Réflexions sur le fait de porter sa croix

Publié le par WalkTsin

AVE CRUX SPES UNICA


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Il y en a beaucoup qui désirent le céleste royaume de Jésus, mais peu consentent à porter sa Croix. Beaucoup souhaitent ses consolations, mais peu aiment ses souffrances.

 

Il trouve beaucoup de compagnons de sa table, mais peu de son abstinence.

 

Tous veulent partager sa joie, mais peu veulent souffrir quelque chose pour lui.

 

Plusieurs suivent Jésus jusqu'à la fraction du pain, mais peu jusqu'à boire le calice de sa Passion.

 

Plusieurs admirent ses miracles, mais peu goûtent l'ignominie de sa Croix. 

 


 

 

 


Voyez vous, tous viennent demander d'être délivrés de leur croix ; si peu viennent demander la force de la porter !

 

Quand il Lui plaira de nous mettre sur la Croix, remercions-le et estimons-nous heureux d'un si grand honneur qu'Il nous fait.

 

Tu sais bien que Dieu réserve la part de ses enfants pour la vie future et que, pour la présente, Il ne donne ordinairement à ses élus que l'honneur de beaucoup supporter et de porter les croix derrière Lui.

 

 Padre Pio

 


 

Parfois, la Croix apparaît sans qu'on la cherche : c'est le Christ qui s'inquiète de nous.


 Josémaria Escriva de Balaguer



 

Comme notre Seigneur n'a fait la Rédemption du monde que par sa croix, par sa mort et par l'effusion de son sang, et non par ses miracles ni par ses prédications, de même les ouvriers évangéliques ne font l'application de la grâce de la Rédemption que par leurs croix et par les persécutions qu'ils souffrent.


Louis Lallemant


 



Préparez-vous à recevoir les croix que Dieu vous envoie ; buvez le calice de sa Passion : n'en laissez pas perdre une seule goutte.
 

 

J.-B. Bossuet


 



La voie de Dieu est une croix quotidienne. Nul n'est jamais monté au ciel confortablement. Nous savons où mène cette voie du confort. Dieu ne laisse jamais sans souci celui qui se consacre à Lui de tout son coeur. Il lui donne d'avoir le souci de la vérité. C'est d'ailleurs à cela qu'on connaît que Dieu veille sur un tel homme : Il lui envoie toujours ses afflictions. Celui qui veut être sans souci dans le monde, celui qui a ce désir et qui en même temps cherche à marcher sur le chemin de la vertu, a quitté ce chemin.


Saint Isaac le Syrien

 

 



Si le divin Maître exige, en cet endroit, que ses disciples renoncent à eux-mêmes et qu'ils portent la croix à sa suite, ailleurs il s'engage et avec serment, à leur donner, par un miracle de sa toute puissance, outre la vie éternelle, le centuple, dès ici-bas (Mt 19, 29), de toutes les choses auxquelles ils renonceront pour lui plaire. De plus, il promet d'adoucir le fardeau de sa croix jusqu'à le rendre léger ; car il ne se borne point à affirmer que son joug est doux, il ajoute que son fardeau même est léger (Mt 11, 30). Si donc nous n'expérimentons pas la douceur du joug de Jésus, ni l'allègement du fardeau de la croix qu'il nous impose, c'est nécessairement parce que nous n'avons pas encore bien fait abnégation de notre volonté, que nous n'avons pas complètement renoncé à toutes nos vues humaines, pour ne plus apprécier les choses que par la lumière de la foi.

 

J.-B. Saint-Jure

 



Qu'est-ce qui nous révolte contre la longueur des croix ? C'est l'attachement à nous-mêmes : et c'est cet attachement que Dieu veut détruire ; car, tandis que nous tenons encore à nous-mêmes, l'oeuvre de Dieu ne s'achève point. De quoi pouvons-nous donc nous plaindre ? Notre mal est d'être attachés aux créatures, et encore plus à nous-mêmes. Dieu prépare une suite d'événements qui nous détache peu à peu des créatures, et qui nous arrache enfin à nous-mêmes. Cette opération est douloureuse ; mais c'est notre corruption qui la rend nécessaire, et qui est cause de la douleur que nous souffrons. Si notre chair était saine, le chirurgien n'y ferait aucune incision. Il ne coupe qu'à proportion que la plaie est profonde, et que la chair est plus corrompue. Si l'opération nous cause tant de douleur, c'est que le mal est grand. Est-ce cruauté au chirurgien de couper jusqu'au vif ? Non, tout au contraire, c'est affection, c'est habileté ; il traiterai ainsi son fils unique.
 

 

Fénelon

 


 

Qu'on prenne et accepte telles batailles intérieures comme de la main de Dieu, à savoir comme sa volonté et comme la croix de Jésus-Christ, sachant que la croix nous arrive non seulement par les injures extérieures, comme plusieurs pensent, mais aussi par les guerres intérieures, comme ici paraît, et comme savait fort bien celui qui disait : "Je vois une autre loi au-dedans de moi, répugnant à la loi de mon esprit, et m'attirant à la loi du péché".

 

Benoît de Canfeld

 

 


 

Il ne nous est pas possible d'aimer Jésus et de vouloir être couronné de roses quand il l'a été d'épines.

 

Charles de Foucauld

 

 


L'âme désireuse de la perfection choisit de tout son coeur la croix et les souffrances comme un grand trésor, aimant beaucoup mieux le chemin rude et difficile que celui qui est doux et commode, se proposant ce conseil de Notre-Seigneur : "Quiconque veut venir après moi, qu'il prenne sa croix et me suive".

 

Jean-Joseph Surin

 

 


 

Je ne sens plus ma croix, ô Jésus, quand je songe à la vôtre !

 

Sainte Bernadette

 

 


 

 

La croix est la grâce des grâces pour le cœur qui aime ; l'amour a soif d'imitation, de ressemblance ; la croix, les épines, le calice, c'est la ressemblance avec le divin Amant, l'union à Lui dans ses états, la part prise à ses douleurs.

 

Les sens ont horreur de la souffrance, la foi la bénit comme un don de la main de Jésus, une part de la Croix qu'Il daigne nous donner à porter.
C'est par la Croix que Jésus a sauvé le monde, c'est par la Croix, en laissant Jésus vivre en nous et achever en nous par nos souffrances ce qui manque à sa Passion, que nous devons continuer jusqu'à la fin des temps l'oeuvre de la Rédemption.

 

Charles de Foucauld


 


 

Une journée entière de croix vaut plus que cent ans d'exercices spirituels.

 

Père Jean Rigoleuc

 

 


 

 

Dans le chemin de la croix, il n'y a que le premier pas qui coûte. C'est la crainte des croix notre plus grande croix...

 

Les gens du monde se désolent quand ils ont des croix, et les bons chrétiens se désolent quand ils n'en ont pas. Le chrétien vit au milieu des croix comme le poisson vit dans l'eau...

 

Si Dieu nous envoie des croix nous nous rebutons, nous nous plaignons, nous murmurons, nous sommes si ennemis de tout ce qui nous contrarie, que nous voudrions toujours être dans une boîte de coton ; c'est dans une boîte d'épines qu'il faudrait nous mettre.

 

C'est par la croix que l'on va au ciel. Les maladies, les tentations, les peines, sont autant de croix qui nous conduisent au ciel. Tout cela sera bientôt passé. Voyez les saints qui sont arrivés avant nous. Dieu ne nous demande pas le martyre du corps, il nous demande seulement le martyre du coeur et de la volonté. Notre Seigneur est notre modèle ; prenons notre croix et suivons-le.

 

Saint Curé d'Ars

 

 


 

Ne désirez pas les croix, sinon à mesure que vous aurez bien supporté celles qui se seront présentées ; car c'est un abus de désirer le martyre et n'avoir pas le courage de supporter une injure.

 

Saint François de Sales

 

 


 

 

Les meilleures croix sont les plus pesantes, et les plus pesantes sont celles qui nous sont plus à contre coeur, celles que nous ne choisissons pas : les croix que l'on rencontre dans les rues, et encore davantage celles que l'on trouve à la maison... Elles sont meilleures que les cilices, les disciplines, les jeûnes et tout ce que l'austérité a inventé. Les croix que nous choisissons sont toujours un peu mignardes, parce qu'il y a du nôtre, et, pour cela, elles sont moins crucifiantes. Humiliez-vous donc, et recevez joyeusement celles qui vous sont imposées contre votre gré.

 

Saint François de Sales

 

 


 

 

N'allez point au-devant des croix : vous en chercheriez peut-être que Dieu ne voudrait pas vous donner, et qui seraient incompatibles avec ses desseins sur vous. Mais embrassez sans hésiter toutes celles que sa main vous présentera en chaque moment. Il y a une providence pour les croix, comme pour les choses nécessaires à la vie. C'est le pain quotidien qui nourrit l'âme, et que Dieu ne manque jamais de nous distribuer.
 

 

Fénelon

 


 

Pourquoi donc craignez-vous de porter la Croix, par laquelle on arrive au ciel ?
Dans la Croix est le salut, dans la Croix la vie, dans la Croix la protection contre nos ennemis.

 

C'est de la Croix que découlent les suavités célestes.

 

Dans la Croix est la force de l'âme, dans la Croix la joie de l'esprit, la consommation de la vertu, la perfection de la sainteté.
 

 

Imitation de Jésus-Christ

 

 


 

 

Notre repos, c'est de nous réjouir du bonheur infini de Dieu et, en regardant un peu plus bas, de nous réjouir de nos croix, car par elles nous avons le bonheur de lui prouver notre amour.

 

Charles de Foucauld

 

 


 

Comme il est doux, mon Père, ce mot de : croix ! Ici, au pied de la croix, les âmes se revêtent de lumière, s'enflamment d'amour, mettent des ailes pour atteindre des cieux plus élevés. Que cette croix soit dans le même temps notre lit de repos, notre école de perfection, notre héritage bien-aimé ! Dans ce but gardons-nous de la séparer de l'amour que nous portons à Jésus : sans celui-ci, elle deviendrait un fardeau que notre faiblesse ne saurait supporter.

 

Que la Vierge des Douleurs nous obtienne de son Fils de nous faire pénétrer toujours plus avant dans ce mystère et de nous enivrer des souffrances de Jésus ! La plus grande preuve d'amour consiste à souffrir pour l'être aimé. Par conséquent, comme le Fils de Dieu a subi tant de souffrances par pur amour, il ne fait aucun doute que la croix qu'il a portée devient aussi aimable que l'amour.


Que la Sainte Vierge nous obtienne d'aimer la croix, les souffrances et les douleurs ! Puisqu'elle fut la première à mettre l'Evangile en pratique dans toute sa perfection et sa sévérité, et cela avant même qu'il ne soit publié, qu'elle nous l'obtienne à nous aussi et nous donne d'être toujours à ses côtés. Efforçons-nous aussi, à l'exemple de tant d'âmes élues, de nous tenir toujours derrière cette Mère bénie et de marcher à sa suite, car il n'y a pas d'autre chemin qui conduise à la vie que celui que notre Mère emprunte : ne nous en détournons pas, si nous voulons atteindre notre but.


Padre Pio

 


 
Il n'y a pas d'autre chemin pour aller au ciel que le chemin de la croix.

 

Jésus à Sainte Faustine

 

 


 

Il n'y a pas de joie plus grande que de s'approcher de Dieu ; il n'y en a pas non plus qui coûte autant !


Une Moniale Dominicaine

 


Dieu s'attaque à notre bonheur pour le purifier. J'ai soif pour toi, dit-il, d'une joie aussi pure que la mienne.


Gustave Thibon

 


 


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Chaque fois qu'en résistant à l'un quelconque de tes sens tu te fais violence, pense à la partie de la Croix du Christ à laquelle tu te rends ainsi conforme.

 

 

 

 

Charles Gay (1814-1891) : Porter sa croix

 

Chère bonne sœur, ta dernière lettre m'a bien ému. Je souffre de te voir tant souffrir, et, si je suivais une certaine pente, je me plaindrais à Notre-Seigneur de ce qu'il te crucifie ainsi au dehors, au dedans, tout entière, toujours et vraiment de plus en plus. Mais ce bon Maître m'arrête court en se montrant lui-même à moi, accablé de fardeaux sans mesure, couvert de blessures sans nombre et navré de douleurs sans nom. Il est pourtant le fils de toutes les complaisances, l'être tout immaculé, et il possède, en substance et par un droit natif, toute la gloire divine qu'il achète en souffrant ainsi.
II n'y a que ce mystère de Jésus crucifié qui nous puisse expliquer les conduites de Dieu envers ceux qui lui appartiennent. Tiens donc ferme, pauvre petite sœur, soutiens l'épreuve ; étends d'abord ta prière et ton espérance, puis ton courage, à mesure que la peine s'étend ; appuyée sur ton crucifix, dis-toi que tu peux toutes choses, et crie à Dieu qu'il fasse absolument tout ce qu'il voudra. La paix est au dedans de nous ; je dis l'inaltérable paix des saints, qui est le commencement de la paix béatifiante du ciel. Monte plus haut que toi et perds-toi avec Jésus et Marie, dans l'infinie souveraineté des droits de Dieu.
Là, dans cette foi, dans cette abnégation, dans cet abandon complet de ta personne, tu rendras à Dieu le culte suprême qu'il attend de toi, tu lui donneras joie et gloire, et tu mériteras qu'en retour lui-même soit ta gloire et ta joie. Il ne faut reculer devant aucun des sacrifices qui sortent des peines que tu as librement acceptées. Souviens-toi qu'il est écrit : « Celui qui persévérera jusqu'à la fin, c'est celui-là qui sera sauvé » ; à ceux qui hésitent en route, Jésus dit : « Est-ce que, vous aussi, vous voulez vous en aller ? » et à ceux qui le suivent : « C'est vous qui avez eu la généreuse fidélité de demeurer avec moi dans toutes mes tribulations... eh bien, je vous ferai asseoir avec moi sur un trône, à la droite de mon Père. » Regarde chaque chose qui se présente, à cette lumière : cela me rend-il plus semblable à Jésus-Christ et plus digne de lui ? Si oui, tout est bien. Il suffit que je contente mon Maître et parvienne à lui être plus unie. Chère enfant, Jésus a surtout enfanté en souffrant. Le mystère de sa paternité c'est celui de sa Passion. Il n'a pas lui-même annoncé l'Évangile au monde, mais il a envoyé ses apôtres pour enfanter les peuples à la vérité.
Pour lui, après être resté sur la croix jusqu'au moment de sa mort, il s'est fixé dans le ciel, où il est caché pour nous, - et dans le Saint-Sacrement, où il s'immole encore, autant que son état glorieux le comporte. Ah ! je pense, devant cette destinée que nous voyons se dérouler pour toi, que tu dois, toi aussi, être féconde par la douleur et, retirée au dedans, là où sont les principes et les exordes des choses, enfanter par autrui, pour ce qui est de l'extérieur, et demeurer a peu près comme l'Eucharistie, qui est l'hostie de Dieu et des hommes. C'est dans cette mission de grâce acceptée, que tu trouveras le dernier dégagement humain que visiblement Dieu te demande.

Il se peut très lien que tu ne sois séparée de Jésus-Christ que par un voile très peu épais. Ce voile t'empêche de voir Notre-Seigneur (j'entends comme on peut le voir en ce monde) ; mais, de même que le cri poussé par Jésus en mourant a déchiré le voile du Temple juif, de même, probablement le dernier mot de ton sacrifice déchirera ce voile dont je te parle, ou du moins le fera tomber. Et alors tu sauras ce que contiennent ses infaillibles promesses ; le Seigneur fera toutes choses neuves et les anciennes s'en seront allées ; - lui-même essuiera toutes les larmes de nos yeux, et il n'y aura plus ni deuil, ni faim, ni misère, ni mort, ni quoi que ce soit du monde où se mêlait le péché.
Je prie Dieu de hâter pour toi ce moment et, en te donnant d'abord la force, de te donner enfin et ensuite la délivrance.

Charles Gay, A sa sœur. Rome, 30 mai 1860.
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