Encore un devoir de mémoire sélectif

Publié le par rémy

http://www.afrostyly.com/images/actu/sarkozy_kippa.gifAprès la décision très controversée de faire lire dans les lycées la lettre de Guy Môquet, Nicolas Sarkozy a annoncé au cours du dîner annuel du CRIF une autre décision surprenante. Il a affirmé avoir :

"demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah. Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l'existence d'un enfant mort dans la Shoah. Rien n'est plus intime que le nom et le prénom d'une personne."

Nicolas Sarkozy ne semblant visiblement connaître qu'une période de l'histoire de France lorsqu'il s'agit de devoir de mémoire, nous espérons qu'il lira cet excellent communiqué de Bernard Antony que nous reproduisons dans sa quasi intégralité :

" (...) Mais c’est pourtant une grave erreur, car une injustice discriminatoire, que vient de commettre encore Nicolas Sarkozy en imposant à chaque petit enfant de France le souvenir exclusif de l’un d’eux (...)
Il y a encore en effet en France un peuple vendéen qui se souvient qu’à l’appel de l’ignoble tarbais Bertrand Barrère pour l’extermination de la Vendée, des dizaines de milliers d’enfants furent selon les massacres brûlés vifs ou égorgés par les « colonnes infernales » de Turreau ou écrasés sous les pieds des chevaux de Westermann. (...)
Il y a en France des milliers de réfugiés cambodgiens qui n’oublient pas que dans le génocide communiste des Khmers rouges périrent des centaines de milliers d’enfants.
Pourquoi ne pas se souvenir d’un enfant de Phnom-Penh ?
Il y a en France des immigrés venus des pays de l’Europe de l’Est où le communisme perpétra encore d’immenses exterminations.
Pourquoi ne pas se souvenir d’un de ces petits enfants d’Ukraine mourant par centaines de milliers dans la famine organisée par les héros d’Aragon ?
Il y a en France des Arméniens, des Chaldéens rescapés des génocides perpétrés par les Turcs où une cruauté sans limite amenait des monstres à dépecer des enfants sur les genoux de leurs mères avant de les tourmenter indiciblement !
Pourquoi ne pas se souvenir d’un petit enfant de Smyrne ou de Trébizonde ?
Il y a en France des Pieds-noirs, des Harkis qui se souviennent des enfants violés, torturés, égorgés dans l’horreur des massacres perpétrés par les tortionnaires d’un Bouteflika !
Pourquoi ne pas se souvenir d’un petit enfant massacré, musulman, chrétien ou juif, de la Mitidja, de l’Oranie ou du Constantinois ?
En n’inculquant d’une manière continue, comme monsieur Sarkozy continue à le faire, qu’une mémoire discriminatoire on ira à l’encontre du but recherché. Les victimes de toutes origines, de toutes entreprises exterminatrices et génocidaires ne sont-elles pas également dignes de mémoire ?
Pourquoi susciter si évidemment le sentiment qu’il n’y aurait de compassion que pour la souffrance du peuple juif ? Comment ne pas comprendre que cette sélectivité dans l’indignation mémorielle entraînera la conclusion que l’on fait du racisme dans la mémoire ?
Chrétienté-Solidarité et le Cercle d’Amitié Française Juive et Chrétienne invitent donc monsieur le président de la République à ordonner à son ministre de l’Education Nationale à préparer un document où il sera fait mémoire de tous les grands génocides perpétrés par les idéologies, sans oublier celle de notre temps où l’on aura déchiqueté par dizaines de millions les enfants dans le sein de leur mère."

Le salon beige



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