Le Noël du père Martin

Publié le par WalkTsin

 

 

 

 

Le père Martin était cordonnier. Il vivait seul depuis de longues années dans une petite échoppe qui lui tenait lieu de chambre, de cuisine et d’atelier de travail.

 

Un soir d'hiver, le 24 décembre exactement, alors que la nuit descendait sur la ville illuminée, le père Martin se dit : « Si c'était demain que Jésus naissait, je saurais quoi lui offrir! » Il se leva et prit sur son étagère deux petites chaussures de bébé en cuir blanc bien mou, fermées de boucles argentées. « C'est mon travail le plus fin ! Comme Marie serait heureuse de les mettre à son fils ! » Le père Martin, ému, remit les chaussures à leur place, souffla sa bougie, ferma son atelier et alla se coucher.

 

Cette nuit-là, le père Martin entendit en rêve une voix lui parler : « Martin! Tu as envie de me voir ? Demain, je passerai devant ta fenêtre. Ouvre-moi. J'entrerai et viendrai m'asseoir avec toi. Le père Martin n'eut aucun doute : c'était Jésus qui lui parlait!

Il ne dormit pas bien, tout à la joie de recevoir Jésus chez lui le lendemain. Il se leva tôt, activa le feu, balaya son atelier, rangea toutes ses affaires. Il prépara du café, du lait, du pain et du miel pour son invité. Et il courut se mettre à la fenêtre pour le guetter.

 

C'est alors qu'un balayeur passa devant chez lui, soufflant dans ses deux mains pour les réchauffer. « Pauvre homme, se dit le père Martin, il doit être gelé! » Et, ouvrant sa porte, il le héla : « Entre, mon ami, viens te réchauffer! J'ai là un bon feu et du café chaud! » L'homme ne se fit pas prier. Il entra et passa un moment en compagnie de Martin.

 

Une heure plus tard, le père Martin aperçut dans la rue une femme pauvrement vêtue qui portait un bébé dans les bras. Elle semblait si fatiguée qu'il ouvrit sa porte et lui demanda « As-tu besoin d'aide ? La femme répondit: « Je vais à l'hôpital avec mon enfant. Je suis malade et je suis seule chez moi, sans personne vers qui me tourner... » Le père Martin répondit : « Entre un moment ! Assieds-toi. Prends cette tasse de café chaud. Et voici une tasse de lait au miel pour ton enfant... » Le père Martin remarqua alors que l'enfant avait les pieds nus. Il se leva et prit sur son étagère les petites chaussures blanches en cuir mou qu'il aimait tant. Il les chaussa aux pieds du petit. Elles lui allaient à merveille. La mère le remercia avec gratitude et repartit.

 

Le père Martin se remit à guetter par la fenêtre son invité... Il ouvrit sa porte à d'autres personnes dans le besoin. Mais Jésus, il ne le vit point.

 

À la nuit tombée, il alla se coucher le cœur lourd. « Bien sûr, ce n'était qu'un rêve! Comment le Seigneur aurait-il pu venir jusqu'à moi? »Mais soudain la pièce fut inondée de lumière. Et le père Martin vit le balayeur, la mère et son enfant et toutes les autres personnes qu'il avait secourues dans la journée. Chacun lui souriait en disant : « Ne suis-je pas passé devant chez toi aujourd'hui, Martin ?

Ne m'as-tu pas ouvert ? Ne m'as-tu pas offert à boire et à manger devant la chaleur de ton feu ? »

Martin tout ému se reveilla et ne trouvant pas le sommeil il se mit à lire, à la page où l’Evangile était ouvert : 

 

« J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger. J’ai  eu soif et vous  m’avez donné à boire. J’étais étranger et vous m’avez accueilli.  Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces petits,  c’est à moi, Jésus, que vous les avez faites. » 

 

 

 

 

 

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