La Gnose au nom menteur !

Publié le par WalkTsin

 

«La Gnose incarne l’hérésie protéiforme et éternelle

qui traverse les siècles 

 et véhicule la pensée ténébreuse de la Contre-Eglise. »

 

 

Aborder la question de la « Gnose », en écho à nos précédents articles portant sur les poisons violents que sont l’ésotérisme, l’occultisme ou la franc-maçonnerie, c’est, incontestablement, aborder un concept central placé au cœur d’un débat qui défraya le milieu traditionaliste ces dernières années, milieu qui se divisa profondément en deux camps irréductibles qui n’ont d’ailleurs, depuis, pas varié quant à leurs positions respectives.


Il convenait donc que nous nous exprimions, d’autant que La Question - dont le sens de son combat se définit clairement comme étant une œuvre de défense de la doctrine, hélas fort oubliée, de la théocratie et du droit divin pontifical -, a évidemment une position déterminée sur ce sujet et ne cherche pas à dissimuler ses analyses, acquises de longue date, qui pour nous se résument à ceci : toutes les luttes spirituelles qui se déroulent en ce monde depuis l’origine, sont une forme, en permanence actualisée, de la lutte éternelle engagée depuis la chute des anges dans le Ciel entre les « deux cités ».


I. Les deux postérités antagonistes


Posons tout d’abord un point essentiel afin d’aborder notre sujet, car si nous voulons bien comprendre le problème de la « gnose », il convient, en premier de lieu, de faire appel à une notion centrale qui permet de situer l’enjeu du problème : la Tradition. En effet, c’est à partir de cette notion, et uniquement à partir d’elle, qu’il est possible de savoir si l’Histoire est ou non traversée par un projet ténébreux antagoniste au projet divin, ces deux projets participant d’un combat de nature surnaturelle ?


 

La postérité de la femme c’est le Christ

et la postérité du serpent, c’est l’Antéchrist !

 

Dans ce qu’on l’appelle le « Protévangile », pièce maîtresse de la Tradition primitive, Dieu s’adressa au serpent après l’épisode de la tentation originelle en ces termes : «Je mettrai des inimitiés (au pluriel dans le texte : inimicitias) entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; elle te brisera la tête et tu la mordras au talon.» (Genèse, III, 15). Aujourd’hui, cette prophétie s’est réalisée en partie ; nous savons, par l’expérience et le témoignage des Pères de l’Eglise, que la postérité de la femme c’est le Christ et nous en déduisons que la postérité du serpent, c’est l’Antéchrist.

 

 

Dans les temps anciens, cette prophétie alimenta beaucoup les méditations des hommes qui « marchaient avec Dieu », parce qu’elle résumait l’histoire du monde ; beaucoup d’exégètes disaient que cette prophétie avait été donnée par Dieu pour soutenir l’espérance des premiers hommes, car elle formule l’espérance de la Rédemption. Les hommes justes espéraient dans brisement de tête, et redoutaient cette morsure au talon.


II. Division en deux formes distinctes de la Tradition


De ce fait, à la source de l’Histoire, il y a bien placées et définies par l’Ecriture Sainte, deux postérités qui représentent deux cités, deux camps, pour tout dire deux traditions. Pourtant si les deux traditions portent le même nom mais elles n’ont pas le même contenu. Il faut donc discerner, entre les deux, laquelle contient véritablement la Tradition primitive et laquelle est un rameau dévié.

 

 

  La Tradition première, qui contenait oralement toute la Révélation, a été l’objet de très graves altérations au cours des temps. Il s’y est mêlé des traditions profanes, non révélées par conséquent, lesquelles ont fini par envahir, étouffer et effacer toute trace de vraie Tradition, c’est-à-dire de la vraie Révélation divine. Et l’Histoire dela Religion sur la terre, jusqu’à Abraham, n’est autre chose que celle des altérations successives dela Tradition primitive, altérations qui produisirent les cultes païens, les sectes, les idoles, les courants déviants, les religions adorant de faux dieux à qui étaient offerts des encens et des sacrifices impurs.


A ceci correspond une conséquence : s’il est au monde, aujourd’hui, une religion capable précisément de parler de la Tradition originelle divine non souillée et d’en présenter le contenu, c’est le christianisme. Il n’y en a pas d’autres. Lorsqu’un ésotériste contemporain comme René Guénon (1886-1951) dit : «Le christianisme a oublié la Tradition, c’est l’Inde qui l’a conservée», il se trompe [1]. C’est exactement le contraire car toutes les religions païennes (et pas seulement l’hindouisme), ont quitté la ligne droite des jalons traditionnels avant Abraham et avant l’Ecriture. Elles ne possèdent donc, de la Tradition, que la version babélienne dont, justement, Dieu écarta la descendance et les fruits impies.

 


III. Altération de la Tradition

 

Toutes les religions païennes

ne possèdent de la Tradition,

que la version babélienne dont Dieu n’a pas voulu.

 

Le corollaire obligé de la confusion et de la dispersion après l’épisode de la tour de Babel, c’est la vocation d’Abraham. Il n’y a plus d’autre moyen pour Dieu, afin de perpétuer la Vraie Religion, que de constituer un « peuple-citadelle » qui en soit le gardien. Mais de quoi ce peuple serait-il le gardien, s’il n’y a plus rien à garder ? Or, l’apostasie était générale et irréversible, il n’y avait plus rien à garder. Il fallait donc que Dieu reconstitue, en même temps,la Tradition première (ou sacerdotale primitive) ; il fallait procéder à une nouvelle Révélation qui serait évidemment la répétition de la première, il fallait tout refaire de rien.


Ainsi, patiemment Dieu, de nouveau, se révéla à Abraham, Isaac et Jacob, en vue de reconstituer la Traditionperdue. C’est donc Moïse, après l’élection d’Abraham, qui fut chargé de recueillirla Révélation nouvelle par laquelle Dieu reconstituait la Tradition primitive oubliée. Mais, cette fois,la Révélation fut consignée par écrit : l’Ecriture Sainte.


En même temps, une organisation sacerdotale fut créée, qui veillera entre autres fonctions, à la conservation littérale de l’Ecriture. Et les générations futures n’auront qu’à se louer de la rigueur avec laquelle cette conservation sera réalisée. Nous connaissons donc aujourd’hui la Tradition Patriarcale, non pas directement et oralement, mais par l’Ecriture.


Comment savons-nous ce que Dieu a dit à Adam, puis à Noé ? Ce n’est certes pas par la Tradition puisqu’elle a été altérée et même oubliée. C’est pas l’Ecriture. Ceux donc qui n’adhèrent pas à l’Ecriture, comme c’est le cas des hindous, bouddhistes, taoïstes, polythéistes, etc., ne connaissent de la Tradition que ce qui en subsistait à Babel, c’est-à-dire la partie profane, cosmologique et récente ; la partie qui est sans valeur pour le Salut ; c’est d’ailleurs pour cela qu’ils ignorent le Salut et qu’ils le remplacent par la « délivrance », terminologie si prisée par René Guénon et l’ésotérisme.


Dès l’origine il y a deux « traditions », deux cultes,

ce qui signifie deux religions.

 

Dès l’origine il y a donc, non pas une Tradition, mais deux « traditions », deux cultes, ce qui signifie deux religions, l’une naturelle reposant uniquement sur l’homme, l’autre surnaturelle plaçant toutes ses espérances en Dieu seul et en sa Divine Providence. La suite des événements n’aura de cesse de confirmer ce constant antagonisme, cette rivalité et séparation entre deux « voies » dissemblables que tout va en permanence opposer, les rendant rigoureusement étrangères et inconciliables.


Il n’est pas indifférent de relever l’analyse pertinente de saint Augustin (324-385) au sujet de ces « deux postérités » engendrant deux traditions et donc « deux Cités » absolument irréconciliables et antagonistes, deux « Cités » que tout oppose et sépare, fondées sur des principes radicalement divergents, travaillant à des objectifs totalement contraires, poursuivant des buts à tous égards dissemblables [2]


IV. La « Gnose » au nom menteur


Qu’elle est la conséquence de cette division fondatrice ?


Elle s’impose aisément : S’il y a deux cités, deux postérités et deux traditions, il y a donc deux mystiques, deux cultes, deux « connaissances » !

 

 Et comment se dénomme en grec la connaissance ? « Gnosis » (γνώσις), en français « Gnose ». Il y a donc, en effet, deux gnoses, l’une authentique l’autre mensongère, et c’est cette dernière que saint Irénée de Lyon (IIe s.) qualifia de « gnose au nom menteur »  dans son ouvrage fondamental Adversus haereses (Contre les hérésies).


Face aux hérétiques saint Irénée insistera avec force sur l’Écriture et la Tradition : l’Église est une Tradition (traditio = transmission), une lignée sainte, une postérité divine. L’hérésie est la postérité du serpent, une postérité protéiforme, multiple, possédant d’innombrables visages et ayant eu différents noms des origines jusqu’à nos jours dans les erreurs contemporaines que sont le panthéisme, le naturalisme ou le modernisme condamnées par l’Eglise, erreurs qui sont les ultime expressions d’un même courant.


L’abbé Julio Meinvielle (1905-1973) écrivait donc avec pertinence :

 

 

« Dans toute l’histoire humaine, la pensée et la vie n’ont que deux formes fondamentales : la catholique et la gnostique ». (Abbé Julio Meinvielle De la Cabale au progressisme p. 357).

 

 


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