Tempête (électorale) dans un bénitier.

Publié le par WalkTsin

Vu sur le blog de Gabrielle-cluzel

 

Dans le monde catho, et même « catho-tradi-vieille droite », c’est l’effervescence : « Votez Sarko ! », « Votons Sarko ! », « Il faut voter Sarko ! ». Chaque jour, dans ma boîte de messagerie, un tombereau de courriels me demande, m’ordonne, me démontre, me supplie, me somme de voter Sarko. Ce sont des dizaines de figures pensantes du milieu qui se fendent d’une lettre ouverte pour faire leur coming-out : En se pinçant le nez, du bout des doigt, du pied gauche ou en fermant les yeux ils voteront tous Sarko. Le spectacle est assez croustillant : des  maurrassiens rallient celui qui fut,- quand il avait encore le temps d’écrire des bouquins-, l’hagiographe de Georges Mandel*. Des curés invoquant la loi naturelle, des mères de famille versaillaises qui ne voulaient pas voter Le Pen au motif que la dame n’était « pas assez claire » sur la question de l’avortement font à présent campagne pour un candidat qui lui est au contraire extrêmement clair sur le sujet : il est pour, et même plus que ça encore, déclarant en mars dernier au magazine Marie-Claire qui  s’inquiétait de la fermeture récentes de plusieurs centres d’IVG : « L’accès à l’IVG est un acquis majeur et un droit fondamental pour les femmes. J’y suis profondément attaché. Si certains centres ont fermé, d’autres ont vu leur capacité augmenter : au total, nous avons réduit les inégalités d’accès à l’IVG sur le territoire. Nous devons faire évoluer les capacités d’accueil des centres d’IVG pour qu’elles correspondent au mieux aux besoins des femmes. »

Foin de l’objection de conscience, oubliés les « points non négociables ». Sauve qui peut ! On craint pour nos impôts, nos écoles, nos allocations familiales, (comme si Bruno Lemaire, corédacteur du programme de Sarkozy,  n’avait pas été le premier à émettre l’idée de fiscaliser ces dernières et de les soumettre à condition de ressources), on redoute le vote des étrangers, (comme si le statut d’étranger, hélas, n’était pas un statut bien transitoire dans notre pays, comme si certaines villes comme Dreux n’avait pas déjà basculé dans le vote « ethnique » par le seul fait de la politique de  naturalisation, comme si le Président Sarkozy n’avait pas été le premier à faire d’une franco-marocaine musulmane le Garde des Sceaux de la France).

J’ai reçu quinze fois un document archi-confidentiel circulant sous le manteau de la toile,  signé François Hollande et adressé à une loge maçonnique, (sont un peu légers avec le traitement de leur courrier confidentiel ces gens-là),  qui en remontrerait au petit père Combes. Et si François Hollande faisait donner la garde, sauter les paras sur le Vatican et qu’il nous faille rempiler chez les zouaves pontificaux ? Des souvenirs d’enfance me reviennent. Celui notamment de la tête de mon grand-père le soir du 10  mai 1981, quand il croyait dur comme fer que les chars soviétiques allaient finir par débarquer sur les Champs-Elysées. C’est la panique, et la panique rend souvent incohérent.

Mes frères, comme disait qui vous savez, n’ayez pas peur. Qu’avec François Hollande nous nous apprêtions encore à avaler un paquet de couleuvres est une certitude, mais qui penseréellement que l’avenir avec Sarko sera plus jojo ?

* « Georges mandel, le moine de la politique » par Nicolas Sarkozy, éditions Grasset 1994

Publié dans Politique

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