Des milliers de catholiques dans les rues de Paris

Publié le par WalkTsin

 


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Nous sommes précisément « le caillou dans leur chaussure », leur « mauvaise conscience ».

 

 

 

 

 

 Ce dimanche 11 décembre, Paris était de nouveau le lieu d’une manifestation des catholiques mobilisés contre la pièce blasphématoire Golgota Picnic, qui se joue depuis le 8 décembre au théâtre du Rond-Point dans le VIIIe. Quelque 7 000 personnes selon les organisateurs (2 000 selon la police) ont marché de la place de l’Alma à l’avenue Franklin Roosevelt. Camions, grilles d’acier et CRS bloquaient la fin du parcours. Pour « protéger » le théâtre d’une foule à genoux…

 

Un vif succès dont le secrétaire général de l’Institut Civitas s’est félicité. « Près de sept mille catholiques, venus des chapelles traditionalistes comme des églises avoisinantes, soutenus par la présence de prêtres d’horizons divers, (…) rejoints même par des non-catholiques, (…) ont eu à cœur de faire passer un message à leurs élus et compatriotes en affirmant leur volonté de ne plus voir l’image de Dieu traitée de la manière la plus ordurière qui soit. »

 

Des Parisiens, mais aussi des gens venus en car de Nantes, de Rennes, de Toulouse, d’Amiens, de Belgique et même de Pologne… Une banderole placée en tête de cortège proclamait que « La France est chrétienne et doit le rester ». Tous scandaient « Christ blasphémé, chrétiens indignés ». Dans la ferveur, mais aussi la sérénité d’un combat qu’on sait juste.

 

Ce qui n‘était pas forcément le cas de la pauvrette manifestation réclamée à cor et à cri par une vingtaine d’organisations dont le Parti de gauche, le Parti communiste, le NPA et le syndicat Sud. Les « anti » étaient seulement 250 selon un journaliste de l’AFP, à défiler depuis la place Saint-Michel… « Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers ». « Non à la censure, tous pour la culture ». Du programmé pour cette défense de la soi-disant « liberté de création ».

 

La présence et l’opposition catholiques ne faiblissent pas. Et les gros titres de la presse étaient là pour le dire. Même le Nouvel Obs a écrit dimanche que Civitas voulait peser sur la politique française… Oui, le ton monte. Les échos sont là et nombreux. C’est la thématique du discours qu’Alain Escada a prononcé en début de parcours, parlant de l’initiative des 58 députés de la majorité. Ces derniers ont en effet cosigné un texte contre le « déferlement christianophobe » actuel.

 

« Quelle autre religion supporterait cela sans rien dire ? » s’exclame l’auteur, le député Jacques Remiller. Et parlant de l’action de contestation menée par les catholiques : « Ils ont le mérite de réveiller une certaine apathie chez nos concitoyens qui, tout en étant d’accord avec eux, n’osent pas réagir, terrorisés par l’opinion médiatique qui les ferait passer pour des “fondamentalistes chrétiens” ».

 

Un amendement a même été déposé lundi par le groupe Centre et Indépendants en vue de réduire au prochain Conseil de Paris le montant de la subvention que la Ville verse au Théâtre du Rond-Point. En raison de la programmation même de Golgota Picnic. Oui, « la mobilisation a brisé l’isolement de ceux, dispersés, qu’on présentait comme les derniers des Mohicans ! Mais nous n’avons ni vocation à faire notre parti, ni à jouer les porte-valises à un quelconque candidat », a redit Escada. Il faut en revanche plus d‘élus catholiques. Il ne faut plus se taire face au Christ qu’on se plaît tant à voir « recrucifié ».

 

100 000 chrétiens ont déjà répondu à son appel depuis le lancement de cette campagne. La foule de dimanche était jeune, porteuse d’espérance, et bien décidée « à ne pas déserter le débat ». « Les catholiques sont de retour ! »

 

Le discours de clôture de l’abbé Régis de Cacqueray, responsable en France de la Fraternité Saint-Pie X, sonna juste. En faisant tout d’abord la bienvenue distinction entre la procession du 8 décembre et cette manifestation où les catholiques ont défilé en tant que citoyens. Il a fustigé le culte de la liberté qu’on prétend nous imposer. « Malheur aux chrétiens qui résistent ! » Nous sommes précisément « le caillou dans leur chaussure », leur « mauvaise conscience ».

 

Si l’Art est le produit d’une époque, son reflet et son miroir le plus fidèle, il nous confirme bien aujourd’hui la révolte du monde contre l’ordre à la fois naturel et surnaturel. Et que propose-t-il en retour ? Le chaos, le vide, la destruction érigée en principe. Nous sommes, a-t-il dit, en face d’un acte signé. Signé par celui qui, le premier, a remis en cause le principe d’autorité. La société appelle cela la libre-pensée, mais ce n’est qu’en apparence. Car c’est le satanisme qui se dévoile, de plus en plus clairement : nous assistons à un culte luciférien.

 

Il proposa même aux journalistes présents l’exemple de la Russie à qui le Communisme a désespérément voulu arracher son orthodoxie, qui maintenant revit pleinement. « Vive Antigone ! » et « Vive Jeanne d’Arc ! » sont les mots qui conclurent sa tribune largement saluée et applaudie par tous. Une prière d’exorcisme suivit, les fidèles à genoux.

 

De Golgota Picnic et ses sbires, on ne peut attendre grand-chose. Le débat, en revanche, a fait bouger les lignes. La contestation s‘étend. Chez les catholiques et plus largement dans la société. Et les Jacques de Guillebon et Fabrice Hadjaj, philosophes chrétiens, qui ont défendu, qui l’idée que sa foi était « prise en otage », qui l’idée que les manifestants trouvaient leur référence « non dans l’Evangile mais dans la réactivité des islamistes », ne seront désormais plus écoutés de la même façon.

 

MARIE PILOQUET

 

Publié dans Cathophobie

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