Religion catholique-Théologie

Lundi 3 décembre 1 03 /12 /Déc 00:01

 

In omni loco sacrificatur et offertur nomini meo oblatio munda

 

 

 La plupart des gens du monde n'entendent la sainte Messe qu'en pharisiens, en mauvais larron, en Judas. Nous avons dit que la sainte Messe est le souvenir de la mort de Jésus-Christ sur le Calvaire ; c'est pourquoi Jésus-Christ veut que toutes les fois que nous célébrons le saint sacrifice de la Messe, nous le fassions en mémoire de lui.

 

Cependant, nous pouvons dire en gémissant que, pendant que nous renouvelons le souvenir des souffrances de Jésus-Christ, plusieurs des assistants renouvellent le crime des Juifs et des bourreaux qui l'attachèrent à la croix. Mais, pour mieux vous faire connaître si vous avez le malheur d'être du nombre de ceux qui déshonorent de la sorte nos saints mystères, je vais vous faire remarquer, M.F., que parmi ceux qui furent témoins de la mort de Jésus-Christ sur la croix, il y en avait de trois sortes : les uns ne faisaient que passer devant la croix, sans s'arrêter et sans entrer dans les sentiments d'une véritable douleur, plus insensibles que les créatures les plus inanimées. D'autres s'approchaient du lieu du supplice et considéraient toutes les circonstances de la passion de Jésus-Christ ; mais ce n'était que pour s'en moquer, en faire un sujet de raillerie et l'outrager par les blasphèmes les plus horribles.

 

Enfin, un petit nombre versait des larmes amères de voir exercer tant de cruautés sur le corps de leur Dieu et de leur Sauveur. Voyez à présent du nombre desquels vous êtes. Je ne parlerai pas de ceux qui courent entendre une Messe à la hâte dans une paroisse où ils ont quelque affaire, ni de ceux qui n'y viennent que la moitié du temps ; qui, pendant ce temps, vont trouver un voisin pour boire une bouteille ; laissons--les de côté, parce que ce sont des personnes qui vivent comme si elles étaient sûres de n'avoir point d'âme à sauver ; elles ont perdu la foi, et, par là, tout est perdu. Mais parlons seulement de ceux qui y viennent ordinairement. 

 


Je dis 1° que plusieurs n'y viennent que pour voir et être vus, avec un air tout dissipé, comme vous iriez dans un marché, dans une foire et, si j'ose le dire, dans un bal. Vous vous y tenez sans modestie. : à peine mettez-vous les deux genoux par terre pendant l'Elévation ou la Communion. Y priez-vous, M.F.... ? Hélas ! non ; c'est que la foi vous manque. Dites-moi, quand vous allez chez quelques personnes qui sont au-dessus de vous, pour leur demander quelque grâce, vous en êtes occupés tout le long du chemin ; vous entrez avec modestie, vous leur faites un profond salut, vous vous tenez découverts devant elles, vous ne pensez pas même à vous asseoir ; vous avez les yeux baissés, vous ne pensez qu'à la manière de bien vous exprimer et dans les termes les plus hauts. Si vous leur manquez, vous vous excusez vite sur votre peu d'éducation... Si ces personnes vous reçoivent avec bonté, vous sentez la joie naître dans votre cœur. Eh bien ! dites-moi, M.F., cela ne doit-il pas vous confondre, voyant que vous prenez tant de précaution pour quelque bien temporel ? tandis que vous venez à l'église avec une espèce de dédain, de mépris, devant un Dieu qui est mort pour nous sauver, et qui répand chaque jour son sang pour vous obtenir grâce auprès de son Père. Quel affront, M.F., n'est-ce pas pour Jésus-Christ, de se voir insulté par de viles créatures ?

 

Hélas ! combien qui, pendant la sainte messe, commettent plus de péchés que pendant toute la semaine. Les uns ne pensent pas seulement au bon Dieu, d'autres parlent, tandis que leur cœur et leur esprit se noient les uns, dans l'orgueil ou le désir de plaire, les autres, dans l'impureté. O grand Dieu ! se peut-il qu'ils osent nommer Jésus-Christ, qui, auprès d'eux, est si saint et si pur !... Combien d'autres laissent entrer et sortir toutes les pensées et les désirs que le démon veut bien leur donner. Combien ne font point de difficulté de regarder, de tourner la tête, de rire et de causer, de dormir comme dans leur lit, et peut-être, encore bien mieux. Hélas ! que de chrétiens qui sortent de l'église avec peut-être plus de trente et cinquante péchés mortels de plus que quand ils y sont entrés ! 

 


Mais, me direz-vous, il vaut bien mieux ne pas y assister. – Savez-vous ce qu'il faut faire ?... Y assister et y assister bien comme il faut, en faisant trois sacrifices à Dieu, je veux dire : celui de votre corps, de votre esprit et de votre cœur.

 

Je dis : notre corps, qui doit honorer Jésus-Christ par une modestie religieuse.

 

Notre esprit ; en entendant la sainte Messe, doit se pénétrer de notre néant et de notre indignité ; évitant toutes sortes de dissipations, repoussant loin de lui les distractions. Nous lui devons consacrer notre cœur, qui est l'offrande qui lui est la plus agréable, puisque c'est notre cœur qu'il nous demande avec tant d'instance : « Mon fils, nous dit-il, donne-moi ton cœur . » 

 


Concluons, M.F., en disant combien nous sommes malheureux lorsque nous entendons mal la sainte Messe, puisque nous trouvons notre réprobation là où les autres trouvent leur salut. Fasse le ciel, que toutes les fois que nous pourrons, nous assistions à la sainte Messe, puisque les grâces y sont si abondantes ; et que nous y apportions toujours d'aussi bonnes dispositions que nous pourrons ! et que, par là, nous attirions sur nous toutes sortes de bénédictions en ce monde et en l'autre !... C'est ce que je vous souhaite

 

Le saint curé d'Arc !

Par WalkTsin - Publié dans : Religion catholique-Théologie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 30 novembre 5 30 /11 /Nov 14:25

 


LA GUERRE CONTRE LE PÉCHÉ





Il est une sainte guerre,
Il est un combat divin
Entre le ciel et la terre,
Entre le mal et le bien.
 
La bataille, c'est la vie :
Quiconque est homme, est soldat.
C'est pour la sainte patrie,
C'est pour le ciel qu'on se bat
 
Que le monde rie ou pleure,
La bataille se poursuit ;
Il faut lutter d'heure en heure,
Lutter de jour et de nuit.
 
Après la lutte suprême
La couronne nous attend
Jésus la mettra lui-même
Sur le front du combattant.

C'est donc de guerre que je viens vous parler aujourd'hui, mes chers frères, comme mon texte m'y invite et comme l'indique le cantique dont je vous ai cité quelques strophes. Il me serait à peine possible d'aborder un sujet qui n'aurait rien de commun. avec celui-là, tellement la pensée du terrible conflit où sont engagés l'avenir de notre patrie et celui de l'Europe entière, et dans lequel des vies qui nous sont inexprimablement chères sont journellement en péril, nous obsède à chaque instant. Mais, si le ministre de l'Évangile ne peut que s'associer de la façon la plus intime à des préoccupations qui sont aussi les siennes, comme citoyen et comme père, il sent en même temps que son devoir est de s'efforcer de les épurer, de les sanctifier, de les spiritualiser. 

À cet effet, je vous parlerai d'une autre guerre, celle que nous avons à soutenir, soit contre le mal qui est en nous, soit contre le mal qui est dans le monde ; celle dont l'auteur de l'épître aux Hébreux entretient ses lecteurs quand il leur dit : « Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang en combattant contre le péché. » 

Celle-ci, la guerre spirituelle, je l'appelle la bonne, puisqu'elle est dirigée contre le mal ; l'autre, la guerre matérielle, je ne puis m'empêcher de l'appeler la mauvaise, puisqu'elle procède du mal. Les analogies (car elles existent), en même temps que les contrastes de ces deux guerres nous offriront un sujet d'étude propre, sous la bénédiction de Dieu, à nous instruire et à nous sanctifier, à éclairer nos consciences et à réconforter nos coeurs. -

 

I

 

On dit volontiers que tout homme est soldat, et jamais la chose ne fut plus vraie qu'aujourd'hui. Jamais comme dans la crise actuelle la France ne s'est levée tout entière pour défendre son honneur et son indépendance. Moi qui ai vu la guerre des années 1870 et 1871, je suis frappé de la différence qui existe à cet égard entre le passé et le présent. Toutefois cette levée en masse d'un peuple entier ne peut être que relative et incomplète, car les femmes, les enfants et les vieillards en sont exclus. Nous ne cessons pas un seul instant d'être par la pensée et par le coeur avec nos chers soldats nous les environnons de notre tendresse et de nos prières ; nous ne pouvons faire plus. 

Il en est tout autrement dans la guerre contre le mal, dont parle notre texte. Ici, tout être humain est soldat. Chacun de nous est appelé à combattre et à détruire le péché dans son propre coeur, avec l'aide et par la grâce de Dieu ; c'est de l'issue de ce combat que dépend sa formation morale, et par conséquent sa destinée éternelle. Et chacun de nous aussi est appelé à combattre le mal qui, sous tant de formes, règne dans le monde, par son exemple, par son influence, par son témoignage, par ses prières. Chacune de nos victoires morales est un pas en avant vers le salut définitif de notre propre âme et vers le triomphe du bien sur la terre chacune de nos défaites morales a un effet tout contraire et peut produire un mal dont nous n'apercevons pas les limites. Comme cette pensée devrait nous rendre vigilants et fidèles ! Si nous pouvions faire quelque chose par nos efforts, nos renoncements, nos sacrifices, pour assurer et hâter la victoire de la France, de quel coeur ne le ferions-nous pas ! Lorsqu'il s'agit de contribuer au triomphe du royaume de Dieu, aurons-nous moins de dévouement et de zèle ! Serons-nous de mauvais citoyens et de tièdes patriotes, en ce qui concerne la patrie céleste ?

 

II

 

Ces deux guerres que nous sommes en train de comparer : la guerre matérielle et la spirituelle, la guerre entre les nations et la guerre contre le mal, ont cela de commun qu'elles sont l'une et l'autre douloureuses et tragiques, et que, pour être poussées à fond, elles exigent les plus grands sacrifices. C'est ce qu'impliquent ces mots si frappants de notre texte : jusqu'au sang. « Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang en combattant contre le péché. » Naturellement, il s'agit ici de la guerre spirituelle. 

Quant à l'autre, quant à la guerre qui tue, c'est trop peu de dire qu'elle va jusqu'au sang : elle commence, continue et s'achève par l'effusion du sang, c'est son caractère distinctif. Et quel est ce sang ? - C'est d'abord celui du soldat lui-même, qui expose sa vie et est prêt à l'offrir en sacrifice pour sa patrie. Son dévouement est héroïque et nous inspire une juste admiration. Mais comment ne pas pleurer sur tant de jeunes vies ainsi moissonnées ? Quels trésors de santé, de force, d'intelligence, de coeur, de bonne volonté, parfois aussi d'instruction, de talent, de génie peut-être, portent en eux-mêmes ces beaux jeunes gens, l'élite et l'espérance de la nation ! Et tout cela est brutalement anéanti, à parler humainement, par une balle de fusil ou un éclat d'obus !

Quand je profère cette plainte, je ne pense pas seulement aux Français ; le sang que verse la guerre, c'est celui de nos soldats, mais c'est aussi, c'est plus volontiers, celui de nos ennemis. Chaque soldat est prêt à mourir s'il le faut, mais naturellement il s'efforce d'échapper à la mort en tuant son adversaire ; c'est son devoir militaire, je le reconnais, et nul ne saurait le blâmer, du moment où la guerre existe ; mais c'est la guerre elle-même, du moins cette guerre-là, qu'il faut haïr : elle fait de nous tous des meurtriers, car nous ne pouvons pas, en quelque sorte, faire autrement que nous réjouir des pertes de nos ennemis, de la destruction de tant de vies, du désespoir de tant de familles. Avouez que ce devoir de tuer fait une étrange figure en face du VI me commandement du Décalogue : « Tu ne tueras point », en face du deuxième précepte du Sommaire de la loi : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », en face de la parole et de l'exemple de Jésus-Christ ! 

Combien différente et combien opposée est la bonne guerre, la guerre contre le mal ! Elle ne répand jamais une goutte du sang d'autrui ; si toutefois l'on a fait chose pareille au nom de Jésus-Christ, c'est par l'effet du plus atroce malentendu. Elle ne fait jamais de mal à qui que ce soit ; sans doute, elle peut déplaire au pécheur et l'irriter, en dévoilant son iniquité et en combattant ses mauvais instincts ; c'est ainsi que l'excellent arrêté qui interdit actuellement (pourquoi pas définitivement ?) l'usage de l'absinthe, a pu n'être pas du goût de tout le monde. Mais la sainte polémique dont je parle n'a pas d'autre but que de sauver le pécheur en le délivrant de son péché. Toutes ses actions et toutes ses paroles sont inspirées par l'amour. Et pourtant elle va jusqu'au sang. Il en est ainsi déjà de la lutte contre notre péché personnel. 
Ce n'est pas assez de nous interdire certains excès; il faut frapper le mal dans sa racine, qui est la convoitise; il faut l'arracher du coeur à tout prix; il faut que la chair crie et saigne; il faut que le vieil homme soit cloué à la croix. Sans cette mort au péché, dont parle l'apôtre Paul d'après le Seigneur Jésus-Christ, il n'y a point de sanctification véritable. Et il faut que nous apportions la même énergie, le même renoncement à nous-mêmes dans notre lutte contre le mal qui est dans le monde. Il faut que, dans les temps de persécution, chaque chrétien soit prêt à donner sa vie pour son Sauveur et pour sa foi ; c'est là probablement l'objet premier et direct de la pensée de l'apôtre. Il semble vouloir dire à ses lecteurs : « Il n'y a pas encore eu parmi vous de martyrs. » Mais, en tout temps, il faut que nous combattions le mal sous toutes ses formes : alcoolisme, immoralité, mammonisme, athéisme, fanatisme et tant d'autres, non pas sans amour sans doute, mais par amour et par conséquent sans ménagements, comme l'a fait Jésus-Christ. Il faut que, dans cette sainte guerre, nous ne craignions pas de nous faire des ennemis et d'aller au-devant du péril. Il faut que nous dépensions sans hésiter et joyeusement, nos forces, nos talents, nos ressources quelles qu'elles soient, pour cette cause qui est celle de Dieu et celle de l'humanité. 
Est-ce là ce que nous avons fait, mes frères ? 

Pour vous former sur ce point une juste appréciation, comparez aux sacrifices que vous faites aujourd'hui pour la patrie ceux que vous avez faits autrefois pour le royaume de Dieu et pour la propagation de l'Évangile. Il résulte de cette comparaison que la guerre contre les Allemands nous tient bien plus à coeur, nous empoigne tout autrement que la guerre contre le mal, et que par là nous avons mérité, au moins autant que les chrétiens à qui s'adresse l'apôtre, son juste reproche : « Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang en combattant contre le péché. »

 

III

 

Il y a donc un complet contraste entre la guerre matérielle et la guerre spirituelle, en ce qui concerne les moyens que l'une et l'autre emploient. Celui qui combat selon la chair expose sans doute sa propre vie, mais surtout il cherche à prendre la vie d'autrui ; celui qui combat selon l'Esprit ne prend rien et donne tout. 

Le premier a pour armes l'épée et le fusil, le second ne combat qu'avec des paroles de vérité et des actes de charité. Celui-là cherche à verser le sang d'autrui, celui-ci n'exerce de violence que contre lui-même : il offre sa propre vie et son propre sang. L'un a pour type David triomphant du géant Goliath, l'autre a pour modèle Jésus-Christ, le Fils de David, se laissant clouer à la croix et priant pour ses bourreaux.

Cette opposition si complète entre les moyens de faire la guerre suppose une différence qui n'est pas moindre entre les buts poursuivis. Sans doute, à ce point de vue qui est capital, l'attitude et la conduite des deux belligérants peuvent et doivent être diversement appréciées. 

Une guerre défensive est légitime ; une guerre de conquête est toujours détestable. On ne saurait équitablement mettre sur la même ligne, dans le conflit actuel, l'Allemagne qui nous a déclaré la guerre, après l'avoir préparée de longue main, parce qu'elle se repentait de ne pas nous avoir assez dépouillés et écrasés il y a quarante-trois ans, et la France qui, après avoir fait tout son possible pour conserver la paix, a pris les armes pour défendre l'intégrité de son territoire, le droit des faibles et la liberté de l'Europe. Toutefois, il faut ajouter que dans ce domaine, la pente est glissante ; que tel qui est parti de la revendication d'un droit se laisse facilement entraîner au-delà des limites de ce droit et que, du moment où c'est la force matérielle qui tranche les conflits, il est bien rare que celui qui en dispose n'en abuse point. La cause générale des guerres, comme de toutes les discordes des hommes, c'est l'ambition, qui porte chaque individu à rechercher la première place et à réclamer pour lui-même la richesse et la puissance, et chaque nation à s'élever au-dessus des autres, à les réduire, s'il était possible, à une sorte de vassalité. Jésus a dit, vous le savez : « Il n'en sera pas ainsi entre vous ; que celui qui voudra être le plus grand parmi vous soit votre serviteur, comme aussi le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs. » Jusqu'à ce que ce principe soit compris, accepté, mis en pratique ; jusqu'à ce que l'esprit de Jésus-Christ ait prévalu sur l'esprit du monde et sur l'esprit de Satan, la guerre, hélas ! sera toujours possible et toujours menaçante ; l'élévation d'une nation et l'abaissement d'une autre ne suffiront point à en couper la racine.

Or, le but de cette guerre contre le mal, à laquelle nous vous convions tous aujourd'hui, c'est précisément la victoire, d'abord dans le coeur de chacun de nous, puis dans l'Eglise, puis dans la société humaine, du bien sur le mal, de l'amour sur l'égoïsme et sur la haine, de la justice sur la violence, de l'esprit de fraternité sur l'esprit d'ambition et de jalousie internationale ; de la paix sur la guerre, par conséquent. Ce but est absolument pur et désintéressé, également désirable pour tous, digne de toutes nos aspirations et de tous nos efforts ; il est celui-là même en vue duquel Dieu a créé le monde et Jésus-Christ l'a sauvé ; il s'appelle en termes évangéliques la venue du royaume de Dieu. Que chacun expose à Dieu, en toute liberté, dans les temps douloureux que nous traversons, ses voeux et ses supplications pour sa famille et pour la patrie ; mais que toutes nos autres prières soient toujours dominées par celle-ci : « Que ton règne vienne ! »

D'après cela, on peut juger qu'il y a contraste aussi entre les deux guerres quant à leurs résultats moraux, je veux dire quant aux sentiments qu'elles font naître en nous. J'ai dit, dimanche dernier, que nous commencions à recueillir peut-être, de la crise actuelle, de salutaires leçons, telles que celles-ci : union entre les Français, esprit de sacrifice, réveil de la foi et de la prière. Et certes tout cela est vrai. Mais d'autre part, il faut reconnaître que cette tension perpétuelle où nous vivons, dans l'attente fiévreuse des nouvelles, est accompagnée pour nous de beaucoup de tentations : alternatives d'espérances trop vives et de mornes découragements ; fluctuations de nos âmes au gré des événements journaliers, comme s'il n'y avait plus de Dieu qui règne au ciel ; colères sans bornes et désirs immodérés de vengeance. 
Au contraire, la guerre sainte, la guerre contre le mal, unit nos pensées aux pensées de Dieu ; elle nous fait éprouver journellement notre indignité et notre impuissance, et par là nous prosterne aux pieds du Seigneur. Elle nous fait faire en même temps l'expérience de la grâce de Dieu, et par là elle fortifie en nous la foi et l'espérance qui ne confond point.

 

IV

 

En terminant, je comparerai la guerre matérielle et la guerre spirituelle à un dernier point de vue, celui de l'espérance de la victoire. Quoique la déclaration de guerre de l'Allemagne nous ait tous pris par surprise et nous ait causé le plus profond chagrin, c'est avec bon espoir que nous sommes entrés malgré nous dans cette guerre qu'on imposait à la France. Notre espérance se fondait avant tout sur le sentiment de notre bon droit, mais aussi sur celui de notre force, sur notre mobilisation rapide, sur notre nombreuse armée, sur nos puissants alliés. 

À ce dernier point de vue, nous étions un peu comme ces païens dont le psalmiste dit qu' « ils se vantent de leurs chariots et de leurs chevaux. » Dieu a permis que les événements prissent un cours différent de celui que nous avions attendu ; il nous a fait éprouver la gravité du péril et le besoin pressant que nous avons de son secours et de sa délivrance. J'y veux compter, mes frères, et je crois fermement que l'avantage final restera aux amis de la justice et de la paix, mais je ne sais pas quelles épreuves nous attendent encore et nous séparent de cette fin tant désirée. Dieu permet quelquefois, il faut le reconnaître, que la force l'emporte momentanément sur le droit. L'issue d'un conflit armé est donc toujours incertaine, quelles que soient les conditions morales et matérielles dans lesquelles il s'engage.

Il n'en est pas de même du conflit entre le bien et le mal, de la guerre contre le péché. Ici, l'issue ne peut pas être incertaine, car Dieu est tout d'un côté, avec sa fidélité, sa miséricorde, sa toute-puissance ; si l'on ose ainsi parler, ses intérêts personnels sont en cause, sa parole et son honneur sont engagés. La lutte est longue, je le sais, et elle a d'étonnantes et douloureuses péripéties ; mais, encore une fois, l'issue n'est pas douteuse ; il faut qu'en chaque disciple du Christ la victoire du bien sur le mal soit entière et la sanctification devienne parfaite ; il faut que, dans l'ensemble des choses, la postérité de la femme écrase la tête du serpent, et que Jésus-Christ règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds.

Non seulement la victoire nous est promise, mais elle est déjà gagnée, puisque Jésus-Christ nous a rachetés de nos péchés par son sang, puisqu'il a fait notre paix avec Dieu, puisqu'il est mort pour nos offenses et ressuscité pour notre justification. Marchant sous le drapeau de ce chef invincible, nous sommes déjà plus que vainqueurs en Celui qui nous a aimés ; notre tâche n'est pas de combattre et de vaincre par nous-mêmes, mais de nous approprier de moment en moment, par la foi, la victoire de notre Sauveur. 


Si nous demeurons dans cette attitude de l'âme et dans cette communion habituelle avec Jésus-Christ, nous pourrons assister à l'accomplissement et à la manifestation des desseins de Dieu envers notre patrie et envers ceux qui nous sont chers, non pas sans beaucoup d'émotion sans doute, non pas sans larmes peut-être, mais pourtant avec la confiance qu'expriment ; ces paroles de l'apôtre : « Qui nous séparera de l'amour de Christ ? 

 

Amen.

Par WalkTsin - Publié dans : Religion catholique-Théologie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 13 septembre 4 13 /09 /Sep 11:02

 

 

 

1ère partie d'une présentation extraite des "Perfections Divines" du père Garrigou-Lagrange
 
2ème partie d'une présentation extraite des "Perfections Divines" du père Garrigou-Lagrange
Par WalkTsin - Publié dans : Religion catholique-Théologie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 11 septembre 2 11 /09 /Sep 18:49

Code abrégé de la vie chrétienne




CODE ABRÉGÉ DE LA VIE CHRÉTIENNE.

par  S. E. le cardinal Mercier, Archevêque de Malines.
Revu et adapté d'un missel.
.
a chose la plus importante de toutes pour chacun de nous, c'est que nous sauvions notre âme. Nous voudrions bien ne jamais mourir, mais nous mourrons. Nous mourrons, et nul ne peut nous dire si ce sera dans dix ans ou dans vingt ans, ou si ce sera demain ou même aujourd'hui. La seule chose certaine et dont personne de nous ne doute, c'est qu'un jour viendra où chacun de nous passera du temps à l'éternité.
Qu'adviendra-t-il alors de nous ? Serons-nous éternellement heureux ou serons-nous éternellement malheureux?
     Devant cette question, toutes les autres préoccupations pâlissent ou s'effacent. La réponse dépend de nous. Notre avenir éternel est entre nos mains.
     Jésus-Christ nous en a prévenus : « L'heure sonnera où la voix du Fils de Dieu réveillera tous ceux qui dorment dans nos champs de sépulture. Et les morts se lèveront. Ceux qui auront bien vécu, ressusciteront pour une vie glorieuse, mais ceux qui auront mal vécu, ressusciteront pour leur éternel châtiment. » Jn. V, 28-29.
     C'est donc bien le moins que nous nous demandions les vérités à connaître sur notre destin éternel ; ce que nous avons à faire pour sauver notre âme et quels sont nos moyens de salut.

I. Que devons-nous croire pour nous sauver ?



     Nous devons croire toutes les vérités qu'il a plu à Dieu de nous révéler, c'est-à-dire qu'Il a fait connaître au monde par le double moyen de l'Écriture Sainte et de la Tradition, et qu'Il a chargé l'Église catholique romaine de proposer à notre foi.
     L'Écriture Sainte exprime la parole de Dieu, telle qu'elle a été inspirée par le Saint-Esprit aux auteurs des Livres Saints. Ces livres, selon qu'ils datent d'avant ou d'après Jésus-Christ, s'appellent les Écritures de l'Ancien ou du Nouveau Testament.
     Outre les divines Écritures, la Révélation comprend la Tradition. Ce mot signifie transmission, parole transmise. La Tradition est la partie de la parole de Dieu qui, enseignée d'abord de vive voix par Notre Seigneur Jésus-Christ et par ses Apôtres, est transmise ensuite, dans le sein de l'Église catholique, aux générations chrétiennes qui se succéderont jusqu'à la fin des siècles.
     Il n'appartient pas aux simples fidèles de décider individuellement ou collectivement quelles sont les vérités révélées par Dieu et quel est le sens de la parole divine : comme nous le voyons dans le protestantisme, une telle situation engendre l'anarchie la plus complète en matière de religion.
     Jésus-Christ a voulu, par une providence particulière, veiller à la conservation et à l'interprétation du dépôt de la foi tel que renferment l'Écriture Sainte et la Tradition, et à cet effet, Il a institué une société publique, l'Église, investie de la mission de garder et d'enseigner sans erreur la parole révélée. Les évêques, successeurs des Apôtres, ayant à leur tête le Pape, successeur de Pierre, le Prince des Apôtres, forment le corps enseignant de cette société ; et les fidèles, incorporés à l'Église par le baptême, doivent reconnaître l'autorité de cette hiérarchie comme ils reconnaissent l'autorité du Christ Lui-même ( « qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille, accueille celui qui m'a envoyé... » )
     Grâce à cette Providence particulière que Dieu promit à son Église, la doctrine révélée est une, la mêmepartout, depuis les temps apostoliques, elle est le fondement de la sainteté dans la société chrétienne.
     Parcourez le monde, et à l'unité de l'Église romaine, à sa catholicité, à son apostolicité, à sa sainteté, nous reconnaîtrons, aujourd'hui comme toujours, que c'est elle qui est la véritable Église fondée par Notre Seigneur Jésus-Christ, et nous ne pourrons de bonne foi la confondre avec les innombrables sectes que l'hérésie et le schisme ont séparées du tronc primitif de la société chrétienne.
     Seule l'existence vingt fois séculaire de l'Église, malgré les persécutions sanglantes ou astucieuses qu'elle a subies, malgré les hérésies et les schismes qui l'ont déchirée, malgré les souillures de ses enfants et parfois les défaillances de ses chefs, suffirait à prouver la dignité de son origine. Les générations passent ; les institutions vieillissent et se transforment ; les partis se désagrègent ; les sectes s'émiettent ; les cités, les royaumes, les empires s'effondrent ; les dynasties s'éteignent ; les peuples et les races se fusionnent ou disparaissent : seule l'Église Catholique Romaine, la Barque de Pierre, traverse triomphalement la tempête des siècles, toujours identique à elle-même.
     Nous nous demandions, au début de cette introduction, ce que nous devons croire. Le Symbole des Apôtres résume les points principaux de notre foi :

Symbole des Apôtres.

1. Je crois en Dieu : Le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre;
2. Et en Jésus-Christ son Fils unique, notre Seigneur ;
3. Qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie ;
4. A souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli ;
5. Est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ;
6. Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant ;
7. D'où il viendra juger les vivants et les morts,
8. Je crois au Saint-Esprit ;
9. La sainte Église catholique, la communion des Saints ;
10. La rémission des péchés ;
11. La résurrection de la chair ;
12. La vie éternelle. Ainsi soit-il.


     Lorsqu'une vérité contenue dans le dépôt de la Révélation est définie par l'Église au cours des siècles, elle prend le nom de dogme.
     Ainsi, au cours des deux derniers siècles, l'Église a dogmatiquement défini l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge, le 8 décembre 1854, l'infaillibilité pontificale en 1870, au premier concile du Vatican, et l'assomption de la Vierge Marie, en 1950, par Pie XII.
- Je crois que, par une grâce qui n'a été accordée à aucune autre créature humaine, Dieu a préservé la Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, de la souillure originelle, dès l'instant où elle fut conçue dans le sein de sainte Anne sa mère ; sa Conception fut donc immaculée.
- Je crois que, lorsque le Pape s'adresse à la sainte Église, et, usant de la plénitude de son autorité doctrinale, lui enseigne qu'une vérité est divinement révélée, il ne peut se tromper, en un mot, il est infaillible.
- Je crois que l'Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste.


II. Que devons-nous faire pour nous sauver ?


     Il ne peut suffire à l'homme de connaître la vérité, il doit y conformer sa vie.
     La loi fondamentale de la vie chrétienne est la charité, c'est-à-dire l'amour de Dieu par dessus toutes choses et l'amour de notre prochain, ainsi que nous-mêmes, par amour pour Dieu. L'amour est le grand commandement, dit Notre-Seigneur. Il résume toute la loi, dit S. Paul. Or, l'amour réel n'est fait ni de paroles, ni de sentiments stériles, il se traduit en actes et en œuvres ; aimer Dieu, c'est soumettre sa volonté à la sienne et Le servir.
     La volonté divine trouve son expression naturelle dans la conscience qui apprend à tout homme à discerner entre le bien et le mal, entre le devoir et le péché : aussi l'homme est-il tenu d'obéir à sa conscience.
     La Révélation divine et l'Église ont confirmé et précisé les lois d'honnêteté  de la conscience et y ont ajouté les prescriptions positives : les unes et les autres sont contenues, en substance, dans les dix commandements de Dieu et les cinq commandements de l'Église, dont voici l'énoncé :

Les Dix Commandements de Dieu.

Un seul Dieu tu adoreras,
  Et aimeras parfaitement,
Dieu en vain tu ne jureras,
  Ni autre chose pareillement.
Les Dimanches tu garderas,
  En servant Dieu dévotement.
Tes père et mère honoreras,
  Afin de vivre longuement.
Homicide point ne feras,
  De fait ni volontairement.
Luxurieux point ne seras,
  De corps ni de consentement.
Le bien d'autrui tu ne prnedras,
  Ni retiendras à ton escient.
Faux témoignage ne diras,
  Ni mentiras aucunement.
L'œuvre de chair ne désireras,
  Qu'en mariage seulement.
Biens d'autrui ne convoiteras,
  Pour les avoir injustement.


Les Commandements de l'Église.

Les Fêtes tu sanctifieras
  Qui te sont de commandement.
Les dimanches Messe ouïras,
  Et les Fêtes pareillement.
Tous tes péchés confesseras
  A tout le moins une fois l'an.
Ton Créateur du recevras
  Au moins à Pâques humblement.
Quatre-Temps, Vigiles jeûneras,
  Et le Carême mêmement.
Vendredi chair ne mangeras,
  Ni jour défendu pareillement.


     Impossible d'aimer Dieu, le Bien souverain et infini, par dessus toutes choses, sans faire remonter vers Lui l'amour que nous portons à l'humanité considérée soit en nos frères, soit en nous-mêmes. D'où trois direction dans la pratique de la charité, selon qu'elle s'applique à Dieu en Lui-même ; à notre prochain ; à nous-mêmes.
     1° L'union directe de l'âme avec Dieu se fait par les vertus que l'on appelle « théologales » ; on les appelles ainsi, parce qu'elles ont Dieu Lui-même directement pour objet. Ces vertus sont la Foi, par laquelle nous croyons fermement  tout ce que Dieu nous a révélé et que sa Sainte Église nous propose à croire ; l'Espérance, par laquelle nous avons pleinement confiance dans les promesses divines ; la Charité, qui nous attache à Dieu par toutes les puissances de notre âme.
     Lorsqu'après avoir eu le malheur d'offenser Dieu, l'âme repentante revient à Lui, elle exprime son amour sous la forme d'un regret d'avoir péché et d'une résolution de ne plus pécher à l'avenir. Cette expression d'amour est formulée dans l'acte de Contrition.
     2° La pratique de la fraternité chrétienne se trouve condensée en ces deux adages qui nous sont familiers : Ne point faire à autrui ce que nous ne voudrions que l'on nous fît à nous-mêmes. Faire au prochain ce que nous voudrions qu'il nous fît.
     3° S'aimer pour soi c'est de l'égoïsme. L'amour raisonnable et chrétien de soi-même commande la lutte contre nos passions mauvaises, qui sont principalement, selon l'Apôtre saint Jean (2. Jn., II, 16), la sensualité, l'avarice et l'orgueil. Il nous faut combattre sans relâche ces inclinations perverses, si nous voulons assurer en nous le règne de la charité. Soyons tempérants, c'est-à-dire sobres et chastes ; aimons à travailler, qui des bras, qui de la tête ; soyons généreux dans nos biens. Ayons en horreur l'alcoolisme, la luxure, le jeu corrupteur et la dissipation stérile ; la fainéantise, l'exploitation rapace du labeur d'autrui. Soyons humbles, soumettant volontiers notre âme à Dieu, et ne jalousant pas les succès de nos frères. — L'amour bien entendu de soi-même rejoint ainsi l'amour de Dieu et du prochain.
     Outre la loi de la charité imposée à tous et dont les commandements généraux de Dieu et de l'Église sont l'expression, il y a pour tout homme des devoirs spéciaux résultant de la situation particulière dans laquelle il est engagé : on les appelle devoirs d'état.

      L'institution sociale primordiale est la famille. Seul le mariage confère le droit et l'honneur de perpétuer la vie. Il n'a pas la satisfaction de la passion pour but, mais il est l'union physique et morale, indissoluble et exclusive, de deux époux qui s'engagent à se soutenir mutuellement pour leur perfectionnement moral et pour être en état de fonder une famille chrétienne. Il leur est interdit, sous peine de péché mortel, de contrecarrer la loi qui, de par la volonté providentielle, préside à la propagation de la vie.
     Les époux se doivent fidélité, affection, aide réciproque. L'épouse est soumise à l'autorité de son mari. Les mœurs païennes avaient fait d'elle l'esclave de l'homme ; le christianisme l'a établie son associée, sa compagne. Les parents doivent aimer leurs enfants et les élever chrétiennement. Les enfants doivent respecter leurs parents, leur obéir, leur rendre tous les services que réclament la piété filiale.
     Entre patrons et salariés doivent régner, d'une part, la justice, l'équité, la bonté ; d'autre part, le respect, la fidélité, l'application.
     Entre l'autorité civile et les citoyens doivent régner, d'une part, la justice et l'amour, ainsi que le respect de la loi de Dieu ; d'autre part, la soumission, l'attachement, en un mot la piété patriotique.
     Le clergé doit instruire les fidèles et se dévouer avec zèle à leur salut ; les fidèles, de leur côté, doivent à leurs prêtres le respect, l'obéissance et l'affection.
     Le bon chrétien est un bon paroissien, c'est-à-dire qu'il s'intéresse activement aux offices, aux œuvres, aux âmes de la paroisse, tout comme le bon citoyen s'intéresse à l'ordre et à la prospérité de sa commune.
     Le bon chrétien sait, en effet, que par sa Paroisse et par son Pasteur, il se rattache au diocèse et à son Évêque, et, par l'Évêque, au Pontife suprême et à la communion des Saints de l'Église universelle.
     En conclusion de cette seconde partie, les formules des actes de Foi, d'Espérance, de Charité et de Contrition qu'un chrétien devrait réciter chaque jour :

Acte de Foi.

Mon Dieu, je crois fermement, tout ce que vous nous avez révélé et que la sainte Église nous propose à croire ; parce que vous êtes la suprême et infaillible vérité. Dans cette Foi, je veux vivre et mourir.


Acte d'Espérance.

Mon Dieu, j'espère avec une ferme confiance que vous me donnerez, par les mérites de Jésus-Christ mon Sauveur, la vie éternelle et tout ce qui peut m'aider à l'obtenir ; parce que vous êtes infiniment bon envers nous, tout-puissant et fidèle dans vos promesses. Dans cette Espérance je veux vivre et mourir.


Acte de Charité.

Mon Dieu, je vous aime par dessus toutes choses, de tout mon cœur, de toute mon âme et de toutes mes forces ; parce que vous êtes infiniment bon et infiniment aimable, et j'aime mon prochain comme moi-même pour l'amour de vous. Dans cette Charité je veux vivre et mourir.


Acte de Contrition.

Mon Dieu, je me repens de tout mon cœur d'avoir offensé votre souveraine Majesté et votre Bonté infinie. Je déteste tous mes péchés pour l'amour de vous ; je me propose fermement de les confesser et de m'en corriger ; et j'aimerais mieux mourir que de vous offenser encore.


III. Les moyens de salut.


     L'homme doit croire à la vérité de la Révélation divine ; il doit pratiquer la charité et obéir aux commandements de Dieu et de l'Église. Il le doit ; mais le peut-il ? en a-t-il les moyens ? De lui-même, non, il ne le peut pas. Mais il a plus à la divine Providence d'accorder à l'homme un moyen de salut que par sa nature il ne pouvait ni acquérir ni se promettre, et que, pour ce motif, on appelle surnaturel, à savoir, la grâce sanctifiante.
     En quoi consiste cette grâce sanctifiante ou, pour parler un langage plus simple, cette divine faveur qui pose l'âme dans un état de sainteté ?
     La grâce sanctifiante purifie l'âme du péché originel et de ses péchés actuels, sans doute, mais elle fait davantage. Elle opère dans l'homme une rénovation intérieure profonde, en communiquant à l'âme une disposition divine qui la pénètre, s'attache à elle et l'élève à un état surnaturel ; elle la rend digne de l'amitié de Dieu et l'héritière de la gloire éternelle.
     Sans la grâce sanctifiante l'amour est capable de faire, dans une certaine mesure, le bien, mais il est absolument incapable d'accomplir un acte qui mérite la récompense éternelle.
     Dieu communique à l'âme la grâce sanctifiante par les moyens sensibles, d'institution divine, que l'on appelle les Sacrements.
     Il y a, en tout, sept Sacrements ou instruments par lesquels la grâce sanctifiante naît, s'accroît ou se récupère, à savoir : le Baptême, la Confirmation, l'Eucharistie, la Pénitence, l'Extrême-Onction, l'Ordre et le Mariage.
     Le Baptême confère à l'âme la grâce sanctifiante qui efface tous les péchés et remet les peines dues pour les péchés ; il fait de nous les enfants de Dieu et de l'Église ; il inaugure pour l'âme une vie nouvelle qui se développe ici-bas par la pratique de la foi, de l'espérance, de la charité et des autres vertus chrétiennes, et se consomme dans la possession immédiate et éternelle de Dieu au Paradis.
     La Confirmation perfectionne la vie chrétienne et l'affermit.
     La Sainte Eucharistie l'alimente et la fortifie.
     La Pénitence la fait renaître en nous quand, par le péché mortel, nous avons eu le malheur de la perdre.
     L'Extrême-Onction la soutient dans les difficultés de l'agonie.
     L'Ordre institue les ministres des Sacrements que nous venons d'énumérer, et leur donne ainsi le pouvoir de propager la vie chrétienne.
     Le Mariage, enfin, est un Sacrement par lequel les époux obtiennent et se confèrent mutuellement la grâce de s'entr'aider dans la vie et d'élever des enfants chrétiens.
Le sacrement de la Confirmation
     Si grande est la miséricorde divine à notre égard, que les Sacrements opèrent par eux-mêmes dans l'âme leur effet bienfaisants, quelles que soient les dispositions mauvaises ou les fautes de celui qui les administre.
     Jamais, nous ne pourrons assez bénir la libéralité du bon Dieu qui a daigné nous accorder, sans aucun mérite de notre part et malgré nos démérites, la grâce sanctifiante ; jamais nous ne serons assez soucieux d'éviter le péché mortel, qui nous ravirait cet incomparable trésor.
     Il y a deux autres moyens de salut, dont l'efficacité dépend ordinairement des qualités personnelles de celui qui les emploie, c'est la prière et la pratique du bien.
     La prière est le moyen le plus général, toujours à la portée de tous, d'obtenir les bienfaits, soit naturels, soit surnaturels, de la Providence divine et, en particulier, la grâce de recevoir les Sacrements ou d'en recueillir abondamment les fruits. « Demandez et vous recevrez, a dit Notre-Seigneur ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. Quiconque prie, obtient ; qui cherche, trouve ; qui frappe à la porte, la voit s'ouvrir. » Lc., XI, 9-10.
     Les bonnes actions, que la prière nous aide à accomplir, deviennent elles-mêmes un moyen d'obtenir du bon Dieu des grâces nouvelles et d'avancer ainsi dans son amour. Il n'est pas une action, si vulgaire soit-elle, qui ne puisse être convertie en un acte d'amour.
     On doit prier pour glorifier Dieu, pour le remercier de ses bienfaits, pour lui demander pardon de l'avoir offensé. On doit prier, afin d'obtenir pour soi et pour autrui le secours de Dieu.
     Il y a une prière excellente entre toutes, dont Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même est l'auteur ; on l'appelle l'Oraison dominicale ou le Pater. Et il existe aussi une autre qui lui est intimement liée : la Salutation angélique, qui offre nos hommages et nos supplications à Dieu par l'intercession de la Très Sainte Vierge Marie :

Oraison Dominicale 

Notre Père qui êtes aux cieux :
Que votre Nom soit sanctifié ;
Que votre règne vienne ;
Que votre Volonté soit faites sur la terre comme au ciel ;
Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien ;
Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ;
Et ne nous laissez pas succomber à la tentation ;
Mais délivrez-nous du mal.
Ainsi soit-il. 

Salutation Angélique.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le Fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il. 

***

     Nous avons exposé jusqu'à présent les vérités à croire, les obligations à accomplir, les moyens à employer pour opérer l'œuvre dont l'importance capitale domine la vie, l'œuvre de notre sanctification et de notre salut. Nous croyons utile de compléter notre exposé par quelques Instructions spéciales sur les Sacrements.
     Nous devons savoir comment on administre le Baptême, parce que chacun de nous peut être appelé, en cas de nécessité, à conférer ce Sacrement. Il faut prendre de l'eau naturelle, et, pendant que vous versez l'eau sur la tête de l'enfant (ou de l'adulte), il faut prononcer distinctement ces paroles : Je te baptise au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
     Le Sacrement de Pénitence remet au chrétien les péchés commis après le Baptême, pourvu que le pénitent les confesse, en toute sincérité, tels que sa conscience les lui fait voir, et avec contrition, c'est-à-dire avec le repentir d'avoir offensé Dieu par ses péchés et un ferme propos de la volonté de ne plus les commettre.
     L'Extrême-Onction est, dans le dessein de Notre-Seigneur, un moyen surnaturel de guérison pour l'âme, et même, si cette faveur est salutaire au malade, pour le corps. Il ne faut donc pas attendre, pour la demander et pour la recevoir, un danger de mort immédiat ; les parents, le médecin, les proches et, au besoin, les voisins charitables doivent veilleur à ce que le saint Viatique et l'Extrême-Onction soient portés au malade pendant qu'il est en pleine possession de lui-même, et encore capable de coopérer, par sa foi et par sa piété, à une réception plus fructueuse des Sacrements.
     Le Mariage a été élevé par Notre-Seigneur Jésus-Christ à la dignité de Sacrement. Pour être valide, il doit être contracté en présence de deux témoins, devant le curé de la paroisse où il a lieu, ou, à défaut du curé, devant son délégué.
     Le mariage ne se dissous que par la mort de l'un des conjoints. Aucun des époux ne peut, tant que vit son conjoint, contracter validement un nouveau mariage, — l'Église réprouve les mariage mixtes, c'est-à-dire dont l'un des époux appartient à une religion autre que la religion catholique. A plus forte raison faut-il déplorer l'union d'un fidèle avec un incroyant ( si les époux ne sont pas d'accord sur les questions essentielles de la vie, sur quoi d'autre le seront-ils ? )


Conclusion.


     Les enseignements qui précèdent nous viennent de Notre-Seigneur Jésus-Christ et doivent nous reconduire à Lui. Les vérités que nous devons croire pour nous sauver nous ont été révélées par Lui et nous sont proposées par son Église. Les commandements que nous avons à observer viennent de Lui, et la loi de la charité qui les résume a été promulguée par Lui. La grâce qui nous rend possible l'amour de Dieu et du prochain est le fruit de sa Rédemption. Les Sacrements sont encore son œuvre.
     La prière n'est puissante auprès du bon Dieu que par son intercession, et c'est pour ce motif que toutes les prières de l'Église se terminent par ces mots adressés au Père éternel : Par Notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, dans l'unité du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.
     Oui, Jésus-Christ vit et règne dans les cieux ; Il y prie sans cesse pour nous.
     Il vit et règne dans nos âmes, aussi longtemps que nous avons le bonheur de les préserver du péché mortel ; Il y vit par la grâce sanctifiante et y fait régner la charité.
     Il vit et règne dans la Sainte Eucharistie. A la Consécration de la Messe, en vertu des paroles consécratoires que le prêtre prononce, Il y devient présent réellement, avec son âme et son corps, homme et Dieu, sous les espèces sensibles du pain et du vin. Il y renouvelle alors, d'une manière non sanglante, le Sacrifice qu'Il a consommé une fois, avec effusion de sang, sur la Croix, pour le salut de l'humanité. Il se donne ensuite à nous, par la sainte Communion, pour développer la vie divine en nous. Il reste présent dans nos Tabernacles et se donne en Viatique aux mourants.
     N'oublions pas que pour tout chrétien c'est une obligation, sous peine de péché mortel, d'entendre la Messe tous les dimanches et aux quatre grandes fêtes de l'année : la Noël, l'Ascension, l'Assomption et la Toussaint. N'y manquons jamais. Assistons, si possible, à la grand'Messe, que notre curé chante alors pour nous, pour le bien de notre âme et pour la prospérité de nos familles. Et quand nos occupations nous le permettent, assistons même en semaine à la Messe et, tout au moins, envoyons-y nos enfants.
     Nous devons aussi, sous peine de péché mortel, communier au moins une fois l'an, au temps pascal. Tous les fidèles, dès qu'ils ont l'âge de raison, sont liés par ce précepte.
     Mais ce serait trop peu, de nous contenter de ce minimum strictement obligatoire pour mériter le nom de chrétien. Notre Divin Sauveur et l'Église, son interprète fidèle, nous invitent à communier souvent, même tous les jours. Il suffit, pour cela, que nous soyons en état de grâce et que nous ayons une intention droite.
     Oh ! si nous connaissions le don de Dieu ! Si nous savions quel est Celui qui nous invite à son autel, à sa table, à son tabernacle, avec quel empressement nous irions à Lui, et avec quelle joie, Il verserait la paix dans nos consciences.
     En terminant, acclamons notre Dieu et Divin Sauveur Jésus-Christ, et redisons avec l'Apôtre saint Jude : « A Celui qui a la puissance de nous préserver du péché et de nous faire comparaître purs et dans l'allégresse devant son glorieux tribunal, à notre seul vrai Dieu, qui par notre Seigneur Jésus-Christ a sauvé nos âmes : gloire, magnificence, souveraineté et puissance de l'éternité. Ainsi soit-il. »


 

source : http://vidi-aquam.blogspot.fr/

Par WalkTsin - Publié dans : Religion catholique-Théologie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 20 juin 3 20 /06 /Juin 12:14
“Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre ; ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre”. (Matth., VI, 24).
A l’exemple de certains Pères de l’Eglise, il est permis de voir, dans le Mammon, dans le faux dieu dont parle Notre-Seigneur, non seulement l’argent, mais aussi d’autres attaches terrestres, matérielles, qui entravent le progrès spirituel.
Je voudrais vous parler de la tiédeur, maladie de l’âme très fréquente, – elle atteint la moitié ou les trois quarts des chrétiens vivants en état de grâce… -, et vraiment terrible s’il faut en croire ce mot de l’Ecriture : ”Dieu vomit les tièdes par Sa bouche”, c’est-à-dire qu’Il les rejette loin de Lui, et par conséquent, ces âmes sont en très grand danger de tomber dans l’enfer éternel si elles ne changent pas de vie.
Or, la tiédeur, qui peut affecter aussi bien les clercs, – c’est-à-dire les prêtres et les évêques -, que les laïcs, se rencontre dans trois classes de personnes :
1°) D’abord celles qui étaient sorties d’une vie mauvaise, en état de péché mortel, pour parvenir à une vie normale, en état de grâce. Mais là, contentes d’elles- mêmes, elles arrêtent leurs efforts et ne veulent pas monter plus haut…
2°) Il y a celles qui, après être arrivées à une vie fervente, souvent très jeunes,descendent à une vie tiède, médiocre. Dieu veuille qu’elles ne descendent pas plus bas ! C’est le cas de très nombreux religieux, s’il faut en croire l’auteur de l’Imitation, et l’expérience courante !
3°) Il y a enfin le cas des chrétiens doués d’un heureux naturel ; ils n’ont jamais cherché à devenir meilleurs. Il faut alors secouer leur indolence, – leur torpeur : ils dorment ! - ; et souvent, ils n’ont besoin que d’une chose : un bon directeur de conscience, qui leur enseignera les chemins de la vie plus parfaite.
Mais en quoi consiste donc cette terrible maladie spirituelle, si ignorée de tant de chrétiens, et pourtant si répandue ? Quels en sont les symptômes, chez les “bons” chrétiens ? On peut en distinguer deux, au moins :
1°) Des confessions et des communions routinières ; et parfois, de plus en plus espacées. Des prières rapides et superficielles, sans effort pour se mettre en présence de Dieu, pour entrer en contact avec Lui. Pas d’oraison chaque jour, ni de vrais examens de conscience.
2°) Au sujet du péché véniel, le chrétien tiède cherche encore à les éviter, au moins un peu, mais il garde ses “péchés mignons” ; sa soumission à Dieu n’est pas totale : celui qui est mondain reste mondain ; l’amateur de bons vins et de bonne chair reste tel ; le médisant, le bavard, continue ses fautes contre la charité, tranquillement…
En résumé, le tiède vit encore de la vie de la grâce, mais d’une manière languide, paresseuse ; il se laisse emporter par les émotions du moment, que ce soit la piété, la colère ou toute autre passion. Il se laisse trop vivre… Il est trop content de lui…
Quelles sont les causes de cette maladie de la tiédeur ainsi décrite ? Il est bon de distinguer deux étapes de la vie : la jeunesse et l’âge mûr, bien que, au fond, les causes profondes soient les mêmes à tout âge.
1°) Dans la jeunesse, il faut accuser surtout la dissipation et l’imagination, l’éparpillement. La dissipation est chose naturelle, je dirais presque normale, chez les jeunes, surtout à notre époque. Ils veulent tout voir, tout entendre, tout connaître. D’où le succès de l’audiovisuel qui favorise cette tendance naturelle. Celle-ci rend plus difficile le recueillement, la prière sérieuse, nécessaires pour progresser dans la vie spirituelle. D’où la sagesse de l’Eglise en instituant des petits séminaires, pour permettre le développement meilleur, plus rapide et plus sûr, de l’âme des enfants.
L’imagination est une seconde cause de tiédeur : que de fois l’émotivité illusionne, et trompe même parfois les directeurs de conscience. L’imagination peut faire croire qu’une prière est profonde, alors qu’elle est distraite, par exemple. D’autres fois, les jeunes se forgent des illusions sur leur avenir, leurs futurs triomphes. N’étant pas suffisamment formés pour se soustraire au milieu ambiant et le dominer, beaucoup de jeunes se laissent séduire par lui, comme une feuille que le vent emporte : d’où le succès des modes, vestimentaires, musicales ou autres. De là, la tiédeur religieuse, en admettant même qu’ils restent chrétiens pieux. Car la vie d’un disciple du Christ fervent exige des efforts, du recueillement, un certain éloignement du monde : c’est ce que beaucoup de membres de l’Action Catholique n’ont pas compris ; et alors, au lieu de convertir les autres, ils se sont peu à peu convertis au monde, si on peut dire ; un bon nombre même sont devenus marxistes. Ce sont des chrétiens caméléons.
2°) Dans l’âge mûr, il faut signaler comme causes de la tiédeur, tout spécialement :l’ambition et une vie trop occupée. L’ambition, d’abord, est souvent élevée au rang de vertu par la propagande commerciale, et même par les moyens de communication. A notre époque, il semble inadmissible qu’un homme accepte son état de vie : il lui faut s’élever dans la hiérarchie sociale ; et pour cela, gagner davantage. Et ici, nous retrouvons directement la défense du Christ : ”Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon”. Et ceci, d’autant plus que cette ambition excessive et matérialiste entraîne une vie trop occupée : que de fois, j’ai observé en Argentine des personnes qui menaient de front deux situations par exemple, un commerce, ou une représentation ; et un emploi dans les chemins de fer ou un poste d’enseignement…
Ces Argentins très nombreux n’avaient plus qu’une ambition : gagner davantage, réussir, avoir une auto, que sais-je ? Les préoccupations spirituelles n’avaient plus de place sérieuse dans leur vie, – droite et honnête peut-être -, mais trop engluée dans le terrestre. Nous pourrions continuer longtemps l’étude des causes de la tiédeur, chez le chrétien encore pieux : l’orgueil, le manque de charité vraie, autrement dit l’égoïsme, etc…, tout cela entraîne la tiédeur. Les remèdes à celle-ci sont faciles à exposer, un peu moins faciles à vivre, certes, car ”le Royaume de Dieu souffre violence et ce sont les violents qui l’emportent”.
Il faut d’abord organiser sa vie de piété ; adopter une norme de vie, des habitudes assez strictes, sinon cette vie dépendra du caprice du moment.
Par exemple, la prière à genoux, matin et soir, de durée suffisante, faite avec respect, sérieux, dévotion. Dire qu’il y a encore des chrétiens, qui se croient de bons chrétiens, et qui ne prient pas régulièrement matin et soir ! C’est pourtant le minimum… Ils sont sûrement tièdes… Dans la vie de piété d’un chrétien fervent doit figurer l’examen de conscience, chaque soir ; le chapelet, chaque jour ; et, si possible, un quart d’heure ou une demi-heure de méditation ou d’oraison ; ou alors, la lecture quotidienne de quelques passages du Nouveau Testament ou d’un livre de lecture spirituelle.
Il faut ensuite s’alimenter par la sainte Messe, la sainte Communion, et le sacrement de Pénitence, reçu en moyenne une fois par mois, et, là encore, il y aurait beaucoup à dire sur la tiédeur inconsciente de beaucoup de chrétiens traditionalistes, qui se contentent de deux ou trois confessions par an.
Quant à la sainte messe, il faut s’y préparer, ce qui exige d’arriver avant son début. Il m’a semblé que, sur ce point, les catholiques anglais que j’ai vus sont plus fervents que nous : je n’en ai pas vu arriver en retard… alors que, chez beaucoup de Français, c’est une habitude, preuve certaine de tiédeur…
Enfin, le remède décisif est généralement une bonne retraite, une retraite de cinq jours… On raconte le fait suivant dans la vie de saint Bernard : une nuit, il était au choeur, récitant l’Office divin avec ses moines , et il vit soudain au côté de chacun de ceux-ci un ange qui écrivait sur un registre. Certains anges écrivaient avec des lettres d’or ; d’autres, des lettres d’argent, d’autres avec de l’encre, tout simplement. D’autres enfin n’écrivaient rien. Dieu, par cette vision, voulait ainsi faire comprendre à saint Bernard la différence de ferveur parmi les différents moines : très fervents ou moins fervents ; ou ceux qui prononçaient seulement les paroles, mais sans dévotion ; quant à la dernière classe, c’était celle des paresseux qui ne priaient pas : ils étaient présents de corps, mais leur esprit était ailleurs.
La leçon est claire pour nous tous. Comment prions-nous ? Comment nous approchons-nous des Sacrements ? Comment assistons-nous au très Saint-Sacrifice de la messe ? Si celui-ci a été si profondément transformé et raccourci, – au point de ne plus être appelé un Sacrifice, mais une Eucharistie, un repas, comme le voulait Luther -, n’est-ce pas à cause de notre tiédeur passée, de la tiédeur de tant de millions de chrétiens ? N’avons-nous pas imité cette dame qui se plaignait un jour à Monseigneur de la Motte, évêque d’Amiens, de la durée excessive de la messe paroissiale. Le prélat lui répondit : ”Madame, si vous trouvez la messe excessivement longue, c’est peut-être que votre piété est excessivement courte.
Qu’il n’en soit pas de même pour nous, si nous voulons grandir dans la vie spirituelle, grandir dans l’amour de Dieu qui peut, seul, contenter pleinement notre âme, en ce monde et dans l’autre.
Père ANDRÉ, INTROIBO n° 122
Par WalkTsin - Publié dans : Religion catholique-Théologie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 20 juin 3 20 /06 /Juin 12:12


« les Portes de l’Hadès ne prévaudront jamais contre l’Eglise. »

 (Matthieu XVI, 18)

 

  Nous revenons, une fois encore, mais le sujet est fondamental, sur la question de la nature de l’Eglise et  la manière dont s’exercel’infaillibilité en son sein, tant ces points conditionnent chez les fidèles la possibilité d’observer une juste positon dans la période de crise que traverse la sainte institution fondée par Jésus-Christ, ou de s’engager, hélas ! dans une voie schismatique dramatique, voie qui les éloigne de la foi catholique, et qui de plus divise, disperse et conduit l’Eglise à sa ruine.

Il est donc vital, pour le salut des âmes, de préciser les critères qui fondent en doctrine une attitude conforme à ce qui fut depuis toujours enseigné par les saints et les docteurs, et ce qui, au contraire, relève des aberrations subjectivistes absolument fautives, erronées et inexactes, qui prospèrent comme une véritable maladie mortelle et qui après avoir fait surgir au cours des siècles une infinité de sectes diverses devenues les ennemis furieuses de Rome, dominent aujourd’hui au sein des diverses chapelles sédévacantistes.

I. Le Magistère ordinaire authentique n’a pas « nécessairement » mais « possiblement » infaillible

S’enfermant dans une folle logique perverse, la thèse sédévacantiste considère que chaque fois que Rome s’exprime, en matière de foi, de mœurs ou de discipline, elle est automatiquement, pleinement et toujours infaillible. Cette conception, qui fait dire aux partisans de la vacance du Saint-Siège qu’il est donc impossible à l’Eglise d’avoir pu soutenir des propositions contestables, audacieuses ou modernistes lors du dernier concile de Vatican II, sous peine de ne plus pouvoir être l’Eglise, est fausse car elle relève d’une conception très imparfaite et entièrement inexacte de la manière dont s’exerce l’infaillibilité. Ainsi on argue dans ces milieux schismatiques, de façon erronée, que pour que le Magistère ne soit pas infaillible il faudrait que ce Magistère ou bien ne soit pas catholique ou bien qu’il ne soit pas authentique. Or les deux affirmations sont gravement partielles, aboutissant pour ceux qui s’y laissent prendre à ce qu’ils ne reconnaissent plus l’Eglise et la déclare, avec une ahurissante conviction, « éclipsée ».

Pourquoi cette erreur est-elle si répandue ? Parce que ce raisonnement trompeur ne respecte pas la distinction nécessaire entre le Magistère ordinaire conditionnellement infaillible et leMagistère extraordinaire pleinement infaillible.

Le Magistère ordinaire est “conditionnellement” infaillible

a) La non coïncidence entre Magistère ordinaire et Magistère infaillible

 Les « canons de Saint Vincent de Lérins » précisent que lorsqu’une chose est crue dans l’Église depuis toujours, par tous et partout, elle est réputée infaillible, c’est l’infaillibilité du magistère ordinaire, mais la mention « depuis toujours » exclut de son champ d’application toutes les nouveautés conciliaires, post-conciliaires, si les évêques conciliaires sont aujourd’hui d’accord avec un enseignement nouveau cela n’est donc pas suffisant pour donner à celui-ci un caractère infaillible. De la sorte, l’orthodoxie d’une doctrine, et de nombreux enseignements furent formulés qui n’étaient pas une simple répétition ou un approfondissement des vérités de la Révélation au cours des siècles, provient de sa conformité à l’enseignement constant de l’Église ; c’est la condition sine qua non de validité tant d’un Concile que de l’enseignement des Papes. Ce principe manifeste de façon limpide la « mens catholica » : l’autorité est au service de la vérité; elle est un moyen pour que la vérité soit communiquée. L’autorité, autrement dit, ne crée pas la vérité, elle la reconnaît, la garde et l’enseigne. Cependant, bien que la défaillance de l’Autorité soit inhabituelle, de rares précédents montrent qu’elle est parfois possible, et la situation actuelle de l’Eglise depuis Vatican II en est un cas de figure exemplaire, après d’autres qui furent non moins inquiétantes [1].

 

LA SUITE SUR LA QUESTION

Par WalkTsin - Publié dans : Religion catholique-Théologie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 18 avril 3 18 /04 /Avr 13:14

 

 

 

Regret de nos pechesINTRODUCTION : Il n'y a que deux voies pour aller au ciel, l'innocence ou la pénitence. Mais qui est-ce qui peut se flatter d'avoir conservé pure et sans tache la belle robe d'innocence qu'il a reçue au jour de son baptême ? Hélas ! Trop souvent, à peine est-on parvenu à l'âge de raison, qu'on la traîne indignement dans la boue du péché. On se laisse séduire par les mauvais exemples du monde, par la contagion du siècle ; et on rompt les engagements sacrés, qu'on a contractés avec Dieu, pour se ranger sous la cruelle tyrannie de Satan.

 

Il n'aurait dépendu que du Seigneur d'abandonner à leur malheureux sort ceux qui le méprisent d'une manière si indigne ; mais il a eu pitié de la faiblesse de notre nature ; et, dans son ineffable miséricorde, il nous a préparé un moyen de nous relever après nos chutes et de recouvrer sa grâce : c'est le sacrement de Pénitence, que le saint Concile de Trente appelle une seconde planche après le naufrage ; expression qui lui convient parfaitement, car ayant été, dès notre naissance, noyés et abîmés dans la mer du péché originel, nous avons eu le baptême pour première planche, afin de nous sauver de la masse de perdition ; et, venant ensuite à nous perdre dans un océan d'iniquités, par le mauvais usage que nous faisons de notre volonté, nous avons la Pénitence pour seconde planche, afin d'échapper encore au naufrage. Pareillement, on l'appelle la seconde échelle après le baptême, parce que, par elle, le chrétien peut remonter encore de l'abîme du péché jusqu'au ciel, jusqu'à Dieu ; et cette échelle a trois degrés, qui sont : la contrition du cœur, la confession de la bouche et la satisfaction des bonnes œuvres ; après quoi l'homme arrive à la grâce et à la gloire. Nous allons expliquer avec le plus grand soin, tout ce qui regarde ce sacrement.

 

D : Qu'est-ce que la pénitence ?
R : La pénitence est un sacrement établi par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour remettre les péchés commis après le baptême.

 

Pénitence signifie la peine, le repentir qui occupe notre âme ; c’est avoir du regret, de la peine d'avoir fait telle ou telle mauvaise action. Distinguons d'abord ici entre la vertu et le sacrement de pénitence :


La vertu de pénitence, c'est le sentiment intérieur de componction et de douleur qui nous porte à détester les fautes que nous avons commises. Vertu qui a inspiré aux Saints ces austérités qu'on appelle une vie pénitente.

Le sacrement de Pénitence, c'est le signe sensible institué par Notre Seigneur Jésus-Christ pour remettre et effacer les péchés que nous avons eu le malheur de commettre après l'âge de raison, c'est-à-dire, quand nous pouvons connaître que nous offensons le bon Dieu. Ce sacrement suppose la vertu de pénitence, sans laquelle il ne remettrait pas les péchés. Le signe sensible de la rémission, c'est l'absolution qu’accorde le prêtre au pénitent et c’est ce que nous confession de bouche chaque fois que nous disons le Credo : « Je crois à la rémission des péchés ».


Ceci étant bien compris, voyons ce qu’est exactement la Pénitence : le sacrement de baptême, en effaçant en nous le péché que nous avait transmis nos premiers parents, et en nous régénérant en Jésus-Christ, ne nous a pas rendus impeccables. Nous sommes encore, après l’avoir reçu, enclins au mal et exposés à des tentations auxquelles nous ne succombons que trop souvent. Dieu montre alors sa miséricorde d'une manière admirable ; car ce n'était pas assez d'être mort pour nous sur la croix, d'avoir institué le sacrement de Baptême, sans lequel jamais nous n'aurions vu le ciel, il a daigné ouvrir une nouvelle voie de salut à ceux qui, par leurs fautes, ont perdu l'inestimable avantage de l'innocence baptismale; c'est la pénitence, par laquelle l'homme déteste son péché, le pleure, l'expie, le répare, et mérite de recouvrir la grâce qu'il avait perdue.


La vertu de pénitence, qui consiste dans la douleur d'avoir offensé Dieu et dans la réparation de cette offense, a été, dans tous les temps, d'une absolue nécessité pour obtenir la rémission des péchés. Tous les pécheurs que, avant la venue de Jésus-Christ, Dieu a reçus en grâce, ne l'ont été et n'ont pu l'être que d'après leur vive et sincère pénitence.
Nous ne voyons, dans les saintes Écritures, aucun exemple de pardon accordé sans repentir; nous voyons souvent, au contraire, que, sans repentir, il n'y a point de salut à espérer.


Sous la loi de grâce, Jésus-Christ a élevé la pénitence à la dignité de sacrement; c'est par ce sacrement que sont remis et effacés les péchés commis après le baptême, et qu'un chrétien peut recouvrer l’amitié de Dieu quand il a en le malheur de la perdre par le péché mortel.

 

D : Quand Notre-Seigneur Jésus-Christ établit-il le sacrement de pénitence ?
R : Notre-Seigneur Jésus-Christ établit le sacrement de pénitence après sa Résurrection, lorsqu'il dit à ses apôtres : « Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. »

 

Le pouvoir de remettre et de retenir les péchés avait été promis aux apôtres par ces paroles de Jésus-Christ : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié dans le ciel. » (Matth. XVIII, 18). Ce fut peu de jours avant son ascension que Jésus-Christ exécuta cette promesse : « Que la paix soit avec vous, » dit-il à ses disciples, en paraissant tout à coup au milieu d'eux, « Je vous envoie comme mon père m'a envoyé. »

 

Puis il souffla sur eux et leur dit : « Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez » (Jean XX, 22-23). Il est évident que, par ces paroles, Jésus-Christ a établi les apôtres, et, en leur personne, les évêques et les prêtres juges des consciences, et qu'il leur a donné le pouvoir de remettre et de retenir les péchés. Or, l'exercice de ce pouvoir est un vrai sacrement, puisqu'on y trouve tout ce qui est nécessaire pour constituer un sacrement :


1°) c'est un signe sensible ; ce que fait le prêtre en donnant l'absolution, les paroles qu'il prononce, tombent sous les sens et signifient la sentence de pardon que Dieu Lui-même prononce dans le ciel en ratifiant celle de son ministre ;

2°) ce signe sensible produit la grâce, puisque par là les péchés sont remis et effacés, et le coupable pleinement réconcilié avec Dieu.

 

D : Ce sacrement a-t-il la vertu de remettre tous les péchés commis après le baptême ?
R : Oui, le sacrement de pénitence, si on le reçoit dignement, remet tous les péchés commis après le baptême.

 

Le pouvoir donné par Jésus-Christ à ses ministres est général ; il ne renferme point d'exception : « Tout ce que vous délierez sera délié ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez. » Ainsi, le sacrement de pénitence a la vertu de remettre tous les péchés, quelque nombreux, quelque énormes qu'ils soient ; et s'il y a dans l'Écriture certaines expressions d'où l'on pourrait conclure qu'il y a des péchés irrémissibles, cela veut dire seulement qu'il est des péchés qui ne seront pas pardonnés non pas parce que le sacrement de Pénitence n'a pas ce pouvoir, mais parce que le pécheur n'a pas voulu s'en repentir.

 

D : Qui a le pouvoir de l'administrer ?
R : Les évêques et les prêtres ont seuls le pouvoir d'administrer le sacrement de pénitence.

 

Les évêques et les prêtres ont seuls le pouvoir d'administrer le sacrement de pénitence, parce que c'est à eux seuls que Jésus-Christ a dit, dans la personne des apôtres : tout ce que vous délierez sera délié ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez. La tradition de tous les siècles montre que le ministère de remettre les péchés a constamment été réservé aux évêques et aux prêtres, et l'Église a frappé de ses anathèmes ceux qui voulaient étendre à d'autres le pouvoir des clefs, c'est-à-dire le pouvoir de réconcilier les pécheurs.

 

D : Tous les prêtres ont-ils ce pouvoir ?
R : Non, il n'y a que les prêtres approuvés par l'évêque, sauf le cas d'absolue nécessité.

 

Tous les prêtres ont reçu, dans leur ordination, le pouvoir d'ordre, qui leur donne le droit de célébrer le saint sacrifice de la messe, de conférer plusieurs sacrements, et notamment celui de pénitence. Mais, outre ce pouvoir d'ordre, ils ont encore besoin, pour absoudre validement, d'un pouvoir de juridiction ; c'est-à-dire qu'indépendamment de la puissance radicale de remettre ou de retenir les péchés, qu'ils ont reçue dans leur ordination, il faut qu'il leur soit assigné des sujets sur lesquels ils l'exercent. En effet, et ce raisonnement est du concile de Trente, une sentence, dans l'ordre judiciaire, ne peut être portée que sur ceux qui sont soumis à celui qui la prononce ; elle exige donc une juridiction, et par conséquent, l'absolution donnée par un prêtre qui n'a point de juridiction, ne peut avoir aucun effet.


Tous les prêtres n'ont donc pas le pouvoir d'administrer le sacrement de pénitence: mais il n'y a que ceux qui ont juridiction et qui sont approuvés par l'évêque pour entendre les confessions. Cependant en cas d’absolue nécessité, c’est-à-dire lorsque le recours à un prêtre approuvé est tout à fait impossible, tout prêtre peut administrer validement le sacrement de pénitence.

 

D : Le sacrement de pénitence est-il nécessaire au salut ?
R : Oui, il est nécessaire au salut pour ceux qui, depuis leur baptême, ont péché mortellement, ne l'eussent-ils fait qu'une fois.


D : Que donne le sacrement de pénitence à une âme en étal de grâce ?
R : Il augmente la grâce sanctifiante et la vie surnaturelle.


D : Que donne le sacrement de pénitence à une âme en état de péché mortel ?
R : Il lui donne de nouveau la grâce sanctifiante et la vie surnaturelle.

 

Dieu ayant attaché la grâce de la réconciliation au sacrement de pénitence, il s'ensuit qu'il est absolument nécessaire au salut pour tous ceux qui, depuis leur baptême, sont tombés dans quelque péché mortel. Le sacrement de pénitence n'est pas également nécessaire à ceux qui n'ont commis que des péchés véniels, parce qu'il y a d'autres moyens d'en obtenir la rémission ; mais il leur est très-utile, puisqu'ils peuvent y puiser de nouvelles forces et une augmentation de la grâce sanctifiante en se confessant au moins une fois chaque année, ainsi que nous l’avons expliqué dans la leçon sur le troisième commandement de l’Église.

 

D : Quelles sont les dispositions nécessaires pour recevoir dignement le sacrement de pénitence ?
R : La contrition de nos péchés et la ferme résolution de ne plus les commettre.


D : Pourquoi la contrition est-elle toujours nécessaire pour recevoir le sacrement de pénitence ?
R : Parce que Dieu ne nous pardonne pas nos péchés si nous ne les regrettons pas.

 

La contrition est une douleur de l'âme et une détestation du péché commis, avec la résolution de ne plus les commettre à l'avenir et de satisfaire à la justice de Dieu.


Cette disposition est celle qui est le plus nécessaire de toutes celles que Dieu demande pour pardonner le pécheur ; sans un profond regret de l’avoir offensé, il est impossible d'avoir le pardon de ses péchés ; et c’est précisément la cause d'un nombre infini de confessions et de communions sacrilèges. Le plus déplorable, c'est que l'on ne s'en aperçoit presque jamais, et que l'on vit et meurt dans ce malheureux état. Rien de plus facile à comprendre : si nous nous confessons, alors que notre cœur n'est pour rien dans l'accusation que nous faisons de nos péchés, nous recevons certes l'absolution, mais nous nous approchons de la table sainte avec un cœur aussi froid, aussi insensible, aussi indifférent que si nous venions de faire le récit d'une histoire ; nous allons de jour en jour, d'année en année, enfin nous arrivons à la mort où nous croyons avoir fait quelque bien ; nous ne trouvons et ne voyons que des péchés et des sacrilèges que nos confessions ont enfantés. Que de confessions mauvaises sont dites par défaut de contrition !

 

La contrition est une douleur de l'âme. Il faut de toute nécessité que le pécheur ait un profond regret de ses péchés ou dans ce monde ou dans l'autre. Cette douleur doit avoir quatre qualités si une seule manque, nous ne pouvons pas obtenir le pardon de nos péchés. Sa première condition : elle doit être intérieure, c'est-à-dire dans le fond du cœur. Écoutez ce que nous dit le prophète Joël : « Avez-vous eu le malheur de pécher ? Ah ! Mes enfants, brisez et déchirez vos cœurs de regrets ! » (Joël II, 13) « Si vous avez perdu le Seigneur par vos péchés, nous dit Moïse, cherchez-le de tout votre cœur, dans l'affliction et l'amertume de votre cœur. » Pourquoi Dieu veut-il que notre cœur se repente ? C'est que c'est notre cœur qui a péché : « C'est de votre cœur, dit le Seigneur, que sont nés toutes ces mauvaises pensées, tous ces mauvais désirs ; » il faut donc absolument que si notre cœur a fait le mal, il se repente, sans quoi jamais Dieu ne nous pardonnera.

 

Deuxième condition de la contrition : elle doit être surnaturelle, c'est-à-dire que ce soit l'Esprit-Saint qui l'excite en nous, et non des causes naturelles. Distinguons : être affligé d'avoir commis tel ou tel péché, parce qu'il nous exclut du paradis et qu'il mérite l'enfer ; ces motifs sont surnaturels, c'est l'Esprit-Saint qui en est l'auteur ; cela peut nous conduire à une véritable contrition.

 

 Mais s'affliger à cause de la honte que le péché entraîne nécessairement avec lui, ainsi que des maux qu'il nous attire, comme la honte d'une jeune personne qui a perdu sa réputation, ou d'une autre personne qui a été prise à voler son voisin ; tout cela n'est qu'une douleur purement naturelle qui ne mérite point le pardon. De là il est facile de concevoir que la douleur de nos péchés, que le repentir de nos péchés peuvent venir ou de l'amour que nous avons pour Dieu ou de la crainte des châtiments. Celui qui dans son repentir ne considère que Dieu a une contrition parfaite, disposition si éminente qu'elle purifie le pécheur par elle-même avant d'avoir reçu la grâce de l'absolution, pourvu qu'il soit dans la disposition de la recevoir s'il le peut. Mais, pour celui qui n'a le repentir de ses péchés qu'à cause des châtiments, que ses péchés lui attirent, il n'a qu'une contrition imparfaite, qui ne le justifie point ; mais elle le dispose seulement à recevoir sa justification dans le sacrement de Pénitence.

 

Troisième condition de la contrition : elle doit être souveraine, c'est-à-dire la plus grande de toutes les douleurs, plus grande que celle que nous éprouvons en perdant ce que nous avons de plus cher au monde. Si après avoir péché vous n'êtes pas dans ce regret, craignez pour votre confession, car dans le meilleur des cas l’absolution n’effacera pas le péché ; et dans le pire des cas, vous commettrez une confession sacrilège, donc un péché mortel. Hélas ! combien de fois, pour la perte d'un objet, l'on se tourmente, jusqu'à ne pouvoir manger, et pour des péchés et souvent des péchés mortels, l'on ne poussera même pas un soupir.


Mais pourquoi est-ce que la douleur de nos péchés doit être si grande ? En voici la raison : elle doit être proportionnée à la grandeur de la perte que nous faisons et au malheur où le péché nous jette. D'après cela, jugez quelle doit être notre douleur, puisque le péché peut nous fait perdre le ciel.

 

Mais, comment peut-on reconnaître si cette véritable contrition est en nous ? Rien de plus facile. Si vous l'avez véritable, vous n'agirez, vous ne penserez plus de même, elle vous aura totalement changé dans votre manière de vivre : vous haïrez ce que vous avez aimé, et vous aimerez ce que vous avez fui et méprisé ; c'est-à-dire, que si vous vous êtes confessés d'avoir eu de l'orgueil dans vos actions et dans vos paroles, il faut maintenant que vous fassiez paraître en vous une bonté, une charité pour tout le monde, y compris pour vos ennemis.

 

Il ne faut pas que ce soit vous qui jugiez que vous avez fait une bonne confession, parce que vous pourriez bien vous tromper ; mais il faut que les personnes qui vous ont vu et entendu avant votre confession, puissent dire : « Il n'est plus le même ; un grand changement s'est opéré en lui. »

 

Mais, direz-vous, je voudrais l'avoir, cette contrition, lorsque je me confesse, mais je ne peux pas l'avoir. — Le curé d’Ars, saint Jean-Marie Vianney, nous dit que la contrition parfaite vient du ciel, que c'était à Dieu qu'il faut la demander. Qu'ont fait les saints pour mériter ce bonheur de pleurer leurs péchés ? Ils l'ont demandé à Dieu par le jeûne, la prière, par toutes sortes de pénitences et de bonnes œuvres ; car pour vos larmes, vous n'y devez nullement compter. Ouvrez les livres saints ; voyez Antiochus, combien il demande miséricorde ; cependant le Saint-Esprit nous dit qu'en pleurant ses péchés il n’obtint pas la miséricorde de Dieu (II Mach. IX, 13). Voyez Judas, il a conçu une si grande douleur de son péché, il le pleure avec tant d'abondance qu'il finit pour se pendre (Matth. XXVII, 3-5). Voyez Saül, il pousse des cris affreux d'avoir eu le malheur de mépriser le Seigneur, cependant il est en enfer ; au lieu que dès que David eût dit : « J'ai péché ; » de suite son péché lui fut remis. —

 

Et pourquoi cela, direz-vous ? Pourquoi cette différence, que les premiers ne sont pas pardonnés, tandis que David l'est ? C'est que les premiers ne se repentent et ne détestent leurs péchés qu'à cause des châtiments et de l'infamie que le péché entraîne nécessairement avec lui, et non par rapport à Dieu ; au lieu que David pleura ses péchés, non à cause des châtiments que le Seigneur allait lui faire subir, mais à la vue des outrages que ses péchés avaient faits à Dieu. Sa douleur fut si vive et si sincère que Dieu ne put lui refuser son pardon. Avez-vous demandé à Dieu la contrition avant de vous confesser ? Hélas ! Beaucoup de ceux qui entrent au tribunal de Dieu ne le font jamais.

 

Quatrième condition de la contrition : elle doit être universelle, c'est-à-dire, qu'elle doit s'étendre à tous les péchés mortels que l’on a commis, sans en excepter un seul. Celui qui conserve de l'affection pour un péché mortel n'est évidemment point pénitent. Il est impossible de haïr véritablement un péché mortel, comme étant une offense de Dieu, sans haïr, en même temps, tout ce qui peut l'offenser. Mais pour que la contrition soit universelle, il suffit que le pénitent déteste tous ses péchés par un seul acte, et par un seul motif qui convienne à tout péché mortel, de quelque espèce qu'il soit : «Tous les péchés ont en commun l’aversion de Dieu, en raison de laquelle ils empêchent la grâce, nous dit saint Thomas ; il n’est donc pas requis, qu’au moment même de la contrition l’on pense à chaque péché : il suffit de penser que l’on s’est détourné de Dieu par sa propre faute. » Cependant, il est à propos que le pénitent déteste tous ses péchés en détail, et qu'il s'excite à la contrition par les divers motifs propres à chaque péché pour pouvoir s’en corriger avec l’aide de Dieu et avec la ferme résolution de ne plus l’offenser.

 

D : Ceux qui ne pourraient avoir le prêtre à l'article de la mort ne seraient donc pas sauvés, s’ils étaient en péché mortel ?
R : Ils pourraient être sauvés, pourvu qu’ils eussent la contrition parfaite et un désir sincère de se confesser, s'ils le pouvaient.

 

Le sacrement de pénitence peut être suppléé par la contrition parfaite, jointe au désir de recevoir ce sacrement. Ainsi une personne qui, à l'article de la mort, ne pourrait avoir de prêtre, pourrait néanmoins être sauvée. Si elle se repentait de tout son cœur, et qu'elle produisit un acte de contrition parfaite, elle serait justifiée aux yeux de Dieu ; pourvu, toutefois, qu'elle joignît à son repentir le vœu du sacrement, c'est-à-dire le désir au moins implicite de se confesser et de recevoir l’absolution, si elle le pouvait.

 

D : Que faut-il faire pour bien recevoir le sacrement de pénitence ?
R : Il faut :


1°) examiner sa conscience ;


2°) avoir un grand regret de ses péchés ;


3°) former la résolution sincère de ne plus les commettre ;


4°) confesser tous ses péchés au prêtre ;


5°) être dans la disposition de satisfaire à Dieu et au prochain.

 

Les péchés ne sont pas remis à tous ceux qui reçoivent l'absolution, mais seulement à ceux qui sont bien disposés. Or, on ne serait pas bien disposé si l'on n'avait pas eu soin d'examiner sa conscience; si l'on ne détestait pas les péchés que l'on a commis; si l'on n'était pas dans la ferme résolution de ne plus y retomber ; si l'on n'en faisait pas l'aveu sincère ; si, enfin, on n'était pas dans l'intention de satisfaire à la justice de Dieu et de réparer le tort fait au prochain dans sa personne, dans sa réputation ou dans ses biens. Ces conditions sont nécessaires pour qu'on reçoive le sacrement de pénitence, et, par conséquent, pour que les péchés soient remis. Nous verrons chaque point, dans le détail, lors des prochaines leçons.

 

RÉCAPITULATION PRATIQUE

 

1°) Soyez bien convaincus de la nécessité d'un examen préliminaire à la confession.


2°) Faites cet examen sérieusement, soigneusement, sincèrement, sans scrupule, avec sagesse et un repentir véritable.


3°) Prenez-vous-y de loin, quelques dimanches avant ta confession, à examiner l'état de votre âme afin d'y mettre tout le temps et les soins nécessaires à une bonne confession.


4°) Pour y réussir plus aisément, faites votre examen de conscience tous les soirs avant de vous coucher, et un examen de semaine tous les dimanches.


En un mot, apprenez à vous connaître vous-mêmes ; c'est la véritable science et la vraie sagesse.

 

TRAITS HISTORIQUES

 

L'oiseau attaché à un fil. — Saint Anselme de Cantorbéry vit un jour dans un jardin un enfant s'amuser avec un oiseau ayant un fil à la patte. Il laissait l'oiseau s'envoler, puis le tirait de nouveau en arrière par le fil. Le saint prélat était révolté, quand tout à coup le fil se brisa ; l'oiseau était libre et l’archevêque manifesta une joie extraordinaire. « Cet oiseau, dit-il à ses compagnons, me rappelle une âme que l'absolution tire des mains du démon. » — C'est en effet le sens des mots : Ego te absolvo... Je te détache des liens du péché.

Le prisonnier qui aime sa chaîne. — En 1900, à l'occasion de son mariage, le roi d'Italie gracia un certain nombre de condamnés. Or, au bagne de Porto-Ferrajo, un forçat détenu depuis 22 ans refusa sa grâce. Quand le directeur lui annonça sa libération, le prisonnier pleura, et pour qu'on fût forcé de le garder, avoua deux crimes non couverts encore par la prescription. Puis il manifesta l'intention de se jeter à la mer, prétendant que jamais il n'aurait plus une vie aussi agréable. On se demande si ce forçat n'était pas fou, et il est pourtant une fidèle image du pécheur qui refuse le sacrement de pénitence et qui préfère l'esclavage de Satan à la liberté des enfants de Dieu.

 

 

PRIÈRES

Seigneur, j'ai péché et je ne suis pas digne de lever les yeux pour contempler la profondeur du ciel, à cause de la multitude de mes fautes ! Veuillez s’il vous plait manifestez en moi votre clémence, ô Père très aimant, montrez-moi votre pardon et votre indulgence : ne me refusez pas à moi seul ce que vous avez accordé à tant d'autres. J’ai un profond regret de vous avoir offensé. Je déteste ce que j'ai fait, j'accuse mon péché, je reconnais ma faute et je viens vous les confesser. Accueillez, Dieu tout-puissant, les cris de mon repentir, entendez ma supplication et exaucez la voix d'un pécheur qui vous demande pardon : j'ai péché, Seigneur, ayez pitié de moi ! J'ai péché, Seigneur, soyez-moi propice ! Si vous gardez le souvenir de mes péchés, ô Dieu, comment subsisterai-je ? Songez à ce que je suis; songez que je suis terrestre et charnel, poussière et cendre. Ouvrez pour moi les trésors de votre volonté, étendez sur moi votre main. Pardonnez-moi tous mes péchés et guérissez mon âme, car j'ai péché contre vous, Seigneur, à qui reviennent tout honneur et toute gloire dans l'éternité. Amen.

Par WalkTsin - Publié dans : Religion catholique-Théologie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 18 avril 3 18 /04 /Avr 13:11

COURS DE CATECHISME POUR ADULTE SYNTHETIQUE

 

DEMANDE : Qu'est-ce que le péché ?
RÉPONSE  : Le péché est une désobéissance à la loi de Dieu.

 

Enfreindre, transgresser la loi de Dieu, violer ces commandements ou ceux de son Eglise, ne point vouloir les observer, ne point vouloir y conformer sa conduite, c'est désobéir à Dieu, c'est l'offenser ; or, cette offense faite à Dieu, cette désobéissance à sa loi, qui est celle de notre vraie nature, s'appelle le péché. Ainsi, mes enfants, c'est un péché de manquer de respect à vos parents, parce que c'est désobéir à la loi de Dieu qui vous ordonne de les honorer ; c'est un péché de mentir, parce que c'est désobéir à la loi de Dieu qui vous défend le mensonge, etc.

 

D : Qu'est-ce que le péché actuel ?
R : Le péché actuel est celui que nous commettons par notre propre volonté, après avoir atteint l'âge de raison.

 

C'est par la volonté d'Adam, que nous avons commis le péché originel, et c'est là le triste héritage qu'il nous a transmis ; le péché actuel au contraire, est celui que nous commettons par un acte de notre liberté, de notre volonté propre. Ce péché, nous nous en rendons coupables, lorsque nous sommes parvenus à l'âge de raison, lorsque nous sommes en état de distinguer le bien d'avec le mal, le vice d'avec la vertu ; il consiste en ce que, librement et de notre propre délibéré, avec connaissance et avec réflexion, nous faisons une chose que Dieu défend, ou nous omettons une chose que Dieu commande. Ainsi, mes chers enfants, jurer, mentir, médire du prochain, manquer la sainte messe le dimanche, etc., ce sont là autant de péchés actuels.

 

D : Combien y a-t-il de péchés actuels ?
R : Il y a deux sortes de péchés actuels : le péché mortel et le péché véniel.

 

D : Qu'est-ce que le péché mortel ?
R : Le péché mortel est une désobéissance à la loi de Dieu, en chose grave, avec un parfait consentement.

 

Pour qu'un péché soit mortel, deux conditions sont nécessaires. Il faut, premièrement, que la matière du péché soit considérable, comme quand on vole une grosse somme d'argent ; il faut, secondement, que l'action que l'on fait, en opposition avec la loi divine, ou l'omission dont on se rend coupable, soit accompagnée d'un parfait consentement ; ce qui n'a pas lieu, par exemple dans le demi-sommeil, et lorsque, malgré soi, on est tellement troublé, tellement distrait, qu'on ne pense presque pas à ce que l'on fait ou à ce que l'on dit.

 

D : Quels sont les effets du péché mortel ?
R : Le péché mortel nous fait perdre la grâce, qui est la vie de l'âme, et nous rend digne de la mort éternelle ; c'est pour cela qu'on l'appelle mortel.

 

Le péché mortel est ainsi appelé, parce qu'il donne la mort à l'âme ; c'est un péché, dit saint Augustin, qui tue l'âme d'un seul coup. Cela ne veut pas dire que le péché mortel l'anéantisse, puisqu'elle est indestructible, immortelle ; mais il nous fait perdre la grâce de Dieu, qui est la vie de notre âme ; et de même que le corps est mort, dès qu'il est privé de son union avec l'âme, de même l'âme est morte, dès que, par le péché mortel, elle est privée de la grâce, qui peut seule la faire agir et lui fait produire des fruits de vie pour le ciel. — Non-seulement le péché mortel donne la mort à l'âme, il la rend encore digne de la mort éternelle, c'est-à-dire de l'enfer. Pour être damné, un seul péché mortel suffit, si en paraissant devant Dieu, on en est encore coupable : les démons sont damnés pour un seul péché d'orgueil.

 

D : Qu'est-ce que le péché véniel ?
R : Le péché véniel est une désobéissance à la loi de Dieu, en chose légère, ou avec un consentement imparfait, quoique la chose soit grave.

 

Le péché véniel, d'un mot latin qui signifie pardon, est ainsi appelé, parce qu'il est plus facile d'en obtenir le pardon que du péché mortel. — Le péché n'est que véniel toutes les fois que la violation de la loi est en chose légère ; par exemple si on travaille le dimanche pendant un quart-d'heure ou une demi-heure. Il en est de même, lorsque le consentement est imparfait, lorsqu'on n'aperçoit que d'une manière obscure et confuse la malice de l'action que l'on fait, quoique, dans la réalité, la loi soit violée, transgressée en matière considérable. Ce qui aurait lieu, par exemple, si une personne presque idiote, en blessait grièvement une autre ; la chose est grave, et cependant le péché n'est que véniel, parce que le consentement n'a pas été parfait.

 

D : Quels sont les effets du péché véniel ?
R : Le péché véniel affaiblit en nous la grâce de Dieu, quoiqu'il ne nous la fasse pas perdre entièrement ; il nous dispose au péché mortel, et nous rend dignes de peines temporelles.

 

Le premier effet du péché véniel est d'affaiblir en nous la vie de la grâce ; il ne donne pas la mort à notre âme, mais il lui fait des plaies et la rend malade. — Le second effet du péché véniel est de nous disposer au péché mortel. « Celui qui méprise les petites choses tombera peu à peu », dit le Saint-Esprit. Un enfant qui fait souvent de petits vols ne tardera pas à faire des vols plus considérables. — Le troisième effet du péché véniel est de rendre dignes ceux qui le commettent de peines temporelles, de peines qui dureront plus ou moins longtemps, et qu'il faudra nécessairement subir en ce monde ou en l'autre dans le purgatoire.

 

D : En combien de manières commet-on le péché actuel ?
R : On commet le péché actuel en quatre manières : par la pensée, par parole, par action, et par omission.

 

On peut violer la loi de Dieu, premièrement en s'arrêtant volontairement à des pensées qu'il faut chasser de son esprit : c'est là commettre le péché actuel par pensées. Secondement, en disant des choses qu'il ne faut pas dire : c'est là commettre le péché actuel par paroles. Troisièmement, en faisant ce que la loi défend : c'est là commettre le péché actuel par action. Quatrièmement, en omettant de faire ce qui est commandé : c'est là commettre le péché actuel par omission. Ainsi, mes enfants, vous péchez par omission quand vous manquez à vos prières, quand vous n'assistez pas à la messe le dimanche, etc.

 

D : Quels sont les péchés capitaux ?
R : Il y a sept péchés capitaux, à savoir : l'orgueil, l'avarice, la luxure, l'envie, la gourmandise, la colère et la paresse.

 

L'orgueil est une estime déréglée de soi-même, qui fait qu'on se préfère aux autres, et qu'on veut s'élever au-dessus d'eux.

L'avarice est un amour déréglé des biens de ce monde, et principalement de l'argent.


La luxure est l'amour des plaisirs contraires à la pureté.


L'envie est une tristesse que l'on ressent du bien temporel ou spirituel qui arrive au prochain.


La gourmandise est un amour déréglé du boire et du manger.


La colère est un mouvement impétueux de l'âme qui nous porte à repousser avec violence ce qui nous déplaît.


La paresse est une lâcheté et un dégoût qui font que nous négligeons nos devoirs, plutôt que de nous faire violence pour les remplir.


Ces sept péchés sont appelés capitaux, d'un mot latin qui signifie source, principe ; parce qu'ils sont le principe et comme la source d'où découlent un grand nombre d'autres péchés.

 

 

TRAITS HISTORIQUES

 

La reine Blanche, mère de saint Louis, avait coutume de lui dire : « Mon fils, je vous aime tendrement, et plus qu'aucune créature au monde ; et cependant j'aimerais mieux mille fois vous voir mort que de vous voir commettre un seul péché mortel ».

 

Ces paroles firent une impression si profonde sur le coeur de ce jeune prince, qu'il les eut toute sa vie présentes à l'esprit.

 

 

Un frère rencontra un jour un solitaire inondé de larmes. « Pourquoi pleurez-vous ? », lui dit-il.. Il répondit : « Je pleure mes péchés ; n'aurions-nous offensé Dieu qu'une seule fois, jamais nous ne pourrions assez pleurer un si grand malheur ».

 

PRIÈRE

 

Ô mon Dieu, puisque le péché mortel donne la mort à l'âme, je le crains plus que la mort, et je prends la ferme résolution de n'en jamais commettre un seul pendant tout le cours de ma vie.

 

Par WalkTsin - Publié dans : Religion catholique-Théologie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 13 avril 5 13 /04 /Avr 10:55

  l’image classique de l’évolution est une illusion

 

Vu sur KONIGSBERG


Bernard Wood, un paléontologue réputé à l’université de Washington aux États Unis et membre de la communauté scientifique au musée National de l’Histoire Naturelle avoue ceci dans le magazine scientifique “New Scientist” 

“Il existe une image très populaire de l’évolution humaine que vous voyez un peu partout…À gauche de l’image il y a un singe…À droite il y a un homme…Entre les deux il y a une succession de figures qui deviennent de plus en plus humaines…La transformation progressive du singe vers l’homme sur cette photo apparaît tellement harmonieuse, propre et soignée. C’est une image tellement séduisante que même les experts repugnent de la rejeter. La réalité est qu’il s’agit d’une illusion.” (Bernard Wood, “Qui Sommes Nous?” New Scientist, 2366 (26 Oct. 2002), p. 44.)


Personne ne se pose la question suivante : s'il y avait eu évolution, il y aurait automatiquement dispartion des singes. Par quel "miracle évolutionniste" existe-t-il encore des chimpanzés et autres bipèdes ?


 

OBJECTION : L'HOMME N'EST QU'UN SINGE PERFECTIONNE.

 

 

Par Monseigneur de SEGUR


 Alfred Russel Wallace caricature and Charles Darwin caricature

 

 

On a eu l'air de le dire sérieusement, et certains étudiants en médecine mal vivants donnent leur parole d'honneur que c'est vrai. "Il est évident, disent-ils, après les encyclopédistes et à la suite d'un certain Lamark, d'un certain Palchal Grousset, d'un certain Darwin, il est évident que les êtres vont en se perfectionnant physiquement ; ils imitent en cela la foi morale, qui est le progrès humanitaire continu.

 

Le polype est devenu huître ; l'huître est devenue pieuvre ; la pieuvre est de venue anguille de mer ; l'anguille est devenue poisson ; le poisson, phoque ; le phoque, castor ; le castor, sarigue ; le sarigue est devenu le singe de deuxième classe ; le singe de deuxième classe est devenu l'orang-outang ; enfin, à force de temps, d'efforts de la nature, à force de progrès et de vertus, l'orang-outan perdit sa queue, est devenu nègre ; le nègre, Chinois ; le Chinois, homme tout de bon, homme blanc, parlant français et lisant le Siècle".

 

Oui, cela a été dit, et qui mieux est, cela a été cru et acclamé. J'ai vu quelques hommes qui affirmaient sans sourciller cette généalogie, et qui se proclamaient purement et simplement des bêtes (ce qu'ils étaient beaucoup plus qu'ils ne le pensaient).

 

Des voyageurs anglais allèrent jusqu'à dire qu'il existait encore en Abyssinie des hommes à queue (a beau mentir qui vient de là), appelés Niams-Niams, tenant le milieu entre le simple nègre et le simple singe. Cette découverte était importante.

 

Le savant M. Mariette, de l'Institut, alla au fond de cette question étrange, et découvrit que ces nègres à queue étaient tout bonnement des nègres revêtus de la peau de bêtes qu'ils avaient tuées et dont la queue pendait par derrière.

 

Et ainsi la vraie science a fait une fois de plus la queue à la fausse.

 

Les naturalistes sérieux constatent, au point de vue purement physique, entre le singe le plus humain et l'homme le plus bête, non des nuances, mais des différences essentielles ; entre autres cette fameuse queue que nos libres penseurs voudraient bien retrouver ; puis la forme des mains, sans compter la tête et certains autres détails qu'il serait puéril d'énumérer.

 

Non, la science n'a rien découvert contre la grandeur divine de l'intelligence et de la vocation de l'homme. Elle s'accorde avec le bon sens, avec la conscience et avec la foi, pour découvrir dans l'homme ce qui ne se trouve que chez lui : je veux dire une âme, pur esprit, capable de connaître DIEU, d'aimer DIEU, de servir DIEU, de Le posséder ici-bas par la grâce, là-haut dans la gloire, de vivre de Sa vie sainte et éternelle.

 

 A cause de cela, il y a plus de différence entre le moins instruit des Cafres ou des Hottentots et le singe ou le chien le plus intelligent, le plus développé, qu'entre ce dernier et l'huître, et la plante, et même le minéral. Qu'est-ce après tout que cette vie organique de l'animal, qui finit avec lui, parce que dans le dessein du Créateur elle n'a pas d'autre objet que des appétits, des instincts et tout un ensemble de fonctions qui se bornent à la terre ?

 

 Quant à l'homme, roi du monde, il est fait pour l'éternité, et son but dans la vie, c'est la vérité, le bien, l'amour, la sainteté.

 

Encore un mot sur cette prétendue perfectibilité des animaux. C'est une affreuse plaisanterie, démentis par l'expérience, par l'évidence. Chaque animal, chaque poisson, chaque oiseau, chaque serpent, chaque moucheron naît dans un état dont il ne sort pas, parce qu'il n'en peut pas sortir : état physique, constitution organique ; état instinctif, constitution passionnelle, comme ils disent (non pas les animaux, mais leurs apôtres), tout chez l'animal reste invariable, et chaque génération se meut nécessairement dans la même orbite que la génération précédente. Les rossignols d'aujourd'hui chantent comme les rossignols du temps d'Abraham et de Mathusalem ; les chiens aboient après les voleurs, au dixneuvième siècle après l'ère chrétienne, comme mille, deux mille et trois mille ans avant; les castors bâtissent leurs maisons avec la même perfection depuis le déluge et même auparavant ; ilen est de même des fourmis, des abeilles, des araignées, des chats, des chevaux, des chameaux.

 

Les pères et mères de ces honorables bêtes ne leur ont rien appris ; et elles-mêmes, malgré les encouragements de leurs savants amis, n'apprendront rien à leur progéniture. Jusqu'à la fin du monde, les petits oiseaux feront leur nid avec la même perfection ; les chiens s'attacheront à l'homme avec la même fidélité ; les chats, à la souris avec le même amour ; et les ânes, au râtelier avec la même perspicacité.

 

Je serais curieux de savoir jusqu'à quel point l'homme peut arriver à croire qu'il n'est qu'un singe.

 

J'espère que tous ceux qui le disent ressemblent à ce professeur du muséum de Turin, M. de Filippi, qui avait enseigné publiquement le plus hideux matérialisme et avait même consacré plusieurs séances de ses cours à démontrer que l'homme descendait du singe en droite ligne.

 

Il vient de mourir en chrétien repentant, détestant ses folles impiétés et recevant avec bonheur, à deux reprises, en viatique, le Corps adorable de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST.

 

Devant la mort, Le masque tombe,  l'homme reste

 

Et... le singe s'évanouit.

 

 

A lire sur ce sujet :  

 

Le mythe de la théorie de l'évolution des espèces

 

 

 



 


Par WalkTsin - Publié dans : Religion catholique-Théologie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 10 avril 2 10 /04 /Avr 19:53

http://hoocher.com/Peter_Paul_Rubens/The_Resurrection_of_Christ_1611_12.jpg

 

Sermon de Pâques, par Saint Bernard

 

1. « Le lion de la tribu de Juda a vaincu (Apoc. V, 5). » Oui, la sagesse a vaincu la malice, en atteignant d'une extrémité à l'autre avec force, et en disposant toutes choses avec douceur ; mais s'il a montré sa force, c'est pour moi qu'il l'a montrée, et s'il a montré sa douceur, c'est à moi. Il a vaincu les blasphèmes des Juifs sur la croix , il a chargé de chaînes le fort armé dans sa demeure, et il a triomphé de l'empire même de la mort. O Juif, où sont tes opprobres? O Zabulon, où sont les vases de ta captivité? O mort où est ta victoire? L'accusateur a été confondu, le ravisseur s'est trouvé pris lui-même. C'est un nouveau genre de puissance! C'est à ce point que la mort même en est stupéfaite jusque dans sa propre victoire. Et toi, ô Juif, toi qui branlais la tête d'une manière sacrilège au pied de la croix, il y a deux jours à peine, que fais-tu aujourd'hui? Pourquoi jetais-tu l'opprobre à celui qui est véritablement la tête de l'homme, au Christ? « Que le Christ, disais-tu, que le roi d'Israël descende de la croix (Marc. XV, 32). » O langue venimeuse, quelle parole mauvaise, quels discours pervers! Ce n'est pas ce que tu disais peu de temps auparavant à Caïphe, quand tu t'écriais : il est de notre intérêt qu'un seul homme meure pour tout le peuple, plutôt que la nation périsse tout entière (Joan. XI, 50). » Mais comme ce que tu disais là n'était point un mensonge, ce n'est pas de toi-même que tu parlais ainsi. Ce que tu disais en parlant sous ta propre inspiration, c'est ceci : « S'il est le roi d'Israël, qu'il descende de la croix (Matth. XXVII, 42). « Ou plutôt ces paroles t'étaient suggérées par celui qui est menteur dès le commencement du monde. En effet, s'il est roi, ne doit-il pas plutôt monter que descendre, pour faire quelque chose qui soit en harmonie avec ce qu'il est? Tu as donc déjà oublié, antique serpent, avec quelle confusion tu fus obligé naguère de t'éloigner de lui. Lorsque tu eus poussé la présomption jusqu'à lui dire : « Jetez-vous en bas, et encore, je vous donnerai toutes ces choses, si, vous prosternant devant moi , vous m'adorez (Matth. IV, 9)? » Et toi, ô Juif, as-tu donc tellement perdu le souvenir de ce que tu as entendu dire, « que c'est du haut de l'arbre que le Seigneur a établi son règne (Psal. XCV, 40), que tu le renies pour roi, parce qu'il demeure attaché à l'arbre de la croix; Mais, après tout, peut-être as-tu oublié également que ce n'est pas pour les seuls Juifs, mais pour toutes les nations qu'il a été dit : Dites aux nations que c'est du haut de l'arbre que le Seigneur (a) établi son règne. »

2. C'est donc avec infiniment de raison que ce Gentil qui gouvernait la Judée plaça son titre de roi des Juifs au haut de sa croix. Les Juifs voulurent en vain changer cette inscription, ils ne purent pas plus y réussir qu'ils ne réussirent à empêcher la passion de notre Seigneur, et notre rédemption: «Qu'il descende de la croix, disaient-ils, s'il est le roi d'Israël. » Loin de là, au contraire, comme il est effectivement le roi d'Israël, il faut qu'il en garde le titre, qu'il ne se dessaisisse point de son sceptre, lui qui porte sur son épaule la marque de son empire (Is. IX, 6), selon le langage même d'Isaïe. « Ne mettez pas, disaient les Juifs à Pilate, ne mettez pas, roi des Juifs; mettez qu'il s'est dit roi des Juifs : » Et Pilate leur répondait: « ce que j'ai écrit, est écrit. (Joan XIX, 22). » Mais si ce que Pilate a écrit doit demeurer écrit, le Christ ne mènera-t-il pas à bonne fin ce qu'il a commencé? Or il a commencé l'œuvre de notre salut, il l'achèvera. Les Juifs disaient : « Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même (Matth. XXVII, 41). » Mais quoi! s'il descendait de la croix, il ne sauverait plus personne. Si celui qui ne persévère point jusqu'à la fin ne peut être sauvé, combien moins peut-il être Sauveur? Il sauve donc les autres, car, étant lui-même le salut, il n'a pas besoin d'être sauvé. Il opère notre salut et il ne veut pas que rien manque à la victime du salut, qu'il offre dans son sacrifice du soir. Il connaît tes pensées, a Juif mauvais, et il ne te donnera point l’occasion de nous frustrer du fruit de la persévérance qui obtiendra la couronne. Il ne fera point taire ceux qui prêchent aux autres, qui consolent les faibles, et qui disent à chacun : n'abandonnez point le poste que vous occupez, ce que tous feraient certainement s'ils pouvaient répondre: Le Christ a bien,abandonné le sien. Car le coeur de l'homme et ses pensées inclinent vers le mal. C'est donc en vain, esprit malin, que tu as préparé tes flèches dans ton carquois, et que tu ajoutes les soupirs de tes partisans aux outrages des Juifs. Les uns sont remplis de désespoir, et les autres de paroles injurieuses; mais le Christ est inaccessible à ce double trait. Pour lui, il y a temps pour fortifier ses disciples, et temps pour confondre ses ennemis.

3. Mais, en attendant, il aime mieux nous donner un exemple de -patience et d'humilité, faire acte d'obéissance et de charité, car telles sont les quatre pierres précieuses qu'il attache aux quatre bras de sa croix. En haut il place le joyau de la charité, à droite, celui de l'obéissance, à gauche celui de la patience, et, en bas, celui de l'humilité. Voilà les brillants dont il enrichit le trophée de la croix, en consommant d'oeuvre de sa passion, en se montrant humble sous les blasphèmes des juifs, patient dans les blessures que la langue de ses ennemis lui faisait à l'âme, et dans celles que leurs clous faisaient à ses membres. Quant à la charité, sa perfection éclate surtout en ce qu'il donne sa vie pour ses amis, et son obéissance consommée brille au moment où, baissant la tête, il rendit l'âme, dans: un acte d'obéissance qui alla jusqu'à la mort. Voilà les riches présents, voilà la gloire dont voulaient dépouiller l’Eglise du Christ ceux qui disaient : « S'il est le roi d'Israël, qu'il descende donc de la croix. » Ils voulaient la priver de la forme de d'obéissance, lui ravir ce puissant levain de charité et la frustrer de cet exemple de patience et d'humilité. Mais ils auraient dû effacer de l'Evangile ces paroles plus agréables et plus douces que le miel. en ses rayons. «Personne ne peut avoir un plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Joan. XV, 13); » et celles-ci encore que Jésus adressait à son père : « J'ai achevé l'œuvre que vous m'aviez donnée à faire (Joan. XVII, 4) : » et ces autres aussi à ses disciples «Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur (Matth. XI, 29); » ou bien enfin celles-ci : « Pour moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tout à moi (Joan. XII, 32). » Ce qui peine surtout le rusé et venimeux serpent, c'est le serpent d'airain qu'il voit élevé dans le désert, et dont la vue seule guérit les blessures qu'il a faites (Num. XXI, 8). Aussi n'est-ce pas un autre que lui, du moins je le pense, qui suggéra à la femme de Pilate la pensée dé lui envoyer dire : « Ne vous embarrassez point dans l'affaire de ce Juste, car j'ai été aujourd'hui étrangement tourmentée, dans un songe, à cause de lui (Matth. XXVII, 19). » Il était donc déjà vivement tourmenté alors, mais c'est surtout en ce moment que, se sentant singulièrement affecté par la vertu de la croix, cet ennemi du salut se repent, mais trop tard, de ce qui s'est fait. Aussi, après avoir poussé les Juifs à crucifier le Seigneur, leur inspira-t-il la pensée de lui dire de descendre de la croix. En effet, « s'il est le roi d'Israël, disent-ils, qu'il descende de la croix, et nous croirons en lui. » C'est bien là la ruse du serpent, c'est bien une invention de cet esprit pervers. L'impie avait entendu le Sauveur dire un jour : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël (Matt. XV, 14) : » et il savait quel zèle il semblait avoir pour le salut de ce peuple; voilà pourquoi, animant de son excessive malice la langue des blasphémateurs, il leur suggère de dire : « Qu'il descende et nous croyons en lui. » Comme s'il n'y avait plus rien qui s'opposât à ce qu'il descendit, puisqu'il avait tant à coeur de les voir croire eu lui.

4. Mais que machine ce rusé serpent, et à qui entreprend-il de tendre des embûches? Car Celui contre lequel l'ennemi ne saurait rien gagner dans ses attaques, et à qui l'enfant de l'iniquité ne peut faire aucun mal (Psal. LXXXVIII, 23), Celui qui lit au fond des coeurs ne se laisse pas prendre à de vaines promesses, de même que, dans son excessive patience il ne s'émeut point de leurs outrageants blasphèmes. Le but secret de leurs conseils pervers n'était pas d'être amenés à croire eux-mêmes, avais de faire périr la foi, en nous, par tous les moyens possibles, si nous l'avions un peu. En effet, en lisant que « toutes les oeuvres de Dieu sont parfaites (Deut. XXXII, 4), » comment pourrions-nous reconnaître un Dieu dans celui qui aurait laissé l'oeuvre de notre salut imparfaite? Mais écoutons la réponse que Jésus fit à ces conseils. Tu demandes des miracles, ô Juif? «Eh bien, attends-moi au jour de ma résurrection (Soph. III, 8). » Si tu veux croire en moi, je te réserve des preuves plus concluantes encore que celles que tu me demandes. Quant aux miracles, j'en ai multiplié le nombre, ces derniers jours; hier encore, j'ai guéri des malades, aujourd'hui il me reste à mettre le comble à toutes ces merveilles. N'était-ce pas quelque chose de plus grand de voir les esprits malins sortir du corps des possédés, les paralytiques se lever de dessus leur lit; que de voir les clous dont tu as percé mes pieds et mes mains se détacher d'eux-mêmes? Mais le temps destiné à souffrir ne l'est point à agir, et, de même que tu n'as pu avancer l'heure de ma passion, ainsi tu ne peux empêcher qu'elle ne sonne.

5. Mais si cette génération adultère et perverse demande encore des prodiges, il ne lui en sera point donné d'autre que celui du prophète Jonas ( Matth. XII, 39); non pas un miracle de descente, mais un miracle de résurrection. Que si le Juif ne demande pas ce miracle-là, le Chrétien du moins l'accueillera et l'embrassera avec bonheur. Car le lion de la tribu de Juda a vaincu, et le petit du lion s'est éveillé à la voix de son père, il s'est élancé du fond de son sépulcre fermé, quand il n'était point descendu du haut de sa croix. Ce miracle-là est-il plus grand que l'autre? C'est ce que je laisse à décider à nos juges qui avaient pris un soin si diligent de veiller sur ce sépulcre, en le scellant de leur sceau et en y plaçant des gardes. Cette grande pierre dont la pensée préoccupait l'esprit des saintes femmes, « se vit ôtée par un ange qui s'assit dessus (Matth. XXVIII, 2, et Marc. XVI, 3), » dès que le Seigneur fut ressuscité, selon ce qui est écrit. Ainsi celui qui était venu au monde en sortant du sein fermé d'une vierge, sortit plein d'une vie nouvelle, de son tombeau également fermé, et entra ensuite dans le cénacle où ses disciples se tenaient les portes clauses. Mais il est un endroit d'où il ne voulut point sortir les portes fermées, ce sont les enfers; il en brisa les gonds de fer et eu mit toutes les barrières en morceaux, afin d'en emmener en pleine liberté les siens, ceux-là qu'il avait rachetés de la main de son ennemi, et d'en faire sortir, toutes portes ouvertes, la troupe de ses élus vêtus de blanc, parce qu'ils avaient lavé et blanchi leurs robes dans le sang de l'Agneau; oui blanchis clans le sang, attendu qu'en même temps que son sang coulait, il s'échappait avec lai une eau qui, purifie; c'est celui « même qui a vu cette merveille qui nous l'apprend;» mais dans le sang tout à la fois blanc et rose d'un agneau de lait, selon l'expression même de l'Épouse du Cantique des cantiques, qui nous dit : « Mon bien-aimé est blanc et rose, et se distingue entre dix mille (Cant. V, 10). » Voilà pourquoi aussi le témoin de la résurrection le montre vêtu d'une robe blanche avec un visage comme la foudre.

6. Mais s'il paraît suffisant, pour confondre les calomnies des Juifs, que le Christ, à qui ils disaient avec moquerie « s'il est le roi d'Israël, qu'il descende de la croix, » soit sorti de son tombeau, tout fermé qu'il fut, car ils avaient encore apporté plus de soin et de précaution à fermer et à sceller le tombeau du Sauveur qu'à enfoncer des clous dans ses mains; si, dis-je, le lion de la tribu de Juda a vaincu, en s'élançant ainsi de sa prison, et leur a montré une merveille bien plus grande encore que celles qu'ils lui demandaient, à quel miracle pourrons-nous après cela comparer celui de la résurrection. Nous voyons bien qu'il y eut avant lui plusieurs morts qui ressuscitèrent, ou du moins qui se relevèrent de leur couche sépulcrale; mais tout ces ressuscités ne sont que comme les précurseurs du Christ, dont la résurrection dépasse de beaucoup les leurs. En effet, tous les autres ne ressuscitèrent que pour mourir une seconde fois, or « Jésus-Christ ressuscite d'entre les morts pour ne plus mourir, la mort ne doit plus avoir d'empire sur lui (Rom. VI, 9). » Les autres morts ont encore besoin de ressusciter une seconde fois : quant au Christ, s'il est mort à cause du péché, il n'est mort qu'une fois, et s'il vit maintenant, il vit pour Dieu, il vit pour l'éternité (ibid. 10). C'est donc avec raison que nous disons de lui qu'il est le premier de ceux qui ressuscitent, car il est si bien ressuscité qu'il ne peut plus déchoir de la vie immortelle où il est remonté.

7. Il y a encore un point où éclate la gloire incomparable de cette résurrection. Quel est celui de tous les autres ressuscités qui s'est ressuscité lui-même? Il est inouï qu'un homme, dormant un sommeil de mort, se soit éveillé de lui-même, c'est un fait unique, il n'a jamais été donné à qui que ce soit, non, absolument à personne, de l'accomplir. Le prophète Elisée ressuscita un mort ( I Reg. IV, 35), mais un autre mort que lui-même, et, depuis tant d'années qu'il repose su fond de son sépulcre, il attend qu'un autre l'en fasse sortir; car il ne saurait sortir de lui-même; et celui dont il attend cela, c'est Celui qui a triomphé de l'empire de la- mort dans sa propre personne. Voilà pourquoi aussi, quand nous parlons des autres, nous disons qu'ils ont été ressuscités; et, en parlant de Jésus-Christ, qui seul est sorti de son sépulcre par sa propre vertu, nous disons qu'il est ressuscité, attendu que c'est en cela même que le Lion de Juda a vaincu. Que pourra-t-il, ou plutôt que ne pourra-t-il point, maintenant qu'il est plein de vie et qu'il dit à son Père : « Je suis ressuscité et me retrouve avec vous (Psal. CXXXVIII, 18)? » Que ne pourra-t-il point ce Dieu puissant qui fut compté parmi les morts, mais qui, dans leurs rangs, se trouva libre des chaînes de la mort?

8. Mais, de plus, il ne retarda point sa résurrection au-delà du troisième jour, afin d'accomplir la parole du Prophète qui avait dit : « Il nous vivifiera trois jours après, il noies ressuscitera le troisième jour (Osée VI, 3). » Il convient évidemment que les membres marchent sur les traces de leur chef. Ce fut le sixième jour de la semaine qu'il racheta l'homme sur la croix, le même jour que, dans le principe, il l'avait créé, et le lendemain il entra dans le sabbat du tombeau, pour s'y reposer de l'oeuvre qu'il venait d'achever. Trois jours après, c'est-à-dire le premier jour de la semaine, celui que nous appelons les prémices de ceux qui dorment du sommeil de la mort même, il apparut vainqueur de la mort. C'était l'homme nouveau. Voilà comment nous tous qui marchons sur les pas de notre chef, nous ne devons point nom plus tout lu jour de la vie, pendant lequel nous avons été créés et rachetés, cesser de faire pénitence, de porter notre croix et d'y demeurer attachés comme il y demeura lui-même, jusqu'à ce que l'Esprit-Saint nous dise de nous reposer de nos fatigues. Qui que ce soit qui nous conseille de descendre de la crois, ne l'écoutons point; non, mes Frères, n'écoutons ni la chair, ni le sang, ni même l'esprit qui nous le conseillerait. Demeurons attachés à la croix, mourons sur la croix, n’en descendons que portés par des mains étrangères, que ce ne soit jamais par le fait de notre légèreté. Ce furent des hommes justes qui détachèrent notre chef de la croix, puisse-t-il nous faire la grâce de charger ses anges de nous descendre de la nôtre, afin que, après avoir vécu en hommes le jour de la croix, nous goûtions le second jour, qui est celui qui commence à notre mort, un doux repos, dans l'heureux sommeil du sépulcre, en attendant l'accomplissement de nos espérances et la gloire de notre grand Dieu qui doit ressusciter nos corps le troisième jour, et les rendre semblables à son corps glorieux. Ceux qui restent quatre jours dans le tombeau répandent une odeur de corruption, ainsi qu'il est écrit de Lazare : « Seigneur, il sent déjà mauvais; car il a quatre jours qu'il est là (Joann. XI, 39). »

9. Ce sont les enfants d'Adam qui ont fait le quatrième jour, car ce jour n'est point une création du Seigneur. Voilà pourquoi ils se sont corrompus, et sont devenus abominables, tels que ces bêtes de somme qui pourrissent sur leur fumier. Ce qui est de la création de Dieu, ce sont les trois jours dont nous avons parlé, le jour du travail, celui du repos et enfin celui de la résurrection : ces trois jours ne plaisent point aux enfants des hommes, et ils préfèrent un jour de leur façon ; ils diffèrent donc de faire pénitence et suivent leur penchant pour la volupté ; mais ce jour n'est point un jour que le Seigneur aie fait; c'est un quatrième jour, et ceux qui l'ont fait. commencent déjà à exhaler une odeur de corruption. Le fruit saint des entrailles de Marie ne connaît point ce jour-là, il ressuscite le troisième jour, afin de ne point connaître la corruption. « Le Lion de la tribu de Juda a vaincu (Amos. III. 8), » dit le Prophète. L'agneau a été immolé, mais le lion a vaincu, et il va rugir; qui est-ce qui pourra l'entendre sans trembler; et ce lion, dis-je, le plus fort de tous les animaux, le seul qui ne tremble point à l'approche d'un autre, c'est le Lion de Juda. Que ceux-là qui l'ont renié, et qui ont dit : « Nous n'avons d'autre roi que César (Joann. XIX, 15), » tremblent maintenant. Que ceux qui se sont écriés : « Nous ne voulons point qu'il règne sur nous (Luc, XIX, 14), soient saisis de crainte; car voici qu'il revient après avoir gagné un royaume, et il va perdre les méchants. Voulez-vous être convaincus qu'il ne revient qu'après avoir acquis un royaume, écoutez ce qu'il dit : « Toute puissance m'a été donnée sur la terre et dans les cieux (Math. XXVIII, 18). » Entendez également le Père vous dire dans le Psalmiste : « Demandez-moi, et je vous donnerai les nations pour votre héritage, et j'étendrai votre domaine jusqu'aux confins de le terre. Vous les gouvernerez avec un sceptre de fer, et vous les briserez comme un vase d'argile (Psal. II, 8 et 9). » Si le lion est fort, il n'est pas cruel; néanmoins son courroux est terrible, intolérable est aussi la colère de la colombe (Jérem. XXV, 38). Mais, s'il rugit, c'est pour les lions, non point contre eux ; que ceux qui ne sont pas à lui tremblent donc, mais que la tribu de Juda soit au contraire dans la jubilation.

 

10. Que tous ceux qui ont été couverts de confusion se réjouissent maintenant, qu'ils se livrent à l'allégresse ceux dont les ossements peuvent dire : Seigneur, qui est semblable à vous? « Le lion de la tribu de Juda , la souche de David a vaincu (Apoc. V, 5). » Or, on dit que David était en même temps doué de beauté et de force, et il s'écrie : « Seigneur, tout ce que je désire est devant vos yeux (Psal. XXXVII, 10), » et « c'est en vous que je conserverai ma force (Psal. LVIII, 10). » Il est appelé «souche de David » par le Prophète; ce n'est pas David qui est la souche de Jésus-Christ, mais c'est Jésus-Christ qui est la souche de David, attendu que c'est en effet le Christ qui porte David, non point David qui porte le Christ. O David, ô saint roi, vous avez bien raison d'appeler votre fils, votre Seigneur; car ce n'est pas vous qui portez votre souche, mais c'est votre souche qui vous porte; la souche, dis-je, de votre force et de votre ardent désir, la souche désirable et forte. « Le Lion de la tribu de Juda, la souche de David a vaincu, et, par sa victoire, il a mérité d'ouvrir le livre et d'en rompre les sept sceaux (Ibid. 5). » Ces paroles sont tirées de l'Apocalypse, que ceux qui ne les ont jamais lues les apprennent aujourd'hui, et que ceux qui les connaissent se les rappellent. Saint Jean dit donc : « Je vis ensuite dans la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre... scellé de sept sceaux, mais il n'y avait personne qui pût ni le lire ni l'ouvrir. Et moi je fondais en larmes parce qu'il ne se trouvait personne qui fût digne d'ouvrir ce livre. Alors un des vieillards me dit : ne pleurez point, car voici le Lion de la tribu de Juda, la souche de David qui a obtenu la victoire... En même temps je vis l'agneau sur le trône comme égorgé..., il vint, prit le livre des mains de celui qui était assis sur le trône, et l'ouvrit... Il y eut alors une grande joie, et il se fit entendre de grandes actions de grâces (Ibid. de 1 à 9). » Saint Jean avait entendu parler d'un lion et il vit un agneau; cet agneau est égorgé , il prend le livre, il l'ouvre, et il apparaît lion; alors les vieillards de s'écrier : « L'Agneau, qui a été immolé, est digne de recevoir la force (Ibid. 29), » non point de perdre sa douceur, mais de recevoir la force, afin qu'il ne cesse point d'être agneau, tout en devenant un lion. Je vais même plus loin, le livre qu'on ne pouvait ouvrir me semble n'être pas autre chose que lui. En effet, qui pourrait se trouver digne de l'ouvrir ce livre? Jean Baptiste lui-même s'en juge indigne, et cependant de tous ceux qui sont nés de la femme, Jean est le plus grand. Or c'est lui-même qui dit : « Je ne suis pas digne de dénouer les cordes de ses souliers (Marc. I, 7). » Car la majesté divine était venue à nous chaussée, c'est-à-dire incarnée, et la sagesse de Dieu était enfoncée dans un livre fermé, et scellé même. Ce que liaient les cordons de ses souliers était la même chose que ce que scellaient les sceaux de ce livre.

11. Mais pourquoi étaient-ils au nombre de sept? Ne serait-ce point pour désigner les trois facultés de l'âme, la raison, la mémoire et la volonté, et les quatre éléments dont nos corps sont composés, et nous apprendre ainsi qu'il n'a rien manqué au Sauveur de ce qui fait notre humanité ? Ou plutôt, ne peut-on pas dire que le livre de l'Apocalypse représente l'humanité de Jésus-Christ, mais alors quels en seraient les sept sceaux ? Je pense qu'on peut les trouver dans les sept merveilles de la présence de la majesté divine dans une chair mortelle, qui empêcheraient qu'on ouvrit le livre et qu'on vît la sagesse qui y était enfermée. Mais, en attendant, voici ce qui me vient à la pensée : ce sont d'abord les fiançailles de sa mère qui furent comme le voile qui déroba à tous les regards l'enfantement d'une vierge et la pureté de sa conception, et qui fit croire que Jésus, l'artisan dont les mains ont fait l'homme, était lui-même le fils d'un artisan; puis la faiblesse de son corps qui pleure et qui vagit, qu'on allaite, qui dort et qui est sujet à toutes les nécessités de la nature, mais qui cache, sous ces faibles dehors la vertu même d'un Dieu. Vient ensuite la marque de la circoncision, de ce remède du péché et des maladies de l'âme qu'il reçut, lui qui était venu pour faire disparaître toutes ces maladies et pour détruire le péché. Après cela, c'est sa fuite en Egypte, où l'on ne pouvait soupçonner dans celui qui fuyait la présence d'un aussi petit roi qu'Hérode, du Fils de Dieu , et du vrai roi du ciel. Qu'est-ce encore que cette triple tentation à laquelle l'ennemi du salut le soumit dans le désert, au sommet du temple et sur le haut de la montagne, en lui disant : « Si vous êtes le Fils de Dieu, dites que ces pierres deviennent des pains; » et encore, «jetez-vous en bas (Matth. IV, 6) 2 » Jésus-Christ ne fit ni l'un ni l'autre, pour que le livre demeurât scellé et que le rusé tentateur fût trompé. Il le fut en effet, au point de le tenir fermement pour un simple mortel, et son orgueil en vint, dans son incroyable délire, jusqu'à oser lui dire non plus, » si vous êtes le Fils de Dieu,» mais, «je vous donnerai tout ce que vous voyez-là, si, vous prosternant, devant moi, vous m'adorez. » Le sixième sceau du livre est la croix elle-même où il fut attaché entre deux larrons, et mis au rang des scélérats, tout Seigneur de gloire qu'il fût. Enfin le tombeau est le septième sceau qui ferma ce livre, et nul sceau ne le scella plus vigoureusement et ne le cacha mieux à tous les regards que ce grand mystère de charité. En effet, lorsque le Seigneur fut enfermé dans le sépulcre, il semble qu'il ne restait plus de place que pour le désespoir; c'est au point qu'en effet, ses disciples s'exprimaient ainsi : « Nous espérions (Luc. XXIV, 21). » Qui donc n'aurait fondu en larmes alors sur ce livre si bien fermé et scellé, en voyant qu'il ne se trouvait personne pour l'ouvrir ?

12. Mais séchez vos larmes, ô saint Jean, et vous, Marie, ne pleurez point davantage. Loin de vous ce deuil, que les nuages de la tristesse se dissipent. Réjouissez-vous dans le Seigneur et soyez transportés de joie, vous qui êtes justes, publiez sa gloire, vous qui avez le coeur droit (Psal. XXXI, 14). L'Agneau qui a été immolé, le lion qui est ressuscité, enfin le livre lui-même est digne de s'ouvrir de ses propres mains. En ressuscitant d'entre les morts, mais en ressuscitant par sa propre vertu, trois jours après sa mort, ainsi qu'il l'avait annoncé à ses apôtres, et comme ses ennemis eux-mêmes nous témoignent qu'il le fit en effet, en ressuscitant, dis-je, avec une telle majesté et une telle gloire, il montre,assez évidemment que tous ces sceaux, tous ces déguisements dont. nous avons parlé, étaient volontaires en sa personne, non point un effet de la nécessité, et qu'ils étaient la suite, non de sa nature, mais de son vouloir. Dans quelle pensée, ô Juif, scellais-tu donc la pierre de son sépulcre? « C'est, me réponds-tu, parce que cet imposteur a dit, lorsqu'il vivait encore : je ressusciterai trois jours après (Matth. XXVII, 63). » Oui, c'était bien un séducteur que ce Jésus, mais un séducteur plein de bonté, non de malice. « Enfin, dit notre Prophète, en parlant en votre propre nom, vous m'avez séduit, Seigneur, et j'ai été séduit; vous avez été plus fort que moi, et vous l'avez emporté sur moi (Jer. XX, 7). » S'il vous a séduit, ô Juif, ç'a été dans sa passion, car dans sa résurrection il a montré sa puissance et le Lion de Juda,l'a emporté sur vous. « En effet, s'ils l'avaient connu, jamais ils n'auraient crucifié le Seigneur de gloire (I Cor. II, 8). » Que feras-tu donc, ô Juif? Il a prédit, qu'il ressusciterait, et voilà qu'il a tenu parole. Examine la sceau que tu avais placé sur son sépulcre, il est rompu. Il t'a donné la miracle de Jonas comme il te l'avait prédit (Matth. XII, 39 et Luc. XI, 29). Jonas sort du ventre de la baleine, et le Christ sort de même des entrailles de la terre, après y être resté trois jours. Mais il y a eu manifestement beaucoup plus que Jonas dans celui qui s'est virilement arraché lui-môme du sein du trépas. Aussi les habitants de .Ninive s'élèveront-ils contre toi le jour du jugement dernier et seront tes juges, attendu qu'ils se sont soumis à la voix du Prophète et que tu n'écoutes pas la,voix du Seigneur ni même des prophètes.

13. Qu'est devenu aussi ce que vous disiez, ô Juifs: Qu'il descende de sa croix et nous croyons en lui (Matth. XXVII, 42) ? » Vous avez voulu rompre le sceau de la crois, en promettant que ce serait pour vous un motif d'embrasser la Foi. Eh bien, il est ouvert sans être rompu, embrassez-la donc maintenant, ou si vous ne croyez pas quand il ressuscite, c'est que vous n'auriez pas cru davantage en lui quand il serait descendu de sa croix. Si la crois du Sauveur vous scandalise de la sorte, « car, selon l'Apôtre, le seul mot de crois est un scandale pour les Juifs (I Cor. I, 23), » que du moins ce qu'il y a de nouveau dans le. fait de sa résurrection vous excite. Quant à nous, nous trouvons, notre gloire dans la croix, et, pour nous qui sommes sauvés, la croix c'est la force même de Dieu ; c'est, comme nous l'avons montré, la plénitude de toutes les vertus. Puissiez-vous du moins avoir votre tour dans la résurrection ; mais hélas ! peut-être elle aussi, elle surtout, vous scandalisent-elle, peut être ce qui, pour nous, exhale une odeur de vie, pour vous n'exhale-t-il qu'une mortelle odeur de mort. Pourquoi donc insisterai-je? Mon frère aîné ne peut entendre les accords de la musique et le chant des choeurs, il s'indigne de voir qu'on a tué pour moi le veau gras. Il reste à la porte de la maison, et refuse opiniâtrement d'y entrer. Mais nous, mes frères, entrons-y, et faisons une fête en mangeant l'agneau divin avec les pains, sans levain, de la sincérité et de la vérité, car Jésus-Christ, notre pâque, a été immolé pour nous (1 Cor. V, 7 ). Embrassons les vertus qui nous sont recommandées dans la crois, l'humilité, la patience, l'obéissance et la charité.

14. Considérons aussi avec une sérieuse attention ce que cette solennité nous enseigne en particulier. En effet, qui dit résurrection dit passage, transmigration. En effet, mes frères, le Christ ne West point reposé aujourd'hui, il est allé d'un pays à l'autre, non pas revenu à son point de départ. Enfin la pâque même que nous célébrons ne signifie point retour mais passage, et la Galilée où on nous, promet que nous verrons le ressuscité, n'a pas le sens de retour, mais de transmigration. Je m'imagine que l'esprit de plusieurs d'entre vous me devance et soupçonne où j'en veux venir ; je le dirai pourtant, mais en deus mots, afin de ne point fatiguer votre attention par un trop long discours dans ce jour de fête. Si, après la consommation de la croix, le Christ n'était revenu à la vie que pour recommencer notre existence pleine de misères, je ne vous dirais point, mes frères qu'il a passé mais qu'il est revenu, ni qu'il s'est élevé à un état plus sublime, mais qu'il est rentré dans celui où il était auparavant. Mais comme il est entré dans une vie toute nouvelle, il nous invite, par son exemple,, à faire aussi notre pâque et à le suivre dans la Galilée, d'autant plus, qu'en montrant par le péché, il n'est mort qu'une fois, et que, maintenant qu'il vit, il vit non pour la chair, mais pour Dieu.

15. Or, que disons-nous, nous qui dépouillons la sainte résurrection du Seigneur du nom qui lui est propre, et qui en faisons plutôt un retour qu'un passage pour nos âmes? Nous avons versé des larmes pendant ces derniers jours, nous avons vaqué à la componction et à lai prière, au recueillement et à l'abstinence, afin de racheter et d'effacer, pendant cette sainte quarantaine nos négligences, du reste de l'année. Nous avons communié aux souffrances du Christ„ et nous avons été entés de nouveau sur lui, par un second baptême, par le baptême de larmes, de pénitence et de confession, s'il m'est permis de parler ainsi. Si donc nous sommes véritablement morts su péché, comment pourrons-nous revivre au péché? Si nous avons pleuré sur, nos négligences, comment se peut-il que nous y retombions encarte désormais? On nous retrouvera donc encore curieux et bavards comme auparavant, lâches et négligents comme jadis, vains, soupçonneux, détracteurs, colères, et le reste, après avoir gémi dans ces derniers: temps de trouver, tous ces défauts. en nous. J'ai lavé mes pieds, comment pourrai-je me décider à les souiller de nouveau (Cant. V, 3)? Je. me suis dépouillé de ma vieille tunique; comment consentirai-je à m'en revêtir encore? Le faire ce n'est peint émigrer, mes frères, ce n'est pas prendre le chemin qui nous fera voir le Christ, ce n'est pas en suivant cette route que nous arriverons au lieu où Dieu nous montrera les Sauveur qu’il nous envoie : après tout, quiconque regarde en arrière, est indigne du royaume de Dieu (Luc. IX, 62).

16. C'est dans ces dispositions que se trouvent les amis du siècle qui sont les ennemis de la croix de Jésus-Christ dont ils ont reçu en vain le nom de chrétiens; pendant tout le temps de cette sainte quarantaine, ils n'aspirent qu'après le jour de la résurrection, hélas, afin de se livrer plus librement au plaisir. Ah ! mes frères, en pensant à celà, un voile de tristesse s'abaisse pour moi sur la joie de cette solennité, aussi gémissons-nous et versons-nous des larmes sur la profanation de cette fête que nous ne pouvons point ne pas voir aujourd'hui, que dis-je, que nous ne pouvons point ne pas voir surtout aujourd'hui. O douleur! le jour de la résurrection du Sauveur devient un jour de péché, une époque de retour au mal! En effet, à partir d'aujourd'hui les repas et les excès de table recommencent, les débauches et les impudicités reprennent leur cours, la concupiscence a la bride sur le cou, comme si le Christ n'était ressuscité que pour cela, non point plutôt pour notre justification? Vous lui avez préparé une salle pour le recevoir à son arrivée prochaine, vous avez confessé vos péchés avec larmes et gémissements, vous avez châtié votre corps et répandu des aumônes, et voilà que à peine entré chez vous, vous le livrez à ses ennemis, que dis-je, vous le forcez à fuir, en rappelant vos anciennes iniquités. La lumière, vous le savez bien, ne peut habiter en même temps avec les ténèbres, ni le Christ avec l'orgueil, avec l'aversion avec l'ambition, avec la haine de nos frères, avec la luxure et la fornication. Devons-nous donc faire moins pour lui présent, que pour lui devant venir? En quoi donc le jour de la résurrection du Sauveur réclame-t-il moins de respect, que celui de sa passion? Mais vous, ô mondains, ce n'est que trop évident, vous n'honorez ni l'un ni l'autre. Car si vous aviez véritablement partagé ses souffrances, vous régneriez maintenant avec lui, vous ressusciteriez avec lui.

17. Pour moi, toute humiliation qui n'est pas suivie de l'allégresse spirituelle n'est que le fruit d'une habitude qui se fait sentir à ses jours, c'est un semblant d'humiliation. Aussi l'Apôtre nous dit-il « Voilà pourquoi il y en a tant qui sont infirmes ou sans forces, tant qui s'endorment du sommeil de la mort (I Cor. XI, 30). » Oui, de là viennent ces mortalités fréquentes qui désolent certaines contrées, surtout de nos jours. En effet, qu'est-il arrivé? C'est que vous avez été saisis au milieu d'angoisses extrêmes, vous tous qui avez prévariqué, que dis-je, prévariqué, qui avez persévéré dans vos prévarications et en avez ajouté de nouvelles aux anciennes ; qui n'avez point fait pénitence, ou qui n'avez fait qu'une pénitence pleine de tiédeur, qui ne fuyez point les occasions dangereuses, même après en avoir fait une triste expérience, et n'évitez point les attraits du péché. Aussi, l'ennemi du salut vous a-t-il serrés dans ses liens, comme dit l'Écriture, avec tant de force que les nerfs de la cuisse en étaient tout contractés par la violence (Job. XL, 12). Si, ayant conscience de votre état, vous vous éloignez des sacrements de Jésus-Christ, vous n'avez plus rien de commun avec lui, vous n'avez plus la vie en vous. Entendez-le vous dire, en effet: « si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous (Joan. VI, 54). » Mais si d'un autre côté vous les recevez indignement, vous mangez votre propre condamnation, parce que vous ne distinguez point le corps saint du Seigneur, d'une nourriture ordinaire ( I Cor. II 29). Rentrez donc en vous-mêmes, pécheurs, cherchez le Seigneur de toute votre âme, et haïssez le mal de toutes vos forces : faites pénitence, non du bout des lèvres, mais en esprit et en vérité. Or, ce n'est pas, du moins il me le semble ainsi, ce n'est pas se repentir de sa faute comme il faut, que de demeurer encore sur la voie glissante du péché; ni de ses égarements, que de ne point chercher un guide. Les marques d'une vraie pénitence se trouvent dans la fuite, dans le retranchement des occasions du mal. Autrement, il est bien a craindre que ce jour, dont on peut dire aussi d'ailleurs qu'il est un jour de ruine et de résurrection pour plusieurs, ne soit pour vous un jour de réprobation, soit parce que vous êtes manifestement loin du Christ, puisque vous ne le recevez point dans la communion, soit parce que vous vous en approchez dans la société de Judas, en qui Satan entra aussitôt après qu'il eût pris la bouchée de pain que Jésus lui présenta.

18. Mais après tout, mes frères, qu'ai-je à m'occuper des gens du dehors? à moins que ce ne soit pour gémir de nous être trouvés autrefois pris dans les mêmes filets qui les retiennent encore, et pour nous féliciter d'être sortis, par un effet de la grâce seule de Dieu, de ces liens où nous ne pouvons nous empêcher de déplorer avec des larmes de frères de les voir encore retenus. D'ailleurs, plaise à Dieu que nous nous trouvions nous-mêmes tout à fait exempts de cette malheureuse et sacrilège servitude, et que, au lieu de décroître en ferveur et de diminuer nos pratiques spirituelles depuis que le jour de la sainte résurrection du Sauveur a lui,nous nous efforcions au contraire d'avancer sans cesse et de croître toujours davantage. Quiconque, après les lamentations de la pénitence, ne retourne plus aux consolations charnelles, et met au contraire toutes ses espérances dans la divine miséricorde, s'engage dans une voie nouvelle de piété, si je puis le dire, et marche vers la joie qui vient de l'Esprit-Saint : aussi est-il encore moins accablé par le souvenir du passé que charmé, embrasé même par la pensée des récompenses éternelles; celui-là, dis-je, est véritablement ressuscité avec Jésus-Christ, célèbre une vraie Pâque et se rend, en effet en toute hâte dans la Galilée. Pour vous donc, ô mes bien-aimés, si vous êtes ressuscités avec Jésus-Christ, recherchez maintenant ce qui est dans le ciel où le Christ est assis à la droite de Dieu. N'ayez de goût que pour les choses du ciel, non plus pour celles de la terre (Coloss. III, 1 et 1); afin que, de même que le Christ est ressuscité d'entre les morts par la gloire de son Père, vous marchiez aussi dans une voie nouvelle (Rom. VI, 4), et passiez avec bonheur des joies et des consolations du siècle par la componction des coeurs et la tristesse de l'âme, qui est selon Dieu, à une sainte dévotion, à une joie toute spirituelle, avec la grâce de celui qui est passé de ce monde à son père, et qui daigne nous appeler à sa suite dans la Galilée, pour s’y montrer à nous, lui qui est Dieu et béni par-dessus tout dans les siècles des siècles.

 

Ainsi soit-il.

Par WalkTsin - Publié dans : Religion catholique-Théologie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

télécharger le film CRISTIADA

Pour télécharger le film et les sous titres grâce au site la barque de Pierre cliquez sur l'image

Citations à méditer.

« Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit exulte de joie en Dieu mon Sauveur, car le Tout-puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom. »
undefined

Suis-je prêt à me présenter devant le Seigneur ?

      Suis-je prêt à mourir? Mes affaires temporelles sont-elles en règle et mon testament bien fait? Ma conscience est-elle en règle? N'ai-je rien à craindre pour mes confessions, mes communions, l'accomplissement des devoirs de mon état? 

      Si je savais devoir mourir à la fin de cette journée, comment la passerais-je? Comme j'en emploierais bien tous les moments! Si je savais devoir mourir après cette prière, comme je prierais avec attention et ferveur! Si ce devait être après cette confession, après cette communion, après cette messe, cette visite au saint Sacrement, comme je ferais saintement toutes ces saintes choses! Rentrons ici en nous-mêmes, et comprenons quel changement opérerait en nous et en toute notre conduite cette pensée de la mort bien méditée.

La Sainte Bible :



"La justice élève les nations, et le péché rend les peuples misérables."



 Napoléon Bonaparte :


"La première des vertus est le dévouement à la patrie."

 

Stendhal :

stendhal-copie-1.jpg

"La vraie patrie est celle où l'on rencontre le plus de gens qui vous ressemblent."


- Saint Jose-Maria :
"Le chemin de l’amour s’appelle sacrifice"
- Lt Tom Morel : "Je cultive le prestige, non pour une vaine gloire mais pour élever les âmes vers Jésus: Il est mon grand  potentiel d'énergie; s'Il n'était pas dans mon cœur, je sens que je ne pourrais rien faire".

 




> Les Auteurs moins connus voire anonymes mais pertinents :

"Le guerrier ne fait que porter l'épée pour le compte des autres. C'est un seigneur puisqu'il accepte encore de mourir pour des fautes qui ne sont pas les siennes, en portant le poids du péché et de l'honneur des autres."

"Une nation s'affaiblit lorsque s'altère et se corrompt le sentiment de l'amour de la nation et de la pratique religieuse" 


Ce en quoi nous puisons l’espoir, l’essence de tout. 

 

Nos Papes ont dit:

 
Grégoire IX a dit :

http://www.histoiredesjuifs.com/images/B_Gregor_X.jpg

"Ainsi, Dieu choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. Pour ce motif, le royaume de France est le royaume de Dieu ; les ennemis de la France sont les ennemis du Christ.
De même qu'autrefois la tribu de Juda reçut d'en-haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du patriarche Jacob ; de même le Royaume de France est au-dessus de tous les autres peuples, couronné par Dieu lui-même de prérogatives extraordinaires.
La tribu de Juda était la figure anticipée du royaume de France."
 

Saint Pie X a dit :


http://www.sainte-philomene.info/images/St_Pie_X.jpg
"Vous direz aux français qu'ils fassent trésor des testaments de saint Remy, de Charlemagne et de saint Louis, ces testaments qui se résument dans les mots si souvent répétés par l'héroïne d'Orléans : "Vive le Christ qui est Roi des Francs !"
A ce titre seulement, la France est grande parmi les nations ; à cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse ; à cette condition, on pourra lui appliquer ce qui, dans les Livres Saints, est dit d'Israël : que personne ne s'est rencontré qui insultât ce peuple, sinon quand il s'est éloigné de Dieu.
Ce n'est pas un rêve, mais une réalité ; je n'ai pas seulement l'espérance, j'ai la certitude du plein triomphe."


Jean Paul II a dit
:

"Oui, l'Eglise doit au peuple de France, qui a beaucoup reçu et aussi beaucoup donné, quelques-unes de ses plus belles pages : des grands ordres religieux, tels Cîteaux et les chartreux, aux cathédrales ou à l'épopée missionnaire commencée au siècle dernier. La générosité de ses œuvres et de sa pensée lui a valu l'amitié de nombre de peuples, et parmi les plus pauvres. Puisse la France continuer à y trouver ses raisons d'être !" 


Léon XII a dit :

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/26/LeoXII.jpg/150px-LeoXII.jpg
En premier lieu, arrachez à la franc-maçonnerie le masque dont elle se couvre et faites la voir telle qu'elle est.
Secondement, [...] instruisez vos peuples; faites leur connaître les artifices employés par ces sectes pour séduire les hommes et les attirer dans leurs rangs, montrez leur la perversité de leur doctrine  et l'infamie de leurs actes."


Paul IV a dit dans sa bulle* :

Paul-IV.jpg

Si jamais un jour il apparaissait qu'un Evêque, faisant même fonction d'Archevêque, de Patriarche ou de Primat; qu'un Cardinal de l'Eglise Romaine, même Légat; qu'un Souverain Pontife lui-même, avant sa promotion et élévation au Cardinalat ou au Souverain Pontificat, déviant de la foi Catholique est tombé en quelque hérésie, sa promotion ou élévation, même si elle a eu lieu dans la concorde et avec l'assentiment unanime de tous les Cardinaux, est nulle, sans valeur, non avenue

*
(Cum ex Apostolatus Officio)

Oraison

Un hymne à l'Honneur par le Père Jean Paul Argouarc’h :


"Seigneur vous l’avez endormi
Dans une paix certaine
Entre les bras de l’espérance et de l’amour.
Ce vieux coeur de soldat n’a point connu la haine.
Pour la France et pour vous il a combattu avec beaucoup d’amour.
Que Notre Dame d’Afrique,
Que Notre Dame d’Indochine,
Que Notre Dame de la Mer,
Vous accueille, Commandant, avec Sainte Anne.
Et qu’Elle étende son blanc manteau sur la France.
A genoux les enfants ;
A genoux les hommes ;
Et debout la France ! "

Prières

pri--res.jpg

Saint Michel, priez pour moi.
Saint Ange gardien, assistez-moi.
Mon saint Patron, protègez-moi.
Sainte Marie, Reine des Anges, veillez sur moi.

Saint Michel Archange de ta lumière éclairez-nous,
Saint Michel Archange, de tes ailes protègez-nous,
Saint Michel Archange, de ton épée défendez-nous.

Présentation

Messe de Toujours



Litanies des Saints



Magnificat



Monseigneur

Rechercher

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés