Entrée en Conclave pour l’élection du successeur de Benoît XVI !

Publié le par WalkTsin

Dans le secret de la chapelle Sixtine, le protocole est millénaire.

A partir de ce mardi, 12 mars 2013, 115 cardinaux, après avoir participé au Vatican à l’ultime réunion de la congrégation générale avant l’ouverture du conclave – dernière séance ayant eu pour objet d’essayer de définir le profil idéal que doit posséder le prochain pape – vont s’enfermer dans la chapelle Sixtine pour élire le successeur de Benoît XVI.

Voici les 15 clés du conclave.

• L’entrée en conclave

L’entrée en conclave débute par une messe, la dernière publique des cardinaux avant de s’enfermer dans la chapelle Sixtine, sans pouvoir en sortir avant que le pape soit élu. D’où le mot conclave, en latin «Cum clave», fermé à clé.

Cette messe votive «Pro eligendo Papa» («Pour l’élection du Pape») est célébrée en la basilique Saint-Pierre. Très solennel, le cortège des prélats chante:

«Veni, Creator Spiritus, mentes tuorum visita...» («Viens, Esprit Créateur, visite l’âme de tes fidèles…»). «Emplis de la grâce d’En Haut les cœurs que tu as créés», poursuit l’invocation à l’Esprit saint. Ils ont revêtu le rochet et la mozette des grandes fêtes – surplis blanc et camail pourpre sur la soutane, l’habit de choeur cardinalice – et sont coiffés de la barrette. À l’issue de la célébration, en procession, ils rejoignent un autre sanctuaire, la chapelle Sixtine, où tous auront «le droit et le devoir d’élire le Successeur de Pierre, Chef visible de toute l’Église et Serviteur des serviteurs de Dieu, lorsque le siège de Rome devient vacant» (Constitution apostolique Universi Dominici Gregis, UDG).

• Les portes scellées

Dans ce joyau peint par les Michel-Ange, Botticelli, le Pérugin, Ghirlandaio et autres Signorelli, les prélats sont assis selon l’ordre du collège auquel ils appartiennent et leur ancienneté dans le cardinalat. Ils sont sous l’extraordinaire voûte qui figure la Création tout en faisant face au célèbre Jugement dernier peint par Michel-Ange sur le mur du maître-autel. «Ici, ils se voient entre le Commencement et la Fin, entre le Jour de la Création et le Jour du Jugement… Il est clair que, durant le conclave, Michel-Ange rend les hommes conscients», avait décrit Jean-Paul II dans son Triptyque romain. Le préfet de la Maison pontificale referme les lourdes portes sur eux, le cadenas plombe le secret de ces jours où l’on fait les papes. Mille ans qu’il en va ainsi.

• Les retardataires admis

La plus grande rigueur est requise, tout comme la ponctualité. Mais si un électeur arrive en retard pour l’ouverture, avant que l’élection soit faite, il est toutefois admis au processus de vote au point où il se trouve. De même, si un électeur doit sortir du Vatican pour cause de maladie ou autre motif grave reconnu comme tel, on votera sans lui, mais il sera réadmis «après sa guérison ou même avant» dans l’enceinte du conclave.

• Le serment des cardinaux

Les cardinaux électeurs commencent par prêter serment. Le doyen du Sacré Collège lit la formule à haute voix: «Nous tous et chacun de nous, cardinaux électeurs présents à cette élection du Souverain Pontife, promettons, faisons le vœu et jurons d’observer fidèlement et scrupuleusement toutes les prescriptions contenues dans la constitution apostolique du Souverain Pontife Jean-Paul II, Universi Dominici Gregis, datée du 22 février 1996. De même, nous promettons, nous faisons le vœu et nous jurons que quiconque d’entre nous sera, par disposition divine, élu Pontife romain, s’engagera à exercer fidèlement le munus petrinum [la charge de Pierre] de Pasteur de l’Église universelle et ne cessera d’affirmer et de défendre avec courage les droits spirituels et temporels, ainsi que la liberté du Saint-Siège :

«Nous promettons et nous jurons surtout de garder avec la plus grande fidélité et avec tous, clercs et laïcs, le secret sur tout ce qui concerne d’une manière quelconque l’élection du Pontife romain et sur ce qui se fait dans le lieu de l’élection et qui concerne directement ou indirectement les scrutins; de ne violer en aucune façon ce secret aussi bien pendant qu’après l’élection du nouveau Pontife, à moins qu’une autorisation explicite en ait été accordée par le Pape lui-même; de n’aider ou de ne favoriser aucune ingérence, opposition ni aucune autre forme d’intervention par lesquelles des autorités séculières, de quelque ordre et de quelque degré que ce soit, ou n’importe quel groupe, ou des individus voudraient s’immiscer dans l’élection du Pontife romain.»

Après quoi chacun, nommément, selon l’ordre de préséance, s’y engage.

«Et moi, N. Cardinal N., je le promets, j’en fais le vœu et je le jure.» Il ajoute, en posant la main sur l’Évangile: «Que Dieu m’y aide, ainsi que ces saints Évangiles que je touche de ma main». C’est après le serment du dernier que retentit le célèbre «Extra omnes!» («Tous dehors!»).

Toutes les personnes étrangères au conclave quittent la chapelle Sixtine. Des gardes suisses sont postés à toutes ses issues.

• Un scrutin secret

Des prières prévues par l’Ordo rituum conclavis, un ouvrage enfermant tout le rituel propre au conclave, sont dites. Le collège inspiré les conclue par le chant à la Vierge: Sub tuum praesidium. Le doyen demande alors aux cardinaux électeurs si l’on peut désormais procéder à l’élection ou s’il faut éclaircir des doutes sur les modalités. À la majorité des électeurs, si rien ne s’y oppose et si le temps nécessaire reste disponible, ils passent immédiatement au premier vote. Le scrutin secret est le mode de vote.

• Distribution des bulletins

Les cérémoniaires remettent à chaque électeur deux ou trois bulletins de vote. Rectangulaires, ils portent ces mots sur la moitié supérieure:

«Eligo in Summum Pontificem» («Je choisis pour Souverain Pontife…»).

La moitié inférieure comporte un espace libre pour y écrire le nom de l’élu.

Un tirage au sort parmi tous les électeurs est effectué pour retenir trois scrutateurs, troisinfirmarii pour recueillir les votes des malades, et trois réviseurs. Puis chaque électeur inscrit clairement «d’une écriture autant que possible non reconnaissable» (UDG 65), le nom de celui qu’il choisit. Il se lève, selon l’ordre de préséance, tient son bulletin plié et levé, pour être vu de tous. Sous l’œil attentif de deux scrutateurs, il le dépose sur l’autel dans un calice faisant office d’urne, couvert d’une patène, en prononçant à haute voix un nouveau serment: «Je prends à témoin le Christ Seigneur, qui me jugera, que je donne ma voix à celui qui, selon Dieu, je juge devoir être élu».

Si un électeur ne peut se déplacer jusqu’à l’autel pour des raisons de santé, il prête serment depuis sa place puis remet son bulletin plié au troisième scrutateur, qui le porte dans l’urne. Si des électeurs malades sont restés dans leurs chambres, les trois infirmarii se rendent auprès d’eux avec les bulletins vierges nécessaires et une boîte, munie d’une fente et fermée à clé par les scrutateurs après avoir fait constater par les autres électeurs qu’elle était vide. Si un malade ne peut pas écrire, un des infirmarii (ou un autre électeur désigné par le malade), après avoir prêté serment de garder le secret, fait le nécessaire à sa place. De retour à la chapelle Sixtine, ces bulletins seront comptés et glissés à leur tour dans l’urne.

• Durant les tours de scrutin, chacun s’occupe

Avec 115 votants et un tel cérémonial, chaque tour de scrutin dure longtemps. Aussi, nombre de cardinaux s’occupent en priant le bréviaire ou en lisant. C’est ainsi qu’en 1978, un archevêque de Cracovie s’était fait reprocher par un voisin de lire des revues de philosophie marxiste durant les votes. «J’ai ma conscience pour moi», avait répondu sereinement le cardinal Wojtyla… futur Jean-Paul II.

• Coupés du monde extérieur

 

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