« La République gouverne mal, mais elle se défend bien » [Minute a propos de l'action de l'AF]

Publié le par WalkTsin

« La République gouverne mal, mais elle se défend bien ». La phrase d’Anatole France est malheureusement souvent d’actualité. Elle l’est encore dans l’affaire du Théâtre de la Ville, scène publique parisienne située place du Châtelet, qui a vu trois soirs de suite des catholiques protester contre une pièce scatophile qu’ils jugeaient blasphématoires. S’il y a eu trouble à l’ordre public le jeudi 20 octobre et les soirs suivants ce n’est peut-être pas du côté où les autorités municipale et gouvernementale veulent le voir. Le 20 octobre, justement, on a frôlé la grosse bavure du côté de la Préfecture de Police, lorsque un car de ses services a tout bonnement écrasé la jambe d’un militant royaliste de l’Action française qui venait de tenter de s’enchaîner, sans violence, aux portes du théâtre pour protester contre la première représentation parisienne de la pièce de Roméo Castelluci, Le concept du visage du fils de Dieu. Pendant ce temps, à l’intérieur, des militants de l’Institut Civitas (Proche de la Fraternité traditionaliste Saint-Pie-X) et des nationaux catholiques du Renouveau Français perturbaient, sans violences, la représentation de la pièce. La soirée s’est soldée par 17 arrestations du côté catholique. Rebelote le vendredi, avec 14 nouvelles arrestations. Des incidents ont également éclaté samedi soir, montrant la profondeur de l’indignation des jeunes ca - tholiques. La seule réponse de la mairie de Paris a été de porter plainte et la ré - pression a été saluée par le ministère de la Culture et son représentant, Frédéric Mitterrand. Quand la « culture » à la mode « bobo » est critiquée, ses défenseurs savent dépasser les clivages politiques pour s’insurger en commun et se voir rapidement soutenu par leurs congénères journalistes d’extrê me gauche, de « Télérama  » aux « Inrocks ».

Les royalistes matraqués ont reçu le soutien de la Conférence monarchiste in - ternationale, ONG de soutien à l’action des royalistes dans le monde ; et du parti Alliance Royale, qui tente de présenter Patrick de Villenoisy à l’élection présidentielle de 2012.

Il n’est pas dans les habitudes de « Minute » de défendre une quelconque censure. La droite en a été bien trop souvent victime, et continue de l’être. Mais ce n’est pas pratiquer la censure que de se demander pourquoi la Ville de Paris apporte son soutien logistique et financier à une pièce qui, en dehors même du débat sur le blasphème, est d’une pauvreté artistique rare. Il est logique que ce type de spectacle suscite une réaction des catholiques – ou non. Il est logique qu’ils l’expriment et ils l’ont fait, répétons-le, sans violence. L’intervention agressive de la police a failli provoquer un drame. La fébrilité, dans cette affaire, est du côté de l’Etat. -

Lionel Humbert -Minute

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