Je suis une catho, comme ils disent

Publié le par WalkTsin

 

 

Myriam, pour L’Observatoire de la christianophobie

 

  " NOUS NE RECLAMONS QUE LE DROIT D'AIMER ET DE DEFENDRE UN CHRIST QUI NOUS JETTE A GENOUX POUR MIEUX NOUS ELEVER"



 

 

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J’aurais beau parler toutes les langues de la terre, être à bac +15, taper dans l’œil de Georges Clooney, traverser la Muraille de Chine sur la tête, être la plus brillante, la plus subtile, la plus sociable, la plus généreuse, la plus réussie, la plus… mais… je serais toujours la catho… comme ils disent.

 

Faites des années d’étude, ayez une belle carrière, ou faites des études plus modestes, et soyez un rayon de soleil et d’efficacité, vous serez toujours une catho, comme ils disent.

 

Soyez féminine, espiègle, amusante, épanouie…Vous serez toujours la catho, comme ils disent.

 

C’est-à-dire un être hybride, mélange de bêtise crasse, d’ignorance absolue, de frigidité ontologique et d’hypocrisie totale. Le fruit immonde de siècles d’un totalitarisme répugnant, la descendante directe de Torquemada, le rappel obscur et inquiétant d’une théocratie génocidaire.

Voilà qu’on passe des heures, sur des plateaux télé, à expliquer le pourquoi et le comment de l’Islam, voilà qu’on nuance, qu’on finasse, qu’on dentelle de l’argument à l’infini. On s’excuse, on balbutie, on hésite, on tergiverse. Pour l’islam.

 

Passe un catho, et c’est l’hallali. Plus de nuances, plus de doutes, plus d’hésitations, point d’émerveillement. Le catho est forcément suspect, forcément dangereux, forcement repoussant.

 

Qu’il se dise éthiquement, philosophiquement et religieusement opposé à l’avortement : le voici immédiatement accusé de vouloir se faire péter la gueule devant une clinique, la bave aux lèvres, l’œil noir, le sourcil terroriste.

 

Qu’il préfère personnellement ne pas épuiser les stocks sans cesse renouvelés de Manix et de Durex, et c’est un frileux, un dégénéré, un puceau, un pauvre niais, un consternant mélange d’impuissant et d’idiot du village.

 

Qu’elle fasse le choix de garder son enfant à dix-sept ans, et c’est une folle, une inconsciente, un utérus sur pattes à qui ces dames du Planning vont faire la morale, tout enchiffrenées de bonne conscience subventionnée.

 

Observez les gens de ce siècle, si fiers de leur Mai 68, si prompts à se clamer détachés de toute morale, de toute règle, heureux de se présenter comme des êtres libres de tout décalogue, de toute valeur, ravis de se nommer relativistes, écoutez-les lorsqu’ils vous jugent, soudain plus impérieux et plus dogmatiques que le plus terrible des intégristes.

 

Regardez-les, nos bons bourgeois, se gaver de bio, de stress professionnel, de plans épargne-logement, de chèques-vacances, de prévisions, de Balzac en version Profil Bac, de l’Histoire pour les Nuls, de petits calculs sur vingt ans et d’angoisses existentielles devant trois kilos et une patte d’oie socialement gênante. Ecoutez-les se moquer de nos interrogations, de nos contemplations, de nos doutes. Regardez-les se taper sur la couenne, rigolards, chaque quinze août, devant ces jeunes et ces vieux, ces vivaces et ces croulants partis pèleriner à Lourdes. Et puis regardez-les se ruer chez leur psy quêter une réponse à cent euros de l’heure, et s’en aller, rassérénés, repus de Freud et de réponses dont la posologie exige la répétition pour que ça fonctionne.

 

Regardez-les nous dire que foi et raison ne font pas bon ménage, et puis se passionner pendant des semaines pour des émissions où l’on se demande si, où, quand, comment Julien (27 ans), qui vit avec Sarah (23 ans), va résister aux fesses et aux épaules de Marina (25 ans).

 

Regardez-les parler de l’égoïsme et de l’argent du Vatican, et laisser ensuite crever leurs vieux dans des usines à escarres, où l’infirmière se pince le nez devant l’incontinence d’une grand-mère abandonnée, que seul l’espoir d’un intérêt pour son héritage permet de rêver à une petite visite annuelle de petits-enfants scotchés à leur Iphone.

 

Regardez-les, ces gens que nous aimons d’autant plus qu’ils sont notre exact reflet, regardez-les nous moquer, nous juger, nous en vouloir. Ne les haïssez pas, ne les critiquez pas. Ils sont nos guides et nos maîtres en humilité, et au creux même de leurs railleries et de leurs attaques, vous trouverez, quelquefois, la bonté, la douceur, le doute, la profondeur, de l’Homme qui soudain se perçoit et frôle de près sa conscience.

 

Regardez-les, et dites-leur, dites-leur bien ceci :

 

Je ne vous demande rien. Ni de m’aimer, ni de me comprendre.

Je ne vous demande pas de pénétrer le sens de nos choix. Je n’exige pas que vous vous mariiez, que vous récitiez votre Droit Canon, que vous vous confessiez, que vous préfériez un réel droit à la vie à un prétendu droit des femmes.

 

Je ne vous demande qu’une chose, cette chose élémentaire qui est le préalable à tout débat, à toute discussion, à toute entente : ayez pour nos choix de prière, de foi, de spiritualité, ce respect que vous accordez si aisément à la défense des bébés phoques, des agriculteurs en colère et à la cause des Indiens d’Amazonie.

 

N’ayez pas peur de nous. N’ayez plus peur de nous. Nous ne mordons pas, nous ne nous faisons pas sauter, nous ne réclamons que le droit d’aimer nos valeurs et de les défendre, d’être prêts à défendre bec et ongle un Christ qui nous jette à genoux pour mieux nous élever.

 

Je ne vous demande qu’une chose : cessez de nous salir sans nous connaître, cessez de parler du christianisme sans jamais avoir ouvert le Nouveau Testament.

 

Qu’un homme renonce librement à une vie de couple, à une vie de famille, pour se donner entièrement au Christ et aux hommes, cela peut vous dépasser. Mais que, parce que vous ne pouvez intellectuellement l’admettre, vous en fassiez immédiatement un refoulé, un pédophile, un Raspoutine pliant sous sa coupe les âmes de centaines de paroissiens endoctrinés, non. Car vous verrez un peuple français se lever, ce peuple pas nécessairement pratiquant, pas nécessairement croyant, mais qui en a croisé, du prêtre, au chevet des malades, aux côtés des mariés, à des enterrements, au détour d’une rue ou d’un bistro. Et qui sait, lui, ce qu’un prêtre peut apporter d’humanité, de sens, de compréhension et de douceur au cours d’une existence.

 

Qu’un homme, qu’une femme, fassent librement le choix de l’abstinence avant le mariage, puis celui de la chasteté conjugale, cela vous choque ? Certainement. A l’heure où des mômes de 14 ans tombent enceintes, où des gosses ne saisissent pas pourquoi le viol n’est pas culturellement défendable, où l’on nous conseille de rafraîchir une vie de couple avec des séances échangistes, où l’on s’attendrit devant des enfants de douze ans qui se donnent en public de frénétiques coups de langues en chameaux assoiffés… Cela se comprend, oui. Les catholiques sont-ils moins estimables, moins respectables, moins rassurants, parce qu’ils essaient, modestement, courageusement, de voir plus loin, plus haut, différemment ?

 

Qu’un Pape dise que le préservatif n’est pas la meilleure solution, et c’est une levée de boucliers, des colonnes entières dans les journaux, l’Eglise sommée de faire repentance, les catholiques privés de droit d’expression. On croirait presque que des armées de prêtres – on n’en a pourtant pas tant que cela – sont quotidiennement envoyés en Afrique, cierges au poing, pour brûler les caisses de préservatifs des dispensaires. Sans blague.

 

Quand vous êtes d’accord avec nous, vous soulignez, avec un soupir de regret, combien nous sommes peu nombreux. Quand vous n’êtes pas d’accord avec nous, nous devenons soudain des millions, plus puissants et dangereux que jamais. Curieux…

 

On nous reproche quelquefois notre susceptibilité. C’est vrai, nous sommes susceptibles. Trop d’années à devoir entendre trop d’âneries sur notre compte, sans doute. Trop d’années à nous battre seuls, contre des évêques, contre des media avides de caricatures faciles, contre nos propres errances et défaillances. Trop d’années de silence contraint, tandis que résonnaient les cris des chevaliers de la repentance, partis en croisade dénicher dans notre histoire quelque monstruosité, quelque injustice et quelque crime supplémentaire qui ferait ricaner du journaleux et s’extasier de l’anticlérical primaire. Trop d’années passées à rester entre nous, par peur des regards et des critiques. Trop d’années à nous croire meilleurs à force de défiance, et à vivre en aquarium, tournant en rond, au chaud, parmi nos semblables, et voyant le monde déformé par notre bocal de lassitude et de désespérance.

 

Ces années-là sont passées. Une génération se lève, une génération arrive, qui ne craint ni le rappel des – heures – les – plus – sombres – de – son – histoire, ni la critique de valeurs qui lui sont chères. Une génération se dresse, fière et non pas arrogante, lucide et non pas omnisciente, une génération dans ce monde mais non pas de ce monde, une génération ferme et nette comme du silex, une génération paisible et courageuse, une génération catholique audacieuse et sincère, prête au débat mais pas à la lâcheté, prête à l’écoute mais pas à l’imbécillité. Une génération qui puise sa fierté dans des siècles de bâtisseurs de cathédrales, de savants, d’artistes, de missionnaires décapités, de religieuses pansant du lépreux et enseignant de l’alphabet, de prêtres offrant leur belle solitude d’hommes de Dieu, d’Edith Stein et de Maximilien Kolbe, de moinillons édifiant des murs de prières contre les assauts des violences séculaires. Une génération capable de lire sans sourciller ces mots de Léon Bloy : « Tout chrétien sans héroïsme est un porc »


Soyons-en convaincus. Et, par pitié, ne soyons pas des porcs.

 

 

Myriam, pour L’Observatoire de la christianophobie




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S
<br /> Exellent je vous lis même avec l'iphone, c'est parfait ;-) ben oui laissons le monde s'autodétruire tandis que ns ns occupons de nos familles car la famille c'est le plus important après Dieu.<br /> Vive<br /> les intrans ! Nous sommes tous des intrans! Vive la FSSPX !<br /> <br /> <br />
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O
<br /> Tout simplement magnifique! Et éblouissant de vérité...<br /> Ne perdons jamais le courage dans notre combat pour la Vérité; et en ce qui concerne le bio et les écolos : n'oublions pas de leur transmettre ce message : Dieu nous a confié la Création, nous<br /> sommes les premiers à l'aimer et à la respecter, donc aussi à la protéger, mais pour des fins bien différentes que les leurs, probablement!<br /> Et en effet, nous sommes dans le monde mais pas du monde...<br /> <br /> <br />
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