Partager l'article ! Hommage à Roger Degueldre, mort pour l'honneur de la France: A la lecture de ce texte, nous voyons que rien n'a changé ... ...
A la lecture de ce texte, nous voyons que rien n'a changé ...
6 juillet 1962, 3 heures 56 du matin. Une salve désordonnée secoue la brume. Au même instant, sur l'autoroute du Sud, la France, insouciante, part en vacances.
Pourtant, à quelques centaines de mètres à peine, un second coup de grâce claque et fait tressaillir l'homme qui tient dans sa main un petit drapeau tricolore. Le
sang coule sur sa tenue léopard. Il souffre, il souffre dignement.
Devant ce militaire que la mort hésite à% prendre, à l'écoute des plaintes émises par le blessé, un colonel déclare froidement que ce sont là les spasmes de l'agonie. Maître Tixier-Vignancour et
Maître Denise Macaigne, soutenus par l'aumônier de la prison de Fresnes, s'opposent à cette honteuse constatation et forcent les autorités à appeler un médecin. Ce dernier confirme bien les
affirmations des avocats : l'homme vit toujours. Alors, alors il faut l'achever.
A 4 heures 04, l'adjudant-bourreau tire par trois fois sur l'officier blessé, mais ses mains tremblent et les trois coups de grâce ratent leur but. Armé d'un autre revolver qu'il est allé chercher, le sous-officier revient et, comme il le fit précédemment, et comme I'exige la loi, en plaçant le canon de son arme à 5 centimètres de l'oreille du parachutiste. Il est 4 heures 08, la boucherie a pris fin.
Le corps est placé dans un cercueil en bois blanc. Le pouvoir vient d'obliger son armée à accomplir un nouveau meurtre. Après 11 minutes de calvaire, frappé d'une seule balle sur les 11 tirées par le peloton d'exécution d'une armée française, le lieutenant Roger Degueldre, officier au Premier Régiment Etranger de Parachutistes, est mort au 6ème coup de grâce, en criant: "Vive la France". Mais ce cri qu'il a poussé ne peut être entendu par la France dont il souhaite la vie au moment-même où elle lui donne la mort.
La France, allongée sur les plages de l'Atlantique et de la Méditerranée conserve ses oeillères, ne se souciant nullement de regarder ceux qui l'entourent, ceux que l'on juge, que l'on condamne, que l'on assassine, ceux qui pleurent, qui ragent et qui désespèrent.
La France, égoïste, dort... au soleil. Ce soleil qui apporte aux estivants la chaleur qui manque à ceux que l'exode vient de jeter brutalement en Métropole : les
Pieds-Noirs.
Car, en ce mois de juillet 1962, ils sont là, les Pieds-Noirs, meurtris, surpris, écœurés.
Sur les quais de Marseille, de Port-Vendres et de Sète, ils découvrent la France, cette terre dont ils refusèrent la mutilation, ce pays qu'ils avaient visité en uniforme pour lutter contre
l'envahisseur. La France, la France qui par lâcheté et par ignorance, par désintéressement ou par cynisme leur tourne le dos, les laissant seuls. Seuls avec l'allégresse du 13 mai, la douleur du
24 janvier, l'espoir du 22 avril, la stupeur du 26 mars, l'effroi du 5 juillet, dates mémorables de leur histoire dont les générations à venir se souviendront et dont les responsables conscients
et inconscients rougiront.
Ils sont seuls, les Pieds-Noirs. Pourtant dans leurs maigres bagages - un glorieux passé baigné de sang - ils observent la récompense de leur patriotisme : l'apaisement de leurs vicissitudes, le cadeau de bienvenue du pouvoir, il est là : c'est le cadavre d'un officier français, c'est un corps criblé de balles, c'est Delta. Delta ! L'homme qui avait quitté l'armée parce que trop militaire, il refusait de s'y écarter du chemin de l'honneur, l'homme qui les avait défendus, réconfortés, aidés à reprendre espoir, le lieutenant Roger Degueldre qui, quelques minutes avant sa mort leur avait transmis son ultime message en déclarant : " Si je ne suis pas de leur race, ni né sur leur soi, je les ai beaucoup aimés et je les aime toujours ".
L'officier parachutiste mort en chantant la Marseillaise rejoignait ses compagnons de combat, victimes eux-aussi des balles françaises. D'abord Claude Piegts, un des
plus nobles exemples des Français d'Algérie, mort à 27 ans, victime de la ferveur patriotique au cri de : "Visez au cœur, Vive l'Algérie française"
Et Albert Dovecar, sergent-chef au 1er REP, mort à 25 ans, Dovecar qui, à l'audience, déclarait encore : " J'ai trouvé à la Légion tout ce qui me manquait dans le civil : une maison, des
camarades ". Mais la maison était détruite et les camarades étaient morts.
Le colonel Jean Bastien-Thiry n'allait pas tarder, lui aussi, a rejoindre les martyrs de l'Algérie française.
Le lieutenant Roger Degueldre le précédait de peu.
Lieutenant Roger Degueldre, tu es mort pour nous.
Lieutenant Roger Degueldre, nous vivons par toi.
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Suis-je prêt à me présenter devant le Seigneur ?
Suis-je prêt à mourir? Mes affaires temporelles sont-elles en règle et mon testament bien fait? Ma conscience est-elle en règle? N'ai-je rien à craindre pour
mes confessions, mes communions, l'accomplissement des devoirs de mon état?
Si je savais devoir mourir à la fin de cette journée, comment la passerais-je? Comme j'en emploierais bien tous les moments! Si je savais devoir mourir après
cette prière, comme je prierais avec attention et ferveur! Si ce devait être après cette confession, après cette communion, après cette messe, cette visite au saint Sacrement, comme je ferais
saintement toutes ces saintes choses! Rentrons ici en nous-mêmes, et comprenons quel changement opérerait en nous et en toute notre conduite cette pensée de la mort bien méditée.



> Les Auteurs moins connus voire anonymes mais pertinents
:
"Le guerrier ne fait que porter l'épée pour le compte des autres. C'est un seigneur puisqu'il accepte encore de mourir pour des fautes qui ne sont pas les siennes, en portant le poids du péché et
de l'honneur des autres."
"Une nation s'affaiblit lorsque s'altère et se corrompt le sentiment de l'amour de la nation et de la pratique religieuse"
Ce en quoi nous puisons l’espoir, l’essence de tout.

Un hymne à l'Honneur par le Père Jean Paul Argouarc’h :

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