DIEU A FAIT LA FRANCE GUÉRISSABLE

Publié le par WalkTsin

par L’ABBÉ AUGUSTIN LÉMANN

 

CHANOINE HONORAIRE, DOCTEUR EN THÉOLOGIE, PROFESSEUR D’ÉCRITURE SAINTE AUX FACULTÉS CATHOLIQUES DE LYON
 

 

PARIS, LIBRAIRIE VICTOR LECOFFRE, 90, RUE BONAPARTE, 1884

 

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Seigneur Dieu, faites miséricorde, je vous prie.
Qui rétablira Jacob, qui est si faible ?
(Amos, VII, 2.)

 

 

À LA FRANCE


C’est à vous, ô ma Patrie, que j’ambitionne l’honneur de dédier cet ouvrage.

 

Toujours vous avez mérité que tous vos enfants vous entourassent de respect, d’amour, de dévouement.

Mais aujourd’hui, qu’a l’exemple de Noémi tombée dans le malheur et abandonnée d’une de ses filles, vous pouvez vous écrier : Ne m’appelez pas Noémi (c’est-à-dire belle), mais appelez-moi Mara (c’est-à-dire amère), parce que le Tout- Puissant m’a remplie de beaucoup d’amertume (Ruth, I, 20), ô ma France ! vous m’êtes devenue plus chère, et je m’attache plus étroitement à vous.

 

C’est donc du fond du coeur et avec un redoublement de respect que, déposant à vos pieds mon humble mais sincère hommage, la main dans votre main, je redis cette protestation, l’une des plus anciennes, des plus complètes et des plus belles de la fidélité : Partout où vous irez, j’irai, et là où vous demeurerez, je demeurerai pareillement. Votre peuple est mon peuple, et votre Dieu est mon Dieu (Ruth, I, 16).

 

Le 15 Janvier 1884, en l’Octave de l’Épiphanie

 

 

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Nous ne publions que la fin de l'ouvrage monsieur Lémann, car le texte est assez long, pour lire en PDF le texte dans son contenu entier cliquez ICI

 

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Et voici maintenant les deux faits qui motivent notre espérance :

 

C’était en 1721. Le chevalier de Fougères, commandant le Triton, «était allé prendre possession, au nom de la France, de cette île si belle de l’Atlantique, qu’on a longtemps appelée l’île de France, et qu’il faut hélas ! maintenant appeler l’île Maurice». Descendu sur la plage, le brave commandant déploya le drapeau national ; mais, en même temps qu’il le plantait, il érigea à ses côtés et comme à son ombre, une grande croix de bois ; puis, au bas de cette croix, il grava l’inscription suivante :

 

Jubet hic Gallia stare crucem.

La France ordonne que la croix règne ici

 

Le second fait est celui-ci :

 

A la partie est de la France, presque à ses confins, dans ce beau pays du Valromey connu et aimé de saint François de Sales, vit encore un vieux prêtre, curé dans la même paroisse depuis plus de cinquante ans. En un lieu culminant de cette paroisse, d’où le regard ravi embrasse les forêts noirâtres de la Grande-Chartreuse et les cimes neigeuses des Alpes, a été élevée par les soins du vieux prêtre et avec le concours de tous, sous le touchant vocable de Notre-Dame-du- Peuple, une statue de la Vierge. Dans l’attitude de la supplication, cette statue, d’une beauté remarquable, a les yeux levés au ciel ; une de ses mains indique la foule, l’autre est placée sur son coeur ; et, au bas, se lit cette inscription, gravée par le vieux prêtre, confident des prières de la Vierge : Mon Fils, je Vous recommande le peuple !

 

Il y a vingt ans que la pierre qui la porte, prononce elle-même cette prière. Les pauvres habitants du village sont fidèles à la redire ; et quand les ombres descendent sur leurs fatigues, deux lampes allumées, et à l’entretien desquelles tous contribuent, ont la mission de continuer pendant la nuit les supplications unies â celles de la Vierge durant le jour.

 

De ces deux faits, le premier, l’acte du chevalier, ne résume-t il pas tout le passé de la France ? Sur toutes les plages et durant quatorze siècles, la France n’a-t-elle pas, en effet, planté, fait respecter et défendu la Croix ?

 

Le second, l’acte du vieux curé et de son pauvre village, n’est-il pas aussi, dans la défection présente, l’expression de la France restée fidèle à Dieu et à cause de cela persécutée ? Tandis qu’on ne discontinuait pas de la représenter comme l’ennemie du peuple, comme opposée à ses intérêts, à son développement, à ses lumières, à son bien-être; pieusement agenouillée dans sa douleur et son patriotisme, cette partie de la France, depuis quatorze ans, n’a cessé de prier Dieu en faveur des foyers et des autels.

 

Mais sa prière n’aura pas été vaine !

 

Car c’est là notre ferme espérance et la conclusion de cet écrit :

 

Oui le peuple, le cher peuple de France, éclairé enfin sur ses véritables amis et ses vrais intérêts, se portera un jour, bientôt peut-être, avec élan, avec enthousiasme, à l’accomplissement des conditions qui guérissent et sauvent les nations !
Oui, le cher peuple de France poussera vers Dieu le cri émouvant d’une grande prière, il se frappera la poitrine en signe de pénitence, il reviendra, pour ne s’en plus séparer, à l’antique principe de son unité première !
Le peuple de France fera tout cela et davantage encore. Parce que Celle que ses pères ont proclamée Reine, la Vierge, Mère du Christ, aura, mieux que Moïse, triomphé de la justice de Dieu.
 

 

Mon Fils, je Vous recommande le peuple !

 

Ce cri tout puissant de son amour aura ramené le peuple, aura désarmé Dieu !
Et lorsque le peuple, ainsi guéri et sauvé, sera rentré en possession de lui-même, en possession de son passé et de son avenir, le premier de ses gestes, calqué sur ceux d’autrefois, sera de relever chez lui et ailleurs, de relever la Croix de Jésus-Christ, la Croix une fois de plus triomphante ; et au pied de cette Croix, source de toutes les libertés, en même temps que symbole de tous les devoirs, le vieux peuple de France, de la pointe de sa généreuse épée, gravera de nouveau l’inscription du grand siècle :

 

Jubet hic Gallia stare crucem.
La France ordonne que la Croix règne ici.

 

 


 

Publié dans Histoire de France

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