Naiseries modernes

Publié le par WalkTsin

Le diocèse de Saint Etienne fait dans l’humour. Pour leur campagne du denier 2011, l’évêque et son économe prenaient des mines de Deschiens pour détailler en nature leurs ‘besoins concrets’. Cela donnait : «200.000 litres de fioul» ou encore «le diocèse recherche également 191 familles pour loger, nourrir, blanchir les 191 prêtres du diocèse». Le clip concluait «Sinon, il y a le denier de l’Eglise». C’était somme toute assez bien vu, un peu horizontal mais bon enfant.

Hélas, la campagne 2012 prend ce mode bon enfant au pied de la lettre! le nouveau clip est une démarque du précédent, avec des gamins dans le rôle de Monseigneur, de son économe, et de toutes les autres personnes. Enfant-animateur de messe, enfant-prêtre qui baptise une poupée, enfant-évêque qui retire une sucette de sa bouche et récite: «pour que toutes ces personnes continuent à faire ce travail très chouette nous avons besoin de sous». Voyez plutôt:

 

 


 

 

 

 

Honnêtement, c’est très niais. Sans doute y a-t-il un public pour cela, c’est celui qui s’amuse des bêtises sages, qui rit de soi-disant mots d'enfants que l’on se refile d’une mamie l’autre, qui s'émeut de son propre attendrissement face aux «têtes blondes». C'est, à gros traits, la sociologie des «Le Quesnoy», cette famille aisée de «La vie est un long fleuve tranquille», le film d’Etienne Chatiliez. Et pourquoi pas, au fond? Les «Le Quesnoy» sont des gens honorables, il y aurait mauvaise grâce à leur reprocher leur gentillesse ou leur aisance – d’autant que c’est eux, typiquement, qui remplissent la caisse.

Le problème c’est qu’en France, en 2012, le catholicisme se réduit souvent à un trait identitaire de la bourgeoisie (petite moyenne et grande). Dans ce contexte, faut-il communiquer sur l’aspect ‘gentillet’? ce qui convient pour placer des lessives ou du poisson pané (éventuellement: pour promouvoir une association de bienfaisance) ne permet pas de faire passer l'Esprit. Tout de même! c’est d’Eglise que l’on parle, et ces saynètes enfantines (on y 'joue à...') me semblent particulièrement mal venues.

PS1 – Et que l’on ne convoque pas les «petits enfants» de l’Evangile – le Christ parlait de petits êtres fragiles et innocents, qui à l'époque n’étaient pas les personnes les plus importantes de leur famille. Quel rapport avec ceux du clip, qui sont des gamins contemporains, assurés dans leur jeu de la bienveillance (voire de la connivence) de leurs parents, grands- et arrières-grands-parents?!

PS2 – Il y a une certaine ringardise à faire en 2012 ce qu’on voyait dans les pubs télés d’il y a 20 ans, à savoir inverser les rôles d’enfants et d’adultes. Et bien... figurez-vous que La Croix y voit «une campagne choc».

 

http://ab2t.blogspot.com/

 

http://www.aucirque.com/actus/2011a/2011-03-31-messeclownlondre1.jpg


RAPPEL



Que le prêtre est quelque chose de grand !

Voici un très beau texte où St Jean-Marie Vianney, curé d'Ars, nous redit la grandeur du prêtre et nous rappelle combien il est indispensable au monde.

 

"Qu'est-ce que le prêtre ? Un homme qui tient la place de Dieu, un homme qui est revêtu de tous les pouvoirs de Dieu.


"Allez, dit notre Seigneur au prêtre, comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. Toute puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre. Allez donc, instruisez toutes les nations. Celui qui vous écoute, m'écoute ; celui qui, vous méprise me méprise". Lorsque le prêtre remet les péchés, il ne dit pas : "Dieu vous pardonne." Il dit : "Je vous absous."

 


© esprit-photo.com

Saint Bernard assure que toutes les grâces nous viennent par Marie ; on peut dire aussi qu’elles nous viennent toutes par le prêtre : oui, tous les bonheurs, toutes les grâces, tous les dons célestes.

 

Si nous n’avions pas le sacrement de l’Ordre, nous n’aurions pas Notre-Seigneur : qui est-ce qui l’a mis là, dans ce tabernacle ? C’est le prêtre. Qui est-ce qui a reçu votre âme à son entrée dans la vie ? Le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage ? Le prêtre. Qui la préparera à paraître devant Dieu, en lavant cette âme, pour la dernière fois, dans le sang de Jésus-Christ ? Le prêtre. Et si cette âme vient à mourir, qui la ressuscitera ? Qui lui rendra le calme et la paix ? Encore le prêtre.

 

Vous ne pouvez pas vous rappeler un seul bienfait de Dieu, sans rencontrer, à côté de ce souvenir, l’image du prêtre.


Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand !


Le prêtre ne se comprendra bien que dans le ciel. Si on le comprenait sur terre, on mourrait, non de frayeur, mais d'amour. A quoi servirait une maison remplie d'or, si vous n'aviez personne pour vous en ouvrir la porte ?

Le prêtre n’est pas prêtre pour lui. Il n’est pas pour lui, il est pour vous. La belle mission des prêtres, c'est d'être l'âme et le soutien de la religion. Après Dieu, le prêtre, c'est tout !...


Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre, hélas, que deviendra-t-elle ? Voyez les pays où il n'y a pas de prêtres, on y adore les bêtes, les plantes !"

 

http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2010/10/Saint-Sacrifice-de-la-messe.jpg

 

 

Publié dans Crise de l'Eglise

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