LE SACREMENT DE PÉNITENCE

Publié le par WalkTsin

 

 

 

Regret de nos pechesINTRODUCTION : Il n'y a que deux voies pour aller au ciel, l'innocence ou la pénitence. Mais qui est-ce qui peut se flatter d'avoir conservé pure et sans tache la belle robe d'innocence qu'il a reçue au jour de son baptême ? Hélas ! Trop souvent, à peine est-on parvenu à l'âge de raison, qu'on la traîne indignement dans la boue du péché. On se laisse séduire par les mauvais exemples du monde, par la contagion du siècle ; et on rompt les engagements sacrés, qu'on a contractés avec Dieu, pour se ranger sous la cruelle tyrannie de Satan.

 

Il n'aurait dépendu que du Seigneur d'abandonner à leur malheureux sort ceux qui le méprisent d'une manière si indigne ; mais il a eu pitié de la faiblesse de notre nature ; et, dans son ineffable miséricorde, il nous a préparé un moyen de nous relever après nos chutes et de recouvrer sa grâce : c'est le sacrement de Pénitence, que le saint Concile de Trente appelle une seconde planche après le naufrage ; expression qui lui convient parfaitement, car ayant été, dès notre naissance, noyés et abîmés dans la mer du péché originel, nous avons eu le baptême pour première planche, afin de nous sauver de la masse de perdition ; et, venant ensuite à nous perdre dans un océan d'iniquités, par le mauvais usage que nous faisons de notre volonté, nous avons la Pénitence pour seconde planche, afin d'échapper encore au naufrage. Pareillement, on l'appelle la seconde échelle après le baptême, parce que, par elle, le chrétien peut remonter encore de l'abîme du péché jusqu'au ciel, jusqu'à Dieu ; et cette échelle a trois degrés, qui sont : la contrition du cœur, la confession de la bouche et la satisfaction des bonnes œuvres ; après quoi l'homme arrive à la grâce et à la gloire. Nous allons expliquer avec le plus grand soin, tout ce qui regarde ce sacrement.

 

D : Qu'est-ce que la pénitence ?
R : La pénitence est un sacrement établi par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour remettre les péchés commis après le baptême.

 

Pénitence signifie la peine, le repentir qui occupe notre âme ; c’est avoir du regret, de la peine d'avoir fait telle ou telle mauvaise action. Distinguons d'abord ici entre la vertu et le sacrement de pénitence :


La vertu de pénitence, c'est le sentiment intérieur de componction et de douleur qui nous porte à détester les fautes que nous avons commises. Vertu qui a inspiré aux Saints ces austérités qu'on appelle une vie pénitente.

Le sacrement de Pénitence, c'est le signe sensible institué par Notre Seigneur Jésus-Christ pour remettre et effacer les péchés que nous avons eu le malheur de commettre après l'âge de raison, c'est-à-dire, quand nous pouvons connaître que nous offensons le bon Dieu. Ce sacrement suppose la vertu de pénitence, sans laquelle il ne remettrait pas les péchés. Le signe sensible de la rémission, c'est l'absolution qu’accorde le prêtre au pénitent et c’est ce que nous confession de bouche chaque fois que nous disons le Credo : « Je crois à la rémission des péchés ».


Ceci étant bien compris, voyons ce qu’est exactement la Pénitence : le sacrement de baptême, en effaçant en nous le péché que nous avait transmis nos premiers parents, et en nous régénérant en Jésus-Christ, ne nous a pas rendus impeccables. Nous sommes encore, après l’avoir reçu, enclins au mal et exposés à des tentations auxquelles nous ne succombons que trop souvent. Dieu montre alors sa miséricorde d'une manière admirable ; car ce n'était pas assez d'être mort pour nous sur la croix, d'avoir institué le sacrement de Baptême, sans lequel jamais nous n'aurions vu le ciel, il a daigné ouvrir une nouvelle voie de salut à ceux qui, par leurs fautes, ont perdu l'inestimable avantage de l'innocence baptismale; c'est la pénitence, par laquelle l'homme déteste son péché, le pleure, l'expie, le répare, et mérite de recouvrir la grâce qu'il avait perdue.


La vertu de pénitence, qui consiste dans la douleur d'avoir offensé Dieu et dans la réparation de cette offense, a été, dans tous les temps, d'une absolue nécessité pour obtenir la rémission des péchés. Tous les pécheurs que, avant la venue de Jésus-Christ, Dieu a reçus en grâce, ne l'ont été et n'ont pu l'être que d'après leur vive et sincère pénitence.
Nous ne voyons, dans les saintes Écritures, aucun exemple de pardon accordé sans repentir; nous voyons souvent, au contraire, que, sans repentir, il n'y a point de salut à espérer.


Sous la loi de grâce, Jésus-Christ a élevé la pénitence à la dignité de sacrement; c'est par ce sacrement que sont remis et effacés les péchés commis après le baptême, et qu'un chrétien peut recouvrer l’amitié de Dieu quand il a en le malheur de la perdre par le péché mortel.

 

D : Quand Notre-Seigneur Jésus-Christ établit-il le sacrement de pénitence ?
R : Notre-Seigneur Jésus-Christ établit le sacrement de pénitence après sa Résurrection, lorsqu'il dit à ses apôtres : « Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. »

 

Le pouvoir de remettre et de retenir les péchés avait été promis aux apôtres par ces paroles de Jésus-Christ : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié dans le ciel. » (Matth. XVIII, 18). Ce fut peu de jours avant son ascension que Jésus-Christ exécuta cette promesse : « Que la paix soit avec vous, » dit-il à ses disciples, en paraissant tout à coup au milieu d'eux, « Je vous envoie comme mon père m'a envoyé. »

 

Puis il souffla sur eux et leur dit : « Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez » (Jean XX, 22-23). Il est évident que, par ces paroles, Jésus-Christ a établi les apôtres, et, en leur personne, les évêques et les prêtres juges des consciences, et qu'il leur a donné le pouvoir de remettre et de retenir les péchés. Or, l'exercice de ce pouvoir est un vrai sacrement, puisqu'on y trouve tout ce qui est nécessaire pour constituer un sacrement :


1°) c'est un signe sensible ; ce que fait le prêtre en donnant l'absolution, les paroles qu'il prononce, tombent sous les sens et signifient la sentence de pardon que Dieu Lui-même prononce dans le ciel en ratifiant celle de son ministre ;

2°) ce signe sensible produit la grâce, puisque par là les péchés sont remis et effacés, et le coupable pleinement réconcilié avec Dieu.

 

D : Ce sacrement a-t-il la vertu de remettre tous les péchés commis après le baptême ?
R : Oui, le sacrement de pénitence, si on le reçoit dignement, remet tous les péchés commis après le baptême.

 

Le pouvoir donné par Jésus-Christ à ses ministres est général ; il ne renferme point d'exception : « Tout ce que vous délierez sera délié ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez. » Ainsi, le sacrement de pénitence a la vertu de remettre tous les péchés, quelque nombreux, quelque énormes qu'ils soient ; et s'il y a dans l'Écriture certaines expressions d'où l'on pourrait conclure qu'il y a des péchés irrémissibles, cela veut dire seulement qu'il est des péchés qui ne seront pas pardonnés non pas parce que le sacrement de Pénitence n'a pas ce pouvoir, mais parce que le pécheur n'a pas voulu s'en repentir.

 

D : Qui a le pouvoir de l'administrer ?
R : Les évêques et les prêtres ont seuls le pouvoir d'administrer le sacrement de pénitence.

 

Les évêques et les prêtres ont seuls le pouvoir d'administrer le sacrement de pénitence, parce que c'est à eux seuls que Jésus-Christ a dit, dans la personne des apôtres : tout ce que vous délierez sera délié ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez. La tradition de tous les siècles montre que le ministère de remettre les péchés a constamment été réservé aux évêques et aux prêtres, et l'Église a frappé de ses anathèmes ceux qui voulaient étendre à d'autres le pouvoir des clefs, c'est-à-dire le pouvoir de réconcilier les pécheurs.

 

D : Tous les prêtres ont-ils ce pouvoir ?
R : Non, il n'y a que les prêtres approuvés par l'évêque, sauf le cas d'absolue nécessité.

 

Tous les prêtres ont reçu, dans leur ordination, le pouvoir d'ordre, qui leur donne le droit de célébrer le saint sacrifice de la messe, de conférer plusieurs sacrements, et notamment celui de pénitence. Mais, outre ce pouvoir d'ordre, ils ont encore besoin, pour absoudre validement, d'un pouvoir de juridiction ; c'est-à-dire qu'indépendamment de la puissance radicale de remettre ou de retenir les péchés, qu'ils ont reçue dans leur ordination, il faut qu'il leur soit assigné des sujets sur lesquels ils l'exercent. En effet, et ce raisonnement est du concile de Trente, une sentence, dans l'ordre judiciaire, ne peut être portée que sur ceux qui sont soumis à celui qui la prononce ; elle exige donc une juridiction, et par conséquent, l'absolution donnée par un prêtre qui n'a point de juridiction, ne peut avoir aucun effet.


Tous les prêtres n'ont donc pas le pouvoir d'administrer le sacrement de pénitence: mais il n'y a que ceux qui ont juridiction et qui sont approuvés par l'évêque pour entendre les confessions. Cependant en cas d’absolue nécessité, c’est-à-dire lorsque le recours à un prêtre approuvé est tout à fait impossible, tout prêtre peut administrer validement le sacrement de pénitence.

 

D : Le sacrement de pénitence est-il nécessaire au salut ?
R : Oui, il est nécessaire au salut pour ceux qui, depuis leur baptême, ont péché mortellement, ne l'eussent-ils fait qu'une fois.


D : Que donne le sacrement de pénitence à une âme en étal de grâce ?
R : Il augmente la grâce sanctifiante et la vie surnaturelle.


D : Que donne le sacrement de pénitence à une âme en état de péché mortel ?
R : Il lui donne de nouveau la grâce sanctifiante et la vie surnaturelle.

 

Dieu ayant attaché la grâce de la réconciliation au sacrement de pénitence, il s'ensuit qu'il est absolument nécessaire au salut pour tous ceux qui, depuis leur baptême, sont tombés dans quelque péché mortel. Le sacrement de pénitence n'est pas également nécessaire à ceux qui n'ont commis que des péchés véniels, parce qu'il y a d'autres moyens d'en obtenir la rémission ; mais il leur est très-utile, puisqu'ils peuvent y puiser de nouvelles forces et une augmentation de la grâce sanctifiante en se confessant au moins une fois chaque année, ainsi que nous l’avons expliqué dans la leçon sur le troisième commandement de l’Église.

 

D : Quelles sont les dispositions nécessaires pour recevoir dignement le sacrement de pénitence ?
R : La contrition de nos péchés et la ferme résolution de ne plus les commettre.


D : Pourquoi la contrition est-elle toujours nécessaire pour recevoir le sacrement de pénitence ?
R : Parce que Dieu ne nous pardonne pas nos péchés si nous ne les regrettons pas.

 

La contrition est une douleur de l'âme et une détestation du péché commis, avec la résolution de ne plus les commettre à l'avenir et de satisfaire à la justice de Dieu.


Cette disposition est celle qui est le plus nécessaire de toutes celles que Dieu demande pour pardonner le pécheur ; sans un profond regret de l’avoir offensé, il est impossible d'avoir le pardon de ses péchés ; et c’est précisément la cause d'un nombre infini de confessions et de communions sacrilèges. Le plus déplorable, c'est que l'on ne s'en aperçoit presque jamais, et que l'on vit et meurt dans ce malheureux état. Rien de plus facile à comprendre : si nous nous confessons, alors que notre cœur n'est pour rien dans l'accusation que nous faisons de nos péchés, nous recevons certes l'absolution, mais nous nous approchons de la table sainte avec un cœur aussi froid, aussi insensible, aussi indifférent que si nous venions de faire le récit d'une histoire ; nous allons de jour en jour, d'année en année, enfin nous arrivons à la mort où nous croyons avoir fait quelque bien ; nous ne trouvons et ne voyons que des péchés et des sacrilèges que nos confessions ont enfantés. Que de confessions mauvaises sont dites par défaut de contrition !

 

La contrition est une douleur de l'âme. Il faut de toute nécessité que le pécheur ait un profond regret de ses péchés ou dans ce monde ou dans l'autre. Cette douleur doit avoir quatre qualités si une seule manque, nous ne pouvons pas obtenir le pardon de nos péchés. Sa première condition : elle doit être intérieure, c'est-à-dire dans le fond du cœur. Écoutez ce que nous dit le prophète Joël : « Avez-vous eu le malheur de pécher ? Ah ! Mes enfants, brisez et déchirez vos cœurs de regrets ! » (Joël II, 13) « Si vous avez perdu le Seigneur par vos péchés, nous dit Moïse, cherchez-le de tout votre cœur, dans l'affliction et l'amertume de votre cœur. » Pourquoi Dieu veut-il que notre cœur se repente ? C'est que c'est notre cœur qui a péché : « C'est de votre cœur, dit le Seigneur, que sont nés toutes ces mauvaises pensées, tous ces mauvais désirs ; » il faut donc absolument que si notre cœur a fait le mal, il se repente, sans quoi jamais Dieu ne nous pardonnera.

 

Deuxième condition de la contrition : elle doit être surnaturelle, c'est-à-dire que ce soit l'Esprit-Saint qui l'excite en nous, et non des causes naturelles. Distinguons : être affligé d'avoir commis tel ou tel péché, parce qu'il nous exclut du paradis et qu'il mérite l'enfer ; ces motifs sont surnaturels, c'est l'Esprit-Saint qui en est l'auteur ; cela peut nous conduire à une véritable contrition.

 

 Mais s'affliger à cause de la honte que le péché entraîne nécessairement avec lui, ainsi que des maux qu'il nous attire, comme la honte d'une jeune personne qui a perdu sa réputation, ou d'une autre personne qui a été prise à voler son voisin ; tout cela n'est qu'une douleur purement naturelle qui ne mérite point le pardon. De là il est facile de concevoir que la douleur de nos péchés, que le repentir de nos péchés peuvent venir ou de l'amour que nous avons pour Dieu ou de la crainte des châtiments. Celui qui dans son repentir ne considère que Dieu a une contrition parfaite, disposition si éminente qu'elle purifie le pécheur par elle-même avant d'avoir reçu la grâce de l'absolution, pourvu qu'il soit dans la disposition de la recevoir s'il le peut. Mais, pour celui qui n'a le repentir de ses péchés qu'à cause des châtiments, que ses péchés lui attirent, il n'a qu'une contrition imparfaite, qui ne le justifie point ; mais elle le dispose seulement à recevoir sa justification dans le sacrement de Pénitence.

 

Troisième condition de la contrition : elle doit être souveraine, c'est-à-dire la plus grande de toutes les douleurs, plus grande que celle que nous éprouvons en perdant ce que nous avons de plus cher au monde. Si après avoir péché vous n'êtes pas dans ce regret, craignez pour votre confession, car dans le meilleur des cas l’absolution n’effacera pas le péché ; et dans le pire des cas, vous commettrez une confession sacrilège, donc un péché mortel. Hélas ! combien de fois, pour la perte d'un objet, l'on se tourmente, jusqu'à ne pouvoir manger, et pour des péchés et souvent des péchés mortels, l'on ne poussera même pas un soupir.


Mais pourquoi est-ce que la douleur de nos péchés doit être si grande ? En voici la raison : elle doit être proportionnée à la grandeur de la perte que nous faisons et au malheur où le péché nous jette. D'après cela, jugez quelle doit être notre douleur, puisque le péché peut nous fait perdre le ciel.

 

Mais, comment peut-on reconnaître si cette véritable contrition est en nous ? Rien de plus facile. Si vous l'avez véritable, vous n'agirez, vous ne penserez plus de même, elle vous aura totalement changé dans votre manière de vivre : vous haïrez ce que vous avez aimé, et vous aimerez ce que vous avez fui et méprisé ; c'est-à-dire, que si vous vous êtes confessés d'avoir eu de l'orgueil dans vos actions et dans vos paroles, il faut maintenant que vous fassiez paraître en vous une bonté, une charité pour tout le monde, y compris pour vos ennemis.

 

Il ne faut pas que ce soit vous qui jugiez que vous avez fait une bonne confession, parce que vous pourriez bien vous tromper ; mais il faut que les personnes qui vous ont vu et entendu avant votre confession, puissent dire : « Il n'est plus le même ; un grand changement s'est opéré en lui. »

 

Mais, direz-vous, je voudrais l'avoir, cette contrition, lorsque je me confesse, mais je ne peux pas l'avoir. — Le curé d’Ars, saint Jean-Marie Vianney, nous dit que la contrition parfaite vient du ciel, que c'était à Dieu qu'il faut la demander. Qu'ont fait les saints pour mériter ce bonheur de pleurer leurs péchés ? Ils l'ont demandé à Dieu par le jeûne, la prière, par toutes sortes de pénitences et de bonnes œuvres ; car pour vos larmes, vous n'y devez nullement compter. Ouvrez les livres saints ; voyez Antiochus, combien il demande miséricorde ; cependant le Saint-Esprit nous dit qu'en pleurant ses péchés il n’obtint pas la miséricorde de Dieu (II Mach. IX, 13). Voyez Judas, il a conçu une si grande douleur de son péché, il le pleure avec tant d'abondance qu'il finit pour se pendre (Matth. XXVII, 3-5). Voyez Saül, il pousse des cris affreux d'avoir eu le malheur de mépriser le Seigneur, cependant il est en enfer ; au lieu que dès que David eût dit : « J'ai péché ; » de suite son péché lui fut remis. —

 

Et pourquoi cela, direz-vous ? Pourquoi cette différence, que les premiers ne sont pas pardonnés, tandis que David l'est ? C'est que les premiers ne se repentent et ne détestent leurs péchés qu'à cause des châtiments et de l'infamie que le péché entraîne nécessairement avec lui, et non par rapport à Dieu ; au lieu que David pleura ses péchés, non à cause des châtiments que le Seigneur allait lui faire subir, mais à la vue des outrages que ses péchés avaient faits à Dieu. Sa douleur fut si vive et si sincère que Dieu ne put lui refuser son pardon. Avez-vous demandé à Dieu la contrition avant de vous confesser ? Hélas ! Beaucoup de ceux qui entrent au tribunal de Dieu ne le font jamais.

 

Quatrième condition de la contrition : elle doit être universelle, c'est-à-dire, qu'elle doit s'étendre à tous les péchés mortels que l’on a commis, sans en excepter un seul. Celui qui conserve de l'affection pour un péché mortel n'est évidemment point pénitent. Il est impossible de haïr véritablement un péché mortel, comme étant une offense de Dieu, sans haïr, en même temps, tout ce qui peut l'offenser. Mais pour que la contrition soit universelle, il suffit que le pénitent déteste tous ses péchés par un seul acte, et par un seul motif qui convienne à tout péché mortel, de quelque espèce qu'il soit : «Tous les péchés ont en commun l’aversion de Dieu, en raison de laquelle ils empêchent la grâce, nous dit saint Thomas ; il n’est donc pas requis, qu’au moment même de la contrition l’on pense à chaque péché : il suffit de penser que l’on s’est détourné de Dieu par sa propre faute. » Cependant, il est à propos que le pénitent déteste tous ses péchés en détail, et qu'il s'excite à la contrition par les divers motifs propres à chaque péché pour pouvoir s’en corriger avec l’aide de Dieu et avec la ferme résolution de ne plus l’offenser.

 

D : Ceux qui ne pourraient avoir le prêtre à l'article de la mort ne seraient donc pas sauvés, s’ils étaient en péché mortel ?
R : Ils pourraient être sauvés, pourvu qu’ils eussent la contrition parfaite et un désir sincère de se confesser, s'ils le pouvaient.

 

Le sacrement de pénitence peut être suppléé par la contrition parfaite, jointe au désir de recevoir ce sacrement. Ainsi une personne qui, à l'article de la mort, ne pourrait avoir de prêtre, pourrait néanmoins être sauvée. Si elle se repentait de tout son cœur, et qu'elle produisit un acte de contrition parfaite, elle serait justifiée aux yeux de Dieu ; pourvu, toutefois, qu'elle joignît à son repentir le vœu du sacrement, c'est-à-dire le désir au moins implicite de se confesser et de recevoir l’absolution, si elle le pouvait.

 

D : Que faut-il faire pour bien recevoir le sacrement de pénitence ?
R : Il faut :


1°) examiner sa conscience ;


2°) avoir un grand regret de ses péchés ;


3°) former la résolution sincère de ne plus les commettre ;


4°) confesser tous ses péchés au prêtre ;


5°) être dans la disposition de satisfaire à Dieu et au prochain.

 

Les péchés ne sont pas remis à tous ceux qui reçoivent l'absolution, mais seulement à ceux qui sont bien disposés. Or, on ne serait pas bien disposé si l'on n'avait pas eu soin d'examiner sa conscience; si l'on ne détestait pas les péchés que l'on a commis; si l'on n'était pas dans la ferme résolution de ne plus y retomber ; si l'on n'en faisait pas l'aveu sincère ; si, enfin, on n'était pas dans l'intention de satisfaire à la justice de Dieu et de réparer le tort fait au prochain dans sa personne, dans sa réputation ou dans ses biens. Ces conditions sont nécessaires pour qu'on reçoive le sacrement de pénitence, et, par conséquent, pour que les péchés soient remis. Nous verrons chaque point, dans le détail, lors des prochaines leçons.

 

RÉCAPITULATION PRATIQUE

 

1°) Soyez bien convaincus de la nécessité d'un examen préliminaire à la confession.


2°) Faites cet examen sérieusement, soigneusement, sincèrement, sans scrupule, avec sagesse et un repentir véritable.


3°) Prenez-vous-y de loin, quelques dimanches avant ta confession, à examiner l'état de votre âme afin d'y mettre tout le temps et les soins nécessaires à une bonne confession.


4°) Pour y réussir plus aisément, faites votre examen de conscience tous les soirs avant de vous coucher, et un examen de semaine tous les dimanches.


En un mot, apprenez à vous connaître vous-mêmes ; c'est la véritable science et la vraie sagesse.

 

TRAITS HISTORIQUES

 

L'oiseau attaché à un fil. — Saint Anselme de Cantorbéry vit un jour dans un jardin un enfant s'amuser avec un oiseau ayant un fil à la patte. Il laissait l'oiseau s'envoler, puis le tirait de nouveau en arrière par le fil. Le saint prélat était révolté, quand tout à coup le fil se brisa ; l'oiseau était libre et l’archevêque manifesta une joie extraordinaire. « Cet oiseau, dit-il à ses compagnons, me rappelle une âme que l'absolution tire des mains du démon. » — C'est en effet le sens des mots : Ego te absolvo... Je te détache des liens du péché.

Le prisonnier qui aime sa chaîne. — En 1900, à l'occasion de son mariage, le roi d'Italie gracia un certain nombre de condamnés. Or, au bagne de Porto-Ferrajo, un forçat détenu depuis 22 ans refusa sa grâce. Quand le directeur lui annonça sa libération, le prisonnier pleura, et pour qu'on fût forcé de le garder, avoua deux crimes non couverts encore par la prescription. Puis il manifesta l'intention de se jeter à la mer, prétendant que jamais il n'aurait plus une vie aussi agréable. On se demande si ce forçat n'était pas fou, et il est pourtant une fidèle image du pécheur qui refuse le sacrement de pénitence et qui préfère l'esclavage de Satan à la liberté des enfants de Dieu.

 

 

PRIÈRES

Seigneur, j'ai péché et je ne suis pas digne de lever les yeux pour contempler la profondeur du ciel, à cause de la multitude de mes fautes ! Veuillez s’il vous plait manifestez en moi votre clémence, ô Père très aimant, montrez-moi votre pardon et votre indulgence : ne me refusez pas à moi seul ce que vous avez accordé à tant d'autres. J’ai un profond regret de vous avoir offensé. Je déteste ce que j'ai fait, j'accuse mon péché, je reconnais ma faute et je viens vous les confesser. Accueillez, Dieu tout-puissant, les cris de mon repentir, entendez ma supplication et exaucez la voix d'un pécheur qui vous demande pardon : j'ai péché, Seigneur, ayez pitié de moi ! J'ai péché, Seigneur, soyez-moi propice ! Si vous gardez le souvenir de mes péchés, ô Dieu, comment subsisterai-je ? Songez à ce que je suis; songez que je suis terrestre et charnel, poussière et cendre. Ouvrez pour moi les trésors de votre volonté, étendez sur moi votre main. Pardonnez-moi tous mes péchés et guérissez mon âme, car j'ai péché contre vous, Seigneur, à qui reviennent tout honneur et toute gloire dans l'éternité. Amen.

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Organiste39 18/04/2012 13:57

Merci WalkTsin pour tous ces beaux textes qui à la fois nous instruisent, nous incitent à la réflexion et surtout à la prière et du coup au redressement de toute notre vie pour la rendre conforme à
ce que Dieu attend de nous!
Prions pour la France en ce moment crucial des élections, afin de ne pas pécher à l'échelle nationale!