Contestation du régime Iranien : des opposants très occidentalisés

Publié le par WalkTsin

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Alors que l'hystérie médiatique autour de l'Iran semble retomber, personne encore n'a pu apporter la preuve de fraudes massives au cours du scrutin du 12 juin dernier. Et pour cause, peut-être n'ont-elles tout simplement pas eu l'ampleur qu'on veut bien leur donner.
Peu avant l'élection, les média occidentaux nous ont abreuvé de sondages qui présentaient la victoire de M. Houssein Moussavi comme acquise. Et pourtant, d'autres sondages, notamment ceux de Ken Ballen et Patrick Doherty publiés dans le Washington Post, laissaient entrevoir une toute autre réalité. D'après leurs enquêtes préélectorales réalisées en farsi (le "persan") dans l'ensemble des 30 provinces iraniennes, le candidat sortant réélu disposait d'une nette avance sur son adversaire.

Alors pourquoi ce décalage entre les sondages et les résultats ? 

Tout d'abord pour des raisons linguistiques. Il n'y a pratiquement aucun journaliste occidental qui ne parle le farsi. D'autre part, très peu d'entre eux s'aventurent en dehors de Téhéran pour aller prendre le pouls dans les villes moyennes et les villages. Par conséquent, ils ne parlent qu'avec des gens "cultivés", maîtrisant l'anglais, pour la plupart issus des quartiers nord de la capitale, là ou résident la haute et la moyenne bourgeoisie majoritairement pro-Moussavi. Cet électorat se compose essentiellement d'étudiants ayant fait tout ou partie de leur cursus universitaire à l'étranger, d'hommes d'affaires et de membres des professions libérales. Par conséquent, les estimations des journalistes ont consisté en une extrapolation de sondages locaux à l'ensemble de l'Iran. Grave erreur de méthodologie, quand l'électorat d'Ahmadinedjad se recrute essentiellement dans les villes petites et moyennes et dans les campagnes et que ses soutiens sont issus de la jeunesse ouvrière pauvre, des artisans et des fonctionnaires ainsi que des femmes au foyer ne parlant que l'iranien et pas un mot d'anglais.


Le reportage diffusé le 25 juin à 20h30 sur France 2 relatant les événements survenus depuis une quinzaine de jours laissait entrevoir sans ambiguïté la frange de la société qui descendait dans la rue. La journaliste côtoyait des jeunes iraniens anglicistes voire francophones, habitant des demeures cossues aux intérieurs alignés sur les standards occidentaux : mobilier haut de gamme, ordinateurs, grands téléviseurs plasma équipés de décodeurs-satellite (idéal pour capter la BBC) et de home-cinéma, GSM, guitares et synthétiseurs pour exprimer en chanson leur "vague à l'âme"… Cette séquence reflétait l'image d'une jeunesse dorée blasée qui, pour tromper l'ennui, décide de faire la révolution pour changer le monde… au nom de la Liberté ! En forçant un peu le trait, on pourrait presque parler d'un "Mai 68 iranien".
De même, BHL semble sortir de son silence quand les émeutes commencent à cesser. Ce dernier, avec son ton prophétique et sa verve habituelle, a enregistré une vidéo en français et en anglais, postée ensuite sur Dailymotion, dans laquelle il apporte son soutien et son amitié à la jeunesse iranienne qui défile contre Mahmoud Ahmadinejad. Comme à son habitude, l'anathématisation quasi biblique faite au nom des Droits de l'Homme et de la lutte contre le « national-socialisme » iranien est de rigueur. Hormis le fait que bien peu d'Iraniens comprendront son message en anglais et encore moins en français, il apparaît que selon les sondages de K. Ballen et P. Doherty seul un tiers des Iraniens a accès à Internet et l'on peut estimer sans trop se méprendre, que plus on monte dans l'échelle sociale et plus les possibilités de s'y connecter sont élevées. En diffusant une telle vidéo, BHL sait précisément quel public il va toucher. De plus cette donnée sur la sociologie de l'accès à Internet oblige à prendre du recul par rapport au nombre considérable de vidéos mises en ligne depuis les dernières élections. 

Cela ne veut pas dire pour autant non plus que les électeurs d'Ahmdinejad ne souhaitent pas de réformes : il ressort de ce sondage qu'une majorité d'entre eux désireraient un assouplissement sur la liberté de la presse ainsi que la possibilité d'élire le Guide Suprême. Il n'empêche que le patriotisme et surtout la politique de redistribution sociale (issue de la rente pétrolière) du gouvernement Ahmadinejad a permis aux classes populaires de se désendetter et d'obtenir des crédits à des taux très modiques ce qui a vraisemblablement eu raison du candidat Moussavi jugé avant tout trop libéral en économie.


 


 

MERCI à   DIES IRAEDIES IRAE pour ce très bon article

Publié dans Complots-Impostures

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Mon Blog(fermaton.over-blog.com),N0-12. THÉORÈME DE MACH. - UNE NOUVELLE THÉORIE EN PHYSIQUE.
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