La Révolution est satanique. Pourquoi notre voix ?

Publié le par WalkTsin

 

La révolution a pour but de façonner un homme nouveau, en détruisant la constitution chrétienne de la France

 

 

(Constitution de 1792)

 


 

Allocution du pape Pie VI  déplorant l’assassinat du roi de France, Louis XVI le 17 juin 1793

 

Vénérables frères,


Pourquoi Notre voix n’est-elle point étouffée dans ce moment, par nos larmes et par nos sanglots ? N’est-ce pas plutôt par nos gémissements que par nos paroles, qu’il Nous convient d’exprimer cette douleur sans bornes, que Nous sommes obligé d’épancher devant vous, en vous retraçant le spectacle de cruauté et de barbarie que l’on vit à Paris, le vingt et un du mois de janvier dernier ?

 

Le roi très chrétien, Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie, et ce jugement s’est exécuté. Nous vous rappellerons en peu de mots les dispositions et les motifs de cette sentence. La convention nationale n’avait ni droit, ni autorité pour la prononcer. En effet après avoir abrogé la monarchie, le meilleur des gouvernements, elle avait transporté toute la puissance publique au peuple, qui ne se conduit ni par raison, ni par conseil, ne se forme sur aucun point des idées justes, apprécie peu de choses par la vérité, et en évalue un grand nombre d’après l’opinion ; qui est toujours inconstant, facile à être trompé et entraîné à tous les excès, ingrat, arrogant, cruel ; qui se réjouit dans le carnage, et dans l’effusion du sang humain, et se plaît à contempler les angoisses qui précèdent le dernier soupir comme on allait voir expirer autrefois les gladiateurs dans les amphithéâtres des anciens. La portion la plus féroce de ce peuple, peu satisfaite d’avoir dégradé la majesté de son roi, et déterminée à lui arracher la vie, voulut qu’il fût jugé par ses propres accusateurs, qui s’étaient déclarés hautement ses plus implacables ennemis. Déjà, dès l’ouverture du procès, on avait appelé tout à coup parmi les juges quelques députés plus particulièrement connus par leurs mauvaises dispositions, pour mieux s’assurer de faire prévaloir l’avis de la condamnation par la pluralité des opinants. On ne put cependant pas en augmenter assez le nombre, pour empêcher que le roi ne fût sacrifié, en vertu d’une minorité légale de voix. À quoi ne devait-on pas s’attendre et quel jugement exécrable à tous les siècles ne pouvait-on pas pressentir, en voyant le concours de tant de juges pervers, et de tant de manoeuvres employées pour capter les suffrages ? Toute fois plusieurs d’entre eux ayant reculé d’horreur, au moment de consommer un si grand forfait, on imagina de revenir aux opinions ; et les conjurés ayant ainsi voté de nouveau, prononcèrent que la condamnation était légitimement décrétée. Nous passons ici sous silence une foule d’autres injustices, de nullités et d’invalidités que l’on peut lire dans les courts plaidoyers des avocats et dans les papiers publics. Nous ne relevons pas non plus tout ce que le roi fut contraint d’endurer, avant d’être conduit au supplice, sa longue détention dans différentes prisons, d’où il ne sortait jamais que pour être traduit à la barre de la convention, l’assassinat de son confesseur, sa séparation de la famille royale qu’il aimait si tendrement, enfin cet amas de tribulations rassemblées sur lui pour multiplier ses humiliations et ses souffrances. Il est impossible de n’en être pas pénétré d’horreur, quand on n’a point adjuré tout sentiment d’humanité. L’indignation redouble encore, quand on considère que le caractère unanimement reconnu de ce prince était naturellement doux, et bienfaisant ; que sa clémence, sa patience, son pour ses peuples furent toujours inaltérables ; qu’incapable d’aucune dureté, d’aucune rigueur, il se montra constamment d’un commerce facile et indulgent envers tout le monde, et que cet excellent naturel lui inspira la confiance d’acquiescer au voeu public, et de convoquer les États généraux du royaume, malgré tous les dangers qui pouvaient en résulter pour son autorité et pour sa personne.

 

Mais ce que nous ne saurions surtout passer sous silence, c’est l’opinion universelle qu’il a donnée de ses vertus par son testament écrit de sa main, émané du fond de son âme, imprimé et répandu dans toute l’Europe. Quelle haute idée on y conçoit de sa vertu ! Quel zèle pour la religion catholique ! Quels caractères d’une piété véritable envers Dieu ! Quelle douleur, quel repentir d’avoir apposé son nom malgré lui à des décrets si contraires à la discipline, et à la foi orthodoxe de l’Église ! Prêt à succomber sous le poids de tant d’adversités qui s’aggravaient de jour en jour sur sa tête, il pouvait dire comme Jacques Ier, roi d’Angleterre, qu’on le calomniait dans les assemblées du peuple, non pour avoir commis aucun crime, mais parce qu’il était roi, ce que l’on regardait comme le plus grand de tous les crimes.

 

Mais oublions ici Louis pendant quelques moments, pour tirer de l’histoire un exemple parfaitement analogue à notre sujet, et appuyé sur les témoignages lumineux des écrivains les plus véridiques. Marie Stuart, reine d’Écosse, fille de Jacques V, roi d’Écosse, et veuve de François II, roi de France, prit le titre et s’attribua tous les honneurs des rois de la Grande Bretagne, que les Anglais avaient déjà déférés à Elizabeth. Une foule d’historiens raconte les tourments que lui firent endurer les ruses et les violences de sa rivale, et des factieux Calvinistes. Souvent durant le cours de sa longue captivité, elle avait refusé de répondre à l’interrogatoire des juges, en disant qu’une reine ne devait compte de sa conduite qu’à Dieu seul. Lasse enfin d’éprouver tant et de si diverses vexations, elle répondit, elle se lava de tous les crimes qu’on lui imputait, et démontra son innocence. Ses juges n’en consommèrent pas moins l’oeuvre d’iniquité qu’ils avaient commencée ; ils rendirent contre elle une sentence de mort, comme si elle eut été coupable, et convaincue ; et l’on vit alors cette tête royale tomber sur un échafaud.

 

Benoît XIV, dans le troisième livre de son Traité de la béatification des serviteurs de Dieu, chapitre xiii, numéro 10, raisonne ainsi sur cet événement :

 

« Si la cause du martyre de cette reine était introduite, ce qui n’a pas été fait encore, on pourrait tirer d’abord contre le fait du martyre un argument très facile, de la sentence même et des calomnies impies que les hérétiques n’ont cessé de vomir contre cette reine, principalement George Buchanan dans son infâme libelle intitulé, Marie démasquée. Mais si l’on étudie la véritable cause de sa mort, qu’on doit imputer à la haine de la religion catholique, laquelle eut été conservée en Angleterre si Marie y eût régné ; si l’on considère cette constance inébranlable avec laquelle on la vit refuser tous les avantages qu’on lui offrait, à condition qu’elle abjurerait la religion catholique ; si l’on observe l’héroïsme admirable avec lequel Marie sut mourir ; si l’on examine, ainsi qu’on le doit, les déclarations qu’elle fit avant sa mort, et qu’elle réitéra au moment de son supplice, pour protester qu’elle avait toujours vécu dans la foi catholique, et qu’elle versait volontiers son sang pour cette religion, enfin si on ne met point à l’écart, comme on ne saurait le non seulement démontrent la fausseté des crimes qu’on imputait à la reine Marie, mais qui prouvent encore invinciblement que cette injuste sentence de mort n’était appuyée que sur des calomnies, qu’elle fut véritablement portée en haine de la religion catholique, et pour affermir immuablement l’hérésie en Angleterre, peut-êt que le roi fut contraint d’endurer, avant d’être conduit au supplice, sa longue détention dans différentes prisons, d’où il ne sortait jamais que pour être traduit à la barre de la convention, l’assassinat de son confesseur, sa séparation de la famille royale qu’il aimait si tendrement, enfin cet amas de tribulations rassemblées sur lui pour multiplier ses humiliations et ses souffrances. Il est impossible de n’en être pas pénétré d’horreur, quand on n’a point adjuré tout sentiment d’humanité. L’indignation redouble encore, quand on considère que le caractère unanimement reconnu de ce prince était naturellement doux, et bienfaisant ; que sa clémence, sa patience, son amour pour ses peuples furent toujours inaltérables ; qu’incapable d’aucune dureté, d’aucune rigueur, il se montra constamment d’un commerce facile et indulgent envers tout le monde, et que cet excellent naturel lui inspira la confiance d’acquiescer au voeu public, et de convoquer les États généraux du royaume, malgré tous les dangers qui pouvaient en résulter pour son autorité et pour sa personne.

 

Mais ce que nous ne saurions surtout passer sous silence, c’est l’opinion universelle qu’il a donnée de ses vertus par son testament écrit de sa main, émané du fond de son âme, imprimé et répandu dans toute l’Europe. Quelle haute idée on y conçoit de sa vertu ! Quel zèle pour la religion catholique ! Quels caractères d’une piété véritable envers Dieu ! Quelle douleur, quel repentir d’avoir apposé son nom malgré lui à des décrets si contraires à la discipline, et à la foi orthodoxe de l’Église ! Prêt à succomber sous le poids de tant d’adversités qui s’aggravaient de jour en jour sur sa tête, il pouvait dire comme Jacques Ier, roi d’Angleterre, qu’on le calomniait dans les assemblées du peuple, non pour avoir commis aucun crime, mais parce qu’il était roi, ce que l’on regardait comme le plus grand de tous les crimes. Mais oublions ici Louis pendant quelques moments, pour tirer de l’histoire un exemple parfaitement analogue à notre sujet, et appuyé sur les témoignages lumineux des écrivains les plus véridiques. Marie Stuart, reine d’Écosse, fille de Jacques V, roi d’Écosse, et veuve de François II, roi de France, prit le titre et s’attribua tous les honneurs des rois de la Grande Bretagne, que les Anglais avaient déjà déférés à Elizabeth. Une foule d’historiens raconte les tourments que lui firent endurer les ruses et les violences de sa rivale, et des factieux Calvinistes. Souvent durant le cours de sa longue captivité, elle avait refusé de répondre à l’interrogatoire des juges, en disant qu’une reine ne devait compte de sa conduite qu’à Dieu seul. Lasse enfin d’éprouver tant et de si diverses vexations, elle répondit, elle se lava de tous les crimes qu’on lui imputait, et démontra son innocence. Ses juges n’en consommèrent pas moins l’oeuvre d’iniquité qu’ils avaient commencée ; ils rendirent contre elle une sentence de mort, comme si elle eut été coupable, et convaincue ; et l’on vit alors cette tête royale tomber sur un échafaud.

 

Benoît XIV, dans le troisième livre de son Traité de la béatification des serviteurs de Dieu, chapitre xiii, numéro 10, raisonne ainsi sur cet événement :

 

« Si la cause du martyre de cette reine était introduite, ce qui n’a pas été fait encore, on pourrait tirer d’abord contre le fait du martyre un argument très facile, de la sentence même et des calomnies impies que les hérétiques n’ont cessé de vomir contre cette reine, principalement George Buchanan dans son infâme libelle intitulé, Marie démasquée. Mais si l’on étudie la véritable cause de sa mort, qu’on doit imputer à la haine de la religion catholique, laquelle eut été conservée en Angleterre si Marie y eût régné ; si l’on considère cette constance inébranlable avec laquelle on la vit refuser tous les avantages qu’on lui offrait, à condition qu’elle abjurerait la religion catholique ; si l’on observe l’héroïsme admirable avec lequel Marie sut mourir ; si l’on examine, ainsi qu’on le doit, les déclarations qu’elle fit avant sa mort, et qu’elle réitéra au moment de son supplice, pour protester qu’elle avait toujours vécu dans la foi catholique, et qu’elle versait volontiers son sang pour cette religion, enfin si on ne met point à l’écart, comme on ne saurait le faire avec justice, les raisons très évidentes qui non seulement démontrent la fausseté des crimes qu’on imputait à la reine Marie, mais qui prouvent encore invinciblement que cette injuste sentence de mort n’était appuyée que sur des calomnies, qu’elle fut véritablement portée en haine de la religion catholique, et pour affermir immuablement l’hérésie en Angleterre, peut-être trouvera-t-on alors qu’il ne manque à cette cause aucune des conditions nécessaires pour constater un vrai martyre. »
Nous apprenons de saint Augustin, que ce n’est point le supplice, mais la cause du supplice qui constitue un véritable martyr. En conséquence Benoît XIV après avoir ainsi montré ses dispositions à reconnaître le martyre de Marie Stuart, examine s’il suffit pour admettre un martyre, qu’un tyran soit déterminé à faire mourir un chrétien en haine de la religion de Jésus Christ quoiqu’il prenne occasion d’infliger la peine de mort, d’un autre prétexte étranger à la foi, ou du moins qui ne peut avoir avec elle que des rapports accidentels ; et Benoît XIV se décide pour l’affirmative, par la raison qu’une action ne tire pas son véritable caractère de l’occasion ou de la cause impulsive qui l’excite, mais de la cause finale qui la produit ; et qu’il suffit par conséquent pour caractériser un véritable martyre, qu’un persécuteur prononce une sentence de mort en haine de la foi, bien que l’occasion de la mort ait été déterminée par un autre motif qui, à cause des circonstances, n’intéresse point la religion. Revenons maintenant au roi Louis XVI. Si l’autorité de Benoît XIV est grave en cette matière, s’il faut avoir de très grands égards pour son opinion, lorsqu’il se montre porté à admettre le martyre de Marie Stuart, pourquoi ne penserions-Nous pas comme lui sur le martyre du roi Louis ? Il y a ici en effet parité d’attachement à la religion, parité de projet, parité de fin désastreuse, il doit par conséquent y avoir aussi parité de mérite. Eh ! qui pourra jamais douter que ce monarque n’ait été principalement immolé en haine de la Foi, et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques ? Déjà depuis longtemps les Calvinistes avaient commencé à conjurer en France la ruine de la religion catholique. Mais pour y parvenir, il fallait auparavant préparer les esprits et abreuver les peuples de ces principes impies, que les novateurs n’ont ensuite cessé de répandre, dans des livres qui ne respiraient que la perfidie et la sédition. C’est dans cette vue qu’ils se sont ligués avec des philosophes pervers. L’assemblée générale du clergé de France de 1743 avait découvert et dénoncé les abominables complots de tous ces artisans d’impiété. Et Nous-même aussi, dès le commencement de Notre pontificat, prévoyant les exécrables manoeuvres d’un parti si perfide, Nous annonçâmes le péril imminent qui menaçait l’Europe, dans Notre lettre encyclique adressée à tous les évêques de l’Église catholique, auxquels Nous parlions en ces termes : « Arrachez le mal du milieu d’entre vous, c’est-à-dire, éloignez de la vue de vos troupeaux, avec une grande force, et une continuelle vigilance, tous ces livres empestés. » [Inscrutabile du 25 décembre 1775] Si l’on eût écouté Nos représentations et Nos avis, Nous n’aurions pas à gémir maintenant des progrès de cette vaste conjuration tramée contre les rois et contre les empires. Ces hommes dépravés s’aperçurent bientôt qu’ils avançaient rapidement dans leurs projets, ils reconnurent que le moment d’accomplir leurs desseins était enfin arrivé ; ils commencèrent à professer hautement dans un livre imprimé en 1787, cette maxime d’Hugues Rosaire, ou d’un autre auteur qui a pris ce nom, que c’était une action louable que d’assassiner un souverain qui refusait d’embrasser la réforme, ou de se charger de défendre les intérêts des protestants en faveur de leur religion. Cette doctrine ayant été publiée peu de temps avant que Louis fût tombé dans le déplorable état auquel il a été réduit, tout le monde a pu voir clairement alors, quelle était la première source de ses malheurs. Il doit donc passer pour constant qu’ils sont tous venus des mauvais livres qui paraissaient en France, et qu’il faut les regarder comme les fruits naturels de cet arbre empoisonné.

 

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