse de la stratégie militaire ! Que de fois elle réveilla l’ardeur assoupie de ses compagnons d’armes ! Elle était l’âme de cette grande lutte. Sans elle, tout languissait ; tout se ranimait, triomphait par elle. Les bras de toute cette armée étaient mus par une voix de femme : Dux femina facti. Mais sa force était sans violence. Les étincelles jaillissent sous les pieds rapides de son coursier, parce qu’elle apprend que le sang de France est répandu.

 

« Jamais, disait-elle, je n’ai vu sang de Françoys, que les cheveux ne se dressassent sur ma tête ». Elle pleurait en pansant les blessures même de ses ennemis ; elle pleurait surtout sur leur perte éternelle.

 

« Glacidas, Glacidas, rens-toi au Roy du ciel ; tu m’as injuriée, mais j’ai grand’ pitié de ton âme ! » Et quand Glacidas et les siens ont roulé dans le fleuve, l’amazone fond en larmes, car elle se dit que leurs âmes coupables paraissent devant Dieu. Dans la plaine de Patay, voyez la guerrière transformée en fille de charité, soutenant entre ses bras et appuyant sur son sein la tête d’un pauvre blessé, d’un Anglais, qu’elle encourage à mourir, tandis qu’il balbutie de ses lèvres défaillantes ses derniers aveux et son repentir.

 

Timide et naïve comme une pauvre petite bergère qui ne sait A ni B, ignorante dans tout le reste, quand le ciel lui a parlé, elle a toute la sublimité du génie, toute l’autorité de l’inspiration. Les chefs de guerre, assemblés en conseil, se cachent de Jeanne par la conscience de leur infériorité ; et la jeune fille, heurtant de sa lance à la porte de la salle, faisait presque pâlir les Gaucourt et les Xaintrailles. « Vous avez été à votre conseil, et moi au mien. En nom Dieu, le conseil de Notre-Seigneur est plus sûr et plus habile que le vôtre ». Ses manières de dire sont nobles, courtoises, princières ; le tutoiement chevaleresque vient à propos se placer sur ses lèvres virginales ; et les plus fiers guerriers, les princes même du sang royal, subissent l’inévitable ascendant de cette parole humaine et surhumaine à la fois.

 

« En avant, gentil duc, à l’assaut ! Ah, gentil duc, as-tu peur ? ne sais-tu pas que j’ai promis à la duchesse de te ramener sain et sauf ? » C’est au duc d’Alençon qu’elle parle ainsi. Dunois lui-même entend son commandement ; il s’incline et promet humblement d’obéir. L’idiome de Jeanne n’a point vieilli. Que dis-je ? comme ces teintes de vétusté qui sont un mérite de plus dans certaines merveilles de l’art, il efface la phrase moderne, de jour en jour, plus terne et plus pauvre, quoi qu’en puisse dire notre orgueil. Ses répliques étaient vives, justes, animées ; c’étaient des éclairs inattendus ; et s’il est permis de parler ainsi, ses répliques ne souffraient pas de répliques. « “ Si Dieu est pour nous, lui dit un docteur, à quoi bon les gens d’armes ? ” – En nom Dieu, répond-elle, les gens d’armes batailleront, et Dieu donnera la victoire... Mes pères, mes pères, il y a dans les livres de Messire plus que dans les vôtres. Monseigneur a un livre où aucun clerc ne lit, tant parfait soit-il en cléricature ».

 

Enfin, jetée au milieu des camps et dans l’arène de la guerre, elle est pieuse et recueillie comme une fille du Carmel. Pour elle, la cellule et l’oratoire sont auprès du champ de bataille. Toutes ses amours sont pour Jésus. Elle ne L’oublie pas plus dans la poudre brûlante des luttes guerrières qu’au pied des autels, soit que le sacrifice s’offre dans le silence du lieu saint, ou dans la campagne encore humide des gouttes de la nuit.

 

Et là, comme elle redevient petite en présence de son Dieu ! Quel oubli d’elle-même dans l’ivresse des triomphes ! À l’exemple du Sauveur, qu’elle aime si tendrement, elle ne cherche pas sa gloire, mais la gloire de Celui qui l’a envoyée, la gloire de son Roi qui est au ciel, et de son roi aussi qui est sur la terre. Tant de sainteté, jointe à tant de bravoure, exerce une heureuse séduction sur les coeurs. Dunois est chrétien ; La Hire, qui ne blasphème plus, prie à sa façon ; le camp est un temple ; et mille guerriers s’écrient : « Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées ! »

 

O Dieu ! dont les voies sont belles, et les sentiers pacifiques (Prov., III, 17), Vous qui marchez par un chemin virginal (Saint Augustin, t. VI, L. De sancta Virginitate, 29), soyez béni d’être venu à notre aide par des mains si pures et si dignes de Vous ! Soyez béni d’avoir fait Jeanne si belle, si sainte, si immaculée !

 

Je cherche en vain ce qui pourrait manquer à mon héroïne ; tous les dons divers s’accumulent sur sa tète ; pas une pierrerie à joindre à sa couronne. Par l’esprit et par le coeur, je ne connais RIEN DE PLUS CHRÉTIEN ET DE PLUS FRANÇAIS QUE JEANNE D’ARC, rien de plus mystique et de plus naïf ; en elle la nature et la grâce se sont embrassées comme soeurs ; l’inspiration divine a laissé toute sa part au génie national, tout son libre développement au caractère français ; c’est une extatique chevaleresque, une contemplative guerrière ; elle est du ciel et de la terre ; c’est, pardonnez cette anticipation, c’est une martyre qui pleure ; c’est une sainte qui n’a pas d’autels ; que l’on vénère, que l’on invoque presque, et qu’il est permis de plaindre ; que le prêtre loue dans le temple, que les citoyens exaltent dans les rues de la cité ; modèle à offrir aux conditions les plus diverses, à la fille des pâtres et à la fille des rois (elle a prouvé, elle aussi, qu’elle savait comprendre la sainte et noble figure de Jeanne), à la femme du siècle et à la vierge du cloître, aux prêtres et aux guerriers, aux heureux du monde et à ceux qui souffrent, aux grands et aux petits ; type le plus complet et le plus large au double point de vue de la religion et de la patrie, figure historique qui n’a son semblable nulle part ; Jeanne d’Arc, c’est une douce et chaste apparition du ciel au milieu des agitations tumultueuses de la terre, une île riante de verdure dans l’aride désert de l’histoire humaine, un parfum de l’Éden clans notre triste exil ; et, pour parler le langage de saint Augustin, c’est Dieu venant à nous, cette fois encore, par un sentier virginal.

 

Car, Messieurs, Jeanne d’Arc est de Dieu ; elle est l’envoyée de Dieu ; elle n’a cessé de le dire. Et quel Français se sentirait le triste courage de nier le témoignage des paroles de Jeanne, si magnifiquement confirmé par le témoignage de sa vie et de sa mort ? Et cela, pour ne pas vouloir reconnaître cette vérité si consolante, savoir : que DIEU AIME LA FRANCE, et qu’au besoin Il la sauve par Ses miracles. « Prince de Bourgogne, écrivait Jeanne à l’ennemi de son roi, je vous fais assçavoir, de par le Roy du ciel, pour votre bien et votre honneur, que vous ne gaignerez point bataille à l’encontre des loyaulx Françoys, et que tous ceulx qui guerroyent audit saint royaulme de France, guerroyent contre le Roy Jhésus, roy du ciel et de tout le monde ; s’il vous plaist aguerroyer, allez sur le Sarrazin ».

 

Vous l’entendez, Messieurs, LE SAINT ROYAUME DE FRANCE, LE ROYAUME DES LOYAUX FRANÇAIS, C’EST LE ROYAUME DE DIEU MÊME ; LES ENNEMIS DE LA FRANCE, CE SONT LES ENNEMIS DE JÉSUS.

 

Oui, Dieu aime la France, parce que Dieu aime Son Église, rapporte tout à Son Église, à cette Église qui traverse les siècles, sauvant les âmes et recrutant les légions de l’éternité ; Dieu, dis-je, aime la France, parce qu’il aime Son Église, et que la France, dans tous les temps, a beaucoup fait pour l’Église de Dieu. Et nous, Messieurs, si nous aimons notre pays, si nous aimons la France, et certes nous l’aimons tous, aimons notre Dieu, aimons notre foi, aimons l’Église notre mère, la nourrice de nos pères et la nôtre. Le Français, on vous le dira du couchant à l’aurore, son nom est CHRÉTIEN, son surnom CATHOLIQUE. C’est à ce titre que la France est grande parmi les nations ; c’est à ce prix que Dieu la protège, et qu’il la maintient heureuse et libre. Et si vous voulez savoir en un seul mot toute la philosophie de son histoire, la voici : Et non fuit qui insultaret populo isti, nisi quando recessit a cultu Dornini Dei sui : « Et il ne s’est trouvé personne qui insultât ce peuple, sinon quand il s’est éloigné du Seigneur son Dieu » (Judith, V, 17).

 

Mais la mission réparatrice de Jeanne n’est pas achevée ; elle a commencé son oeuvre dans la gloire ; elle la poursuivra dans la douleur. L’épouse de Jésus doit s’abreuver au calice de son époux. Jeanne va passer du Thabor au Calvaire ; et sa mort sera plus féconde que sa vie. Recueillons-nous, Messieurs. La sagesse antique avait entrevu quel noble spectacle c’est que celui d’un juste aux prises avec l’adversité.

Mais la doctrine chrétienne seule peut nous faire comprendre ce mystère d’expiation, qui tire toute sa vertu de la croix.

SECONDE PARTIE.

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On a dit et l’on a répété souvent que la mission de Jeanne d’Arc expirait au pied de l’autel de Reims, que son devoir était de quitter l’armée et de rentrer sous la chaumière, de déposer le glaive et de reprendre le fuseau ; et parce qu’elle entra de ce moment dans la carrière des malheurs, on l’accuse d’être sortie de la voie que le Seigneur lui avait tracée. Cette appréciation trop humaine, Messieurs, n’est pas fondée sur l’histoire. Après un examen scrupuleux et approfondi, je vois bien que c’était le désir de Jeanne de reprendre la douce vie du hameau ; mais je ne vois pas que ce fût son devoir (Cette vérité a été solidement établie, et le préjugé contraire victorieusement réfuté par le chantre et l'historien de Jeanne d'Arc, M. Le Brun de Charmettes.

 

Qu'il me permette ici l'expression de ma reconnaissance pour sa bienveillante amitié.) Ses voix se taisent, mais son roi parle ; et pour celle en qui la religion de la seconde Majesté avait tant de puissance, je ne sache pas qu’à défaut du ministère des anges, le ciel pût s’expliquer plus authentiquement que par la bouche de l’Oint du Seigneur. Ah ! ne soyons pas de ceux qui ne se reposent point qu’ils n’aient trouvé des torts dans l’adversité, et qui imputent toujours des fautes au malheur. La théologie des amis de Job n’est pas celle des disciples de la croix.

 

Le christianisme repose tout entier sur le dogme de l’expiation, de la rédemption par la douleur.

 

Le Sauveur des hommes a peu agi et beaucoup souffert ; l’Évangile est concis sur Sa vie, prolixe sur Sa passion. Sa grande oeuvre, ç’a été de mourir ; c’est par Sa mort qu’Il a vivifié le monde. Or, si belle est la première et la plus fondamentale vérité du symbole chrétien, c’est aussi la première loi morale du christianisme que les disciples, et surtout les apôtres du Crucifié, continuent le mystère de Ses douleurs. Et si, parmi les enfants des hommes, le ciel se choisit des êtres privilégiés qu’il élève à la gloire d’être les instruments extraordinaires de Sa puissance et de Son amour, ce n’est qu’au prix de mille angoisses qu’Il accorde de telles faveurs.

 

De la grâce divine, plus encore que de la gloire humaine, on peut dire qu’elle vend chèrement ce qu’on croit qu’elle donne. La vie des hommes inspirés est un drame dont le dénouement est presque toujours tragique. Apprenez du grand apôtre quel a été le sort final de tous les prophètes : Lapidati sunt, secti sunt, tentati sunt, in occisione gladii mortui sunt : « Ils ont été lapidés, sciés, éprouvés de mille façons, décapités » (Héb., XI, 39). Et si la religion de la croix atteignait déjà par de si terribles préludes les prophètes anciens, que dire de cette représentation vive et naturelle de Son agonie, de Son crucifiement et de Sa mort, que Jésus-Christ grave en traits si profonds dans le coeur et sur la chair de Ses apôtres et de Ses prophètes de la loi nouvelle, lesquels doivent accomplir en eux ce qui manque à la passion de Jésus. Messieurs, un chrétien qui souffre, c’est Jésus encore qui souffre dans les membres de Son corps, et qui achève ainsi Son oeuvre de rédemption (Coloss., I, 24). Aussi, dans la balance divine, pour le salut d’un peuple, un martyr pèse plus qu’un héros : Melior est patiens viro forti, et qui dominatur animo suo expugnatore urbium (Prov., XVI, 32). LE BAPTÊME DE SANG EST INSÉPARABLE DE LA MISSION DIVINE.

 

Il le comprenait, ce pauvre père, ce bon Jacques d’Arc, quand, ayant entrevu dans un songe l’avenir merveilleux de sa fille, il disait : « Si je savais que la chose advint que j’ai a songée d’elle, je la noyerais à l’instant ». Dès le début, en effet, j’aperçois des indices trop significatifs. Jeanne seule ne les entrevoit que dans un demi-jour : précieuse attention de la providence, qui proportionne la lumière à la force, et qui craint d’oppresser la timide vierge si elle lui montrait du premier coup, comme autrefois à Paul, cette âme de fer, tout ce que sa mission doit lui apporter de douleurs ! (Actes, IX, 15).

 

Ainsi que le jeune et naïf Isaac, elle chemine longtemps sans connaître le fatal secret qui la concerne. Mais, pour tout autre que pour la victime, comme il est évident, dès le départ, qu’elle marche vers la montagne du sacrifice ! Les deux saintes données à Jeanne pour conseillères et pour assistantes, sont deux vierges martyres (saintes Catherine et Marguerite). Pour toute récompense finale, ce qu’elles lui promettent, c’est de la conduire en Paradis.

Aussitôt l’école de la douleur commence. La pieuse enfant est méprisée comme une visionnaire, repoussée comme une intrigante, exorcisée comme une démoniaque ; elle a déjà versé bien des larmes, quand elle obtient d’être conduite à son roi.

 

Là, nouvelles épreuves plus pénibles encore, soupçons injurieux, dédains humiliants, voyage à Poitiers où elle a tant à souffrir, plus effrayée qu’elle est des arguments d’une armée de docteurs que de l’artillerie d’une armée d’Anglais.

 

Puis, au fort même de l’action, et quand elle va être précipitée dans la gloire, voyez comme le ciel lui fait sentir que ce n’est pas elle qui agit, mais le bras divin qui agit par elle ; voyez comme la douleur précède et achète toujours le triomphe, afin qu’elle dise comme Paul : « Ma force n’est pas de moi, mais de Dieu : car, quand je suis faible, c’est alors que je suis forte : Cum infirmior, tunc potens sum » (II Cor., XII, 10). C’était le grand et solennel jour du sept mai, celui qui devait immortaliser la jeune héroïne et décider la délivrance d’Orléans. Une grande victoire l’attend, elle le sait ; mais elle sait aussi depuis longtemps que son sang doit couler. Jésus combat par elle ; or l’instrument doit s’accommoder, s’approprier à la main qui l’emploie, et la main de Jésus a été transpercée. Au milieu de la bataille, un trait la frappe au sein et la renverse. Un instant effrayée, elle pleure ; ses saintes, qui l’avaient avertie, la consolent ; elle arrache de sa propre main la flèche qui l’a percée, et se met en prière. Et comme Dunois, désespéré, sonnait la retraite : « En nom Dieu, s’écrie-t-elle en se précipitant vers la Bastille, tout est vôtre, et y entrez ». Tout à l’heure elle gisait dans son sang, et la voilà rayonnante de gloire. Sa blessure a été le signal de son triomphe ; c’est la force dans l’infirmité, la puissance par la faiblesse : Cum infirmior, tunc potens sum. Un autre jour, c’était devant Jargeau, elle s’élance la première à l’assaut ; une pierre énorme roule sur sa tête et la renverse dans le fossé. Un cri de triomphe a retenti sur le rempart ; l’épouvante a glacé les Français. Se relevant soudain plus fière et plus terrible : « Amis, sus ! sus ! notre Sire a condamné les Anglais ; ils sont tous nôtres ». Les Français se raniment, la place est emportée, et Suffolck n’a que le temps de faire un chevalier pour lui rendre glorieusement les armes. C’est toujours le dogme chrétien ; la mystérieuse PRÉPARATION du succès par le revers, DE LA VICTOIRE PAR LA DÉFAITE : Cum infirmior, tunc potens sum.

 

 

Mais si l’empreinte de la croix est ainsi marquée jusque sur l’épée victorieuse de Jeanne, que sera-ce maintenant que cette épée vole en éclats sans qu’on puisse la reforger jamais ? Si la phase glorieuse de sa vie n’est pas étrangère à la douleur, que sera-ce maintenant qu’elle entre dans la période de ses angoisses, maintenant que l’action cesse et que la passion commence ?

 

« Je ne durerai qu’un an, et guère audelà, disait-elle souvent au roi ; il faut tâcher de me bien employer cette année ».

 

Hélas ! ce beau mois de mai, qui l’avait vue victorieuse et entourée d’hommages dans Orléans, ne reparut que pour la voir captive à Compiègne. O Jeanne ! je vous aimais heureuse et triomphante, je ne vous aime pas moins, et je vous vénère davantage dans vos malheurs ! Vous avez été jugée digne, non seulement d’être l’instrument de Dieu, mais encore de Lui être offerte en holocauste (Actes, V, 41). Dieu ne manque pas de bras par qui verser le sang ; mais des victimes pures dont le sang répandu soit un sacrifice agréable à ses yeux, voilà ce que Dieu cherche. Il ne faut que des qualités telles quelles pour être un héros ; il faut des vertus sans tache pour être un martyr. Tel est désormais le rôle douloureux de Jeanne.

 

Depuis qu’elle a quitté Reims, la mandataire du ciel est redevenue une humble fille de la terre. Sa bravoure lui reste, son inspiration l’a quittée. Il est d’une grande âme, Messieurs, quand on a gouverné, de savoir obéir, et de n’avoir pas désappris la soumission dans le commandement. Notre héroïne, depuis que Dieu ne la conseille plus, se soumet aux conseils des hommes ; ce que d’autres décident, elle l’exécute, sans nulle indication de ses voix, ni pour, ni contre. Et ici encore j’admire la délicatesse et la sainteté de la providence, qui dirigeait elle-même la guerrière, qui laisse marcher la victime. Quand Jeanne volait à la victoire, Dieu la conduisait par le bras ; quand elle s’achemine vers le bûcher, Dieu se voile pour un temps et retire son concours. Ainsi la sagesse divine est toujours justifiée dans Ses voies.

 

Désormais les anges et les saintes martyres parlent à Jeanne de son âme, de ses malheurs ; ils ne lui parlent plus de ses exploits. Ce n’est pas seulement le glaive miraculeux qui s’est brisé dans sa main ; son étendard, son saint étendard, qu’elle aimait quarante fois plus que son épée, a roulé près d’elle dans la poussière. Paris entend sa voix et la méprise impunément ; pour la première fois la victoire ne lui obéit pas. Blessée sous les murs de la grande cité, elle voudrait y mourir, et la mort est indocile comme la victoire. O journée fatale ! épreuve terrible ! L’envie de ses rivaux triomphe et s’exaspère ; ses amis hésitent et n’osent plus se prononcer en sa faveur.

 

Tels sont les hommes ; sitôt que le succès manque, leur foi chancelle. Ainsi les apôtres, témoins de tant de prodiges authentiques, abandonnent et renient leur Maître « quand vient l’heure des méchants et la puissance des ténèbres » (Luc, XXII, 53). Leurs convictions, si solidement établies, périssent avec leurs espérances. Sperabamus : « Nous espérions » (Luc, XXIV, 17), disent-ils ; ils se résignent à croire qu’ils ont été déçus. Ainsi Jeanne voit en un instant tout le passé de sa gloire s’effacer aux yeux des hommes ; le caractère surnaturel de ses expéditions les plus merveilleuses devient équivoque : Sperabamus : « Nous espérions ».

 

Mais ce n’est là que le prélude des douleurs. À peine un dernier rayon de gloire utilitaire est-il venu luire sur son front, qu’une autre lumière ne tarde pas à briller pour elle. Ses saintes lui ont annoncé sa captivité prochaine. À cette nouvelle, déjà pressentie, elle demande avec larmes de mourir plutôt que d’endurer une longue prison. Pour toute réponse, il lui est dit : « qu’elle prenne tout en gré, et que Dieu lui aidera ». Mon coeur se serre, Messieurs. La vierge qui avait délivré votre ville, qui avait rendu le courage aux guerriers et la couronne à son roi, est tombée entre des mains profanes. Jeanne, abandonnée des siens, et peut-être trahie, comme son divin Maître, est vendue à l’ennemi, vendue, elle, non ce qu’on vend un esclave, mais une tête couronnée. Une prison s’ouvre, prison affreuse, où l’attendent des supplices et des perfidies qu’on ne saurait redire ; prison dont les murailles ont des yeux pour la lubricité, des oreilles pour la trahison.

 

Un tribunal est érigé par la haine ; un autre Caïphe sollicite le privilège de s’y asseoir. C’est un évêque, un Français, je le sais ; n’en rougissons pas, Messieurs ; depuis longtemps il a renié sa patrie et s’est vendu à l’étranger ; on l’appelle Anglais, Bourguignon, on ne l’appelle plus Français. Les interrogatoires commencent.

Là, quel contraste ! D’une part, l’hypocrisie, la bassesse de sentiments et de langage, la servilité, la cruauté ; de l’autre, la franchise, l’élévation, la noblesse ; l’indépendance, la douceur. Cependant, combien Jeanne souffre, elle si pieuse, si délicate, si respectueuse ! Sans doute ses saintes viennent la consoler : « Je serais morte, dit-elle, sans la révélation qui me conforte chaque jour ». Mais à ces voix du ciel qui la rassurent, on oppose la voix de l’Église : comme si quelques âmes vénales, c’était l’Église.

 

L’Église ! elle parlera un jour, et l’on saura ce qu’elle pensait dans cette grande affaire. L’accusée invoque le pape, le concile : « Le pape est trop loin, lui dit-on, c’est à votre pontife que vous devez obéir ». Elle est, comme Jésus, interrogée, jugée, condamnée avec tout l’appareil des formes légales et le cérémonial imposant de l’orthodoxie.

 

Mais Jésus était un Dieu ; elle n’est qu’une faible femme. Et si l’Homme-Dieu a frémi, si l’Homme. Dieu a sué une sueur de sang, s’Il a eu besoin qu’un ange vînt Le soutenir dans Son agonie, s’Il a demandé que le calice de la douleur passât loin de Lui, comment s’étonner du trouble de Jeanne, de ses craintes, de ses larmes, de ses hésitations passagères ?

 

Ah ! loin que je me scandalise de retrouver dans mon héroïne cette horreur de la souffrance et de la mort qui ne vient pas du préjugé, mais de la nature (Saint Augustin, t. V, Sermon CLXXII, 1), je m’intéresse à sa douce sensibilité, qui la rapproche plus de ma faiblesse, et qui donne plus de prix à son sacrifice et à sa résignation. « Si vos voix vous eussent commandé de sortir et signifié que vous seriez prise, lui dit le juge, y fûtes-vous allée ? – « Si j’eusse su l’heure et que je dusse être prise, je n’y fusse point allée volontiers, toutefois j’eusse fait leur commandement en la fin, quelque chose qui me dût être venue ». Retrouvez-vous ici le langage du Maître : « Mon Père, s’il est possible, que ce calice s’éloigne de Moi ! Cependant que Ma volonté ne Se fasse pas, mais la Vôtre ? » (Matt, XXVI, 39).

 

Jésus-Christ n’est pas de l’école des stoïciens ; Il sent vivement la douleur, et Il avoue qu’elle est un mal ; Il ne va pas au-devant d’elle, Il l’accepte. Jeanne se flatte jusqu’à la fin ; Dieu lui laisse cette dernière ressource des malheureux, qui est l’espérance. Par le martyre qui lui est prédit, elle entend ses douleurs présentes. Mais bientôt les illusions s’envolent ; un bûcher s’allume, et la victime s’avance en pleurant.

 

Pardonnez si j’insiste sur la conformité minutieuse des circonstances de sa mort avec celle du Sauveur des hommes : la ressemblance du disciple n’est pas un outrage pour le maître. Elle s’attendrit sur Rouen, comme Jésus sur Jérusalem ; elle prédit et déplore la perte de son juge, comme Jésus celle de Judas ; comme Lui, elle pardonne à ses bourreaux. Un instant encore la nature affaiblie succombe ; mais n’avons-nous pas entendu le Christ s’écrier avec l’accent d’une angoisse inexprimable : Eli, Eli, lamma sabacthani ? (Matth., XXVII, 46). Elle tient entre ses mains, elle couvre de ses baisers une croix, une pauvre croix de bois.

 

De nouveau, elle rend témoignage à la vérité de sa mission, à l’innocence de son roi. Au milieu des flammes, ses derniers soins sont des attentions de charité et de modestie. Les yeux toujours fixés sur le signe sacré, on l’entend invoquer avec larmes les benoîts anges, et les saints et les saintes du Paradis. Elle incline la tête, pousse un grand cri : Jésus ! Jésus ! Et du sein du bûcher, son âme, comme une blanche colombe, s’envole vers les cieux... Eh quoi ! vous tremblez, vous pleurez, ennemis de la France !

 

Peuple de braves, vous avez brûlé une vierge de vingt ans ; n’êtes-vous pas fiers de cet exploit chevaleresque ! Oui, tremblez et pleurez, ennemis de la France. Vous avez vaincu : mais votre victoire, comme celle de Satan sur Jésus, est une défaite (I Cor., II, 8). Vous avez cru n’être que des bourreaux, et vous étiez des sacrificateurs. Parmi ces tempêtes et ces orages, il fallait du sang pour apaiser le ciel et purifier la terre. La France est rachetée, puisque Dieu a accepté d’elle une vierge pour hostie : Sanguine placastis ventos, et virgine cæsa ; sanguine quoerendi reditus. (VIRGILE, Æneid.) Il est désormais permis d’espérer d’heureux retours de fortune. Il a raison, ce secrétaire du roi des Anglais qui s’écrie : « Nous sommes perdus, car nous avons fait mourir une sainte ! » Les cendres de Jeanne crient vengeance contre vous, pardon pour la France ; sa mort vous sera plus fatale que sa vie (Judic., XVI, 30).

 

Dans un même supplice, je vois trois triomphes : le triomphe de la France, le triomphe de la Foi, le triomphe de Jeanne. Triomphe de la France. On apportait les clefs des villes sur le cercueil de Duguesclin, et le nom de Condé gagnait des batailles. Jeanne n’aura point de sépulcre ; son noble coeur, la seule partie que le feu n’ait pu détruire, a été jeté dans les flots. Mais son ombre, mais sa terrible image poursuivra les Anglais jusqu’à ce qu’ils soient refoulés dans leur île. « Je sais bien, disait-elle, que les Anglais me feront mourir, parce qu’ils croient pouvoir s’emparer de la France après ma mort ; mais seraient-ils cent mille de plus (Jeanne appelait les Anglais d’un surnom joyeux et militaire : Jeanne était Française, et jusque dans les fers elle avait la gaîté française), seraient-ils cent mille de plus, ils n’auront pas le royaume…

 

Avant qu’il soit sept ans, les Anglais abandonneront un plus grand gage qu’ils n’ont fait devant Orléans ». Six ans ne s’étaient pas écoulés, et Paris, « ce grand gage », se rendait presque sans coup férir à l’intrépide Dunois. Bientôt Charles le Victorieux régnait sur tout le pays de ses ancêtres ; et un siècle plus tard, la blanche bannière de France, flottant sur Calais, laissait lire dans ses plis l’accomplissement de la parole prophétique de Jeanne : Les Anglais seront boutés hors de France. Une femme, une reine voluptueuse avait perdu le royaume ; une bergère héroïque, une vierge martyre l’a sauvé.


Triomphe de la Foi. Messieurs, dans cette invasion de l’Angleterre, notre nationalité n’était pas seule en péril. Dieu, qui rapporte tous Ses conseils à la conservation de Sa sainte Église, apercevait un autre danger.

La France possède un trésor plus précieux encore que son indépendance, qui nous est si chère à tous pourtant, c’est SA FOI CATHOLIQUE, SON ORTHODOXIE INTACTE ET VIRGINALE ; c’est ce trésor qui allait périr. Circonstance mémorable, Messieurs ! Devant le tribunal du Juge suprême des nations,l’Angleterre, en prononçant la sentence de Jeanne d’Arc, a signé, cent ans à l’avance, sa propre condamnation.

 

HÉRÉTIQUE, APOSTATE, SCHISMATIQUE, MALCRÉANTE DE LA FOI DE JHÉSU-CHRIST, tels sont les griefs inscrits, de par l’Angleterre, sur la tête de Jeanne. Ne déchirons pas cette inscription précieuse ; livrons-la à l’histoire ; elle pourra lui servir bientôt pour marquer au front une autre coupable, une grande coupable. Édouard n’a-t il pas déjà parlé de faire des prêtres anglais qui chanteront la messe malgré le pape ? Et, à la licence qui règne, ne sentez-vous pas qu’Henri VIII approche ? C’est à ce point de vue, Messieurs, que la mission de Jeanne s’élargit et. prend des proportions immenses. Que la France devînt anglaise, un siècle plus tard elle cessait d’être catholique ; ou bien, si elle résistait à ses dominateurs, elle se précipitait, comme l’Irlande, dans des luttes et des calamités sans fin. La cause de la France, au quinzième siècle, était la cause de Dieu, la cause de la vérité : et l’on a dit que LA VÉRITÉ A BESOIN DE LA FRANCE.

 

Ne vous étonnez donc pas que les deux plus illustres représentants de la monarchie catholique, saint Louis et saint Charlemagne (j’aime pour le grand empereur cette canonisation par la bouche inspirée de Jeanne), se soient émus au sein de la gloire, sur leur trône immortel, et qu’ils aient demandé un miracle pour la France. Ne vous étonnez pas si l’archange de la France est envoyé vers une vierge, et si cette vierge est choisie au pied des autels de Remy, l’apôtre des Français, de Remy « qui a sacré et béni, dans la descendance de Clovis, les perpétuels défenseurs de l’Église et des pauvres » (Bossuet, Polit. sacr., l. VII, art. 6). Ne vous étonnez pas enfin si la mission de la libératrice de la France se termine par un grand et mémorable sacrifice. Au mal qui nous menaçait, il fallait un remède surnaturel ; quand la religion du divin Crucifié est en cause, les prodiges de valeur ne suffisent pas, il faut des prodiges de douleur. Ce sont encore nos ennemis qui l’ont proclamé, alors qu’ils se frappaient la poitrine en descendant de cet autre calvaire : « Elle est martyre pour son droict Seigneur ». Et si vous me demandez quel est son Seigneur, elle m’a appris à vous répondre que c’est Jésus-Christ.

 

Enfin, triomphe de Jeanne. Serai-je paradoxal si je dis que le supplice de Jeanne était nécessaire à sa gloire même temporelle ? Outre qu’elle y a conquis « ce je ne sais quoi d’achevé que le malheur ajoute à la vertu », sans le procès de Jeanne d’Arc, sans la procédure de révision qui en a été la conséquence, si l’héroïne, après le couronnement de Reims, était rentrée sous la chaumière de DomRémy, qu’elle y eût achevé ses jours dans les soins obscurs de la vie champêtre, Jeanne d’Arc serait pour la postérité, serait pour nous un problème insoluble. Des ombres douteuses se mêleraient aux rayons de sa gloire ; sa mémoire tiendrait un milieu incertain entre la légende et l’histoire. Le roman y gagnerait de pouvoir hasarder mille suppositions aventureuses ; l’oeuvre sainte et surnaturelle de Dieu disparaîtrait. Jeanne serait plus fêtée, plus célébrée des mondains et de ceux que l’Écriture appelle la faction des lascifs : factio lascivientium (Amos, VI, 7) ; les chrétiens, affligés, trembleraient sur la fin d’une vie que tant de gloire eût exposée à tant de séductions. Messieurs, même au point de vue humain, il n’y avait d’autre issue pour Jeanne que le cloître ou le martyre.

 

Je me trompe : on eût douté de la sincérité des dispositions sorties du cloître. Chose admirable et providentielle ! L’événement le plus extraordinaire, le plus surnaturel qui figure dans les annales humaines, est en même temps le plus authentique et le plus incontestable.


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Et maintenant, Messieurs, je m’arrête ; et quand je jette un regard sur le chemin que nous avons parcouru, oh ! que j’aime à reposer mes yeux sur cette ville d’Orléans ! Orléans, où Jeanne ne trouva point d’incrédules ni d’envieux, mais où elle fut reçue comme un ange libérateur ; Orléans, où elle conquit ses premiers et ses plus doux titres de gloire ; Orléans, qui a toujours gardé dans son coeur la précieuse mémoire de Jeanne, et qui, après quatre cents ans, célèbre encore ses triomphes avec tant d’amour et de reconnaissance !

 

Français et catholique, avec quel bonheur, Messieurs, je suis venu payer ce faible tribut à votre libératrice, en présence (je regrette de ne pouvoir nommer un pontife si éminent, en qui j’eusse trouvé l’indulgence du génie) en présence de ce clergé vénérable, de ces illustres magistrats, de ces braves guerriers, de toute cette multitude enfin, dont la devise est toujours celle de Jeanne : RELIGION ET PATRIE. Orléans, ton nom sera grand jusqu’à la fin des âges entre toutes les cités !

 

O vous qui écrivez les fastes de la France et de l’Église, aux noms de Clovis et de Tolbiac, de Charles Martel et des plaines de Poitiers, joignez les noms de JEANNE et d’ORLÉANS, noms désormais inséparables ; car Orléans n’a pas été seulement le théâtre des exploits de Jeanne, il en a été l’auxiliaire ; Jeanne a sauvé son pays et sa foi, et c’est à Orléans ; elle tenait le glaive divin, et Orléans, Orléans tout entier combattait avec elle. Chrétiens qui m’avez entendu, femmes, vierges, enfants de la cité, vos pères ont partagé la gloire de Jeanne, et ils vous l’ont transmise.

 

Mais Jeanne vous a laissé un autre héritage non moins précieux : c’est celui de sa foi, de sa piété, de ses douces et aimables vertus. La religion n’a pas de plus séduisant modèle à vous offrir que votre libératrice. Ah ! qu’Orléans soit toujours la digne cité de Jeanne ! que Jeanne se retrouve, qu’elle vive, qu’elle respire toujours dans Orléans ! Que sa gracieuse et sainte figure resplendisse dans vos moeurs, qu’elle brille dans vos oeuvres. Marcher sur ses pas, c’est marcher dans le sentier de l’honneur ; oui ; mais c’est marcher aussi dans le sentier du ciel.

 

Et les rigueurs dont Jeanne a été victime ici-bas proclament assez éloquemment qu’il n’y a rien de solide, rien de vrai, que ce qui conduit au ciel.

 

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Par WalkTsin - Publié dans : Histoire de France
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Vendredi 6 janvier 5 06 /01 /Jan 12:14

   

http://0.tqn.com/d/womenshistory/1/0/y/l/2/Joan-of-Arc-19th-century.jpg


 

 

Joannem exora ut Christi vexillum ostendat ab alto... Fortiter exclamamus : VIVAT REX CHRISTUS IN AETERNUM.

 

Lorsque la France aura rendu dans le monde le rang qu'Il lui avait d'abord donné, l'Eglise adressera à toutes les nations l'invitation que David faisait à son peuple, celle d'offrir au Seigneur un immense concert d'actions de grâces (Ps. XCVII) pour le salut enfin accordé.


I. Chantez au Seigneur un cantique nouveau, car Il a opéré des merveilles :
Sa droite lui a donné la victoire ainsi que Son bras infiniment saint.
Le Seigneur a fait briller Son salut, Il a révélé Sa justice au regard des nations ;

Il s'est souvenu de Sa miséricorde et de Sa fidélité pour la maison d'Israël :
Et toutes les extrémités de la terre ont contemplé le salut de notre Dieu !

 

II. Acclamez donc le Seigneur par toute la terre, éclatez en jubilation et chantez,
Chantez le Seigneur sur la harpe, mêlez la harpe à la voix des cantiques,

Au son des trompettes et du sophar, poussez des acclamations en présence du ROI SEIGNEUR

 

 

En un mot, il faut que Jésus-Christ règne et que Son Evangile soit la loi des sociétés. C'est ce que la sainte Pucelle n'a cessé de dire et de répéter.


La société contemporaine entendra-t-elle de nos jours la voix de la sainte Pucelle qui lui crie :


Jésus-Christ est le Roi des rois, le Pape est Son Vicaire, le souverain Son Lieutenant, Sa loi est la loi suprême d'où
doivent découler celles que font les législateurs.

 

Pie X nous a donné un nouveau motif de le croire et de l'espérer. Sa première parole a été :


«Nous déclarons que notre but unique dans l'exercice du Pontificat est de tout restaurer dans le Christ, afin que le Christ soit tout et en tout».


«Nous éprouvons une sorte de terreur, ajoute-t-il, à considérer les conditions funestes de l'humanité à l'heure présente. Peuton ignorer la maladie si profonde et si grave qui travaille, en ce moment, bien plus que par le passé, la société humaine, et qui, s'aggravant de jour en jour et la rongeant jusqu'aux moelles, l'entraîne à sa ruine ? Cette maladie, vous la connaissez, c'est l'abandon de Dieu et l'apostasie... Le retour des nations au respect de la majesté et de la souveraineté divine, quelques efforts que nous fassions d'ailleurs pour le réaliser, n'adviendra que par Jésus-Christ. Et c'est pourquoi le but vers lequel doivent converger tous nos efforts, c'est de RAMENER LE GENRE HUMAIN A L'EMPIRE DU CHRIST...

 

Or, où est la voie qui nous donne accès auprès de Jésus-Christ ? Elle est sous nos yeux, c'est l'Eglise. Vous voyez donc, Vénérables Frères, quelle oeuvre nous est confiée, à Nous et à vous. Il s'agit de ramener les sociétés humaines, égarées loin de la sagesse du Christ, à l'obéissance de l'Eglise ; l'Eglise, à son tour, les soumettra au Christ, et le Christ à Dieu. S'il Nous est donné, par la grâce divine, d'accomplir cette oeuvre, nous aurons la joie d'entendre une grande voix disant du haut des cieux : Maintenant, c'est le salut, et la vertu, et le royaume de notre Dieu, et la puissance de Son Christ».

 

Restaurer la puissance du Christ, la loi du Christ, le gouvernement du Christ sur les peuples, c'est bien, disons-le encore une fois, ce qu'a voulu la sainte Pucelle aux jours de sa vie mortelle. Aux fêtes de sa Béatification, S. S. Pie X, s'adressant aux cinquante mille pèlerins conduits à Rome par soixante-sept évêques pour assister à la glorification de la Pucelle, leur disait :


«Nous nous réjouissons avec vous, catholiques bien-aimés de la France, qui, faisant écho à l'oracle de l'Eglise, combattez sous la bannière de la vraie patriote, Jeanne d'Arc, où il nous semble voir écrits ces deux mots : "RELIGION ET PATRIE".

 

Audessus de l'un des Portiques de la Basilique, était une inscription où se lisait cette invitation au peuple de France : Joannem exora ut Christi vexillum ostendat ab alto... Fortiter exclamamus : VIVAT REX CHRISTUS IN AETERNUM.

Que le Christ vive en nos coeurs ! Qu'Il règne sur notre France et par elle en tous pays ! Qu'Il gouverne tous les peuples par l'attrait de Son coeur et la loi de Son évangile ! Et ce sera sur tous le royaume de Dieu que les Paraboles évangéliques nous ont fait entrevoir, que la liturgie sacrée nous fait demander chaque année et espérer toujours !

 

  Painting of Joan of Arc with her Voices by de Save

Par WalkTsin - Publié dans : Histoire de France
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Vendredi 23 décembre 5 23 /12 /Déc 12:11

Le maître d'école - Ostade

 

 

Le Maître d’école, Adriaen van Ostade (XVIIe).

Lire, écrire et compter sont les trois rudiments élémentaires enseignés dans les petites écoles de l’Ancien Régime, qui ont vu naître la pédagogie moderne (utilisation des images, du jeu comme moyen d’apprentissage). Si le catéchisme, la prière et les leçons de civilité tenaient la première place dans ces petites écoles, la lecture et l’écriture n’étaient pas oubliées.

L’école est alors à la charge de l’Église, et tenue soit par un maître – voire une maîtresse – nommé par le curé de la paroisse avec la communauté des habitants, soit par une congrégation enseignante, soit quelquefois par le curé lui-même. Dans les campagnes, les habitats destinés spécifiquement à l’éducation des enfants sont extrêmement rares, la communauté décidant de se lancer dans cette coûteuse entreprise devant obtenir l’accord de l’intendant qui menait enquête sur le besoin scolaire. De ce fait, la salle de classe est installée dans le logement du maître (dans la grande majorité des paroisses), parfois dans une grange ou sous le porche de l’église. Rappelons enfin qu’une infime minorité des élèves scolarisés dans ces petites écoles accèdent au collège : la petite école n’est pas une passerelle, et d’ailleurs bon nombre d’enfants la quittent avant la fin de l’apprentissage.

 

I. L’encadrement des élèves

Tenir sa classe n’est pas chose aisée sous l’Ancien Régime, d’autant qu’il n’est pas exceptionnel que le maître d’école ait plus de cent élèves, tous niveaux confondus, à gérer ! A une certaine anarchie qui caractérise les petites écoles du XVIe se substitue une discipline de fer à partir du XVIIe. L’espace est quadrillé : les élèves sont classés en fonction de leur niveau, avec un espace pour les nouveaux, et un pour les cancres (le « banc d’infamie » avec le bonnet d’âne ou un âne peint). Garçons et filles sont séparés dans deux salles différentes, parfois simplement sur des bancs différents.

L’enfant est constamment surveillé. Le pédagogue Jacques de Batencour, dans l’Escole paroissiale (1654), va jusqu’à conseiller au maître, si sa chambre est au-dessus de la classe, d’installer un treillis de bois d’où il pourra observer les écoliers sans être vu. Mais le maître à surtout recours à des relais pour la surveillance puisqu’il ne peut pas surveiller seul ce qui peut être une centaine d’élèves. Batencour conseille au maître de déléguer la surveillance à deux observateurs qui noteront sur un bout de papier le nom des enfants indisciplinés : ceux qui parlent, ceux qui poussent les autres, ceux qui ne sont pas dans le rang. Ces deux observateurs doivent être choisis parmi « les plus fidèles et les plus avisés ». A chaque coin de l’école, un admoniteur doit annoncer tout haut le nom des élèves qui parlent, n’écrivent pas ou badinent, le maître pouvant alors punir. Deux intendants sélectionnés parmi « les plus grands, les plus zélés et affectionnés à l’école » ont la surveillance de tous les autres officiers.

Jean-Baptiste de La Salle (auteur de la Conduite des écoles chrétiennes, 1706) reprend la hiérarchie politique romaine antique mise en place par les Jésuites dans leurs collèges avec les titres d’empereur, censeur, préteur, consul, prince des décurions, maîtres des prodécurions, sénateurs, décurions et prodécurions. L’unité de travail est le banc, chaque officier ayant en charge l’un des bancs ; les officiers supérieurs font réciter les officiers inférieurs. Cette structure pyramidale est une manière de tenir la classe et de récompenser les meilleurs élèves par l’octroi de titres qui devaient les rendre fiers !


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La France scolaire du baron Dupin : Le baron Charles Dupin réalisa la première carte du tissu scolaire en France, plus précisément de la fréquentation scolaire (1826). Il y voit deux France : une France du Nord-Est instruite et une France du Sud et de l’Ouest « obscure » séparées par une ligne reliant Saint-Malo à Genève. Cette démarcation est valable sous l’Ancien Régime, le nombre d’individus sachant, à la fin du XVIIe et au XVIIIe, signer dans les registres paroissiaux (seul moyen pour les historiens d’évaluer l’alphabétisation des Français) étant plus élevé au Nord de la ligne Saint-Malo – Genève. En 1827, Dupin publie les Forces productives et commerciales de la France où il établit un lien direct de cause à effet entre l’instruction des masses et le développement économique, contre l’avis des philosophes des Lumières. La France du Nord-Est abrite alors les régions les plus riches et industrieuses tandis que les régions où le tissu scolaire est le moins dense sont souvent pauvres et mal-payantes (Bretagne, Massif central, Loire,…).

II. Lire

Abécédaire début XVIIIe
Abécédaire provençal
du début du XVIIIe.

L’apprentissage de la lecture est l’activité essentielle des petites écoles et la seule que certains enfants connaîtront : ils ne resteront pas assez longtemps pour apprendre à écrire. Cet apprentissage dure normalement trois ans. L’Escole paroissiale de Jacques de Batencour indique un apprentissage divisé en plusieurs étapes. D’abord, il faut enseigner aux enfants à connaître les lettres ; puis leur apprendre à assembler ces lettres pour former des syllabes et enfin épeler les syllabes pour en faire des mots. Jean-Baptiste de La Salle quant à lui décrit pas moins de neuf degrés dans l’apprentissage : successivement « Carte d’alphabet » (2 mois), « Carte des syllabes » (1 mois), « le Syllabaire » (5 mois), « Épellation dans le 1er livre » (3 mois), « Épellation et lecture dans le 2e livre » (3 mois), « Lecture seule dans le 2e livre » (3 mois), « Lecture dans le 3e livre » (6 mois), « Lecture en latin dans le Psautier » (6 mois) et « Lecture dans la Civilité » (2 mois).

L’épellation fait l’objet de débats. Les pédagogues Arnauld et Lancelot écrivent dans laGrammaire générale et raisonnée de 1660 qu’il vaut mieux apprendre aux élèves les lettres par leur prononciation. Cette méthode gagne rapidement du terrain face à la précédente. Les Frères Tabourin dans les classes qu’ils ouvrent au début du XVIIIe nomment les consonnes en y ajoutant seulement un « e » muet et non un « é » (par exemple « be » au lieu de « bé », « me » au lieu de « ém »).

III. Écrire

L’apprentissage de l’écriture suppose un certain matériel : du papier, de l’encre (mise dans des cornets de plombs fixés sur la table) et un canif et deux plumes d’oie apportés par l’élève. La taille de la plume est déjà un exercice en soi que l’auteur de l’article consacré à ce sujet dans l’Encyclopédie décrit avec détail. L’élève doit apprendre à bien positionner son corps : ni trop penché, ni trop droit avec le bras gauche posé à l’aise sur la table. Jean-Baptiste de La Salle écrit que le maître doit mettre lui même l’écolier dans la bonne posture et chaque membre au bon endroit. L’élève doit enfin apprendre à bien tenir la plume. Pour leur apprendre à bien la tenir, Jean-Baptiste de La Salle propose de substituer au départ à la plume un bâton de même grosseur avec des crans marquant l’endroit où poser les doigts. L’élève apprend d’abord à former certaines lettres : les lettres C, O, I, F, M pour La Salle. Après ces rudiments, l’écolier apprend les notions de hauteur, largeur et pente des écritures, la distance des lettres et des lignes.

Le maître ne doit faire remarquer à l’élève que deux ou trois fautes à la fois, même s’il en a fait davantage sans quoi il serait embrouillé « comme un estomac à qui on donne trop de viandes » (La Salle) : l’élève oublierait tout dans sa confusion. Certaines techniques conseillées par les pédagogues aident à l’apprentissage comme l’utilisation de transparents ou de papiers rayés par ligne et par largeur que l’on place sous la feuille.

IV. Débats pédagogiques et évolution de l’enseignement

● Enseigner le latin ou la langue vulgaire ?

Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, la première langue apprise n’est pas le français mais le latin ! Plusieurs arguments sont avancés à cela : le latin permet de répondre aux offices et de lire l’Écriture et l’on pense que l’apprentissage du latin est plus facile que celui du français, le latin étant à la base du français. D’autre part, un grand nombre d’élèves pratiquent, hors de l’école, les parlers patoisants, qui sont d’une extrême diversité, pouvant varier d’un village à l’autre. Il paraît donc plus judicieux d’apprendre la langue de l’Église, langue universelle et stable.

Saint Jean-Baptiste de La Salle provoque à la fin du XVIIe de vifs débats lorsqu’il propose d’enseigner d’abord à lire la langue maternelle. La Salle renverse l’argument de la facilité en estimant qu’il est plus motivant pour des élèves d’apprendre à lire dans leur langue usuelle qu’en une langue qu’ils ne comprennent pas tout de suite. A cet argument, il ajoute que le latin est vite oublié et d’aucune utilité dans la vie future sauf pour quelques exceptions. La Salle fait publier sans permission un syllabaire français en 1698, le premier du genre si l’on excepte les ABC calvinistes et l’Alphabet francoys, latin et grec de Jean Behourt paru en 1620 et resté sans réédition. Si l’apprentissage dans la langue vernaculaire progresse, certaines écoles continuent d’enseigner l’apprentissage en latin jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

● Enseigner le français plutôt que le patois ?

Au XVIIIe siècle, l’idée fait son chemin chez une fraction des pédagogues d’enseigner le français plutôt que le patois local. Après tout, la langue française stabilisée n’est-elle pas la langue de la législation, des rapports et des injonctions des autorités provinciales dont on doit prendre connaissance ? Ne paraît-il pas anormal que le français soit davantage maîtrisé par les élites européennes que par les Français eux-mêmes ?

Dans son testament pédagogique de 1752, un vieux régent du Praz (Savoie), qui a enseigné pendant 48 ans, conseille à ses collègues d’apprendre à leurs élèves à « parler français, qui est la langue dont on se sert canoniquement et civilement dans ce pays, et qui s’étend dans presque toutes les contrées du monde, outre que la chose la plus essentielle est que les instructions qui se font dans l’église et ailleurs se font en cette langue ; on la pratique en se confessant et lorsque l’on est obligé de parler à un juge, à un intendant et à toutes personnes dont on est obligé de se servir de cette langue générale pour se faire entendre. ».

L’apprentissage du français tend à se répandre dans les provinces où l’on parle majoritairement un patois même s’il semble rester largement minoritaire à la veille de la Révolution.

● Apprendre en jouant (XVIIIe siècle)

A partir du XVIIIe siècle, les pédagogues insèrent du jeu dans les méthodes d’apprentissage. Les enfants peuvent avoir à disposition des lettres découpées, peintes sur des cartes ou gravées sur des boules pour former des syllabes en s’amusant. En 1773, le baron de Bouis propose une méthode où il associe lettres et couleurs et lui donne le titre révélateur deMéthode récréative pour apprendre à lire aux enfants sans qu’ils y pensent« On peut nommer cette méthode syllabaire joyeux puisque l’enfant est toujours gai ». L’abbé Berthaud propose dans le Quadrille des enfans publié en 1744 d’associer les sons à des images montrant des objets courants. L’enfant apprend à nommer le son avec l’objet qui lui est lié : le son « i » est associé à l’objet « lit », « une » à la lune, « in » au moulin, « cau » à l’abricot. Ces associations de son et d’images se trouvent sur 84 figures coloriées groupées sur des planches insérées dans un livre mais peuvent être aussi découpées et collées. Dans les éditions tardives, ces 84 cartes se présentent sous la forme de fiches mobiles à placer dans des boîtes à compartiments. L’appel à l’image, jugé susceptible d’éveiller l’intérêt de l’écolier, se répand rapidement et est promis à un bel avenir.

Illustrations issues du Roti-cochon ou méthode très-facile pour bien apprendre les enfans à lire en latin & en francois (vers 1680 ?) :

Roti-cochon
Roti-cochon
Roti-cochon
Roti-cochon

Le Rôti-cochon, peut-être plus célèbre aujourd’hui qu’en son temps (du fait de ses rééditions successives à partir de 1890), est représentatif de cette vague de livres illustrés du XVIIIe, conçus pour accroître l’intérêt de l’élève.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V. Compter

Compter est la dernière étape de l’apprentissage scolaire et nombre d’enfants quittent l’école avant d’apprendre les rudiments du calcul (on n’apprend pas à compter en même temps que l’on apprend à lire ou écrire, mais après). Dans les écoles des Frères des écoles chrétiennes, on apprend successivement l’addition pendant deux mois, la soustraction deux autres mois, la multiplication durant trois mois et la division pendant quatre mois. L’apprentissage des quatre opérations de base est complété par celui de la règle de trois, de la preuve par neuf et des fractions. Cet enseignement n’est néanmoins par présent partout : bon nombre de maîtres ne savent pas aller au-delà de l’addition.

On ne dissocie jamais l’aspect utilitaire : on apprend à compter en livres, sols et deniers et on repère l’intérêt de chaque opération pour chaque profession. Parfois, dans des manuels plus développés, s’ajoutent des règles de conversion des mesures de capacité, ou pour les futurs commerçants le calcul de l’intérêt des sommes prêtées.

Sources :

CHARTIER, Roger ; JULIA, Dominique ; COMPÈRE, Marie-Madeleine. L’éducation en France du XVIe au XVIIIe siècle. Société d’édition d’enseignement supérieur, 1976.

GROSPERRIN, Bernard. Les petites écoles sous l’Ancien Régime. Ouest France, 1984.

LEBRUN, François ; VENARD, Marc ; QUÉNIART, Jean. Histoire de l’enseignement et de l’éducation. 2 – 1480-1789. Perrin, 2003. (le Rôti-cochon)

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Jeudi 22 décembre 4 22 /12 /Déc 19:18

 

 

 

« Le bon sens des Capétiens, qui devait être, à de rares exceptions près, la qualité dominante de leur race, ne serait pas moins utile à cette œuvre de longue haleine. Rendre service : c’était la devise de la maison depuis Robert le Fort. Avancer pas à pas, prudemment, consolider chaque progrès, compter les deniers, se garder des ambitions excessives, des entreprises chimériques, ce fut son autre trait, avec un sentiment d’honorabilité bourgeoise plus que princière et le goût de l’administration. La France sensée, équilibrée, se reconnut dans cette famille qui aimait son métier et qui avait le don de s’instruire par l’expérience. Il semble que les Capétiens aient eu devant les yeux les fautes de leurs prédécesseurs pour ne pas les recommencer. Les descendants de Charlemagne, de Charles le Chauve à Lothaire, s’étaient épuisés à reconstituer l’Empire. Ce fut également la manie des empereurs germaniques. Les Capétiens étaient des réalistes. Ils se rendaient un compte exact de leurs forces. Ils se gardèrent à leurs débuts d’inquiéter personne. »

 

Extrait de Histoire de France de Jacques Bainville

 

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Mardi 20 décembre 2 20 /12 /Déc 20:41

 

VIA KONIGSBERG

 

" Mon nom est Jeanne. En mon pays, on m'appelait Jeannette. Mon père s'appelait Jacques d'Arc, ma mère Isabelle.


J'ai appris d'elle Pater Noster, Ave Maria, Credo. Nul autre ne m'appris ma croyance.

 


Je vous souhaite la bienvenue dans le village de mon enfance.


C'est là que je suis née le 6 janvier 1412, fête de l'Epiphanie de Notre-Seigneur.

 

Ma maison ? Je vous la ferai volontiers visiter quand vous voudrez : je vous attends ! Elle est près de l'église.

 


Savez-vous qu'aujourd'hui encore les enfants de Domremy sont portés sur les mêmes fonts que moi pour y recevoir le baptême ?


Venez donc vous recueillir dans cette église dans laquelle j'ai tant prié.

 

Les autres enfants se moquaient de moi : pour eux j'étais une bigote.

 

Mais, moi, j'aimais Jésus, et, plus tard, je suis morte en criant son Nom…

 

Portrait of Saint Joan of Arc holding her banner across her chest by Robert Alexander Hillingford

C'est que ma vie ne fut pas celle de toutes les jeunes filles de mon âge.


Dieu m'avait choisie pour faire éclater sa gloire et délivrer la France de l'envahisseur anglais qui la saignait depuis si longtemps.


L'heure était venue pour Dieu d'intervenir, ce fut moi qu'il choisit pour cette mission.


Vous ne me croyez peut-être pas. Ne savez-vous donc pas que rien n'est impossible à Dieu ? "

 

 

Argentina Holy Card of Joan of Arc Santa Juan de Arc in Battle


"De l'amour ou de la haine que Dieu a pour les Anglais, je n'en sais rien,mais je sais bien qu'ils seront tous boutés hors de France,excepté ceux qui y périront"



Jeanne at the Cornation of Charles VII by Jules-Eug?ne Lenepveu



"Il nous faut prier comme si tout dépendait de Dieu et agircomme si tout dépendait de nous"

 

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Painting of Joan of Arc with her Voices by de Save

Visions de Sainte Jeanne d'Arc : Sainte Catherine, Saint Michel, Sainte Margareth



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Mardi 20 décembre 2 20 /12 /Déc 12:13

 

Les avantages de la monarchie catholique traditonnelle


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La monarchie conférerait à l’Etat des qualités bénéfiques:

  • unité,
  • continuité,
  • indépendance,
  • responsabilité,
  • légitimité, etc.

 

Unité, mémoire et tradition

L'unité, sans laquelle il ne saurait y avoir d‘autorité véritable, est indispensable pour garantir l’indépendance nationale.

La démocratie divise les Français en entretetenant un état permanent de division et de guerre civile

Dans une démocratie les intérêts supérieurs du pays sont sacrifiés aux luttes partisanes.

"La véritable unité de la Nation française ne se fera que par un retour à la foi de ses ancêtres et à la royauté capétienne qui permettra le libre et authentique épanouissement des communautés composant le corps social" (Prince Jacques-Henri, dans sa déclaration du 19 novembre 1972 à l'occasion de son voyage dans l'Ouest)

"Que chacun soit bien convaincu que l'aîné des Capétiens, fidèle à la tradition millénaire de sa famille, n'est pas là pour diviser mais pour unir et rassembler" (Alphonse duc d'Anjou et de Cadix, dans une allocution prononcée à Pau, le 29 Mmars 1987)

"Défendre la vérité ce n'est pas diviser mais unir (...). Ce n'est que sur la vérité que les choses valables peuvent s'édifier, ce n'est que par la vérité que les Français retrouveront cette unité patiemment construite et soudainement abolie voici deux siècles. (...) Puissent, par le triomphe de la vérité, les Français s'aimer de nouveau les uns les autres pour que vive la France !" (Alphonse duc d'Anjou et de Cadix, dans une allocution prononcée à Paris, le 22 janvier 1988).

"Ne l'oubliez pas ; c'est par le retour à ses traditions de Foi et d'honneur, que la grande nation (i.e. la France) un moment affaiblie, recouvrera sa puissance et sa gloire" (Le Comte de Chambord dans son manifeste du 9 octobre 1870).[1]

Comment revenir au spectacle de nos divisions,... à l'unité nécessaire ?" par Mgr Delassus

"Il n'existe pas deux voies: c'est de revenir au principe qui, au cinquième siècle, a fait la France.

A un peuple précipité hors de sa voie, arraché à ses traditions et qui meurt, on ne peut rendre du sang, de la vie, du patriotisme, de l'élan, qu'en le ramenant, en le rattachant de nouveau à son principe. [...] Car où se trouve le principe générateur de l'unité, là se trouve le renouvellement de la patrie française!"

( Mgr DelassusL'esprit familial, dans la famille, dans la cité et dans l'Etat, Société Saint-Augustin, Desclée De Brouwer, Lille 1910, réédité aux ESR, p. 50, 52)

 

   "Un Roi a fait la France, un Roi la refera!"

Identité

"L'identité nationale passe aussi et sûrement par cette mémoire du temps passé, ponctuée par des anniversaires qu'il faudrait commémorer dignement" (Alphonse duc d'Anjou et de Cadix, dans une allocution prononcée à Paris, le 22 janvier 1989) [2]

La monarchie est le régime politique qu'il faut à la France parce que c'est son régime naturel.

Le roi fédère autour de sa personne et agrège des populations autour de ce qu'il représente: la nation et la patrie.

La France est née catholique et royaliste.

Ses ennemis pourront épiloguer et chicaner; ils ne pourront jamais effacer le baptême de Clovis.

C'est pourquoi par exemple, la mémoire de ce grand roi est oubliée, les livres le concernant, mis de côté, son histoire, passée à la trappe dans les manuels scolaires...

Mais la vérité ne change pas et les faits historiques sont tétus...

Continuité

Les successions paisibles, conséquences du principe héréditaire dans la dévolution du pouvoir, évitent à la France de connaître des révolutions meurtrières et des guerres fratricides...

Ainsi des objectifs à long terme peuvent-ils être atteints.

La continuité du pouvoir monarchique durant huit siècles contraste avec l’instabilité institutionnelle des deux derniers siècles.

Indépendance

La monarchie est la qualité d’un régime qui ne repose pas sur l’élection, laquelle lie le pouvoir à l’opinion publique, l’obligeant à pratiquer une démagogie éhontée pour recueillir des suffrages.

Le régime électif est ainsi obligé de centraliser l’administration du pays. Il détruit les libertés locales, municipales, régionales, professionnelles, toutes ces petites républiques à qui le roi permettait de vivre et de s’organiser librement.

Dégagé des soucis électoraux, le roi serait en situation d'être un arbitre.

 

Responsabilité

Les intérêts dynastiques et personnels du Roi se confondent avec les intérêts nationaux, tandis que le pouvoir démocratique dilue la responsabilité dans les majorités et les scrutins.

Légitimité

La monarchie reconnaît Dieu comme la source du pouvoir.

C'est un régime politique sain qui s’exerce en vue du seul bien commun, indépendant des groupes d’intérêt et des puissances d’argent.

La monarchie diminue les risques de corruption du pouvoir du fait même que le roi est sûr de son pouvoir. Il n'a pas besoin de se corrompre dans de basses manigances pour l'obtenir...

L’Etat royal puise sa légitimité dans l’Histoire et les services qu’il a rendus au pays au cours des siècles.

Il n’y a pas de légitimité en démocratie puisque le pouvoir est le fruit des compétitions électorales et que les partis l’exercent selon les caprices de l’opinion...

 

Moralité

 

Dans la monarchie, les manoeuvres électorales que l'on rencontre dans la démocratie sont absentes. La moralité s'en trouve sauve.

Voici le programme gouvernemental que le comte de Chambord proposait aux Français :

"Pénétré des besoins de mon temps, toute mon ambition est de fonder avec vous (i.e. les Français), un gouvernement vraiment national, ayant le droit pour base, l'honnêteté pour moyen, la grandeur morale pour but" (Le Comte de Chambord dans son manifeste du 9 octobre 1870) [3]

"Gouverner ne consiste pas à flatter les passions des peuples, mais à s'appuyer sur leurs vertus" (Le Comte de Chambord, dans son manifeste du 9 octobre 1870) [4]

Représentation

La monarchie représente la nation française ; elle a historiquement conduit la nation à son plus haut degré de civilisation.

La Monarchie traditionnelle, héréditaire, décentralisée et représentative a fait la France et l’a conduite à son apogée.

Le monarque mieux que quiconque représente la France et la France de toujours...

L’histoire confirme ces simples vérités historiques.

Le bilan des régimes démocratiques, Républiques ou Empire, est autrement lourd : morts par milliers, cinq invasions depuis 1792 (1792,1813,1870,1914,1940), instabilité constitutionnelle, luttes intestines, révolutions, affaiblissement général de la France.

Les royalistes travaillent donc à changer les institutions politiques. Ayant condamné le régime républicain, ils s’emploient à en débarrasser la Nation. Ayant reconnu dans la Monarchie la vérité historique de la France, et son régime gouvernemental naturel, ils s’efforcent de la restaurer.

 

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télécharger le film CRISTIADA

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Citations à méditer.

« Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit exulte de joie en Dieu mon Sauveur, car le Tout-puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom. »
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Suis-je prêt à me présenter devant le Seigneur ?

      Suis-je prêt à mourir? Mes affaires temporelles sont-elles en règle et mon testament bien fait? Ma conscience est-elle en règle? N'ai-je rien à craindre pour mes confessions, mes communions, l'accomplissement des devoirs de mon état? 

      Si je savais devoir mourir à la fin de cette journée, comment la passerais-je? Comme j'en emploierais bien tous les moments! Si je savais devoir mourir après cette prière, comme je prierais avec attention et ferveur! Si ce devait être après cette confession, après cette communion, après cette messe, cette visite au saint Sacrement, comme je ferais saintement toutes ces saintes choses! Rentrons ici en nous-mêmes, et comprenons quel changement opérerait en nous et en toute notre conduite cette pensée de la mort bien méditée.

La Sainte Bible :



"La justice élève les nations, et le péché rend les peuples misérables."



 Napoléon Bonaparte :


"La première des vertus est le dévouement à la patrie."

 

Stendhal :

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"La vraie patrie est celle où l'on rencontre le plus de gens qui vous ressemblent."


- Saint Jose-Maria :
"Le chemin de l’amour s’appelle sacrifice"
- Lt Tom Morel : "Je cultive le prestige, non pour une vaine gloire mais pour élever les âmes vers Jésus: Il est mon grand  potentiel d'énergie; s'Il n'était pas dans mon cœur, je sens que je ne pourrais rien faire".

 




> Les Auteurs moins connus voire anonymes mais pertinents :

"Le guerrier ne fait que porter l'épée pour le compte des autres. C'est un seigneur puisqu'il accepte encore de mourir pour des fautes qui ne sont pas les siennes, en portant le poids du péché et de l'honneur des autres."

"Une nation s'affaiblit lorsque s'altère et se corrompt le sentiment de l'amour de la nation et de la pratique religieuse" 


Ce en quoi nous puisons l’espoir, l’essence de tout. 

 

Nos Papes ont dit:

 
Grégoire IX a dit :

http://www.histoiredesjuifs.com/images/B_Gregor_X.jpg

"Ainsi, Dieu choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. Pour ce motif, le royaume de France est le royaume de Dieu ; les ennemis de la France sont les ennemis du Christ.
De même qu'autrefois la tribu de Juda reçut d'en-haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du patriarche Jacob ; de même le Royaume de France est au-dessus de tous les autres peuples, couronné par Dieu lui-même de prérogatives extraordinaires.
La tribu de Juda était la figure anticipée du royaume de France."
 

Saint Pie X a dit :


http://www.sainte-philomene.info/images/St_Pie_X.jpg
"Vous direz aux français qu'ils fassent trésor des testaments de saint Remy, de Charlemagne et de saint Louis, ces testaments qui se résument dans les mots si souvent répétés par l'héroïne d'Orléans : "Vive le Christ qui est Roi des Francs !"
A ce titre seulement, la France est grande parmi les nations ; à cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse ; à cette condition, on pourra lui appliquer ce qui, dans les Livres Saints, est dit d'Israël : que personne ne s'est rencontré qui insultât ce peuple, sinon quand il s'est éloigné de Dieu.
Ce n'est pas un rêve, mais une réalité ; je n'ai pas seulement l'espérance, j'ai la certitude du plein triomphe."


Jean Paul II a dit
:

"Oui, l'Eglise doit au peuple de France, qui a beaucoup reçu et aussi beaucoup donné, quelques-unes de ses plus belles pages : des grands ordres religieux, tels Cîteaux et les chartreux, aux cathédrales ou à l'épopée missionnaire commencée au siècle dernier. La générosité de ses œuvres et de sa pensée lui a valu l'amitié de nombre de peuples, et parmi les plus pauvres. Puisse la France continuer à y trouver ses raisons d'être !" 


Léon XII a dit :

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/26/LeoXII.jpg/150px-LeoXII.jpg
En premier lieu, arrachez à la franc-maçonnerie le masque dont elle se couvre et faites la voir telle qu'elle est.
Secondement, [...] instruisez vos peuples; faites leur connaître les artifices employés par ces sectes pour séduire les hommes et les attirer dans leurs rangs, montrez leur la perversité de leur doctrine  et l'infamie de leurs actes."


Paul IV a dit dans sa bulle* :

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Si jamais un jour il apparaissait qu'un Evêque, faisant même fonction d'Archevêque, de Patriarche ou de Primat; qu'un Cardinal de l'Eglise Romaine, même Légat; qu'un Souverain Pontife lui-même, avant sa promotion et élévation au Cardinalat ou au Souverain Pontificat, déviant de la foi Catholique est tombé en quelque hérésie, sa promotion ou élévation, même si elle a eu lieu dans la concorde et avec l'assentiment unanime de tous les Cardinaux, est nulle, sans valeur, non avenue

*
(Cum ex Apostolatus Officio)

Oraison

Un hymne à l'Honneur par le Père Jean Paul Argouarc’h :


"Seigneur vous l’avez endormi
Dans une paix certaine
Entre les bras de l’espérance et de l’amour.
Ce vieux coeur de soldat n’a point connu la haine.
Pour la France et pour vous il a combattu avec beaucoup d’amour.
Que Notre Dame d’Afrique,
Que Notre Dame d’Indochine,
Que Notre Dame de la Mer,
Vous accueille, Commandant, avec Sainte Anne.
Et qu’Elle étende son blanc manteau sur la France.
A genoux les enfants ;
A genoux les hommes ;
Et debout la France ! "

Prières

pri--res.jpg

Saint Michel, priez pour moi.
Saint Ange gardien, assistez-moi.
Mon saint Patron, protègez-moi.
Sainte Marie, Reine des Anges, veillez sur moi.

Saint Michel Archange de ta lumière éclairez-nous,
Saint Michel Archange, de tes ailes protègez-nous,
Saint Michel Archange, de ton épée défendez-nous.

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