Qu'est-ce que la patrie ?

Publié le par WalkTsin

http://scoutismepatrie.free.fr/scoutcouleurs2.gif La première définition qui nous vient à l’esprit lorsque nous parlons de patrie, c’est celle du poète : "La patrie c’est la terre où nous sommes nés", c’est vrai, mais si nous ne disons que cela, c’est insuffisant.

 Il est vrai que la patrie c’est la terre, mais la patrie n’est pas seulement un morceau de terre, un territoire, quelques kilomètres carrés. Lorsque nous réduisons la patrie à ce concept, il devient difficile de comprendre que là est l’amour de la patrie, et surgit l’objection : "çà ne vaut pas la peine de mourir pour quelques arpents de terre".

Et pourtant celui qui dit cela se battrait certainement si, rentrant chez lui, il se trouvait face à un voleur, il se battrait pour ces quelques mètres de terre qui sont son bien, sa maison. Pourquoi ? Parce que sa maison est l’assise, la protection d’une famille.

C’est dans cette voie que nous pouvons commencer à comprendre la terre. La patrie est la terre où l’on est né, mais cette terre n’est pas seulement une ère géographique. nous pouvons la définir plus poétiquement avec Charles Péguy : "La patrie est une certaine quantité de terre où on parle une langue, où peuvent régner les coutumes, c’est un esprit, une âme, un culte, c’est la portion de terre où une âme peut respirer. Une terre qui est arrivée à être pour nous une maison".

Lorsque je pense à la maison je ne pense pas à ces appartements modernes qui, de plus en plus, ressemblent à des fourmilières, à des "machines à habiter" (selon la formule de Le Corbusier), des logements dépersonnalisés. Une maison qui est construite avec l’effort et le travail de toute une famille, une maison où habitent plusieurs générations est bien davantage qu’un appartement interchangeable qui se loue, ou qu'une "machine à habiter", c’est quelque chose qui enracine, qui est à l’origine d’une tradition, c’est l’endroit où les murs parlent, où chaque brique, chaque bout de terrain a une signification particulière pour chacun des habitants; enracinement, tradition qui, pour celui qui la quitte, laissent dans le coeur une nostalgie, car cette terre de la maison familiale, cette terre qui a été travaillée par les générations précédentes, est bien davantage qu’un simple morceau de terre, beaucoup plus qu’une géographie que l’on peut mesurer et où ne résident que des notions de quantités.

 
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Mais la patrie n’est pas seulement la terre. La patrie, nous dit aussi le poète, est la terre des Ancêtres. Un autre poète précise : "la patrie ce sont les hommes et les mots". Car si la patrie est bien une terre, c’est aussi la communauté humaine qui vit sur cette terre.

 La patrie terre des ancêtres, c’est l’étymologie du mot patrie, terra patrum. La patrie nous fait regarder en arrière vers ceux qui habitaient avant nous sur ce morceau de terre, vers ceux qui ont transformé ce morceau de terre avec leur sang dans les combats, avec leur sueur dans le travail, vers ceux qui lui ont fait une terre habitable, vers ceux qui ont fait la patrie dans les guerres de l’Indépendance, vers ceux qui ont défendu ses frontières, vers ce "gringo" qui est arrivé comme émigrant pour ouvrir des sillons, pour exploiter les forêts, la patrie est la terre des ancêtres, de ceux qui en ont fait une terre humaine, une terre habitable, une terre arrosée par le sang des hommes.

Lors de la fondation de Rome, Romulus a devant lui des hommes qui viennent de différents endroits pour fonder la nouvelle cité et chacun d’eux a apporté une poignée de terre, car ces hommes de la Cité antique ne pouvaient pas quitter le lieu où ils étaient nés, et tous ces hommes s’étaient vus obligés de l’abandonner, ils avaient pris un peu de terre et l’avaient apportée.

En commençant par Romulus qui jeta une poignée de la terre d’Alba où il était né, tous les fondateurs jetèrent un peu de terre, qui après fut recouverte par une pierre dans le centre de la ville, proclamant ainsi que cette terre qui est ici est aussi la terre de nos ancêtres.

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C’est ce que raconte Fustel de Coulanges dans "La Cité Antique". "Regardez en arrière, vers l’histoire", disait Maurras, "les morts, les morts sont la première condition de la vie. L’anarchisme barbare, en vogue dans notre jeunesse, prétendait que les morts gênaient, empoisonnaient les vivants. Il n’y a pas d’antiphrase plus parfaite; les vivants les plus mous, les plus superficiels, les plus subversifs, sont aussi les plus ridiculement libérés du souvenir de leurs parents, du rite des ancêtres, de l’aliment des tombes".

Père Alberto EZCURRA

Publié dans Patriotisme

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P
Alors, que proposes-tu pour notre patrie ?
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